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Wednesday, January 11, 2017

Citation du 12 janvier 2017

- TOINETTE – Que diantre faites-vous de ce bras-là?
  ARGAN – Comment?
  TOINETTE – Voilà un bras que je me ferais couper tout à l'heure, si j'étais que de vous.
  ARGAN – Et pourquoi?
  TOINETTE – Ne voyez-vous pas qu'il tire à soi toute la nourriture, et qu'il empêche ce côté-là de profiter ?
  ARGAN – Oui ; mais j'ai besoin de mon bras.
  TOINETTE – Vous avez là aussi un œil droit que je me ferais crever, si j'étais à votre place.
ARGAN – Crever un œil ?
  TOINETTE – Ne voyez-vous pas qu'il incommode l'autre, et lui dérobe sa nourriture ? Croyez-moi, faites-vous-le crever au plus tôt : vous en verrez plus clair de l'œil gauche.
Molière – Le Malade imaginaire  Acte III  Scène 10
- « Supprimer 500 000 fonctionnaires c’est réaliste mais (c’est en plus) absolument nécessaire : aujourd’hui nos finances publiques sont dans un état catastrophique, il faut réduire la dépense publique et donc diminuer le nombre de postes dans la fonction publique. »
Serge Grouard, député LR et soutien de François Fillon

Lors des vœux pour la nouvelle année, beaucoup ont souhaité à leurs parents et amis de disposer d’une dose d’optimisme suffisante pour affronter les échéances électorales du printemps. Mais est-ce justifié ?
Fidèle à son principe de vérité La citation-du-jour aborde ainsi l’un des concepts le plus surprenant du candidat « Les Républicains » (sic), à savoir la suppression de 500000 postes dans la fonction publique : comment pourrait-on se priver d’un demi-million de fonctionnaires alors que très souvent les services publics brillent déjà par leur absence ? Monsieur Fillon prétend compenser cette saignée par l’augmentation de 35 à 39 heures de travail par semaine (1). Certains contestent ce chiffre mais de toute façon, voilà qu’on dit quand même aux fonctionnaires :
- « Vous êtes le boulet qui tire la France vers le bas. Ne voyez-vous pas que vous tirez à vous toute la nourriture, et que vous empêchez le reste du pays de profiter ? »
Du coup les citoyens pourront en effet profiter d’une baisse d’impôts puisqu’on n’en aura plus besoin pour payer les fonctionnaires, les cantonniers, les infirmières ou les gardiens de prison.
- Houlà ! Voilà la réalité : c’est qu’il faudra payer des vigiles, des places pour nos enfants en écoles privées, des paysagistes pour nos jardins publics et nos ronds points, des postiers salariés par des entreprises privées…
- Ah… C’est vrai, il faudra compenser. Mais vous allez être débarrassés de ces fonctionnaires qui vous incommodent et vous dérobent la nourriture.
Et ça, ça n’a pas de prix !
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(1) 39 heures payées 37, sinon l’opération serait blanche.

Wednesday, February 09, 2011

Citation du 10 février 2011

A la sécurité sociale, tout est assuré. Sauf la pendule. Ça, on ne risque pas de la voler, le personnel a les yeux constamment fixés dessus.

Coluche – L'administration (Sketch)

Cette vanne-là, c’était avant. Avant que le gouvernement ne supprime systématiquement les postes de fonctionnaires et qu’on découvre que sans eux, ça marche moins bien qu’avec eux. Ce qui veut dire ?

Ce qui veut dire, bande d’ignorants et d’ingrats, que votre confort dépend quand même un peu du travail des fonctionnaires !

Mais enfin faisons semblant de ne pas le savoir et admettons qu’il puisse exister des gens dont l’activité essentielle soit ce regarder la pendule et demandons-nous pourquoi.

Je suppose que c’est une situation que nous avons tous connue : en visite dans la famille quand nous étions enfant, au lycée pendant un cours ennuyeux, au travail comme le suggère Coluche, le temps peut devenir une obsession au point que l’horloge soit le seul objet qui compte. On raconte qu’autrefois, dans les tous amphithéâtres des facultés on avait mis une pendule pour que les étudiants ne soient pas amenés à tirer leur montre de leur gousset parce que ça ne pouvait pas se faire discrètement.

Comment oublier le temps ? S’agit-il de mettre en place des stratégies qui nous permettent de ne plus le sentir défiler avec lenteur (1) ? Et si oui, suffit-il de regarder l’horloge ?

Eh bien, demandez un peu aux vieux comment ils font pour attendre que ça passe : les mots cachés, l’inspecteur Derrick à la télé, les magazines people, etc…

Pour que ça passe… quoi donc au fait ?

La vie.

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(1) Mais on n’oublie pas que le temps peut aussi nous filer entre les doigts et qu’alors notre seul souci soit de le retenir - comme ici.

Friday, October 01, 2010

Citation du 2 octobre 2010

Il y a deux types de directeurs d'école : les incompétents et les pires.

Ernest Abbé – De l'éducation

Il n’y a donc que deux catégories de directeur d’école : les incompétents et les pires. On comprend que ce n’est même pas la peine de chercher s’il y en a qui soient bons…

Permettez que je laisse de côté l’attaque contre les directeurs d’école : on aura sans doute l’occasion d’y revenir (1)

Par contre je relèverai l’observation suivante : l’incompétence n’est pas le pire défaut pour qui est en charge d’une responsabilité de service public.

Trois degrés dans la malfaisance :

- celui qui rate tout ce qu’il fait : c’est de l’incompétence pure.

- celui qui rate et qui, du coup, produit une catastrophe

- mais il y a pire, c’est celui qui veut la catastrophe qu’il produit.

Prenez le cas d’un policier qui se trouve en service dans un quartier sensible.

- Il peut être simplement incapable de faire proprement son travail, par exemple il laisser filer l’homme qu’il devait appréhender.

- Puis il y a celui qui provoque des catastrophes : en pourchassant des fuyards il provoque un accident où ils vont périr déclanchant ainsi des émeutes.

- Enfin il y a le policier provocateur, qui met volontairement par l’injustice et l’arbitraire de son action le quartier à feu et à sang.

Tout cela nous mène à dire que finalement l’incompétence – ou simplement la fainéantise – ne sont pas si scandaleux, et que les fonctionnaires qui traînent pour accomplir leur tâche ne devraient pas être si mal notés. (2)

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(1) Les impatients pourront relire ce Post à propos du livre de Rancière Le maître ignorant. Ou relire Illich (Une société sans école)

(2) On parle beaucoup en ce moment du livre de Zoé Sheppard – Absolument dé-bor-dée (éd. Albin Michel), à propos du travail des fonctionnaires : je ne l’ai pas encore lu. Je n’en parlerai donc pas – pour le moment. Ce bouquin énerve parce qu’il apporte de l’eau au moulin de ceux qui pensent qu’on peut tailler dans les effectifs de la fonction publique sans que ça se ressente dans les service rendus.

Un peu de patience : encore 2-3 années de réduction des effectifs et on pourra juger sur pièce du résultat.

Wednesday, September 30, 2009

Citation du 1er octobre 2009

La France est un pays extrêmement fertile : on y plante des fonctionnaires et il y pousse des impôts.

Georges Clemenceau

A vrai dire je ne sais pas exactement quand Clemenceau a dit une chose pareille, mais quand on se souvient de Courteline et de ses ronds-de-cuir, on se dit que ce devait être à la même époque (en gros, le début de la IIIème République, avant 1914).

Mais que dirait-on aujourd’hui ? On dirait sans doute : on plante des fonctionnaires et il pousse des déficits publics. Autant dire que la notion de service public est complètement éliminée ; disparue du champ de vision.

Je ne vais sûrement pas prendre ici la défense du service public, je ne suis pas là pour militer, mais plutôt pour soulever un sourcil étonné : comment se fait-il que la valeur du service public soit si peu reconnue ? Récemment une manifestation de soutien aux postiers protestants contre l’éventuelle privatisation de la Poste n’a pas mobilisé les foules.

Même si on remarque qu’il y a des degrés dans cette méconnaissance, elle existe de façon suffisamment générale pour que le gouvernement puisse sabrer dans les effectifs des fonctionnaires sans protestation : 15000 fonctionnaires de moins (1), c’est 15000 parasites de moins. Et ça passe.

Je crois qu’on peut rattacher cette indifférence à l’obligation faite par les psychanalystes à leurs patients de payer leur séance de leur poche et non avec leur carte de Sécu. Ce qui est important coûte quelque chose, ça doit sortir de notre portefeuille. Par contre ce qui est gratuit est sans valeur. Le service public est gratuit évidemment ; donc il ne vaut rien – dans tous les sens du terme.

Tiens, je me demande si je ne devrais pas instituer un péage sur ce blog.


(1) Pour le seul ministère de l’Education Nationale et pour une seule année.

Wednesday, December 26, 2007

Citation du 27 décembre 2007

Un gouvernement c'est comme un bébé. Un tube digestif avec un gros appétit à un bout et aucun sens des responsabilités de l'autre.

Ronald Reagan - Saturday Evening Post - 1965

C’est connu : Reagan avait des gagmen appointés qui lui écrivaient ses vannes, histoire de faire croire qu’il avait de l’esprit.

Seulement ces gens-là manquent d’imagination : ils vont piquer des blagues déjà faites par d’autres pour les présenter comme étant les leurs au Président, afin qu’il puisse briller comme s’il venait de les inventer. Mais enfin, le discours de Dakar qu’on aurait cru écrit par Hegel... ? On n’a pas à se moquer…

Bref. Ce mot d’auteur est une adaptation d’une définition amusante du nourrisson : « Un tube muni d’un côté d’un hurleur et de l’autre d’un échappement libre »

Mais bon. Prenons au sérieux son propos : ainsi donc un gouvernement absorbe beaucoup - quoi donc ? Le pouvoir ? L’argent ? Je pencherai pour l’argent. Le gouvernement est burgétivore. Et qu’en fait-il ? Rien qu’il puisse justifier par des résultats.

J’y vois comme un credo libéral, avec l’idée que tout ce que fait l’Etat serait mieux fait par des entreprises privées - à l’exclusion de ses fonctions régaliennes : la sécurité intérieure et extérieure, la justice, et puis selon certains l’éducation.

Dans l’effort exigé de réduire le coup des services publics, associé à la réduction des prélèvements obligatoires, on trouve des traces de cet aphorisme. Mieux vaut transférer au privé ce que le service public fait mal.

Et le sens des responsabilités qui manque au service public (du genre : « il est 16h30, repassez demain pour me parler de votre problème fiscal») est supposé remplacé par la concurrence (du genre : « je vais chez le percepteur concurrent, lui il ne ferme qu’à 18heures »).

Résultat : Moins d’argent pour les services publics = moins d’impôts. C’est bon ça !

- Sauf que ce que tu ne donneras pas en impôt, tu le donneras en rétribution du service privé.

Lui aussi a un gros appétit.

Friday, October 05, 2007

Citation du 6 octobre 2007

Leur vie : ils seront flics ou fonctionnaires
De quoi attendre sans s'en faire
Que l'heure de la retraite sonne

La montagne - Paroles et Musique: Jean Ferrat (1964)

Le texte de la chanson est ici. Si vous avez 3 minutes 13s pour regarder la vidéo : ici

En 1964, cette chanson a fait un petit scandale.

Scandale parce que Ferrat y affirme que les fonctionnaires ne font qu’une chose : attendre sans s'en faire / Que l'heure de la retraite sonne ?

Vous n’y êtes pas du tout. C’est que Ferrat se permet ensuite de dire que la vie moderne, c’est le formica, le ciné et le poulet aux hormones : ça ne s’appelait pas la « malbouffe » c’était bien plus grave, parce que la rumeur affirmait que ceux qui forçaient sur le poulet avaient des seins qui leur poussaient. Idem avec le veau d’ailleurs. Le lobby des éleveurs de poulets a vu rouge.

Donc personne ne songeait vraiment que la caricature des fonctionnaires était une insulte à la réalité. On imaginerait facilement qu’aujourd’hui ce couplet ferait scandale : on le prendrait pour une agression des libéraux contre la Fonction Publique. Quoi ? Ferrat, un penseur du libéralisme !!!

Double erreur.

Première erreur : En réalité, Ferrat se bornait à répercuter une opinion générale, et c’est justement parce que tout le monde pensait comme lui, que ça n’a pas fait scandale.

Deuxième erreur : aujourd’hui c’est exactement la même chose. Notre Président dit : « on va supprimer 1/3 des fonctionnaire, et ça va marcher aussi bien… voire même mieux, si en plus on réorganise les services. ».

Question : à quelle condition l’équation (moins de fonctionnaire = autant de service public) peut-elle être résolue ? C’est simple : il faut que (les fonctionnaires supprimés = zéro différence) c’est à dire que ce soient des inutiles (paresseux, incompétents, comme vous voudrez).

Et c’est exactement ce qu’on pense : « Tous ces fonctionnaires qu’on va supprimer, on ne va pas s’apercevoir de la différence ; parce que c’est des feignants qui ne fichaient rien. Et même ça doit pas être difficile de doit faire mieux. Parce que la parlotte à la machine à café, voilà leur occupation essentielle. »

Vous avez compris que je n’ai pas la prétention d’ouvrir ici le débat sur l’opportunité des mesures qui vont être prises. Je voudrais simplement pointer le fait que ces mesures passeront même si les fonctionnaires se mobilisent contre elles, simplement parce qu’elles sont populaires. Qui donc est prêt à descendre dans la rue simplement pour qu’il y ait plus de fonctionnaires ?

Tenez : organisez une manif de soutien aux fonctionnaires : combien aurez-vous de gens à défiler avec vous ? Maintenant organisez une manif pour protester contre les test de filiation ADN. Il y aura la foule des grands jours.

S’il y a braves gens qui sont persuadés que j’ai tort, tant mieux.

Saturday, January 07, 2006

Citation du 8 janvier 2006

Les fonctionnaires sont comme les livres d'une bibliothèque: les plus haut placés sont ceux qui servent le moins.

Alphonse Karr, 1808-1890, journaliste et écrivain français

La critique des fonctionnaires est un sport très français. Je ne cite cette phrase que parce que je la trouve riche de toutes sortes de sens ; et aussi parce qu’étant moi-même fonctionnaire, il faut bien avoir un peu d’humour.

On sent que se rejoignent 3 idées :

- d’abord bien sûr, l’inefficacité des fonctionnaires qui, peut-être en raison de la sécurité de l’emploi sont réputés (!) pour leur manque d’empressement au travail ;

- ensuite quelque chose comme « le principe de Peter », selon lequel tout employé monte dans la hiérarchie jusqu’à ce qu’il ait atteint son « niveau d’incompétence » et y reste définitivement accroché. Les plus hauts gradés sont donc presque nécessairement des incapables.

- Enfin la revanche des petits et des faibles sur les grands et les puissants ; ce sont eux, les moins gradés qui font « marcher la boutique »

Reste aussi l’humour des bibliothèques : on lit un livre non pas parce qu’il est intéressant, mais parce qu’il est à portée de la main. Ca en dit long sur la motivation du lecteur