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Tuesday, July 11, 2017

Citation du 12 juillet 2017

La femme serait vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente.
Françoise Giroud – interview au journal Le Monde 11 mars 1983

L’égalité est un bien joli mot, mais comment savoir si elle est autre chose qu’un mot ? A quoi reconnaît-on qu’une société traite à égalité tous ses membres – et en particulier les hommes et les femmes ? On a beaucoup parlé, à propos de l’égalité hommes/femmes, de discrimination positive ; mais selon Françoise Giroud l’égalité se révèlerait plutôt par l’égale acceptation de la médiocrité. Et en effet: pourquoi serait-il scandaleux d’observer qu’une femme est incompétente dans les fonctions qu’elle occupe, alors qu’on admet sans sourciller que ça arrive avec les hommes – et plus souvent qu’on l’imaginerait ?


- Le 14 juillet, parmi les polytechniciens qui vont défiler sur les Champs-Elysées, il y aura quelques jeunes femmes qui auront l’épée au côté et le bicorne sur la tête. Et on dira : « Voyez comme nous sommes égalitaires ! Chez nous les femmes ont le droit de devenir polytechniciennes – et aussi académiciennes. On se propose même de panthéoniser un homme simplement parce qu’il a été le compagnon fidèle d’une femme – Simone Veil »
« Quelle blague ! » s’exclamera la féministe contestatrice « Comme si ça changeait quelque chose à la condition des femmes ! Voyez la soit-disante parité à l’Assemblée Nationale : toutes ces femmes élues servent à remplir les travées de députés-godillot, trop émues d’être admise à voter comme on leur a dit, pour demander quelque chose de plus. Et combien de femmes pour diriger les Commissions, combien ont été élues Questeur ? Et on ne parle pas de la Présidence ou de la vice-présidence. »
« On dit : manque de candidates qualifiées pour ces postes ! Et alors ? Croyez-vous que tous ces messieurs ont autre chose à faire valoir pour l’obtention de ces responsabilités que du copinage à haut niveau ? Et si d’aventure ils étaient incompétents, croyez-vous qu’on en ferait tout un scandale ? Eh bien les femmes seront vraiment l’égale de l’homme le jour où, à un poste important, on désignerait une femme incompétente. »

Imparable, mais ça manque un peu de souffle pour soulever l’indignation devant les injustices sociales.
Mais alors que faut-il donc faire ? Demandons à la Râleuse de service de poursuivre son raisonnement :
« Certains affirment que pour connaitre la justice sociale d’un pays, c’est la condition des plus pauvres qu’il faut considérer. Eh bien faisons pareil : pour évaluer la condition des femmes, ne regardons pas les fortes personnalités, ni celles qui ont le QI de NKM (1). Ce sont les petites gamines tout juste sorties du collège, sans aucun diplôme et celles qui n’ont pas pu s’épanouir, obligées de torcher les frères et sœurs pendant que la mère travaillait à l’usine et que le père picolait au bistrot. Ces jeunes femmes n’ont pas eu forcément l’occasion de mettre dans leurs neurones les vitamines dont ils avaient besoin, ni dans leur mémoires la poésie de Victor Hugo. Certaines sont même quasiment illettrées. Mais quand on dit ça chutttt ! (2) N’en parlons pas ! Mieux vaut évoquer le « plafond de verre » qui dépend de la mentalité sexiste – contre la quelle on ne peut pas grand chose – et non des injustices sociales qui frappent les femmes – et aussi pourquoi pas ? – les hommes.
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(1) Nathalie Kociusko-Moriset ministre du temps de Sarkozy et polytechnicienne du temps de sa jeunesse

(2) Cf. le scandale suscité par les propos de monsieur Macron à propos des ouvrières de Gad – lire ici

Thursday, May 18, 2017

Citation du 19 mai 2017

Babette – Je la lie – Je la fouette – et parfois – elle passe à – la casserole.
Publicité pour la crème fraiche semi-épaisse Babette (Diffusée au printemps 2000)



Thérèse je te prends – Je te retourne contre le mur – Je t’enc… par tous les bouts…
Le Père Noël est une ordure (film) – Voir la vidéo ici

Cette publicité (voir ici) pour la crème fouettée a eu un impact exceptionnel en raison du scandale qu’elle a fait au près de certains milieux féministes qui y ont vu « une banalisation du sexisme, de la violence conjugale et du viol ». Pourtant cette publicité avait été testée auprès d’un panel de femmes qui l’avait trouvée très drôle (il faut dire qu’elle faisait aussi allusion à la séquence-culte du film cité plus haut) ; affichée un peu partout personne n’y avait trouvé malice. Jusqu’à ce que la Coordination française pour la marche mondiale des femmes, publie la dénonciation qu’on vient de lire.
Comment comprendre cet écart d’interprétation ? Faut-il donc que l’un des deux (ou le publiciste ou la Coordination féministe) ait fait une erreur majeure d’appréciation ? Les féministes sont-elles particulièrement bornées au point de ne pas saisir le sens d’une allusion prise forcément au second degré par des esprits un tant soit peu subtiles ? Ou bien faut-il admettre que selon le regard cette annonce ait eu un sens différent et qu’il faille donc s’abstenir de la diffuser pour éviter de stimuler les instincts bestiaux de certains hommes ? Et quand le risque ne serait que de un sur mille, est-il suffisant pour tout arrêter ? A moins qu’on pense qu’alerter 999 personnes pour se mettre à l’abri de la millième ne soit pas excessif ?


Répondra qui voudra comme il voudra. Je voudrais juste pointer ici un fait qu’on oublie souvent : c’est que le sens d’un mot, d’une phrase, est fixé par son contexte et que celui-ci est très souvent multiple parce qu’implicite. C’est ainsi que les humoristes qui s’aventurent à faire des allusions déplaisantes mettant en jeu des personnalités sont parfois  accusés d’avoir franchi les bornes – alors même que le public avait sur le moment très bien réagi. C’est que le contexte humoristique excluait d’office le sens négatif, sans toutes fois l’effacer totalement, condition pour que l’effet comique se produise. C’est cet équilibre entre le sens premier et le sens second qui vient à disparaître au cours de la communication. –  Mais il y a plus encore : ceux qui se scandalisent, ce sont les gens pour qui le sens premier doit systématiquement et uniquement être pris en compte, comme les histoires de juifs ou d’homo – Sauf … circonstance très particulière.
La quelle ? Ces blagues sur les juifs ou les homos sont honnies de tous, mais elles restent supportables à condition d’être faites par ceux-là mêmes qui en sont les victimes. Une blague qui serait insupportable parce qu’anti sémite ne l’est plus lorsqu’elle est racontée par un juif.
Et donc la pub pour la crème fouettée aurait été supportable si elle avait été dite par une femme. Que ce soit Babette elle même qui dise : « Viens me lier – me fouetter – fais-moi passer à la casserole ! »

Thursday, February 19, 2015

Citation du 20 février 2015

Dans la société domestique ou la famille, le pouvoir est homme, il est un ; et dans la société publique ou générale appelée Etat, le pouvoir doit être homme…
Louis de Bonald – Du divorce. (1801) – Lire en annexe la citation complète.
Commentaire II
Dans la société domestique ou la famille, le pouvoir est homme…
Voilà : ça c’est envoyé ! quand il s’agit d’assurer la suprématie du mâle sur la femelle dans la famille et dans la société, même Zemmour doit s’incliner devant la force des propos de Bonald (1). Il est vrai que Bonald, chef de file des monarchistes légitimistes et partisan du pouvoir de droit divin, c’est une sacrée référence !
Alors que dire qui ne soit déjà laminé à l’avance par les arguments, les contre-arguments les débats maintes et maintes fois réitérés ?
o-o-o
On peut quand même noter un point qui a fait débat au 18ème siècle et que Bonald reprend sans discuter : c’est la société domestique qui sert de matrice à la société politique.
Ainsi le pouvoir du pater familias devient-il la source du pouvoir patriarcal dans le clan, puis dans la société. Il faut noter aussi que ce principe apparaît dans la réflexion sur le pouvoir alors même qu’on n’a pas vérifié que nulle part, en aucun lieu et à aucun moment, les femmes aient possédé le pouvoir – le « matriarcat ». Sous entendu : puisque les hommes possèdent la force violente, ils possèdent aussi la capacité de soumettre les femmes – donc ils le font toujours et partout. Façon de dire que la source du pouvoir politique est à chercher dans la lutte et la violence. Le pouvoir appartient au mâle alpha, celui qui a vaincu tous les autres.
- Oui, mais depuis on a découvert qu’existent des femelles alpha !
- Erreur ! La femelle n’est alpha que par rapport aux autres femelles, pas par rapport aux mâles. Il faut donc considérer que le pouvoir n’appartient jamais qu’au plus fort, c’est à dire violent et au plus méchant : on croirait lire Nietzsche – Affligeant.
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(1) D’ailleurs il semble qu’Eric Zemmour se soit abreuvé à la même source que Bonald : le passé historique montre ce que doit être l’avenir. Selon cette thèse, que les hommes aient gouverné et que les femmes aient obéi au long de millénaires innombrable prouve qu’une société ne peut se perpétuer sur d’autres bases que celles-là. L’avenir appartient au passé.
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Annexe.

Dans la société domestique ou la famille, le pouvoir est homme, il est un ; et dans la société publique ou générale appelée Etat, le pouvoir doit être homme, et il est toujours un, malgré des apparences contraires ; car un homme seul propose la loi que tous acceptent ; souvent même un seul décide quand plusieurs délibèrent. Dans toute assemblée législative, un vide le partage ; et la seule différence, à cet égard, entre la démocratie la plus illimitée et la royauté héréditaire, est que l’unité est fixe dans celle-ci, et perpétuellement mobile dans celle-là. Louis de Bonald – Du divorce. (1801) – Pour la référence du livre numérisé, voit Post d’hier.

Wednesday, September 24, 2014

Citation du 25 septembre 2014



Une femme qui sait le grec est si peu femme qu'elle pourrait aussi bien avoir une barbe.
Kant – Observations sur le sentiment du beau et du sublime (1764)
Sur les femmes à barbe, nous avons tout dit – ou presque (c’est ici).
Mais, sur la façon pour les femmes d’avoir une barbe, il reste encore des précisions à apporter : dans le Post référencé, c’est par un miracle divin que Sainte-Wilgeforte obtient la sienne. Mais tout le monde n’a pas cette chance et aujourd’hui ce genre de chose n’arrive plus : on recourrait plutôt aux hormones. Or, voici que Kant nous ouvre de nouveaux horizons : il suffirait que les femmes apprennent le grec, ce qui à son époque devait constituer le comble de la culture.
Passons sur cette remarque, chacun doit déjà l’avoir rejetée depuis longtemps (Jacqueline de Romilly ne se rasait pas chaque matin quand même !). Reste que l’idée de Kant est troublante : il se pourrait donc que des femmes puissent devenir des hommes, et tout cela par le choix d’existence qu’elles auraient fait ? Mais alors ? Est-ce à dire que la « Théorie du genre » était déjà connue au 18ème siècle ?
J’aime à imaginer que si cette théorie elle était déjà pensable, elle n’était pas encore vraiment pensée. Je veux dire qu’on n’arrivait sûrement pas à imaginer que les femmes puissent se viriliser, mais plutôt qu’elles risquaient de perdre leur féminité, sans acquérir pour cela une virilité véritable. D’ailleurs le cas du Chevalier d’Eon est resté suspicieux : était-ce une femme transformée en homme ou bien un homme véritablement femme ? On démystifie aujourd’hui le cas : c’était un travelo et basta ! Dommage ! Car cette oscillation sur la frontière féminité/virilité est plus éclairante : femmes, apprenez le grec, et devenez un être hybride. On dirait presque qu’il y a un désir non de passer de l’autre côté de la frontière du genre, mais plutôt de rester sur la frontière, un peu comme Voltaire à Ferney un pied en Suisse, un autre en France.