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Friday, November 27, 2015

Citation du 28 novembre 2015

Le regard général des Français sur l’école maternelle et celui des enseignants est très proche … : ils la décrivent comme une école essentielle, œuvrant pour les apprentissages mais aussi le vivre ensemble et l’épanouissement des élèves.
Harris Interactive – Sondages d’opinion. 24 novembre 2015 - (Lors d’un colloque intitulé « Nouveaux programmes en maternelle : un nouvel élan pour le travail enseignant ? »)

 
Ecole Montesori – Exercice pour prendre soin de l’environnement de la classe (Voirici)

Qui est en rose et manie le balai ? Quels sont les trois enfants à l’arrière plan entrain de bavarder ? Quelle signature en bas à droite de la photo ?
Après la vague de contestation de la « manif pour tous », dénonçant les intrusions de l’école dans l’éducation donnée aux enfants relativement au genre garçon/fille, devons-nous comprendre que la satisfaction affichée à présent par les parents viendrait de ce qu’on aurait redressé la barre et donné aux petits filles dans la classe maternelle un rôle à la mesure de ce que la tradition accorde aux femmes ?
Poser ces questions, c’est y répondre : je m’en voudrais d’enfoncer ces portes ouvertes.
Par contre, il y a deux questions qui me préoccupent :
            - Est-ce que cette photo vous choque ?
            - Supposez-vous que cette petite fille soit contente de balayer la classe ?
Commençons par la seconde : – Oui, cette enfant est peut-être très contente de balayer. Soit que ce soit une activité plaisante en elle-même (voyez avec quelle élégance elle tient son balai) ; soit qu’on lui ait donné un statut particulier (du genre : Si tu es bien sage tu auras le droit de balayer la classe !). Bien entendu on ne lui a rien dit du statut social de la femme de ménage : elle est beaucoup trop jeune pour entendre cela !
Maintenant, la première question : comme à beaucoup, la fonction d’intégration de l’école vous paraît sans doute primordiale. Mais… Sommes-nous d’accord pour dire quels changements sont souhaitables ? Les manif contre les programmes scolaires en rapport avec l’égalité des filles et des garçons semblent bien montrer que non.
--> Si l’on veut que l’école contribue à changer la société (ce que les programmes scolaires favorisant l’égalité homme/femmes semblent vouloir) alors créons des établissement officiellement organisés pour cela.
Des écoles au fronton des quelles au lieu d’écrire la devise de la République, on mettrait :
Ici, les petits garçons aussi doivent balayer la classe.

Ça risque de compliquer la carte scolaire, mais après tout, pourquoi pas ?

Monday, November 03, 2014

Citation du 4 novembre 2014



J’imagine que les fourmis et les filles ont une vague idée du tour cruel que la nature leur a joué, sans pour autant avoir assez d’intelligence pour comprendre vraiment l’amplitude de la chose.
Bill Watterson – Calvin et Hobbes


La philosophie selon Calvin. 1

La bande dessinée – particulièrement les comics strips – peuvent être générateurs de philosophie. J’en veux pour preuve le Chat de Geluck, Mafalda de Quino, et aujourd’hui Calvin et Hobbes de Bill Watterson
Quoi de plus misérable et de plus insignifiant que la fourmi ? Ce serait une petite machine remontée pour bouger toute seule que ce serait pareil. Rien ne serait pire que d’être comme une fourmi.
Sauf que … il y a pire que d’être une fourmi : c’est d’être une fourmi consciente d’elle-même– ce qui ne serait possible pour elle, minuscule grain de vie, qu’à la condition de ne pas avoir l’obligation de se comparer à telle ou telle espèce mieux dotées qu’elle. Selon Calvin la conscience d’être une fille c’est, comme pour la fourni, le degré zéro de la conscience: c’est une conscience de soi-même qui ne serait pas éclairée par la conscience d’autrui – ou, si l’on veut : une conscience à peine née mais qui n’aura pas la force d’aller plus loin. D’ailleurs si les fournis ne se suicident pas, c’est justement parce que leur conscience ne va pas plus loin.
o-o-o
Selon Calvin, sa voisine Susie Derkins (1) ne sait sûrement pas qu’il y a des garçons qui existent c’est-à-dire des êtres infiniment supérieurs à elle, qui n’ont pas besoin de justifier leur existence parce que, n’est-ce pas, leur maman les aime. En plus ils ont un petit appendice entre les jambes qu’elle, Susie, n’a pas. Comme elle ne sait pas que ça existe, elle ne l’envie pas (Lacan ! Couché !), et du coup les gens qui disent « les filles ça casse tout » sont des rêveurs ou des menteurs.

… Seulement, Calvin ne sait pas tout lui  non plus. Il ne sait pas qu’il y a des filles qui ont choisi d’être aussi brillantes et aussi fortes que les garçons, et que, du coup, elles leur casse la figure comme si c’étaient eux la fille.

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(1) A propos de Susie Derkins on peut lire dans Wiki : « Le D.É.F.I., pour « Dehors Énormes Filles Informes », (ou G.R.O.S.S. pour « Get Rid Of Slimy girlS » en VO) est un club secret anti-filles inventé par Calvin et Hobbes. Le but principal de cette organisation est d'exclure les filles, notamment Susie Derkins, la voisine de Calvin. »

Wednesday, September 03, 2014

Citation du 4 septembre 2014



La vie est bleue comme l’est un ciel pur.
Balzac – La duchesse de Langeais (extrait de la citation du 2 septembre)
Quelle est donc la couleur de la vie ?
… Oui : imaginez-vous à l’école (c’est juste la rentrée) ; la maitresse vous a donné une feuille blanche et des crayons de couleurs. Elle vous a dit : « Allez ! Dessine-moi la vie » (1)
Vous allez faire comment ? Prendre la couleur de votre cartable « genré » pour colorier la page ?

Cartables genrés offerts pour la rentrée par le Mairie de Puteaux

Pourquoi pas, me direz-vous ? Sauf que pour que ça marche il faut le contraste : le bleu-garçon n’est beau que juxtaposé au rose-girly, sinon on loupe le message : la vie c’est un garçon/une fille, un papa/une maman…
Choisissez donc avec Balzac une autre métaphore : la vie est bleue comme le ciel pur (et non comme le roi).
Vous avez deux éléments pour décrire votre idéal de vie :
- l’immensité symbolisée par le ciel, toujours présent et jamais limité. On peut s’enfoncer dans la vie aussi loin qu’on voudra : on aura toujours devant soi la même carrière où exercer notre liberté. C’est à cela qu’il faut croire.
- la pureté : c’est en effet dans un ciel monochrome, absolument bleu que la pureté se trouve : pas un nuage blanc/gris ; pas une trainée d’avion ; pas une fumée. Que vaudrait la vie sans la pureté ? Car ne nous y trompons pas, les impuretés qui affectent la vie sont des traces de mort qui la polluent : angoisse de disparaitre, de perdre nos être les plus chers, voire même plus simplement, de perdre ce qui fait notre vigueur et notre beauté. La belle-vie, c’est la pure-vie, celle qui éclate dans l’instant sans le souci de l’avenir. Oui, la vie est bleue…
Et tout ça avec un seul crayon de couleur : quelle économie pour votre école !
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(1) Notez qu’elle aurait pu dire : « Dessine-moi ta vie ». Mais elle sait qu’elle a les meilleurs élèves de l’école : elle peut se risquer à les lancer à l’assaut du concept.