Exemple : de nos jours on fait des triomphes aux artistes de variété qui font les imitateurs. Mais on voit bien que ce n’est pas leur talent d’imitation qu’on applaudit, mais celui d’auteur leur permettant de faire croire que les propos de fantaisie qu’ils prononcent ont été effectivement exprimés par la célébrité imitée.
Tuesday, April 11, 2017
Citation du 12 avril 2017
Exemple : de nos jours on fait des triomphes aux artistes de variété qui font les imitateurs. Mais on voit bien que ce n’est pas leur talent d’imitation qu’on applaudit, mais celui d’auteur leur permettant de faire croire que les propos de fantaisie qu’ils prononcent ont été effectivement exprimés par la célébrité imitée.
Saturday, May 14, 2016
Citation du 15 mai 2016
Wednesday, September 05, 2012
Citation du 6 septembre 2012
Thursday, July 26, 2012
Citation du 27 juillet 2012
Friday, September 16, 2011
Citation du 17 septembre 2011
Sans la passion, il n'y a pas de génie. (Ohne Leidenschaft gibt es keine Genialität)
Theodor Mommsen
Il n’est en son pouvoir (= celui du génie) ni de concevoir à volonté ou suivant un plan de telles idées ni de les communiquer aux autres dans des préceptes qui les mettraient à même de réaliser des produits semblables.
Kant – Critique de la faculté de juger, § 43
Qu’est-ce que le génie? Une longue patience ? Un peu d’inspiration et beaucoup de transpiration ? Tous ceux qui ont voulu le définir se sont ridiculisés.
Il vaut mieux définir l’origine ou le produit du génie – c’est-à-dire l’œuvre.
Comme Kant pour qui l’œuvre géniale est simplement l’œuvre qu’on ne peut reproduire, quand bien même on saurait parfaitement comment elle a été faite.
Comme Mommsen qui s’attache à éclairer l’origine du génie : la passion, dont on dira certes qu’elle n’est pas présente uniquement chez des génies, mais qui apparait comme une condition nécessaire de l’œuvre géniale.
Toutefois, cette dernière remarque risque de nous tromper : on imagine le passionné pris d’une fièvre créatrice, qui crée dans la nuit un tableau un poème une sonate ? Mais alors, que faire de ces œuvres qui se sont élaborés dans la lenteur dans une durée interminable ? Imaginez-vous Léonard « torchant » la Joconde en une nuit ? Comme on le sait, il lui a fallu 3 années durant lesquels il a patiemment peint son tableau en sfumato, parfois jusqu’à 20 couches superposées (1). Où donc est la passion là-dedans ?
Sans doute faut-il en effet beaucoup de passion pour se concentrer pendant 3 ans sur le même travail, mobiliser ses ressources physiques et intellectuelles pour le faire aboutir, sans jamais brusquer ni dévier de l’effort. La passion est bien ce qui opère ce miracle de focaliser toutes les ressources de l’individu sur un point précis et de l’y maintenir aussi longtemps que son objet est désiré.
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(1) Pour vous en assurer, lisez ceci et voyez cela : Wikipédia vous offre une gigantesque reproduction de la Joconde : 90Mo dites donc ! Avec ça vous pouvez contempler l’art du sfumato et même compter les craquelures de la peinture.
Thursday, August 06, 2009
Citation du 7 août 2009
Le génie est un talent consistant à produire ce pour quoi aucune règle déterminée ne se peut indiquer – […] l’originalité doit être sa première propriété.
Kant – Critique de la faculté de juger, §46
Rien de plus original, rien de plus soi que de se nourrir des autres. Mais il faut les digérer. Le lion est fait de mouton assimilé.
P. Valéry – Tel quel
Bon, résumons nous : alors que pour Kant le génie n’a pas de règles, qu’il est invention, création pure, Valéry ajoute que l’influence des prédécesseurs ne nuit pas à l’originalité du génie, mais qu’un processus de macération vient en métamorphoser l’influence dans le surgissement d’une personnalité nouvelle.
On a encore dans les yeux l’exposition qui a eu lieu récemment à Paris, montrant les tableaux de Picasso, rapprochés des œuvres qui les avaient inspirés (1). On peut considérer que ces chef d’œuvres ont nourris d’autres chef d’œuvres, et donc on peut – avec tout le respect qu’on lui doit – corriger Valéry : le lion doit manger du lion pour faire œuvre de lion.
- Maintenant, doit on considérer que le génie est une propriété de la nature d’un homme, d’un artiste ? Que le génie est génial du matin au soir, et qu’il ne peut produire son œuvre qu’à la condition d’être génial ?
Plus brutalement : le peintre de génie, ne lui arrive-t-il pas de produire des croûtes ?
Si le plagiat est l’exact contraire de la création géniale, que penser de l’auto-plagiat ?
Nous visons en particulier Magritte qui, victime de son succès et pressé par ses agents qui lui passaient des commandes pour des œuvres déjà vendues, a été « contraint » de les reproduire, avec des changements parfois imperceptibles, pour satisfaire sa « clientèle ». Et quand il lui arrive de sortir de ses productions habituelles (pensons à sa période « vache » (2)) il y est reconduit manu militari par ses admirateurs.
(1) On peut regarder une petite vidéo ici
(2) Comme il est difficile de trouver une illustration de cette période qui n’a duré que quelques mois, en voici un exemple, datant de 1948 et titré « la famine ». Où l’on voit que le lion Magritte s’est fait bouffer par les moutons (je veux dire : ses agents commerciaux).
Sunday, September 16, 2007
Citation du 17 septembre 2007
J'ai passé ma vie entière à essayer de dessiner comme un enfant
Picasso
Picasso avait-il conscience du tort qu’il faisait à l’art en général et aux artistes en particulier en disant cela ?
Sans doute pas, parce que pour le savoir il faut se mêler à la foule dans une expo d’art moderne. Combien de fois en passant devant des tableaux de Picasso - ou mieux encore : de Miró - entend-on « Ça, Fripounet m’en a rapporté un de la Maternelle » ?
Picasso, dessiner comme un enfant ? Ça dessine comment un enfant ?
En réalité, les enfants font des dessins très stéréotypés, dont on peut dire qu’ils sont issus de leur développement psychomoteur plus que de leur génie propre. Non pas que certains enfants ne savent pas - d’instinct dirait-on - produire des œuvres déjà originales : mais alors ce sont des dessins produits par des enfants, mais ce ne sont pas des dessins d’enfants.
Picasso a-t-il jamais dessiné comme un enfant - étant enfant ? Quant on connaît sa précocité, on peut en douter. Raison de plus me direz vous pour le croire lorsqu’il affirme que toute sa vie il a essayé de dessiner comme un enfant.
Mais enfin, si l’enfant artiste est un mythe, qu’est que ce mythe contient comme vérité sur l’art ?
- que rien n’est plus facile que d’être un artiste, et la déconstruction de l’idole édifiée par les artistes romantiques pour se représenter eux-mêmes comme des génies est désormais accomplie.
- que les traditions, les écoles, en un mot l’Académisme tue l’art.
L’art naïf - si on veut bien entendre par là l’absence de techniques sophistiquées de représentation - a montré ce qu’il en était.
Voyez ce tableau du Douanier Rousseau :
on a l’impression que les nuages vont lui tomber sur la tête, quand à ses pieds ils n’arrivent pas à toucher le sol. Mais est-ce un tableau infantile ?