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Friday, October 01, 2010

Citation du 2 octobre 2010

Il y a deux types de directeurs d'école : les incompétents et les pires.

Ernest Abbé – De l'éducation

Il n’y a donc que deux catégories de directeur d’école : les incompétents et les pires. On comprend que ce n’est même pas la peine de chercher s’il y en a qui soient bons…

Permettez que je laisse de côté l’attaque contre les directeurs d’école : on aura sans doute l’occasion d’y revenir (1)

Par contre je relèverai l’observation suivante : l’incompétence n’est pas le pire défaut pour qui est en charge d’une responsabilité de service public.

Trois degrés dans la malfaisance :

- celui qui rate tout ce qu’il fait : c’est de l’incompétence pure.

- celui qui rate et qui, du coup, produit une catastrophe

- mais il y a pire, c’est celui qui veut la catastrophe qu’il produit.

Prenez le cas d’un policier qui se trouve en service dans un quartier sensible.

- Il peut être simplement incapable de faire proprement son travail, par exemple il laisser filer l’homme qu’il devait appréhender.

- Puis il y a celui qui provoque des catastrophes : en pourchassant des fuyards il provoque un accident où ils vont périr déclanchant ainsi des émeutes.

- Enfin il y a le policier provocateur, qui met volontairement par l’injustice et l’arbitraire de son action le quartier à feu et à sang.

Tout cela nous mène à dire que finalement l’incompétence – ou simplement la fainéantise – ne sont pas si scandaleux, et que les fonctionnaires qui traînent pour accomplir leur tâche ne devraient pas être si mal notés. (2)

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(1) Les impatients pourront relire ce Post à propos du livre de Rancière Le maître ignorant. Ou relire Illich (Une société sans école)

(2) On parle beaucoup en ce moment du livre de Zoé Sheppard – Absolument dé-bor-dée (éd. Albin Michel), à propos du travail des fonctionnaires : je ne l’ai pas encore lu. Je n’en parlerai donc pas – pour le moment. Ce bouquin énerve parce qu’il apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent qu’on peut tailler dans les effectifs de la fonction publique sans que ça se ressente dans les service rendus.

Un peu de patience : encore 2-3 années de réduction des effectifs et on pourra juger sur pièce du résultat.

Sunday, July 23, 2006

Citation du 24 juillet 2006

Tout employé tend à s'élever à son niveau d'incompétence

Lawrence J. Peter et Raymond Hull - Le principe de Peter. (1)

Dans le cadre du Colloque organisé par Cercle d’Etude Rockefeller : Entre compétition et pantouflage : l’entreprise à la croisée des chemins, vous allez entendre une communication consacrée à : L’actualité du Principe de Peter

Non, je ne vais pas vous faire un discours, rassurez-vous. Mais sérieusement, je me demande si la récente réédition de ce petit livre répond à un retour aux années 60.

Selon Peter et Hull, votre patron (ou le sous-chef, voire même l’employé subalterne) est nécessairement incompétent dès lors qu’il a fini de progresser dans la hiérarchie. Conséquence logique : les patrons sont tous des incompétents. Ce qui veut dire que l’incompétence est présente au cœur de l’entreprise (ou de l’administration) et que chaque employé est par rapport à l’entreprise un peu comme un virus : il a pour fonction de parasiter l’organisme, vivant à ses dépens ; mais il a aussi intérêt à la survie du malade, car la mort de celui-ci entraînerait aussi la sienne. Voilà qui nous éloigne aussi bien du credo libéral (tout pour l’Entreprise) que des récriminations syndicales (exploitation des travailleurs). Voilà aussi qui va décomplexer les fonctionnaires qu’on accuse d’être seuls incompétents dans le monde du travail.

Dans le monde actuel où la compétition - toujours féroce - entre les entreprises - du monde entier - règne en maître, le Principe de Peter paraissait avoir été définitivement démodé. Et voilà que les parachutes dorés se sont ouverts pour les partons licenciés ; et voilà que des entreprises florissantes sont mises en liquidation pour des erreurs de gouvernance. Alors on se dit, que, loin d’être anéantie par la compétition, l’incompétence des cadres ne fait que se manifester plus bruyamment qu’avant, on ne fait que basculer plus vite dans la super-incompétence (voir note).

On ne revit pas le passé, certes. Mais si un principe comme celui de Peter fonctionne encore, c’est du côté de la nature humaine qu’il faut en chercher la cause. Et ça, ça ne changera pas.

(1) Résumé du principe de Peter : dans toute organisation, si une personne fait correctement son travail, elle obtiendra une promotion. Si à nouveau, elle réussit dans sa fonction, elle sera promue. Ainsi de suite jusqu'à ce que sa fonction dépasse ses compétences. Dès lors elle occupera un poste à responsabilités de manière définitive alors qu'elle est incompétente. Il lui faudra juste veiller à ne pas tomber au niveau de la super-incompétence où elle risquerait de perdre son poste pour faute professionnelle grave.