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Sunday, December 11, 2016

Citation du 12 décembre 2016

La nature, féconde en bizarres portraits, / Dans chaque âme est marquée à de différents traits
Boileau – Art Poétique. III (1674)

Charles Le Brun – La physiognomonie (1671)
Charles Le Brun ne fut pas seulement le peintre et le décorateur du château de Versailles ; il fut aussi le théoricien de ce passage de l’animal à l’homme : non seulement il y a continuité comme le montre ses dessins, mais encore l’homme conserve en lui – du moins sur son visage – des traits évoquant l’influence de l’animalité sur lui. On comprend alors que comme Boileau il estime que les traits du visage reflètent les traits saillants du caractère des personnages.

C’est cela qui nous retient encore aujourd’hui : non pas que tel ou tel homme ou femme (publique par exemple) puisse à coup de Photoshop ressembler à un animal (1), mais qu’on puisse interpréter un comportement humain comme s’il s’agissait de celui d’un animal, qu’on arrive même à anticiper sur ses réactions grâce à cela. L’idée est qu’il y a une continuité entre l’animal et l’homme, et si on considère que certains de nos compagnons à quatre pattes sont comme des humains aux quels il ne manquerait que la parole, réciproquement, certains humains ont en eux des traits de comportement animal.
Voyez, par exemple comment notre ex-premier ministre fait montre d’une agressivité ombrageuse qui nous donne à penser que son origine ibérique l’identifie au héros de la corrida (je veux dire non pas le torero, mais le toro – Olé !). Ou notre encore-actuel Président, qui aurait peut-être des traits de cocker ? A moins que passant outre la barrière des genres on estime qu’il incarne parfaitement l’homme-ficus dont on décrit les caractéristiques ici.
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(1) On peut aussi à l’approche de Noël offrir au petits enfants des déguisements de Maya l’Abeille, ou permettre au Papa, pour le réveillon du 31 de troquer sa houppelande de Père noël pour une tenue d’éléphant avec une grande et vigoureuse trompe qui sera du meilleur effet auprès des dames… (Voir ici)

Wednesday, September 03, 2014

Citation du 4 septembre 2014



La vie est bleue comme l’est un ciel pur.
Balzac – La duchesse de Langeais (extrait de la citation du 2 septembre)
Quelle est donc la couleur de la vie ?
… Oui : imaginez-vous à l’école (c’est juste la rentrée) ; la maitresse vous a donné une feuille blanche et des crayons de couleurs. Elle vous a dit : « Allez ! Dessine-moi la vie » (1)
Vous allez faire comment ? Prendre la couleur de votre cartable « genré » pour colorier la page ?

Cartables genrés offerts pour la rentrée par le Mairie de Puteaux

Pourquoi pas, me direz-vous ? Sauf que pour que ça marche il faut le contraste : le bleu-garçon n’est beau que juxtaposé au rose-girly, sinon on loupe le message : la vie c’est un garçon/une fille, un papa/une maman…
Choisissez donc avec Balzac une autre métaphore : la vie est bleue comme le ciel pur (et non comme le roi).
Vous avez deux éléments pour décrire votre idéal de vie :
- l’immensité symbolisée par le ciel, toujours présent et jamais limité. On peut s’enfoncer dans la vie aussi loin qu’on voudra : on aura toujours devant soi la même carrière où exercer notre liberté. C’est à cela qu’il faut croire.
- la pureté : c’est en effet dans un ciel monochrome, absolument bleu que la pureté se trouve : pas un nuage blanc/gris ; pas une trainée d’avion ; pas une fumée. Que vaudrait la vie sans la pureté ? Car ne nous y trompons pas, les impuretés qui affectent la vie sont des traces de mort qui la polluent : angoisse de disparaitre, de perdre nos être les plus chers, voire même plus simplement, de perdre ce qui fait notre vigueur et notre beauté. La belle-vie, c’est la pure-vie, celle qui éclate dans l’instant sans le souci de l’avenir. Oui, la vie est bleue…
Et tout ça avec un seul crayon de couleur : quelle économie pour votre école !
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(1) Notez qu’elle aurait pu dire : « Dessine-moi ta vie ». Mais elle sait qu’elle a les meilleurs élèves de l’école : elle peut se risquer à les lancer à l’assaut du concept.