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Friday, April 07, 2017

Citation du 8 avril 2017

La droite, c'est une famille politique pour laquelle le plus important, c'est sans doute la liberté. Quant à la gauche, c'est une famille politique pour laquelle le plus important, c'est l'égalité.
Emmanuel Macron, candidat à la Présidentielle 2017 – Extrait de l’émission de C8 « Présidentielle: des candidats au tableau »




AH !... Mes chers amis vous êtes, comme beaucoup de français, dans l’incertitude quant au vote du 1er tour de la présidentielle ; vous vous dites : « On ne s’y reconnaît plus ! Entre les ouvriers qui votent Marine Le Pen et les ultra gauches qui sont plus populistes que marxistes, on ne sait plus où on en est ! Nous, nous ne connaissons que la droite et la gauche et du coup on ne sait plus qui est qui ! »
Du calme ! La Citation-du-jour est là pour vous aider : nous allons demander à Emmanuel Macron de nous dire comment faire la distinction droite-gauche au tableau noir, exactement comme si nous étions des élèves de CM1.
La droite, c’est la revendication de la liberté… d’entreprendre et donc de bénéficier de son entreprise pour soi seul. Par exemple, si vous étiez un paysan vous ne cultiveriez votre champ qu’à condition d’être sûr de pouvoir le moissonner, de vendre le grain sur le marché et d’empocher le fruit de votre travail sans que le percepteur ne vienne vous faire les poches.

Oui, mais alors la gauche se dresse : « Il faut que l’égalité entre les citoyens soit prioritaire, et l’égalité n’est possible que si les plus pauvres ont les mêmes chances que les plus riches. Pour égaliser les ressources il faut donc que les plus riches aident les plus pauvres à sortir de leur misère en payant l’éducation de leurs enfants, en subventionnant leurs entreprises et en soutenant la vie des plus vieux.
- Mais pour cela, dit alors Emmanuel Macron, il faut un peu de… de quoi les enfants ? Dites c’est quoi la devise de la République Française ?
- Li-ber-té, É-ga-li-té, Fra-ter-ni-ré !
- Eh, bien voilà : nous, nous pensons qu’il faut mettre ensemble la liberté d’entreprendre et l’égalité sociale, mais pour cela il faut un peu de fraternité.

Voilà, chers amis : vous avez compris ce qu’est la droite, ce qu’est la gauche, et pour quoi vous n’y comprenez plus rien.

Encore dans le doute ? Revenez demain je vous expliquerai la suite…

Friday, January 02, 2015

Citation du 3 janvier 2015

On peut voir l'avenir dans les choses passées.
Jean de Rotrou (1609-1650)

La vie est une aspiration vers l'avenir.
Pierre Leroux (1797-1871)
Vous deviez vous en douter : passés quelques jours – le temps de reconnecter vos neurones bousculés par les agapes de la saint Sylvestre – vous ne pouviez pas couper à une réflexion sur l’avenir.
Nous y voilà : 2015 c’était l’avenir, et c’est notre présent. Comment considérer cet avenir-présent ?
- Comme la réalisation de ce qui était préfiguré par notre « hier » (= 2014) ?
- Comme l’espace indéterminé mais actuel où notre liberté va pouvoir inscrire ses rêves ?
Alors, je sais bien que depuis quelques années déjà, nous avons une forte tendance au pessimisme : demain, comme hier, nous aurons plus de taxes, moins de travail, plus de misère…
Seulement, ce pessimisme tient avant tout à une projection du présent sur l’avenir. Comme ces cargos chargés de malheureux réfugiés, abandonnés par l’équipage, machines bloquées, qui foncent sur les récifs de la côte italienne : on connaît leur avenir : venir s’y fracasser.
Mais, supposez qu’il y ait un pilote dans le bateau – dans notre Paquebot France ! – et qu’il soit capable de manœuvrer habilement. Alors l’avenir n’est plus du tout écrit : il sera ce que nous voudrons.

- D’accord. Maintenant nous voudrions savoir qu’est-ce que nous devrions vouloir comme avenir ? Et surtout, que faire avec ce passé qui colle à nos pas ?
Ecoutez Pierre Leroux : La vie est une aspiration vers l’avenir. Au lieu de nous sentir mûs par un élan venu du passé qui nous projette vers l’avenir – et ses récifs – nous devrions nous sentir aspiré par cet avenir comme par un projet dont on aurait à combler peu à peu les manques.
Qu’est-ce que ça change ?
- Dans le premier cas, l’avenir c’est comme hier : le plus de fric possible.
- Dans le second, c’est… ce que vous choisirez. Si vous suivez Leroux, ce sera « plus de fraternité »

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(1) Socialiste et ami de George Sand, apôtre de la fraternité. Voir ici.

Saturday, November 13, 2010

Citation du 14 novembre 2010

Dans une guerre civile, la victoire même est une défaite.

Lucain – Pharsale

…………………………

- La guerre – quelle qu’elle soit – n’est-elle pas toujours une guerre civile ?

- A la guerre, la victoire n’est-elle pas toujours en réalité une défaite – défaite du genre humain ?

- Mon ennemi n’est-il pas aussi mon frère ?

…………………………

- Quoi ? Ce chien d’infidèle, vomi par l’Eternel ! Dire qu’il est un homme c’est insulter le genre humain !

- Ce salopard de capitaliste, qui croule sous l’or ramené du tréfonds de la terre par des mineurs exténués ? Il faudrait le considérer comme un frère ?

- Les bourreaux qui ont torturé mon père jusqu’à la mort, je voudrais les étrangler – lentement, très lentement…

………………………..

Alors camarade, choisi ton camp. Es-tu pacifiste ? Ou au contraire sens-tu bouillonner dans tes veines la fureur de la haine ?

Non ? Tu hausses les épaules et tu dis que tous ces gens-là, il faut les renvoyer dos à dos, parce que ni l’humanité, ni la patrie n’existent véritablement. Tu penses que l’homme est fondamentalement toujours seul et que la société, qu’elle soit celle des ennemis ou celle des frères est toujours une illusion ?

Où vas-tu loger alors ? Te faut-il une cabane au fond des bois, ou une grotte dans le désert ?

… Mais à quoi bon partir si loin ? Dans ton HLM de banlieue n’es-tu pas aussi esseulé qu’au fond du désert d’Arabie ? Rappelle-toi, ton voisin, qui est mort tout seul dans son logement : on n’a su qu’il n’était plus de ce monde que lorsque l’odeur de son cadavre est venu empester l’escalier. Et toi-même, déçu par tes enfants, abandonné par ta femme, as-tu encore quelqu’un à fuir ?

………………………..

Allez, camarade : c’est l’heure de sortir ton chien.

Thursday, May 27, 2010

Citation du 25 mai 2010

Une heure d'ascension dans les montagnes fait d'un gredin et d'un saint deux créatures à peu près semblables. La fatigue est le plus court chemin vers l'égalité, vers la fraternité. Et durant le sommeil s'ajoute la liberté.

Nietzsche



L’erreur devant cette citation serait de croire que Nietzsche y considère la fraternité comme une forme de l’égalité – voire même comme un synonyme pur et simple.

Que la fraternité résulte de la fatigue qui rabote les différences entre les hommes, lorsque le plus fort et le plus faible tombent en même temps de fatigue, voilà une lecture hâtive et banalisante. Peut-être pas fausse, mais insuffisante.

La fraternité est selon Nietzsche une pseudo-valeur, de celles qui – comme l’égalité et la liberté – sont revendiquées par les faibles et les impuissants.

Regardez, nous dit-il : voyez dans quels cas la fraternité existe ! C’est quand le saint et le gredin sont au même niveau. Voyez dans quel cas une telle chose peut arriver : quand ils en sont réduits à l’impuissance.

Ça ne vous suffit pas ? Voyez encore l’égalité : si vous voulez savoir ce que c’est, alignez des cul-de-jatte sur une ligne de départ pour un 100 mètres. Vous aurez l’égalité.

Oui, mais, la liberté ? N’aurions nous pas avec la liberté une valeur que tout être humain pourrait revendiquer, une valeur que toute politique devrait inscrire au fronton de sa constitution ?

- C’est durant le sommeil [que] s'ajoute la liberté. Entendons que le royaume des songes est le seul où le désir trouve la carrière où il peut s’exprimer (1).

… A vous dégoûter de la démocratie.


(1) Lope de Vega avait dit la même chose (cf. Post ici).

Monday, April 06, 2009

Citation du 6 avril 2009

La fraternité n'a pas ici-bas de pire ennemi que l'égalité.

Gustave Thibon – Diagnostics

Etrange idée… pourquoi donc opposer fraternité et égalité ? La devise de notre République serait-elle donc grevée d’une contradiction depuis plus de deux siècles sans que nous nous en soyons aperçus ?

Et pourquoi deux frères ne seraient-ils pas égaux ? N’est-ce pas au contraire la condition de la fraternité ?

Je ne sais pas ce que Thibon répondrait à ces objections, mais je considère qu’en effet l’égalité et la fraternité ne vont pas forcément ensemble.

La fraternité suppose un lien, une relation. Ce qui est fraternel, c’est un certain rapport que j’entretiens avec autrui.

J’entends bien que l’égalité suppose un rapport : on n’est pas égal tout seul tout de même !

Oui, mais alors que le fraternité est qualitative, l’égalité est quantitative : c’est aux sentiments et au devoir moral que fait référence la fraternité, alors que l’égalité se borne à constater l’identité des droits.

Ainsi, alors que la fraternité ne peut exister sans une réalité éprouvée, l’égalité peut très bien quant à elle être une pure abstraction.

Est-ce une raison pour dire qu’elle est la pire ennemi de la fraternité ?

C’est possible, sans toute fois être certain. En tout cas on peut trouver des exemples où l’égalité exclut la fraternité.

Prenez les concours. La justice dans un concours, c’est que les conditions soient égales pour tous, sans quoi on va crier au scandale. Mais bien sûr, il n’est pas question de fraternité ici : que mon frère passe le même concours que moi, et je serai encore heureux de le battre en arrivant devant lui.

Bref, l’égalité, c’est la porte ouverte à l’individualisme. La fraternité, c’est la solidarité.

Trouverait-on alors normal qu’au nom de la fraternité on tolère – voire même on exige – l’inégalité ?

Bien sûr : voyez les discriminations positives.

Tuesday, April 03, 2007

Citation du 4 avril 2007

Liberté, égalité, fraternité! Paroles vaines, funestes même, depuis qu'elles sont devenues politiques; car la politique en a fait trois mensonges.

Louis Veuillot

Louis Veuillot voit dans la défaite de Napoléon III à Sedan (le 1er septembre 1870), un châtiment divin. Ça ne vous dit rien ? Mais oui, bien sûr : Pétain en 1940 affirmant que la France payait ses fautes pour les quelles il s’offrait en victime expiatoire (1).

Et pourquoi ce châtiment ? A cause de la politique étrangère de Napoléon III, qui porte atteinte à l’autorité du Très-Saint-Père… Bref, ce n’est pas un apôtre des Lumières.

Discuter sa citation, c’est néanmoins l’occasion de réfléchir au sens politique de la devise de la République.

- Veuillot : pas de liberté en dehors de celle que Dieu nous a donné : ça veut dire que nous sommes responsables de nos péchés et que notre seule véritable liberté est de choisir de se prosterner devant Lui. En revanche, politiquement, ça veut dire être maître de son avenir en tant qu’on peut choisir ce que doit être bien public, en tant que citoyen responsable. Mensonge ? Oui, à condition d’admettre que nous ne pouvons faire notre Salut tout seul. Non si on estime que le Salut n’existe pas.

- Veuillot : pas d’égalité en dehors de celle d’être tous également aimés de Dieu. Mais je ne sais pas trop jusqu’où ça va, puisque la Bible regorge d’exemple d’inégalité de traitement entre les hommes (à commencer par Caïn (2)). L’égalité politique, quant à elle, consiste simplement à ne pas tenir compte des différences entre les individus lorsqu’il s’agit de définir l’orientation politique : suffrage universel.

- Veuillot : pas de fraternité en dehors de la religion. Nous sommes tous les enfants de Dieu, nous sommes donc tous frères, parce que nous avons tous le même père ; c’est donc la seule fraternité qui vaille. Quant à la fraternité politique… mais là j’hésite : où est-ce qu’il a vu, Veuillot qu’il y avait un usage « politique » du concept de fraternité ?

Encore un qui confond la devise de la République française avec sa constitution (dans le texte de 1958 - toujours valable en 2007 - la fraternité désigne l’attitude de la France vis-à-vis … des peuples d’Outre-mer : ça ne s’invente pas : vérifiez, si vous ne me croyez pas)

(1) voir message du 17 juin 2006

(2) Voir message du 12 avril 2006

Monday, March 05, 2007

Citation du 6 mars 2007

La liberté et la fraternité sont des mots, tandis que l'égalité est une chose.

Henri Barbusse

Voilà ce que nous oublions facilement : l’égalité existe dans la nature, elle est contrôlable, visible. L’animal lui-même la perçoit, si on en croit l’anecdote de l’âne de Buridan (1). Et pourtant nous faisons de l’égalité une chimère bonne pour les utopistes.

Que savons-nous de l’égalité ? Comment cette idée vient-elle à notre esprit ? Est-ce l’enfant qui réclame la même chose que son petit voisin (« Moi aussi, moi aussi !! J’y ai droit ! ») ? Est-ce l’indifférenciation des individus dont l’identité garantit l’égalité (comme à l’armée où le soldat qui tombe est remplacé par le soldat de réserve) ?

Une réponse pourrait être trouvée chez Hobbes : on sait que pour lui, dans l’état de nature, chaque homme est en lutte avec tous les autres pour s’approprier les moyens de sa subsistance. Ce conflit généralisé vient justement de l’égalité naturelle des hommes : chacun se sentant d’égale force peut espérer l’emporter dans son combat contre un adversaire qu’il estime ne pas être plus fort que lui, et cela tant que l’ordre civil (= pouvoir politique autoritaire) ne sera pas instauré pour imposer la paix. Autrement dit, c’est l’inégalité de condition (issue du pouvoir civil) qui est artificielle, et c’est elle qui impose la paix civile. Seule une forte hiérarchie sociale peut empêcher la discorde de l’anarchie

Seulement voilà : les choses se compliquent avec nos sociétés modernes. Une comparaison avec les poules nous aidera à le comprendre : le « pecking order » ou « hiérarchie du coup de bec » (2) désigne le fait que dans un poulailler, chaque poule sait de qui elle peut recevoir un coup et à qui elle peut sans risque de représailles en donner un : c’est une hiérarchie acceptée, gage de paix et de tranquillité. Tout va bien… tant que le poulailler ne compte pas trop d’individus (une cinquantaine). Mais dès que ce chiffre est dépassé, les poules, dont la cervelle est un peu limitée comme chacun sait, ne peuvent plus conserver en mémoire la hiérarchie de ces trop nombreux individus : les coups de becs pleuvent à tort et à travers (3), causant la mort de nombreuses volailles.

Chez nous, ce n’est pas tant l’effectif de la population que la disparition des marqueurs sociaux (= inégalité de condition) qui initie ce phénomène : il s’appelle « anomie » (cf. Citation du 22 juillet 2006).


(1) A lire pour ceux qui l’ignorent - en vue de la future interro de culture G : Buridan (XIVème siècle, disciple de Guillaume d’Occam) affirmait que si son âne avait également soif et faim, il mourrait de soif et de faim s’il était placé à égale distance d’une seau d’avoine et d’un seau d’eau.

(2) Sur le pecking order, voir

(3) Pour ceux que l’élevage des poules ne laisse pas indifférent rappelons que l’an dernier avec le confinement des volailles du fait de la grippe aviaire, ce phénomène avait été signalé comme cause de surmortalité dans les poulaillers.
Ce phénomène existe aussi dans les meutes de chiens avec le simulacre d’acte sexuel : le male qui est le plus faible est désigné du nom de « male du dessous ». Ravissant n’est-ce pas ?

Thursday, January 12, 2006

Citation du 13 janvier 2006

Le raciste, c’est celui qui dit : « Je veux bien que Mouloud y soit mon frère. Ah, mais pas mon beau-frère, hein ! »

Attribué à Coluche


La fraternité, tout le monde croit que c’est dans la Déclaration des Droits de l’homme. C’est dire si tout le monde la considère aussi comme une valeur acquise et indiscutable.

Au point que ça ne dérange pas du tout de reconnaître que tous les hommes sont frères. Seulement voilà ; il suffit de regarder autour de soi pour constater que le fraternité universelle ça n’existe pas, ni dans les faits, ni dans les comportements. Et que de surcroît, ça ne risque pas d’arriver, même dans mille ans (car depuis mille ans, on n’a guère progressé dans cette direction ; on aurait peut-être même régressé…).

Ca ne coûte donc rien de dire « Mouloud il est mon frère », qu’est-ce que ça change ? C’est comme de dire « Moi, je ne suis pas raciste ». Seulement celui qui dit ça ajoute aussitôt : « mais...»

Car il y a toujours un : « mais ». Ici – classiquement - c’est le père - ou le frère - qui dit à la jeune fille : « oui, on est tous frères, mais ne me ramène par un noir ( – un arabe – un chinois – - un juif - un étranger – un musulman - une lesbienne - etc..) à la maison.

Car là, ce n’est pas de pure forme. C’est du concret.