Wednesday, November 22, 2017
Citation du 23 novembre 2017
Sunday, July 30, 2017
Citation du 31 juillet 2017
Il y a tant de choses à dire, tant de frémissements d’indignation contenus à la lecture de cette histoire qu’on ne sait par où commencer. Tentons quand même de le faire, même si on en oublie en route.
- C’est vrai que chez nous aussi on a beaucoup tué pour laver son honneur. Toutefois, l’affront était personnellement subi. Mais dans le cas évoqué aujourd’hui, c’est sur la tête de la femme que repose l’honneur des hommes. Et là c’est la pire des situations.
Thursday, March 30, 2017
Citation du 31 mars 2017
Tuesday, April 07, 2015
Citation du 8 avril 2015
Friday, January 24, 2014
Citation du 25 janvier 2014
Wednesday, June 23, 2010
Citation du 24 juin 2010
L'honneur doit être un éperon pour la vertu, et non pas un étrier pour l'orgueil.
Charles Cahier – Proverbes et aphorismes
J’ai longtemps hésité avant de mettre un ligne quelques réflexions sur l’échec de l’équipe de France de football à la Coupe du Monde, parce que faute de la plus petite empathie avec mes compatriotes qui souffrent des frasques ridicules de notre Onze national, je me sentais bien incapable d’y comprendre quelque chose.
Et puis je suis tombé sur cette citation de ce monsieur Cahier (improbable auteur dont la bio se trouve seulement sur la version anglaise de Wikipédia) et j’ai compris que le déshonneur ressenti par les amateurs de football français au spectacle jugé désolant de leur équipe nationale (1) n’était en fait qu’une blessure narcissique, un orgueil froissé.
Alors, le vieux misanthrope qui se cache en moi a marmonné : Qui sommes nous, nous les Français, pour nous sentir humiliés par le comportement de onze « sportifs » ?
Voilà ce qui se passe :
- La France se sent humiliée par insultes proférées par Nicolas Anelka car voilà le jargon des voyous de banlieues qui remplace le verbe de Racine (Finfielkraut dixit… à peu près).
- Quand c’est le capitaine de l’équipe qui se prend au collet avec le préparateur physique, nos yeux ébahis voient une mutinerie lancée paradoxalement par le capitaine du paquebot France.
- Quand cet épisode de la grève de l’entraînement se prépare sur le terrain, on voit à la télé Raymond Domenech qui désigne d'un geste du bras à ses joueurs les photographes et journalistes installés sur la hauteur qui les surplombe : les indiens se préparent à la curée – c’est la civilisation qui est menacée.
Sauvegardons notre honneur : envoyons pour affronter les équipes adverses non plus 11 joueurs chevronnés mais incapables de jouer en équipe, mais plutôt 11 « bras-cassés » solidaires et dociles.
Qu’on perde tout, sauf l’honneur.
(1) A noter que Fernando Arrabal dans le Libé du 22 juin (p.15) félicite Nicolas Anelka d’avoir injurié le coach, considérant que, soutenu par ses camarades, il avait réitéré le geste inaugural de la Révolution française : ne manquait plus que la tête de Domenech au bout d’une pique.
Tuesday, May 11, 2010
Citation du 12 mai 2010
Tout est perdu fors l’honneur.
François 1er – Pavie, 24 février 1525
Voyez comme on est : on veut bien se rappeler que 1515 est la date de la bataille de Marignan parce qu’on l’a gagnée, mais que 1525 (seulement 10 ans plus tard !) soit l’anniversaire de la défaite de Pavie, ça on n’arrive pas à se le mettre dans la tête…
Bon, passons… Reste que cette formule est bien énigmatique : comment peut-on tout perdre et malgré tout avoir l’honneur sauf ? (1)
Qu’est-ce qu’il a fait, François 1er pour sauvegarder son honneur ? Devant le retournement de situation qui le rendait vulnérable durant le siège de Pavie, il refuse de lever le siège et de se retirer, affirmant : « un Roi de France ne recule pas devant ses ennemis et ne change pas ses projets d'après leurs caprices ».
Ça, c’est de la constance ! J’en connais qui devant des retournements de situations économiques affirment de la même façon qu’ils ne vont pas modifier leur politique fiscale (2), sous prétexte qu’on n’en change pas tous les jours…
Donc, l’honneur, c’est de faire selon sa volonté et pas selon celle des autres – en particulier celle des ennemis du Prince.
Quant à ce qui est arrivé ensuite, voyez plutôt : « François 1er prisonnier de Charles Quint en Espagne signe le traité de Madrid, par lequel il cède la Bourgogne à Charles Quint, renonce à la Flandre, au Milanais et à Naples. Le traité prévoit encore la libération du Roi, contre une forte rançon et un échange avec ses deux fils : le Dauphin François et Henri. L'échange se fera le 17 mars 1526 et les deux fils de François Ier resteront en captivité jusqu'au 1er juillet 1530. Les autres termes du traité ne seront jamais respectés par le Roi car il estimera que "tout homme gardé ne peut avoir obligation de foi". » (Lu ici)
Autrement dit on peut sauvegarder son honneur tout en mentant et en trahissant sa parole.
Inutile de dire que nos dirigeants politiques sont tous des émules de notre bon roi François…
(1) François 1er aurait en réalité écrit à sa mère Louise de Savoie : "Madame, pour vous avertir comme se porte le reste de mon infortune, de toute chose ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui m'est sauve"
(2) A ne lire que par ceux qui ceux qui vivent au-delà de nos frontières : l’exemple évoqué est celui du « bouclier fiscal ».
Sunday, January 31, 2010
Citation du 1er février 2010
Si vous perdez vos enseignes, cornettes ou guidons, ne perdez point de vue mon panache; vous le trouverez toujours au chemin de l'honneur et de la victoire.
Henri IV – 14 mars 1590 à la bataille d’Ivry
Ralliez-vous à mon panache blanc !...
Quand on a la prétention de livrer à ses lecteurs les plus célèbres citations – celles qui, justement, ont forgé notre Identité Nationale – comment éviter celle-ci ? Mais, s’il faut en plus comme je le prétends en faire un commentaire, alors c’est le piège …
Bon – j’essaie quand même et tant pis pour moi si je me plante.
--> D’abord : ce que dit le futur Henri IV (1) à ses soldats ne se comprend que si le champ de bataille est suffisamment réduit pour que le soldat du dernier rang puisse voir encore le panache qui orne la chapeau de son chef – qui est supposé être en tête de la mêlée. J’ai lu autrefois dans le Dimanche de Bouvines de Duby que cette célèbre bataille s’était déroulée, comme toutes les batailles de l’époque, dans un champ dont les deux armées ennemies occupaient les deux extrémités, en sorte que la disposition des troupes lors de l’affrontement ressemblait à celles des pièces du jeu d’échec. Difficile d’imaginer une telle situation aujourd’hui.
Donc cette citation nous instruit sur les différences qu’il faut reconnaître entre les batailles d’autrefois et celles d’aujourd’hui.
--> Ensuite, le roi chef d’armée est porteur d’une marque distinctive, le panache blanc, qui le signale comme tel à tous – y compris à l’ennemi.
Qu’en est-il aujourd’hui ? On n’imagine pas le général en chef arborant sur le champ de bataille un signe distinctif visible de loin. S’il a bien ses galons, ceux-ci de couleur neutre et surtout pas en métal doré qui brille au soleil !
--> Que reste-t-il de l’ordre du jour de Henri IV à ses troupes ?
La victoire et l’honneur, oui, il n’y a que ça qui reste. Et encore : l’armée est le dernier lieu où l’honneur des hommes soit encore évoqué.
Car si la victoire reste partout requise pour faire avancer coûte que coûte, par contre l’honneur dans nos sociétés occidentales est devenu une notion bien poussiéreuse.
…Vu les circonstances dans les quelles l’honneur est invoqué, je me demande s’il faut le regretter.
(1) Car il s’agissait en fait du futur roi de France, et de l’ordre du jour rapporté ici
Saturday, March 28, 2009
Citation du 29 mars 2009
L'honneur et le profit ne couchent pas dans le même lit.
Cervantès - Nouvelles exemplaires
Voici une observation quasiment proverbiale, et que chacun se répète en cette époque de parachutages dorés.
Comme je n’ai pas l’habitude d’enfoncer les portes ouvertes, je n’en dirai pas plus sur cette évidence.
Et en même temps, reconnaissons-le : nous moralisons à tout va, c’est devenu une manie obsédante : il nous faut de la vertu – partout !
Alors, le profit ferait-il exception ? N’y aurait-il aucune valeur qui accepte de coucher avec lui ?
Bien entendu, vous avez déjà la réponse : à une époque où l’on nous parle de moraliser le capitalisme, on nous a répété sur tous les tons que le profit va avec le mérite. Si vous avez bien travaillé, vous avez produit, donc vous pouvez profiter des fruits de votre travail. Nulle contradiction entre capital et morale, dès lors que le profit = le mérite. Au point que les puritains américains ont érigé cette équation en clé pour accéder au paradis (1).
Comme les deux membres de l’équation sont réversibles on peut aussi bien écrire : mérite = profit – voire même mérite => profit.
J’entends des petites voix qui protestent : elles me disent : « Mais les patrons ils n’ont pas mérité de gagner en prime d’une année ce que nous gagnons en 377 années de salaire (2). »
Alors, écoutez bien : dans un régime capitaliste, travailler signifie faire gagner de l’argent aux autres, à l’entreprise, aux actionnaires – et à vous-même. Le mérite se mesure donc bien au profit qu’on permet de réaliser à tous ceux qui payent votre salaire.
….Hélas ! Ne nous voilons pas la face, arrêtons de nous obsédons avec les parachutes de nos PDG : nous ne sommes pas prêts de voir les gens les plus méritants devenir les plus riches du pays. C’est qu’il y a bien des façons de mesurer le salaire, et le mérite-profit n’est pas toujours le critère choisi. S’il y a des ouvriers payés en-dessous du profit qu’ils apportent à l’entreprise, il y a des patrons payés au-dessus.
- Dernière observation : autrefois – il y a bien, bien longtemps – la valeur politique était : la solidarité, grâce à la quelle nous étions « citoyens responsables ». Aujourd’hui, quand on dit aux patrons du CAC 40 qu’ils doivent êtres solidaires, ils ont des difficultés de compréhension.
(1) Là-dessus voir Max Weber – Ethique protestante et esprit du capitalisme, et … les discours de Notre-Président, décidément beaucoup plus américain qu’on le croit.
(2) Ça peut être beaucoup plus, je sais…
Thursday, December 04, 2008
Citation du 5 décembre 2008
Le ridicule déshonore plus que le déshonneur.
La Rochefoucauld – Maximes
M. de la Rochefoucauld dit, que le déshonorant offense moins que le ridicule. Je penserais comme lui, par la raison qu'il n'est au pouvoir de personne d'en déshonorer une autre : c'est notre propre conduite et non les discours d'autrui qui nous déshonorent. Les causes du déshonneur sont connues et certaines : le ridicule est purement arbitraire.
Madame de Lambert – Avis d'une mère à son fils
Avouez que pour quelqu’un qui, comme moi, commente des citations, l’idéal est de trouver une citation qui en commente une autre.
Il faut pourtant observer que madame de Lambert (1) commence par une traduction : « le ridicule déshonore plus que le déshonneur » devient « le déshonorant offense moins que le ridicule ».
Ce qui veut dire qu’on a encore à expliquer cette traduction : que veut dire madame de Lambert ?
Et en effet, madame de Lambert nous guide très sûrement vers le sens de la pensée de La Rochefoucauld : être déshonoré, c’est être offensé et l’offense vient des autres. Et donc, on ne peut jamais être déshonoré par soi-même, mais seulement par les autres. Ce qui veut dire aussi que le vrai déshonneur ne vient pas d’une situation mais de l’intention d’offenser, la quelle se manifeste par la raillerie ridiculisante.
Même s’il y a sans doute des situations ridiculisantes, elles ne le sont vraiment que si autrui est là pour s’en moquer : on n’est ridicule que lorsqu’on est ridiculisé.
Bon. Maintenant, la question est : faut-il se sentir offensé quand on se moque de nous ? Je veux dire : offensé au point d’en être déshonoré, et on sait comment finissait les querelles d’honneur à l’époque de madame de Lambert. D’ailleurs le film de Patrice Leconte dont on se rappelle peut-être (2), montre à la perfection le caractère infâmant de la ridiculisation.
Est-ce si évident ?
Il faut rappeler que Spinoza (un des rares philosophes à ma connaissance ayant écrit quelque chose sur ce sujet), considère que tourner quelqu’un en ridicule déshonore celui qui raille et non celui qui en est l’objet : « La moquerie et la raillerie reposent sur une opinion fausse et manifestent une imperfection dans le moqueur et le railleur. » (Court traité, ch. XI). Il revient à la charge, dans l’Ethique (IVème partie, proposition XLV, scolie – corollaire 1) : « L’envie, la moquerie, le mépris, la colère, la vengeance et les autres sentiments qui se rapportent à la haine ou en naissent sont mauvais… ».
Si déshonneur il y a, il serait donc plus pour le railleur que pour le raillé.
(1) A l’époque de la Régence, son salon passait pour le temple des bienséances et du bon goût, nous dit Wikipédia – voir la suite.
(2) Ridicule film de Patrice Leconte date de 1996. Voir ici.