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Thursday, November 23, 2017

Citation du 24 novembre 2017

Le bonheur n'est pas dans les cieux,  / Il est près d'une bonne amie.
Jean-Pierre Florian l'Aigle et la Colombe – Fables (1792),
Voilà encore une de ces morales décevantes dont Florian a le secret, tout juste digne de figurer dans des poèmes aux vers de mirliton ou dans des magazines féminins à cent sous...
Mais, tentons quand même de jouer le jeu et de croire que Florian avait un peu plus que cela à nous dire. Suivons pas à pas sa fable : il s’agit d’un aigle puissant et digne de respect, qui planant au haut du ciel fréquentait l’Olympe. Qu’on le croit ou non, voilà qu’il se fatigue de ces hauteurs et que, redescendant au niveau du commun, il rencontre une colombe à la quelle il conte sa lassitude. 
« La colombe répond : Petite est ma science, / Mais je crois cependant que je peux vous guérir : / Daignez me suivre dans la plaine. / Elle dit, l’aigle part. La colombe le mène  / Dans les vallons fleuris, au bord des clairs ruisseaux,  / Lui montre mille objets nouveaux,  / Le fait reposer à l’ombrage,  / Ensuite le conduit sur de riants coteaux,  / Et puis le ramène au bocage,  / Où du rossignol le ramage  / Faisait retentir les échos. »

Alors, qu’est-ce que vous en dites ? Feriez-vous comme l’Aigle une crise de transcendance ? Dégouté de l’air pur des cimes et des déesses de marbres, seriez-vous attiré d’avantage par les riants valons, les blanches colombes et le chant du rossignol ?
Vous semblez songeur : comment se décider ? Comment imaginer une scène pareille ?
C’est très simple : à choisir, prendriez-vous des vacances aux Maldives ou bien un séjour à la ferme ?


C’est ça qui vous tente ?

Saturday, October 21, 2017

Citation du 22 octobre 2017

Je bande donc je suis (Turgeo ergo sum)
Les fauteuses de trouble
(Commentaire de la correspondance de Diderot avec Sophie Volland - Lire ici)




Propos d’un Porc
Si j’étais un Porc frôleur de jupons je dirais pour ma défense que je ne me sens exister que quand je suis en état d’excitation.
Ontologie de la bandaison !!! Voilà ce que la philosophie après des millénaires de cogitations apporte comme contribution dans le débat – s’il y débat. Car les Porcs ne disent pas grand chose, sauf qu’ils n’en sont pas.
Mais s’ils parlaient, au lieu de crier Grouiiiic, ils nous diraient à n’en pas douter : « Je bande donc je suis », ou mieux (comme l’aurait dit Descartes) : Turgeo ergo sum.
Qu’est-ce qui fait que ces violeurs, ces pelotteurs de fesses, ces frotteurs de métro soient compulsifs à ce point ? N’est-ce pas qu’ils ont une carence dans leur être profond et que pour se sentir exister ils ont besoins des femmes ?
Alors bien sûr les dames n’en ont rien à faire : que le cochon soit en état de carence ontologique ne leur fait ni chaud ni froid, parce que voyez vous l’ontologie c’est comme un système de vases communicants : lorsque ça se remplit d’un côté, ça se vide de l’autre.

Wednesday, October 04, 2017

Citation du 5 octobre 2017

Il est bien des merveilles en ce monde, il n’en n'est pas de plus grande que l'homme.
Sophocle – Antigone
(Lire ici)
 MERVEILLE, subst. fém.
Événement ou chose qui cause un vif étonnement par son caractère étrange et extraordinaire.

Les philosophes aiment par dessus tout étonner en reversant les évidences en faisant de l’affirmation la plus banale un paradoxe. Mais ils ne sont pas les seuls : voilà que les auteurs de tragédies s’y mettent avec Sophocle et son « émerveillement » devant l’homme. Et encore, précisons que c’est le chœur qui porte cette affirmation, lui ajoutant ainsi le poids de la sagesse.
Toutefois, cet émerveillement s’explique : « … Maitre d’un savoir dont les ingénieuses ressources dépassent toute espérance, il (= l’homme) peut prendre ensuite la route du mal comme celle du bien. » ; car il ne peut éviter le pire qu’« en suivant les lois de sa ville et celles de la justice des Dieux ».
Le genre humain, tout en inventant de merveilleuses ruses par les quelles il va dominer la terre et la nature, reste pourtant démuni quand il faut savoir ce qu’il convient en faire.
Et pourtant, la Bible le dit bien « L’Éternel Dieu donna cet ordre à l’homme : « Tu pourras manger les fruits de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas le fruit de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras, c’est certain. ». (Genèse 2. 16-17)
Mais voilà : en mangeant le fruit défendu, l’homme a bien subi les malédictions de annoncées par Dieu. Mais il n’a pourtant rien appris concernant le Bien et le Mal.

… Mais non ! Je cherche à disculper les hommes, comme si en faisant le mal ils ne savaient pas ce qu’ils étaient entrain de faire !
La triste vérité c’est à Ovide qu’il appartient de la dire : « Je vois le bien, je l’approuve, et je fais le mal. » (Les métamorphoses). Voilà la réalité : c’est en connaissance de cause que nous faisons le mal.

- Même les fanatiques qui vous égorgent pour obéir à Dieu ?

Friday, August 18, 2017

Citation du 19 aout 2017

La sélection naturelle correspond simplement à un tri des individus les plus aptes à survivre ou à se reproduire, quelle que soit la raison pour laquelle ils possèdent une telle aptitude.
Mathieu JORON (University College London) – Isabelle OLIVIERI (Institut des sciences de l'évolution Montpellier)

Il y a donc deux formes de sélections naturelle : celle qui concerne l’individu, lorsqu’il est porteur de caractéristiques qui le rendent apte à survivre mieux que les autres dans un environnement donné. Et puis celui qui concerne l’espèce qui découle de l’aptitude supérieure de certains individus à la reproduction. On espère en général que ces deux caractéristiques se recoupent, à savoir que celui qui est apte à survivre mieux que les autres soit aussi celui qui se reproduit le plus, de sorte que l’espèce profite des aptitudes de l’individu. Mais ce n’est pas forcément le cas, puisque la queue du paon qui le rend séduisant pour les femelles ne l’aident surtout pas à voler…

Justement : les oiseaux sont des animaux très civilisés, qui pratiquent l’amour courtois qui permet à la femelle de choisir en toute indépendance le mâle qui lui plait, et souvent sur des critères esthétiques (comme le paon dont on vient de parler ou les oiseaux de paradis dont le plumage magnifique n’est possédé que par le mâle en vue de la parade nuptiale (voir ici))

Par contre, chez les hommes on croit savoir que dans les temps anciens, ce n’était pas du tout cela – voyez plutôt :



(Hélas, j’ai perdu l’adresse de ce ravissant dessin….)

Le plus fort, le plus violent, le plus lubrique, voilà ce qu’il fallait pour engendrer l’espèce humaine. Ce sont de gens comme ça que nous descendons. Après étonnez-vous qu’il y ait des femmes battues…

Monday, July 17, 2017

Citation du 18 juillet 2017

Avant de faire disparaître les espèces animales, les hommes d'aujourd'hui (homo sapiens) ont «éteint» les autres variétés d'hommes (néanderthaliens, denisoviens etc)
Article de science et avenir Juillet 2017

Selon certains, l’homo sapiens serait une variété de primates qui aurait pour activité principale de détruire son environnement et particulièrement les espèces animales qui s’y trouvent.
Par contre, on a l’habitude de célébrer les hommes du passé qui auraient vécu en symbiose avec la nature, faisant des prières pour demander aux dieux l’autorisation de tuer un animal dont ils avaient besoin pour vivre. Mais des paléontologues plus experts ont corrélé les extinctions d’espèces animales en Australie et en Amérique avec l’arrivée des hommes sur le continent – le résultat est sans appel : ce sont les hommes qui sont responsables de ces disparitions.

Maintenant, il y a plus. Depuis quelques semaines, la découverte d’un fossile de l’espèce sapiens vieux de 300000 ans dans une région du Maroc a montré que celle-ci avait été contemporaine d’autres variétés d’espèce humaine : néanderthaliens, denisoviens, etc (on compte jusqu’à une quinzaines d’espèces d’hominidés dont certaines ont été contemporaines de l’espèce sapiens).
Alors on imagine facilement la suite : et si ces espèces avaient disparu du fait de la concurrence avec les sapiens ? Oh, certes les animaux aussi se détruisent les uns les autres par la concurrence lorsqu’ils partagent la même niche écologique : en Australie justement, les dingos (= chiens sauvages) ont contribué à l’extinction de certaines variétés de marsupiaux. Mais connaissant l’homme actuel et sa frénésie de destruction (qu’on pense aux bisons chassés jusqu’à la quasi extinction de l’espèce sauvage par les pionniers), on imagine sans peine qu’un holocauste à la hache de silex a bien pu avoir lieu.


Nous voici dans le clan des misanthropes ? Peut-être pas, car voici qu’on affirme que nous sommes aujourd’hui encore porteurs de gènes de néanderthalien ou de denisovien : preuve que monsieur Cro-Magnon a pu trouver en rentrant chez lui un sale type genre Neandertal couché avec madame Cro-Magnon. Etonnez-vous après ça qu’il y ait eu du sang sur les parois de la caverne !

Wednesday, June 14, 2017

Citation du 15 juin 2017

La conquête du superflu donne une excitation spirituelle plus grande que la conquête du nécessaire. – L'homme est une création du désir, non pas une création du besoin.
Bachelard – La Psychanalyse du feu

On a dit bien souvent que le luxe était un penchant pervers des civilisations en décadence, et qu’il avait accompagné l’empire romain tout au long de son écroulement. On ajoute aussi aujourd’hui que le superflu est incompatible avec les capacités de la planète à nourrir quelques milliards d’hommes : il faudra un jour accepter ce principe  « Pour jouir longtemps il faut renoncer à notre aspiration au superflu ».

Le philosophe aime soumettre de tels principes à contradiction. Ici, Bachelard nous en propose une : la recherche du superflu, objet du désir et non du besoin, a soutenu le progrès de l’humanité. Certes, si l’espèce humaine avait su se contenter de l’indispensable, boire l’eau du torrent, pécher la truite juste pour sa faim et dormir dans l’anfractuosité d’un rocher, alors l’ours serait toujours niché au creux des cavernes, et les abeilles industrieuses ne périraient pas empoisonnées par les pesticides.
Oui, mais : si au lieu de causer notre perte le goût du luxe était consubstantiel à notre nature et nous avait propulsé en avant, vers des nouvelles façons de jouir de la vie ? Rêverie de philosophe ? Peut-être pas. Je lis en effet que lors du métissage inter-espèces (1), le sapiens a gagné des facultés venues des espèces concurrentes, et qu’ainsi « en Papouasie-Nouvelle-Guinée un gène hominidé de Denisova permet aux Papous de détecter des parfums très subtils » (Art Wiki.) J’imagine ce métis moitié denisovien moitié sapiens inaugurant ce gène en partant à la découverte du monde pour satisfaire son désir de parfum…
Pour comprendre l’issue de cette quête odorante, lisez donc Le traité des sensations de Condillac. (À télécharger ici)
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(1) La découverte faite récemment d’un crâne de sapiens vieux de 300000 ans au Maroc semble confirmer cette hypothèse : oui, le sapiens a été contemporain de l’homme de Neandertal et de celui de Denisova. Mais ces espèces avant de s’éteindre ont coexisté assez longtemps avec notre espèce pour lui léguer par métissages quelques gènes.

Thursday, May 25, 2017

Citation du 26 mai 2017

Parité : état de ce qui est divisible par deux.
Une certaine parité d'essence (entre le dirigeant et le dirigé), je veux dire une parité essentielle dans la commune condition d'hommes voués au labeur, y serait [dans la chrétienté] à la base des relations d'autorité et de la hiérarchie des fonctions temporelles...
Maritain – Humanisme intégral.
Parité.
Durant les débats sur la représentation nationale à l’Assemblée, on assiste parfois  à des empoignades entre hommes et femmes (= féministes) à propos de la parité.
- Les uns affirment que lorsque sur les listes électorales les candidates sont aussi nombreuses que les candidats, alors la parité parfaite est assurée puisque le nombre total des candidats est parfaitement divisible par deux – autant de femmes  pour autant d’hommes. Dans « parité », il faut surtout entendre « nombre pair ».
- Les autres rétorquent que c’est poudre aux yeux, parce que les femmes candidates en position éligibles sont beaucoup moins nombreuses que leurs collègues masculins. Il faudrait plutôt faire appel à la parité essentielle pour reprendre la formule de Maritain.
Moyennant quoi on retombe sur le dilemme de la discrimination positive : d’un côté, on aurait les hommes qui s’affronteraient entre hommes dans une compétition acharnée faisant que seuls les meilleurs pourraient gagner ; de l’autre des femmes qui seraient, faute de candidates expérimentées, désignées à hasard ou presque, et qui arriveraient au pouvoir selon un ordre qui ne serait nullement celui du mérite.

Au fond, l’idée serait que, faute de valeurs discriminantes, les femmes seraient tirées au sort.
Situation provisoire, liée à la progressivité de l’ouverture de l’Assemblée Nationale aux femmes ? Ou bien situation essentielle, liée à une carence de valeur ?
- Mais quoi ? Ces dames n’auraient donc pas de mérite ? N’auraient-elles donc pas de valeur pour faire de la politique ? Ne pourraient-elles entrer en compétition que comme tricoteuses ou lavandières ?
Alors, on comprend que le débat soit acharné entre ceux qui n’accorderaient aux femmes qu’une parité simplement numérique parce qu’ils qui croient en la suprématie masculine ; et ceux (ou plutôt : celles) qui tiennent à la parité essentielle.

Attendons de voir ce que cela va donner : que le (la) meilleur(e) gagne !