Showing posts with label idéal. Show all posts
Showing posts with label idéal. Show all posts

Wednesday, March 02, 2016

Citation du 3 mars 2016

L'homme est une chose imparfaite qui tend sans cesse à quelque chose de meilleur et de plus grand qu'elle-même.
Descartes
L’homme est un être en qui la représentation de ce qu’il doit être se heurte à une limite infranchissable qui l’empêche d’y parvenir. Comme si étant tout petit il s’était rêvé Princesse ou pilote de chasse et que, parti sur ce chemin, il s’était trouvé bloqué en route. Mais Descartes ajoute tout aussitôt : néanmoins, l’homme tend sans cesse d’y parvenir. Là est sa grandeur : non pas de rêver, mais de persévérer dans son effort une fois réveillé.
C’est là que l’imperfection humaine trouve sa source : « Je ne suis imparfait que parce que je me suis rêvé plus grand ».
Manque fondamental ou illusion qu’on ne pourra jamais évacuer, le fait est là : nous ne sommes jamais satisfaits de nous mêmes, et comme le souligne Descartes, là est notre vraie grandeur.
On ne contestera pas cette l’origine de l’insatisfaction humaine, la considérant même comme étant le moteur de l’extraordinaire destin de certains : que serait devenu Victor Hugo s’il ne s’était rêvé Chateaubriand ? Certains refuseront pourtant de la valoriser, estimant que la vraie sagesse consiste à renoncer à cet espoir de dépassement. Selon eux, il faut se satisfaire de son état, s’efforcer de coïncider le plus parfaitement possible avec ce qu’on est, sans chercher à s’élever au-dessus de cette condition, parce que telle est la véritable recette du bonheur.

- Que faut-il dire ? « Lutte pour ton idéal ! » ou au contraire : « Accepte ton destin ! » – Voilà  deux formules de sagesse et c’est une de trop ! Et si en réalité on avait là deux étapes de la vie, deux modèles qu’on va suivre successivement, l’un quand étant jeune on veut continuer à grandir ; l’autre quand, devenu vieux, on estime excellent de continuer comme on est.

L’héroïsme qui escalade les montagnes, c’est bon pour les jeunes. La philosophe qui prône l’éternel retour, c’est bon pour les vieux.

Monday, October 27, 2014

Citation du 28 octobre 2014



Le Surmoi est issu du rapport de l'enfant avec ses parents par un processus complexe d'identification, grâce à quoi l'autorité extérieure est transportée à l'intérieur du sujet et joue le rôle attribué couramment à la conscience morale.
Marthe Robert – La révolution psychanalytique : la vie et l'œuvre de Freud.
En 1968, une interpellation fréquente surgissait dans les débats. "D'où parles-tu camarade ?", demandait-on à l'illustre inconnu qui prenait la parole. 
RTL – Commentaire d’actualité du 16-03-2008

Papa-m’a-dit 
… On se souvient du fils Mitterrand surnommé en Afrique « Papa-m’a-dit » : ironie méchante ? Peut-être mais aussi formule révélatrice de notre situation à tous : qui parle par notre bouche, sinon notre Père dont nous avons repris les leçons de morale qui nous dictent notre devoir ?

D’où parles-tu, camarade ?
Cette phrase est encore dans la mémoire de ceux qui ont vécu 1968 et ses débats enfiévrés. Elle signifiait que la classe sociale originelle était plus importante que l’intention de celui qui parlait. C’était tout juste si on excusait Marx d’être descendant de rabbin.

1968
C’était aussi l’époque où l’on rêvait de marier le marxisme avec le freudisme, histoire de voir ce que ça donnerait comme progéniture. Et de fait, l’idée qu’on est gouverné par des instances dont nous ignorons l’existence est présente dans les deux familles de pensée. Au déterminisme social répondait l’instance du surmoi, mais de toute façon, c’était et notre classe sociale qui dominait notre pensée, et nos parents qui parlaient en nous.
« Tu n’es rien d’autre que ce qu’on a fait de toi : en toi, ton père – ta classe – continue de te gouverner sans même que tu le saches. 
- Freud et Marx instituaient ainsi l’ère du soupçon qui nous incitait à nous méfier de tous – même de nous : qui parle donc en nous ?
La réponse à demain, si vous le voulez bien…

Tuesday, June 17, 2008

Citation du 18 juin 2008

Le peuple, il n'a pas d'idéal, il n'a que des besoins.
Louis-Ferdinand Céline
Le peuple, n'a pas d'idéal, il n'a que des besoins. Ne dites pas ça à nos hommes politiques, car vous allez les désespérer.
Oui, je dis bien « les désespérer », et non les réjouir.
Car certes, on croit qu’ils rêvent d’un peuple bien avachi dans ses désirs de consommation, et qu’on pourrait tenir avec des fêtes et des manifestations grandiloquentes. Encore que… Voyez le peuple romain réclamant Panem et circenses : les jeux du cirque pour se divertir et du pain pour manger. Les jeux du cirque, pour les produire, il suffit d’avoir des chrétiens et des lions ; par contre, pour donner du pain, il faut encore avoir des esclaves qui cultivent les champs.
Franchissons encore une étape : les idéaux, on peut toujours faire rêver qu’on s’en rapproche. Qui donc reprochera à un dirigeant politique de ne pas avoir donné le bonheur éternel aux amoureux, la liberté aux passionnés, la paix de l’âme aux anxieux ? Par contre, il lui suffira de dire que les lois qui réorganisent la presse, ou l’école, ou même qui réglementent l’accueil les réfugiés sur le sol de notre belle patrie sont la condition pour réaliser nos idéaux, et nous pourrons y rêver. Que demander de plus ?
Par contre, faites rêver le mal logé et lui disant qu’il a trouvé l’appartement qu’on lui promet depuis 10 ans. Là il faut de la réalité, de la belle et dure réalité. De celle qu’aucune discours ne pourra remplacer.
Alors, quand vous réclamez au gouvernement du pouvoir d’achat, qu’est-ce que vous croyez qu’il va arriver ? On va vous répondre : « Les caisses sont vides, débrouillez-vous tout seul.
D’ailleurs, vous êtes des porcs à réclamer comme ça plus de plaisirs et moins de travail. Il est temps de remettre de la morale dans la politique.
Oui, mesdames et messiers, de la morale, j’ose ce gros mot.
Cherchez plutôt dans les valeurs qui sont au-delà de votre ligne d’horizon : comment pouvez-vous vivre sans l’idéal enseigné par les religions ?
Oui, l’homme a besoin d’idéal plus encore que de pains ou de vacances aux Seychelles.
Et ça, vos chefs politiques peuvent vous y conduire.
Suivez-les. »