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Tuesday, June 18, 2013

Citation du 19 juin 2013



Mais enfin, pourquoi passe-t-on le baccalauréat ? La Citation du jour propose deux citations en guise de réponses à cette énigme.
1 – « On fait sa première communion pour en finir avec la religion. On passe son bac pour en finir avec les études. On se marie pour en finir avec l'amour. »
Ernest Bersot (1816-1880)
Alors bien sûr, il faut se reporter à l’époque où vécut notre auteur pour comprendre sa réflexion concernant le bac. Comment pourrions-nous aujourd'hui  imaginer que cet examen ait pour effet de terminer les études ?
Pourtant, les candidats bacheliers doivent bien se dire que le bac va les débarrasser de quelque chose : du lycée, du prof de physique sadique, du CPE-espion que sais-je ?...
Bref, en passant le bac, on ne cherche pas simplement à aller plus loin, mais surtout à aller ailleurs.
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2 – « L’utilité du bac est de déceler les 55000 sur 600000 candidats qui ne l’obtiendront pas. »
Déclaration du Syndicat des proviseurs (publié dans Libé du 11 juin 2013 : lire le fac-simile ci-dessous)

Il faut être proviseur pour oser dire pareille chose :
D’abord que la facture du bac doit inclure les heures de cours payées et non faites en raison de la fermeture des établissements pour fait d’examen : 1.434.548.000 euros !
Ensuite qu’il faut rapporter cette facture non aux 600000 candidats qui passent le bac, mais aux 55000 candidats qui vont le louper – car pour les autres, on aurait pu aussi bien valider directement leur inscription post-bac, vu que cet examen ne sert qu’à ça. Et donc 1 milliard et demi divisé par 55000, ça fait beaucoup par candidat (1).
Quoiqu'il en soit, la réponse à notre question est :
--> En faisant passer le bac on ne cherche pas à savoir qui l'aura, mais qui ne l'aura pas.
Ça décoifffe, n'est-ce pas ?
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(1) Ma calculette agonise quand je lui demande de calculer avec tant de chiffres. J’ai cru comprendre que dans un dernier souffle, elle me disait : « 2.600.000 euros par tête. »

Friday, June 29, 2012

Citation du 29 juin 2012


Faute d'argent, c'est douleur non pareille.
François Rabelais – Pantagruel (1532), 16
Rabelais présente ici Panurge, éternel étudiant, éternel fauché, éternel inventeur de procédés pour s’en procurer (voir le texte sur ce site).
De nos jours les étudiants souffrent  toujours de la maladie des désargentés. Pourtant, ils ne font pas usage des même remèdes que du temps de Rabelais (dont le moindre était le larcin).
Et, que font nos étudiants pour trouver les moyens de financer leurs études ?
1 – Obtenir une bourse d’étude : à condition d’avoir des parents bénéficiaires de RSA, ça peut marcher…
2 – Décrocher des petits jobs, tel que vendeur chez Mc Do – ce qui bien sûr risque de pénaliser leurs chances de réussite en accaparant leur temps et leur forces (1).
--> D’où l’autre solution :
3 – Emprunter à son banquier et rembourser au terme des études : «Vous avez jusqu’à 9 ans pour rembourser votre prêt, avec une possibilité de différé. » nous dit la Société générale !
Toutefois, pas d’illusion : « on vous prêtera davantage si vous êtes inscrit dans une grande école plutôt qu'en fac de sciences humaines. De même obtiendrez-vous une somme plus importante en master qu’en 1ère année de licence... » précise la revue l’Etudiant.
Bref : n’ayant pas moi-même à trouver un tel financement, je laisserai mes lecteurs mener l’enquête si le cœur leur en dit.
Toutefois, je me demande si depuis Rabelais les rôles ne se sont pas inversés : les voleurs aujourd’hui, ce ne sont plus les étudiants… mais leurs banquiers – Du moins si l’on s’en tient à ce qui se passe aux USA, où après avoir vendu et sur-vendu du prêt étudiant, maintenant que, leur diplôme en poche, ces pauvres jeunes gens arrivent sur la marché du travail, on ne leur propose aucun emploi, et il ne reste plus qu’à les jeter sur le pavé et à faire rendre gorge à leur caution…
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(1) à propos vous connaissez la blague qu’on raconte en Grèce (et peut-être ailleurs) : « A l’étranger, les étudiants travaillent chez Mc Donald pour poursuivre leurs études ; en Grèce, ils poursuivent leurs études pour pouvoir travailler chez Mc Donald. »

Sunday, September 13, 2009

Citation du 14 septembre 2009

On ne va pas assez loin. Le bachot pour tous, c'est bien. Mais c'est encore insuffisant. On devrait réserver le diplôme à ceux qui ne peuvent pas l'obtenir. Car autrement les mêmes ont tout, science et diplôme, les autres rien. Où est la justice ? Les uns, avec leur science, se débrouilleraient très bien ; les autres avec leur diplôme. On mettrait fin au scandale d'un cumul.

Alexandre Vialatte / Chroniques de La Montagne - 8 janvier 1957

1ère idée :

On devrait réserver le diplôme à ceux qui ne peuvent pas l'obtenir.

Vous savez quoi ? Moi j’ai connu une époque où cette phrase n’aurait pas choqué. Mais alors pas du tout. C’était juste après mai-68 lorsqu’on s’est dit que les emplois devraient être attribués non en fonction des compétences mais sur des critères sociaux. Il s’agissait à l’époque seulement du recrutement de vacataires dans les Résidences universitaires. Mais quand même, l’idée que les compétences scientifiques sont secondaires au regard des besoins économiques des travailleurs, est bien là.

2ème idée :

Les uns, avec leur science, se débrouilleraient très bien ; les autres avec leur diplôme.

Voilà je pense la cible visée par Vialatte : les diplômes n’ont pas pour utilité de sanctionner un niveau d’étude, mais de permettre d’obtenir un emploi. Ce qui soit dit en passant valide l’attitude des soixante-huitards dont je parlais ci-dessus : dans ce cas le critère social vaut bien le critère des diplômes. (1)

C’est sans doute partiellement vrai. Je laisse à mes lecteurs le soin de trouver les bons exemples, mais je crois que si l’on interroge les jeunes diplômés sur l’efficience de leurs études par rapport à ce premier emploi qu’ils découvrent, ils diront peut-être eux aussi que la science qu’ils ont apprise et les diplômes ne font pas tout.

Peut-être même ne font-ils pas grand-chose : j’ai connu un jeune ingénieur qui me disait que ses années d’école lui avaient « appris à apprendre » - ou plutôt à résoudre dans son travail des problèmes nouveaux, jamais rencontrés durant ses études.

Que demander de plus ?


(1) Je crois bien me rappeler qu’autre fois on désignait les diplômes par le terme de « peau d’âne »

Wednesday, July 09, 2008

Citation du 10 juillet 2008

L'avantage des gens qui n'ont pas le baccalauréat, c'est qu'ils le préparent leur vie durant.

Günter Grass – l’Atelier des métamorphoses

Oui, notre ami Kévin a eu son bac…enfin ! Ce sont surtout ses parents qui sont soulagés ; lui, il va devoir affronter d’autres responsabilités, parce qu’il va travailler pendant ses vacances. Quant au BTS qu’il commencera à préparer à la rentrée nous attendrons celle-ci justement pour recueillir ses impressions.

Ceux qui ont loupé leur bac ruminent leur vie durant cet échec…

Avez-vous remarqué que les gens qui n’ont pas fait d’études (= qui les ont interrompues avant leur terme) traînent toute leur vie cette blessure ? J’entends bien que certains en profitent pour affirmer avec fierté leur réussite « malgré tout », mais la plupart sont comme monsieur Jourdain qui en veut à ses parents de ne pas l’avoir fait étudier.

Quant à ceux qui ont fait des études, leur diplôme, qui ne devrait pas refléter plus que leur niveau lorsqu’ils l’ont obtenu, leur sert durant la vie entière de quartier de noblesse. Souvent même leur position sociale fait appel à lui. Je ne veux pas dire que l’ingénieur va, sa vie durant se pavaner dans son « bac-plus-5 », mais supposez que cet ingénieur sorte de Centrale, des Mines, ou encore de l’X….

Mais prenez un exemple plus frappant : les professeurs qui sont répartis en « vacataires », « professeurs des écoles », « certifiés », « agrégés » (1). Ces différents statuts là encore ne reflètent en principe qu’un niveau d’études (voire même simplement un type d’études) à un moment donné de la vie de ces gens ; niveau d’études, et même pas de compétence professionnelle, qui ne se révèlera qu’après quelques années d’exercice. Hé bien leur vie professionnelle durant, les agrégés peuvent afficher avec fierté leur qualité d’agrégés (= mépriser les autres), on les y invite même. J’ai connu un lycée parisien (2) où il y avait deux salles des profs : l’une réservée aux agrégés, l’autre ouverte aux autres.

Et je ne parle pas des anciens de l’ENS (Ulm évidemment).

Pour me résumer : ce que nous avons réussi à être dans notre jeunesse nous détermine la vie durant, quand bien même nous serions amenés à changer beaucoup plus après qu’avant.

– Que n’ai-je étudié plus tôt, disait monsieur Jourdain. – Hé bien, étudie donc !

(1) Jusqu’à maintenant, la fonction de professeur est celle où, moins on assume d’heures de cours, et mieux on est payé. Va falloir que ça change !

(2) C’était Janson de Sailly. Je parle à l’imparfait parce que je crois que tout cela a disparu…dans les faits mais peut-être pas dans les têtes.