Wednesday, November 08, 2017
Citation du 9 novembre 2017
Thursday, May 14, 2015
Citation du 15 mai 2015
Monday, May 04, 2015
Citation du 5 mai 2015
Wednesday, December 07, 2011
Citation du 8 décembre 2011
Le luxe, l'incontinence et la liberté, quand ils sont soutenus par la force, constituent la vertu et le bonheur ; le reste, toutes ces belles idées, ces conventions contraires à la nature, ne sont que niaiseries et néant
Platon – Gorgias (Discours de Calliclès) – A lire ici (1)
Les philosophes ont cet avantage qu’ils ne reculent pas devant l’examen des thèses les plus scandaleuses, parce qu’elles peuvent être vraies, et que de toutes façons, elles sont nécessaires pour comprendre celles qui sont mieux-pensantes.
Alors voilà, aujourd’hui on va s’interroger sur le droit du plus fort.
Hier nous avions corrélé la tolérance avec la modestie ; nous disions : sachons ne pas exiger des autres qu’ils soient à notre niveau, pour autant qu’ils sont des êtres humains.
- Oui ? Et pourquoi ? Au nom de quoi ?
Selon Calliclès, c’est la nature qui nous enseigne à préserver le droit du plus fort : la force est une réalité, la faiblesse est néant.
On dirait aujourd’hui que préserver la Nature (notre Nature, notre Terre…) passe par ce respect des rapports de force. Et que l’équilibre écologique résulte justement du fait que les faibles proies restent toujours les victimes des prédateurs et qu’elles ne parviennent à subsister que par une fécondité supérieure. Donc, moins de renards = trop de lapins. Dans la société féodale, les paysans faisaient plein d’enfants et les seigneurs les spoliaient des fruits de leur travail. Quoi de plus « naturel » ?
Alors, on voit que les écolos d’aujourd’hui contournent soigneusement cet aspect de la nature : reste qu’ils s’intéressent plus au droit « de la Terre » qu’aux Droit de l’Homme.
Et si ils n’étaient démocrates que juste le temps d’accéder au pouvoir ? Et qu’après ils nous disaient : « Le droit du plus fort est dans l’ordre de la Nature : le luxe, l'incontinence et la liberté, quand ils sont soutenus par la force, constituent la vertu et le bonheur ; le reste, toutes ces belles idées, ces conventions contraires à la nature, ne sont que niaiseries et néant » ?
Ça fait frémir, n’est-ce pas ?
- Attendez… Ça commence bien comme ça : « Le luxe, l'incontinence et la liberté » ?
… Je vais peut-être prendre ma carte chez Europe-Ecologie.
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(1) C’est le dialogue Socrate-Calliclès qui figure dans cet extrait, il est peut-être un peu long : en cherchant vous trouverez facilement le passage correspondant à notre citation. Pourtant n’oubliez pas que ce que vous laissez ce côté est aussi passionnant…
Tuesday, November 02, 2010
Citation du 3 novembre 2010
L’idée est un peu facile : les hommes « faibles » sont les chiens soumis aux hommes « fermes », ils sont leur souffre-douleur, et éventuellement ils leur servent docilement de garde du corps.
Tuesday, August 26, 2008
Citation du 27 août 2008
On a tous tendance à voir dans la force un coupable et dans la faiblesse une innocente victime.
Milan Kundera- L’insoutenable légèreté de l’être
Cette remarque de Kundera semble frappée au coin du bon sens : oui, on le reconnaît facilement, le droit du plus faible semble bien être l’aune à la quelle mesurer le degré d’évolution du droit, et le justicier sur son cheval blanc vole toujours au secours de la veuve et de l’orphelin.
Et puis on se dit que Kundera a une idée derrière la tête : ne veut-il pas suggérer que cette tendance est en réalité un préjugé, et que le faible pourrait bien ne pas être aussi innocent qu’il y paraît ? Pourquoi en effet la force serait elle coupable, dès lors qu’elle est simplement force, et la faiblesse simplement innocence ? Lors qu’on commence une enquête après un meurtre, on dit bien qu’aucune piste n’est privilégiée ; le plus faible témoin est aussi suspect que le plus fort.
Enfin, on se dit qu’il y a quelque chose qui cloche. Kundera fait comme si la force et la faiblesse étaient des valeurs absolues : qu’il y ait un seul homme sur terre, on pourrait encore dire qu’il est fort ou faible (1). Pour ma part, je ferais mienne plutôt la thèse de Rousseau : il n’y a que des hommes plus forts que d’autres, et des hommes qui leur sont plus faibles.
Dans ce cas, plutôt que de parler de fort et de faible, il vaudrait mieux parler de vainqueur et de vaincus. Et peut-être alors devrait-on en effet secourir les vaincus, quel que soient leur responsabilité dans leur échec ? Après la bataille, la Croix Rouge secoure tous les blessés quelque soit leur camps.
Dernière réticence : que devrait-on dire de David en face de Goliath ? N’est-ce pas justement le plus faible qui l’emporte sur le plus fort ?
--> C’est qu’en réalité, il y a plusieurs niveaux de confrontation, et que l’un de ceux-ci sera seul déterminant : dans le combat rapproché, David était vaincu à coup sûr ; dans le combat à moyenne distance, il avait l’arme pour gagner : c’est elle qui le rendit plus fort que Goliath, qui n’avait que ses poings.
Le voyou qui attaque à l’arme blanche se fait étendre par le policier qui a un P.38 ; personne ne s’en étonne.
(1) Il est vrai qu’il y serait encouragé par des gens comme Nietzsche ; mais le contexte philosophique de l’Insoutenable légèreté de l’être est si je me rappelle bien plutôt du côté des présocratiques. Encore que des présocratiques à Nietzsche, il n’y ait pas des kilomètres.
Sunday, May 11, 2008
Citation du 12 mai 2008
Sans les disciples aveugles, jamais encore l'influence d'un homme et de son oeuvre n'est devenue grande. Aider au triomphe d'une idée n'a souvent d'autre sens que : l'associer si fraternellement à la sottise que le poids de la seconde emporte aussi la victoire pour la première.
Nietzsche - Humain, trop humain.
- Le fanatisme est nécessaire au triomphe d’idée, parce que la sottise est le poids qui emporte la victoire. Qui donc va devenir disciple s’il n’est aveugle, ou du moins s’il n'a été aveuglé ? Mais surtout : qui donc peut devenir un maître à penser ou à croire s’il n’a le bénéfice de la sottise humaine ? Voilà le message de Nietzsche.
- Voilà une grosse pierre dans le jardin de nos politiques les plus populaires, dont on pensait déjà qu’elles avaient un comportement de stars…
Mais, inutile de tourner autour du pot : en lisant cette phrase de Nietzsche, c’est à Jésus que je pense. Et je crois qu’elle va choquer les croyants qui estiment que les apôtres les évangélistes et les martyrs, eux qui ont répandu la foi chrétienne, ont répandu la lumière et non les ténèbres.
Peut-être… Mais peut-on être un fidèle sans accepter de renoncer à la vérification des faits ? Peut-on avoir la foi sans oublier toute lucidité, au point d’être offusqué par la lumière de l’histoire ? Voyez comment les créationnistes rejettent en bloc les évidences de la zoologie et de la biologie ; voyez même comment ces super intellectuels que sont les théologiens se contorsionnent depuis Galilée pour faire une place aux vérités révélées à côté – ou : au dessus – des découvertes scientifiques. Bref : sottise consentie, mais sottise quand même.
Jésus a-t-il voulu un tel aveuglement ? Aurait-il dit comme Pascal : « Abêtissez-vous » ? (1)
L’originalité du christianisme, c’est que Jésus n’est pas sur terre pour fonder une nouvelle religion – Jésus n’est pas Mahomet – mais pour racheter les péchés des hommes. Ce sont les autres qui ont fondé une religion avec ça.
Autrement dit, ce n’est pas Jésus qui a eu des disciples aveugles ; c’est Paul.
(1) Extrait du fragment 397 (418 Lafuma) : ". - Ce sont gens qui savent ce chemin que vous voudriez suivre et guéris d'un mal dont vous voulez guérir ; suivez la manière par où ils ont commencé. C'est en faisant tout comme s'ils croyaient, en prenant de l'eau bénite, en faisant dire des messes, etc. Naturellement même cela vous fera croire et vous abêtira. - Mais c'est ce que je crains. - Et pour quoi ? qu'avez-vous à perdre ?"