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Saturday, January 28, 2017

Citation du 29 janvier 2017

…aujourd'hui / Je suis fatigué / C'est pour ça qu'aujourd'hui / Je voudrais crier : /Je ne suis pas un héros / Mes faux pas me collent à la peau
Daniel Balavoine (Auteur compositeur. Vidéo ici).

Que faire le dimanche quand on n'a rien à faire?
On peut suivre l'exemple de la Citation-du-jour, en se donnant un challenge particulièrement excitant.
Comme aujourd'hui:
Eloge de la médiocrité
L’idée est  plus forte qu’il n’y paraît : voici un homme qui nous dit : « Mes insuffisances ne sont pas des accidents, ce sont des marques de ma nature profonde ; je ne peux pas être un héros, et je vous demande d’en prendre acte, parce que je l’assume. »
Bon c’est vrai, je bricole un peu parce que la chanson donne la parole à un chanteur effrayé par l’hystérie de ces centaines de filles qui, au pied du podium lui tendent les bras – alors qu’il ne s’imagine même pas pouvoir en contenter une seule, comment prendrait-il en charge toute cette libido ?
- Mais après tout qu’importe, pourquoi ne pas généraliser pour ensuite particulariser ? Je veux dire : pourquoi ne pas en faire un principe général : pour la Nature, l’espèce humaine est en charge de la transmission de la vie, et encore, à condition d’en être un exemplaire présentable pour engendrer des descendants capables de prendre part à la compétition des espèces – que ceux qui sont mal fichus s’abstiennent !
Et donc, moi, qui suis-je pour répondre à l’appel qui monte vers moi ? Oh, j’entends bien qu’il n’y a pas des dizaines de minettes qui se griffent la poitrine par désir de moi. Mais si ça arrivait…
… Mais attendez, voilà que c’est quelqu’un d’autre qui vient me chercher : le Président qui me demande de me mobiliser pour défendre le pays ; le Patron qui veut que je fasse fructifier ses investissement  par mon labeur ; mes Papa-Maman qui m’ont missionné pour être la Gloire de la famille et leur bâton de vieillesse…


Vu ici

A part Epicure, personne n’a su faire comme il convenait l’éloge de la médiocrité. Mais peut-être est-ce inutile : les médiocres n’ont pas à se mobiliser, ils n’ont qu’à être eux-mêmes, tranquillement et ça suffira pour résister par l’inertie qui leur est propre à ces appels à la mobilisation…

Wednesday, August 17, 2016

Citation du 18 aout 2016

Cacocratie (du grec kakos, mauvais et kratos, pouvoir, autorité).
Terme peu usité, la cacocratie désigne le gouvernement par les plus mauvais, les pires. Il s'oppose à l'aristocratie.
Je ne sais si vous êtes comme moi, mes chers amis, mais peut-être vous est-il arrivé de chercher un terme pour désigner l’étrange situation que connaissent les américains (et peut-être bientôt nous mêmes ?), conscients d’avoir pour les prochaines élections présidentielles à choisir entre deux candidats dont ils ne veulent pas.


On a bien l’expression « Choisir entre la peste et le choléra », ou bien « Tomber de Charybde en Scylla », mais tout cela ce sont des métaphores et non des expression conçues spécialement pour la vie politique. Et voilà que la Toupie vient à notre secours !
Cacocratie donc.
Alors, on peut quand même être étonné : en démocratie, comment des électeurs choisiraient-ils le plus mauvais candidat ? Seraient-ils eux-mêmes de mauvais citoyens, acharnés à la perte de leur pays ? Ou bien ignorants et obtus au point d’élire un candidat à leur image ? Ou bien décidés  à voter pour une qualité secondaire du candidat – comme d’être une femme –  ignorant volontairement ses défauts ?
Oui, bien sûr, c’est sans doute un peu tout cela à la fois. Mais je suis plus intéressé par un autre critère invitant au choix du pire et qui émerge avec le cas Donald Trump (1).
Car ce candidat, dont beaucoup se demandent comment il a pu être élu aux primaires (au point que certains Républicains réclament qu’il soit soumis à un test psychiatrique), me paraît être un révélateur de cacocratie. Tout se passe en effet comme si ses électeurs disaient : « Oui cet homme est odieux et ce serait un danger mondial s’il avait le feu nucléaire en son pouvoir. C’est sans doute aussi un être narcissique doublé d’un sociopathe. Mais, voyez-vous, si nous votons pour lui, c’est pour qu’on sache que tous les autres candidats sont pires que lui. »
Dont acte…
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(1) On risque hélas de pouvoir le transposer pour  la France de 2017.

Monday, November 25, 2013

Citation du 26 novembre 2013


Non seulement la médiocrité [de l’homme au pouvoir] a tous ces avantages pour rester en place, mais elle a encore un bien plus grand mérite : elle exclut du pouvoir la capacité.
Chateaubriand
Qu’on lise l’ensemble de cette citation (en Annexe) : on sera convaincu que Chateaubriand parle des ministres – qu’il connait bien puisqu’il l’a été lui-même. Il nous intéresse donc fort puisqu’aujourd’hui plus que jamais la médiocrité de nos gouvernants semble à certains si évidente que la seule question qu’ils se posent à leur sujet est : comment font-ils pour rester en place ?
C’est ce que le Principede Peter décrivait fort bien, mais n’expliquait nullement : les incompétents qui sont arrivés à un niveau hiérarchique où ils fort preuve de leur incapacité ne montent plus dans la hiérarchie, mais n’en redescendent pourtant pas – Pourquoi ? Or voilà que Châteaubriand l’explique fort bien : les médiocres restent en place parce qu’on ne les en chasse pas. Et cela, parce que les médiocres au pouvoir donnent à ceux qui jouissent de la capacité (ceux que Chateaubriand appelle les courtisans) l’espoir de prendre un jour facilement la place qu’ils occupent. Les courtisans peuvent en effet s’imaginer que leur mérite leur donnera la place convoitée quand le moment de la briguer sera pour eux venu.
Mais ce n’est pas tout : toujours selon Chateaubriand, les Rois aiment montrer que leur pouvoir est si grand qu’ils peuvent hisser au premier rang ceux que leur médiocrité naturelle devrait confiner à l’obscurité des derniers.
o-o-o
Ceci pourrait bien éclairer le jeu ambigu auquel jouent les Présidents de notre République  avec leurs premiers ministres : qu’ils aient suffisamment de pouvoir pour être considérés comme responsables de l’application de la politique du pays, mais qu’en même temps ils soient soumis à l’impulsion présidentielle (1). On se rappelle de Nicolas Sarkozy disant fort cyniquement que le Premier Ministre Fillon n’était que son collaborateur ; mais on se rappelle aussi a contrario qu’Edouard Balladur, désigné pour être premier ministre de cohabitation par Jacques Chirac (alors chef de l’opposition) a fini par le menacer dans la course à la présidentielle de 1995. Est-ce à dire qu’il n’était pas suffisamment médiocre ?
Aux ministres s’applique le principe bien connu : Qu’ils gouvernent – mais qu’ils ne règnent pas !
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(1) On s’amuse fort en écoutant les déclarations ministérielles, à relever le nombre de fois où le Ministre cite cette impulsion (du Président où du Premier ministre) sans laquelle lui, ministre, n’aurait pu agir !  Encore un de ces « éléments de langage » qui nous font mourir de rire … ou d’ennui.
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Annexe :
« Plus l'homme en pouvoir est petit, plus il convient à toutes les petitesses. Chacun en se comparant à lui se dit : Pourquoi n'arriverais-je pas à mon tour ? Il n'excite aucune jalousie : les courtisans le préfèrent, parce qu'ils peuvent le mépriser ; les rois le gardent comme une manifestation de leur toute-puissance. Non seulement la médiocrité a tous ces avantages pour rester en place, mais elle a encore un bien plus grand mérite : elle exclut du pouvoir la capacité. Le député des sots et des imbéciles au ministère caresse deux passions du cœur humain, l'ambition et l'envie. » Maximes et pensées de François-René de Chateaubriand

Thursday, September 06, 2007

Citation du 7 septembre 2007

Du point de vue de la médiocrité humaine qu'il n'a cessé de dépeindre, toutes classes sociales confondues, un homme en valait toujours un autre...

Anonyme (commentaire sur Marcel Aymé)

La notion de médiocrité à eu une aventure sémantique tout à fait révélatrice : signifiant initialement «moyen » (le médiocre est celui qui est simplement dans la moyenne), le mot en est venu à signifier ce qui est au-dessous de la moyenne, tant l’idée de n’être que dans la masse des être moyens (ou individus lambda (1)) a signifié être sans originalité, sans qualités remarquables, bref, être insuffisant. Cette aventure sémantique reflète sans doute l’influence des élites sur la culture

Un homme en [vaut] toujours un autre, peut s’entendre de trois façon différentes :

- Ou bien les hommes sont considérés comme ayant tous les mêmes caractéristiques. Il s’agit de l’homme moyen, de l’individu lambda évoqué ci-dessus, ou du médiocre au sens originel.

- Ou bien l’égalité tient au fait que l’homme ne peut avoir de plus ou de moins, parce qu’il est considéré comme un absolu. C’est l’enfant de Dieu, celui qu’Il aime comme Sa créature, celui que je dois respecter simplement parce qu’il est Homme.

- Ou bien parce qu’il est un néant, un pur zéro, et comme 0=0, il n’y a pas lieu de considérer qu’un homme peut en dépasser un autre. C’est ainsi que Marcel Aymé considérait ses contemporains (idem pour Céline)

Autrement dit, il y a des égalités plus ou moins respectables, et nul doute que l’égalité dans la médiocrité soit insupportable.

Et si les médiocres se révoltaient ? Si ils disaient : c’est nous qui sommes les plus nombreux, c’est à nous de dire ce qui est bon et ce qui est mauvais. Vous, les êtres exceptionnels, vous qui vous permettez de nous mépriser, vous n’êtes que des monstres, des déviants qu’il faut stériliser pour éviter qu’ils ne polluent l’espèce humaine…

Tout Nietzsche et une bonne partie de Platon sont dans la description de ce danger.

(1) Lambda, correspondant comme on le sait à notre "l" dans l’alphabet grec, est la lettre qui est juste au milieu de l’alphabet.