Sunday, February 26, 2017
Citation du 27 février 2017
Tuesday, May 15, 2012
Citation du 16 mai 2012
Saturday, May 08, 2010
Citation du 9 mai 2010
En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ainsi.
Franklin D. Roosevelt – Discours, entretiens et autres sources
L’événement apparaît comme la trace de l’inévitable contingence de l’histoire, le fait que les effets sont toujours « en débordement sur leur cause » (H. Arendt). L’événement doit alors être compris dans son originalité irréductible et non pas « expliqué », c’est-à-dire intégré à une causalité.
Source : Dictionnaire la Philosophie de A à Z
Quand on lit cette pensée de Roosevelt on se dit qu’aujourd’hui, ou bien il nous faudrait à nouveau des hommes aussi clairvoyants que lui, ou bien nos politiciens le sont encore réellement et alors il faut les traduire devant un tribunal pour haute trahison.
Parce que tous les malheurs qui nous frappent, s’ils étaient prévisibles, alors que n’ont-ils fait le nécessaire pour les atténuer ?
Supposons qu’ils soient aussi clairvoyants que Roosevelt le dit : quelles options s’offrent à eux devant un malheur imminent ?
1 – Faire comme Churchill qui disait à ses compatriotes en 1940 : Je vous promets de la sueur, du sang et des larmes ?
2 – Faire comme les dirigeants grecs voyant s’enfler leur déficit : maquiller les comptes et fermer les yeux sur l’inévitable catastrophe financière qu’on observe à présent ?
3 – Faire comme le président américain Georges W. Bush, s’adressant aux habitants de la Nouvelle–Orléans à la veille du passage de l’ouragan Katrina : Je vais prier pour vous ? (1)
Il y a donc deux choses à déterminer :
- Premièrement si tous les événements sont prévisibles, ou bien si, comme le dit excellemment Arendt, ils sont des effets en débordement sur leur cause.
- En suite si pour les événements qui resteraient prévisibles il est en notre pouvoir de les contrecarrer.
A quoi servent les dirigeants politiques si les événements sont les uns imprévisibles et les autres inévitables ? Franchement on pourrait aussi bien économiser sur leurs traitement en les supprimant : ils ne servent à rien.
L’histoire des maisons de Vendée que le gouvernement veut raser parce qu’inondables nous le rappelle : on ne peut rien contre les forces naturelles, et l’exemple de la Louisiane (2) nous le rappelle aussi.
Mais, si on ne peut rien contre la nature, on peut quelque chose « avec » : si on peut prévoir ses effets on peut encore s’y préparer ; et donc raser les maisons indûment construites en zone inondables.
Quoi de politique là dedans ? Un bon ingénieur des Ponts et Chaussées ferait tout aussi bien l’affaire.
(1) C’était il est vrai après avoir déclaré l’état d’urgence.
(2) Je pense ici à l’ouragan, pas à la marée noireThursday, February 22, 2007
Citation du 23 février 2007
De ce lieu et de ce jour, date une nouvelle époque dans l’histoire du monde.
Goethe - Campagne de France et de Mayence (à propos de la bataille de Valmy)
Deux observations :
- D’abord c’est en 1817 que Goethe publia cette remarque concernant la bataille de Valmy. Aurait-il dit la même chose le soir du 20 septembre 1792, date de la bataille ?
- En suite, y a-t-il eu quelque part dans l’histoire des ruptures aussi franches, provoquant le basculement d’une époque et l’arrivée d’une autre ?
Nous avons connu le même sentiment que Goethe en 1989, dans la nuit du 9 au 10 novembre, quand le mur de Berlin tomba. Nous aussi nous aurions pu dire : De ce lieu et de ce jour, date une nouvelle époque dans l’histoire du monde. De pareils événements existent-ils vraiment ? Oui si on admet qu’ils signalent une rupture ; mais peut-être pas si on pense qu’ils l’ont provoquée.
Que ce soit la chute du mur qui marque ce passage d’une époque à l’autre importe peu dans la mesure où il s’agit bien entendu d’un symbole. Ce qui compte c’est que le bloc soviétique cessait d’exister et que les régimes politiques se vidaient de l’intérieur, ne conservant qu’une apparence : la « révolution de velours » en Tchécoslovaquie en est le témoignage. Ce ne sont donc pas les événements qui font l’histoire, c’est l’histoire qui fait l’événement. Les ruptures sont des phénomènes des surface, liés à des résistances superficielles aux changements permanents et profonds : comme le tremblement de terre.
Peut-on aller plus loin ? Ces changements existent-ils vraiment ? Oui, bien sûr : le « nouvel ordre mondial » est une réalité, mais est-ce que ça change quelque chose ?
Je me rappelle…. Le lendemain de la chute du mur, un élève d’extrême droite me dit « Ça fait chier… Maintenant on n’a plus d’ennemis ! ». Mais il se trompait.