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Tuesday, September 16, 2014

Citation du 17 septembre 2014



N'y a-t-il point de degré entre votre maigreur excessive et un pâton (1) de graisse?
Propos de Corbinelli à Madame de Grignan cité par Madame de Madame de Sévigné – Lettre du 19 juillet 1677
(1) Pâton se dit d’un petit oiseau bien gras. (Dictionnaire de Furetière.)
o-o-o
Entre le mannequin anorexique et la caille dodue, il y a place pour un vrai corps de femme.
Que dire de plus ? Suffira-t-il de constater que depuis le 17ème siècle on à la même impression : une femme ne doit pas être envahie de gras au point de devenir une boule de graisse ?
Ce ne serait historiquement pas tout à fait vrai : d’abord, madame de Sévigné ne critique pas sa fille pour ses excès, mais bien au contraire pour son manque d’appétit ; et surtout, elle s’inquiète pour elle, non pour des raisons esthétiques, mais pour sa santé.
Voilà où je voulais en venir : aujourd’hui, tout au contraire, c’est moins pour notre santé que nous surveillons notre alimentation ; c’est pour notre ligne que nous éprouvons de l’inquiétude. Autrement dit, nous voulons éviter les bourrelets de graisse qui même sans faire de nous des « pâtons de graisse » nous paraissent bien disgracieux.
Mais le revers de cette médaille, c’est que du coup la maigreur nous parait d’avantage souhaitable que l’embonpoint. Et le triste sort des mannequins que nous évoquions plus haut ne nous émeut guère, ou alors seulement lorsqu’un sort tragique fait disparaitre une jeune femme squelettique. Qui donc se souvient encore d’Isabelle Caro et de sa croisade contre l’indifférence à l’anorexie ?

Isabelle Caro (morte le 17 novembre 2010) 30 ans 1m62, 30 kilos

Wednesday, March 26, 2014

Citation du 27 mars 2014


Jeune homme, qui voulez être un grand poète, gardez-vous du paradoxe en amour ; laissez les écoliers ivres de leur première pipe chanter à tue-tête les louanges de la femme grasse ; abandonnez ces mensonges aux néophytes de l'école pseudo-romantique. Si la femme grasse est parfois un charmant caprice, la femme maigre est un puits de voluptés ténébreuses !
Charles Baudelaire (1)
Les méfaits du gras II
Jeunes gens écoutez Charles Baudelaire : ses conseils sont ceux de quelqu’un qui a expérimenté en poète les plaisirs que les femmes peuvent procurer aux hommes : méfiez-vous des femmes grasses et préférez les maigres.
Si la femme grasse est parfois un charmant caprice, la femme maigre est un puits de voluptés ténébreuses !
Je ne m’attarderai pas à décrire les procédés par les quels la femme grasse satisfait les caprices des hommes, ni comment les maigres peuvent être des puits de voluptés : d’autres le feront mieux que moi (je pense entre autre à ceux qui fréquentent les sites coquins dont le web regorge).
« Mais alors dira-t-on, qu’est-ce que l’on peut avoir d’intéressant à dire si on ne parle pas de ça ? »
Eh bien, déjà on peut constater que les femmes peuvent apporter différentes sortes de voluptés :
- la jouissance-caprice, disons pour les spécialistes, la gâterie vite consommée et vite oubliée ; strictement technique elle ne suppose que certaines aptitudes physiques – disons mieux : physiologiques.
- et puis il y a la volupté ténébreuse susceptible de plaisirs inépuisables parce que sans cesse renouvelés. Ici, inutile de mettre en jeu des aptitudes physiques, des forme plantureuses – pas même une « pâte » charnelle spéciale, car c’est par la tête que ça passe. Attention : si j’ai dit « par la tête » je n’ai pas dit « par le verbe ». Les voluptés auxquelles pense sans doute Baudelaire sont de celles qui relèvent  des gestes, des intentions, des expressions – voire même de la lumière d’ambiance ou du lieu où l’on s’ébat.
o-o-o
Maintenant que doit-on penser des grosses : faut-il les rejeter parce qu’elles seraient incapables comme le dit notre poète d’apporter la jouissance ténébreuse ? Mais ce serait une erreur : car dans une femme grosse il peut y avoir une femme maigre qui se cache… (Voir ici)
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(1) « les écoliers ivres de leur première pipe chantent à tue-tête les louanges de la femme grasse » : que ceux qui croiraient à un sous-entendu graveleux veuillent bien quitter ce Blog : ici il n’y a que des gens sérieux.

Saturday, April 23, 2011

Citation du 24 avril 2011


Emprisonné dans chaque homme gras, un homme maigre fait des signes désespérés pour qu'on le libère.
Cyril Connolly
No-Anorexia.
Isabelle Caro (morte le 17 novembre 2010)
Les maigres et les anorexiques sont probablement des gens différents, et on s’en aperçoit en comprenant le sens qu’ils donnent à leur ennemi personnel : je veux dire le gras.
- dans un cas le gras est conçu comme un moyen pour le corps d’exister : l’anorexique maigrit pour disparaitre.
- dans l’autre cas, le gras est une prison qui aliène et enferme l’être véritable. C’est exactement le corps-tombeau de Platon. Le gros qui maigrit le fait justement pour se libérer et donc pour exister.
Laissons de côté les signes désespérés du maigre, pour nous en tenir à cette idée : dans chaque gros il y a un autre homme qui est enfermé. Autrement dit, le vrai homme, ce n’est pas le gros, mais celui qui se cache à l’intérieur.
Alors, qu’est-ce qu’en pensent nos amis les gros ? Eux qui se plaignent qu’on les stigmatise en affirmant que s’ils le sont ce n’est qu’un effet de leur gourmandise ou bien de leur manque de volonté ? Voilà que maintenant on va les accuser de ne pas être authentiques, dire que leur bonhommie et leur faconde ne sont que des paravents, destinés à couvrir les gémissements du maigre qu’ils retiennent prisonnier dans les replis de leur bedaine !
Quand on pense que la civilisation indienne – là où vivent tant de maigres – n’a pas fait de la maigreur un idéal : qu’imaginer de plus ventripotent que Bouddha ? O tempora, O mores !