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Tuesday, December 11, 2012

Citation du 12 décembre 2012

Aime la vérité, mais pardonne l'erreur.
Voltaire – Discours sur l'homme
Tolérance - Pardonnons-nous réciproquement nos sottises
Voltaire - Dictionnaire philosophique (article Tolérance) Citation du 17 février 2006

L’erreur a ceci d’intéressant qu’elle est à l’entrecroisement de deux champs philosophiques hétérogènes : l’épistémologie et la morale.
Laissons de côté la question épistémologique, après avoir noté que la science est une procédure qui ne sert pas à éviter l’erreur mais à la reconnaitre quand elle s’est produite.
On en conservera l’idée qu’on ne peut l’éviter et donc que chacun y est sujet. Moyennant quoi l’erreur ne peut être considérée comme une faute – sauf si elle relève de négligences (signalant le cas de ceux qui n’ont pas le droit à l’erreur).
Tout cela est bien banal et il n’y a pas de quoi exciter un philosophe.
Par contre, la problématique du pardon est un peu plus saignante. Car, nous dit Voltaire, pardonne l'erreur. Oui, je veux bien. Mais à qui ? A tous ceux qui se trompent. Et donc à moi aussi, quand il m’arrive d’en commettre ? Oui, bien sûr.
Nous voilà donc amenés à nous pardonner à nous-mêmes. Mais y parviendrons-nous ?
Le Docteur-Philo, du temps où il était encore actif, avait abordé le sujet sur son Blog : qu’on s’y reporte il saura vous expliquer tout ça mieux que moi !
Je me bornerai à rappeler sa conclusion : je ne me pardonne jamais mes erreurs – fussent-elles bénignes, comme des fautes d’orthographe. Par contre, je dispose de l’avenir pour me promettre de ne plus recommencer, et même de faire mieux (la prochaine fois). Ça ne va pas loin, mais je n’ai que ça à ma disposition – et c’est mieux que rien, parce que c’est le révélateur de ma liberté.

Saturday, September 08, 2012

Citation du 9 septembre 2012



Ce que j’ai pu faire de plus crétin, je ne le regrette pas. L’essentiel, c’est de ne pas faire deux fois la même erreur.
Robert Smith, musicien et chanteur de The Cure (cité dans Télérama n° 3269, p. 16)
Citation destinée à tous les angoissés, tous les culpabilisés de la planète : trompez-vous, gourez-vous, errez tant que vous voudrez. La seule erreur à ne pas commettre est de commettre deux fois la même.
On peut en conclure que ce qui nous disculpe dans l’erreur, c’est que nous ne savons pas que nous nous trompons. Et c’est même inévitable : Errare humanum est. Mais si nous commettons deux fois la même, nous ne pouvons plus faire semblant de ne pas le savoir : perseverare diabolicum.
Avons-nous autre chose à déclarer ?
Il semble que oui. Car on comprend aussi que si la juste décision est limitée à une seule occurrence, par contre les décisions erronées sont légion. Dans le domaine de l’action, comme dans celui de la connaissance, le champ de l’erreur est illimité. C’est pourquoi on peut se tromper autant qu’on le voudra sans nous égarer deux fois sur le même chemin.
Cela on le sait depuis bien longtemps – c’est même un principe de la logique médiévale : la vérité est unique, mais l’erreur est multiple. Je peux dire 2+2=4. Mais si je me trompe, je dirai : 2+2=2 ; ou bien : 2+2=3 ; ou encore : 2+2=3,141592654. Etc…
Alors, il en résulte que si on veut faire preuve d’originalité ou d’inventivité il vaut mieux se tromper qu’énoncer une vérité. Et cela a été bien des fois remarqué, d’où une certaine haine de la science et de la raison chez les esprits forts (dont les surréalistes).
Voilà pourquoi aussi les poètes et les artistes n’ont rien à faire de la vérité, ce qui les intéresse c’est le sens des choses. L’erreur est alors seulement d’échouer à produire quelque chose de neuf et de significatif.
Sauf que, dans ce cas, il peut se faire que l’erreur soit une faute.

Wednesday, July 18, 2012

Citation du 19 juillet 2012


S'il existe plusieurs manières de faire quelque chose et que l'une de ces manières est susceptible de se solder par une catastrophe, on peut être certain que quelqu'un se débrouillera pour la choisir.
Edward A. Murphy Jr
Cette loi de Murphy, parfois lestement nommée « loi de l’emmerdement maximum », est souvent considérée de façon humoristique.
Heureusement, Wikipédia veille ! Voici un bref extrait de son article (1) :
« [Il y a une] autre vision qui consiste à voir la loi de Murphy comme une règle de conception : on ne considère pas la loi de Murphy comme vraie, mais on conçoit tout système comme si la loi était vraie. En particulier, un équipement doit être à l'épreuve, non seulement des accidents les plus improbables, mais aussi des manœuvres les plus stupides de la part de l'utilisateur. Elle justifie donc les principes de la conception de sûreté préconisant de planifier et d'éliminer d'emblée les possibilités de mauvaise utilisation, par exemple à l'aide de détrompeurs. »
Comme vous le voyez, on a connecté la loi de Murphy sur le principe de précaution, expliquant ainsi bon nombre de dispositifs bizarres dans les objets mis à notre disposition, comme ces sécurités sur les flacons de produits toxiques pour empêcher les enfants de les ouvrir (tellement coriaces que les adultes n’y arrivent pas non plus) ; ou les avertisseurs qui empêchent de supprimer des fichiers contenus dans l’ordinateur en une seule manœuvre. Mais le plus simple est encore d’éjecter l’utilisateur du fonctionnement de la machine : par exemple l’aspirateur-robot Roomba, qui est bardé de capteurs pour éviter les situations les plus rocambolesques : tomber d'un escalier, avaler une chaussette, heurter le guéridon et faire tomber la lampe qui est dessus. Ou encore les produits Apple, qui choisissent de ne rien proposer de dangereux, comme ça ils n'ont pas besoin de prévoir le pire. Pas d'accès direct aux fichiers sur un iPad, par exemple, ou bien pas de gestion directe de la musique sur iTunes : c'est le logiciel qui le fait pour l’utilisateur, le quel a juste à cliquer pour acheter. Simple, non ?
Mais il y a une autre utilité de la loi de Murphy, une utilité d’ordre psychologique. En effet la frustration de l’échec vient de ce qu’on se sent personnellement visé par la malchance : il n’y a qu’à moi que cela arrive ! A moi seul ! Quand je fais la queue à la caisse du supermarché, je préviens ceux qui me suivent : «  Allez ailleurs : quand je suis là, forcément la caisse va tomber en panne, la caissière va se tromper, ou alors un client aura oublié sa carte de paiement, etc… »
Heureusement, Murphy intervient : « ma loi, comme toute loi est absolument universelle. Ce qui vous arrive, peut  arriver aussi à tout autre : c’est inéluctable. Ça veut dire que vous n’êtes ni responsable, ni persécuté. »
Et comme cette loi est une règle de conception (Wiki, ci-dessus), plus de souci : on admet qu’elle est vraie sans qu’on ait besoin de la démontrer.
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(1) Je laisse provisoirement de côté les autres interprétations proposées par l’article de Wikipédia.

Tuesday, December 14, 2010

Citation du 15 décembre 2010


Il n'est point de vérité absolue, et les hommes se trompent bien moins, faute d'entrevoir la vérité, que faute d'en apercevoir les limites.
Gabriel Sénac de Meilhan (1736-1803) – Histoire de la vicomtesse de Vassy
Absolu 2
Il arrive que, comme par miracle, certaines citations énoncent une vérité que l’on avait péniblement découverte par ses propres moyens.
C’est ainsi que j’étais arrivé à l’idée que l’erreur dans les sciences – et aussi dans les théories qui prétendent à une vérité quelle qu’elle soit – tenait à ce qu’on ne savait pas délimiter le champ d’application de la théorie. Et je croyais que cette précieuse découverte était une quasi-exclusivité de mon entendement. Prétention ridicule, ainsi que me le prouve cette citation de Sénac de Meilhan (1).
Exemple : la théorie de l’inconscient freudien.
Si l’inconscient est bien une réalité et si cette réalité est bien décrite par les investigations de Freud, alors cette réalité est psychique et elle s’origine dans l’histoire de l’individu et – éventuellement – dans la réalité biologique de l’espèce. Dès lors il peut sembler curieux que Freud en fasse une clé pour interpréter des faits de société (Malaise dans la culture), de religion (Avenir d’une illusion), et qu’il en vienne même à la relier à l’évolution de l’humanité (Totem et tabou).
La théorie de l’inconscient est valable à condition qu’on la limite aux faits psychiques, et si elle ne s’y tient pas, c’est parce la théorie psychanalytique, pas plus qu’aucune autre théorie d’ailleurs, ne fait la théorie de ses propres limites. Ce qu’il faudrait donc dire, c’est : ma théorie va jusque-là et pas plus loin. (2)
Bien entendu, selon moi cette observation vaut également pour le matérialisme historique, que Marx a cru pouvoir utiliser pour expliquer aussi la religion et la culture – Staline s’en est servi pour envoyer au Goulag combien d’artistes ? (3)
Et voilà que la vicomtesse nous explique sans effort et sans complication que la vérité cesse de l’être quand on cesse d'en apercevoir les limites.
- Bon. J’en arrive alors à une autre conception de l’erreur : l’erreur procède de l’attachement narcissique à ses propres idées.
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(1) On lira sa biographie ici, qui ne fait pas mention dans son œuvre d’une Histoire de la vicomtesse de Vassy. La vicomtesse de Vassy aurait donné à Sénac de Meilhan une longue lettre-mémoires dont il rapporte le contenu dans son ouvrage : l’Emigré.
(2) Ce que doit faire naturellement le scientifique.
(3) On sait que Chostakovitch et Prokofiev y ont échappé de peu... (ça a couté à Prokofiev une Ode à Staline et à Chostakovitch sa 5ème symphonie).

Tuesday, September 07, 2010

Citation du 8 septembre 2010

L'erreur préférable à l'inquiétude.
Lorsqu'on ne sait pas la vérité d'une chose, il est bon qu'il y ait une erreur commune qui fixe l'esprit des hommes, comme, par exemple, la lune, à qui on attribue le changement des saisons, le progrès des maladies, etc. ; car la maladie principale de l'homme est la curiosité inquiète des choses qu'il ne peut savoir ; et il ne lui est pas si mauvais d'être dans l'erreur, que dans cette curiosité inutile.

Pascal – Pensées (Fragment Le Guern 628)

L'erreur préférable à l'inquiétude… Deux observations donnent raison à Pascal :

- La première, c’est l’incroyable crédulité des « gens » (= tous sauf nous, bien sûr !) a admettre une affirmation tout à fait invérifiée sous réserve qu’elle soit affirmée avec conviction et surtout qu’elle donne réponse à une interrogation qu’ils se posent. (1)

- La seconde, c’est l’attachement que nous avons pour nos opinions dès lors qu’elles nous mettent à l’abri du doute. Le doute, ressenti comme une maladie de l’âme – ou au moins une de ses faiblesses. Pour un néophyte, lire Descartes, présente une difficulté majeure : admettre qu’on puisse douter par volonté de savoir. C’est peut-être encore plus difficile à comprendre que le cogito.

Voyez l’exemple donné par Pascal : le rôle de la lune dans les épisodes climatiques, voire même dans l’évolution des maladies (pensons aux lunatiques). Même moi, qui ne fréquente pas spécialement les jardiniers, j’ai renoncé à ricaner quand ils affirment cultiver avec la lune : a quoi bon se faire des ennemis pour si peu…

Mais lisons d’un peu plus près le texte de Pascal. Il contient une remarque qui doit nous faire dresser l’oreille (ou les neurones ? Oui, si vous voulez) : il ne lui est pas si mauvais d'être dans l'erreur, que dans cette curiosité inutile. Ce qui compte, voyez-vous, ce n’est pas ce que nous faisons objectivement avec notre savoir (comme d’amender le sol du jardin si nous connaissons sa composition, ou lancer une fusée grâce à des calculs balistiques), mais bien ce que ce savoir produit en nous.

La connaissance pour Pascal – du moins dans ce fragment – doit être évaluée en termes psychologiques. Et c’est avec ce critère qu’elle est mise en compétition avec la croyance.

Ou avec la foi.

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(1) C’est ce que dira Lévi-strauss dans un texte justement célèbre, cité et commenté ici.

Monday, March 12, 2007

Citation du 13 mars 2007

J’ai souvent été frappé du fait que les professeurs de sciences, plus encore que les autres si c’est possible, ne comprennent pas qu’on ne comprenne pas.

G. Bachelard - La formation de l’esprit scientifique.

Je vais faire plaisir aux cancres - s’il y en a qui me lisent : votre professeur y est peut-être pour quelque chose.

En disant cela, je sais que je cours le double risque de paraître donner des leçons à ceux qui font ce dur métier ; et de flatter bassement tous ceux qui ont tâté de l’échec scolaire. Autant dire que je m’adresse à ceux qui auront la patience de lire, et l’esprit libre de préjugé.

Bachelard évoque ici une psychologie de l’erreur, qui ne doit rien aux préjugés sociaux-culturels (encore que ça existe bien évidemment) et il met en cause, chez les enseignants, l’indifférence - voire l’ignorance - pour ces mécanismes. Dans certaines erreurs, le langage, et surtout l’intuition première y sont pour quelque chose : prenons, dit Bachelard, l’exemple du principe d’Archimède. On n’y comprend rien parce qu’on suppose que le morceau de bois « flotte » sur l’eau ; quand on l’enfonce, on dit qu’il « résiste ». On est de ce fait incapable de comprendre qu’il est en réalité soutenu à la surface par une poussée calculable mathématiquement.

Vous êtes prof de physique, vous expliquez cela à vos jeunes élèves : ils vont être morts de rire. Dur métier, oui… Mais demandez au prof de physique pourquoi ses élèves ne le comprennent pas, et il vous répondra qu’ils n’ont pas écouté, ou qu’ils sont de mauvaise volonté ; peut-être même qu’ils sont trop bêtes.

Alors vous me direz qu’il y a des IUFM pour résoudre ces difficultés, que des théoriciens de la pédagogie ont depuis longtemps trouvé la parade, etc… Mais dans la pratique, il y a toujours des profs qui «ne comprennent pas qu’on ne comprenne pas ». Pourquoi ?

A mon avis, c’est que les profs ne savent pas ce que c’est que d’être un élève qui ne comprend pas : eux, ils ont été des bons élèves qui ont toujours su trouver leur place dans la classe et se faire apprécier de leurs profs - bref : ils ont aimé ça. Oui, mais quand on a été humilié par des profs sadiques, « cancrifié » dans des disciplines fondamentales, même - et surtout - si on a pris sa revanche dans la vie, on ne se mêle pas de devenir prof.

Pour lutter contre l’échec scolaire, il faudrait réserver les concours de recrutement des enseignants à ceux qui ont été des cancres. Eux seuls comprendraient qu’on ne comprenne pas.

Saturday, September 09, 2006

Citation du 10 septembre 2006

Il n'est rien qui soit véritablement à nous que nos erreurs.

Victor Brochard - De l'erreur

Si l’erreur est notre seule propriété, c’est qu’elle exprime notre être véritable, et qu’à la question « qui suis-je ? » il faut répondre : « Je suis la somme de mes erreurs. »

Il y a de quoi écrire des volumes là dessus. Moi qui m’en tiens à quelques remarques (quelques « starters » de réflexion, si possible), je dirai simplement que la phrase de V. Brochard (1858-1907. Spécialiste des sceptiques grecs) affirme que l’erreur est une création, et que donc ce n’est pas un pur néant.

C’est une création parce qu’elle ne peut nous exprimer qu’à condition d’être une œuvre individuelle. La vérité n’est pas une œuvre et elle n’est surtout pas individuelle. Soit le théorème de Pythagore. Puis-je imaginer que c’est une création de Pythagore ? Si c’était le cas, la vérité contenue dans ce théorème aurait commencé d’être au moment même où Pythagore l’aurait énoncée pour la première fois. La théorie de la réminiscence de Platon veut dire ça : les vérités sont éternelles on ne peut croire qu’elle aient commencé avec nous.

Soit. Mais on pourrait croire aussi que l’erreur nous appartient parce qu’elle exprime notre imperfection. C’est Descartes qui le dit : Dieu a, dans Sa grande bonté créé les vérités, et les erreurs ne sont que l’effet de l’imperfection de la créature. L’erreur est humaine.

Oui, mais si l’erreur - en tant qu’imperfection - est un néant, elle n’est pas une œuvre, et donc elle n’est pas notre bien le plus authentique ; elle n’est qu’une conséquence de notre finitude, tout comme l’est notre mortalité. Reste donc à dire que l’erreur est invention. Comme la vérité ? soit. Mais la vérité ne nous appartient pas en propre parce qu’elle doit pouvoir se partager, alors que l’erreur est cette invention que personne ne pourra partager avec moi.

Si donc l’erreur est quelque chose, qu’est-elle ? L’erreur ne produit pas de connaissance ; certes. Mais elle produit du sens. A côté de la vérité, il y a encore de la place pour du sens. Restons avec Descartes : lorsqu’il dit par exemple que les poumons ont pour fonction de refroidir le sang échauffé par le cœur, c’est faux bien sûr ; mais ça a du sens par rapport à sa doctrine mécaniste.

Tuesday, August 01, 2006

Citation du 2 août 2006

Bien des erreurs sont nées d'une vérité dont on abuse.

Voltaire

« …une vérité dont on abuse ». Etrange… Qu’est-ce donc qu’abuser de la vérité ?

1ère hypothèse : c’est appliquer une théorie vraie au-delà de ses limites de validité. Par exemple, utiliser les calculs de Newton pour rendre compte des phénomènes lumineux dans l’espace des galaxies, ce que seule la Relativité sait faire. Idem pour comprendre les phénomènes corpusculaires à l’aide de la Relativité, ce que seule la physique des quanta sait faire. La théorie ne fait pas la théorie de ses propres limites et par nature, le savant cherche à l’appliquer à tout ce qui existe ; et c’est là qu’il abuse de la « vérité ».

2ème hypothèse : c’est tirer des conséquences pratiques d’une vérité générale donc nécessairement abstraite. Ainsi, on voit en politique, ou dans le gestion des communes des élus qui se chargent de faire le bonheur des autres sans se soucier d’autre chose que de l’efficacité des mesures prises.

On pourrait bien s’arrêter là ; après tout Voltaire parle de vérité qui tourne à l’erreur. Mais supposons qu’il ait voulu dire « une erreur ou bien une faute ». Alors nous avons une troisième hypothèse.

3ème hypothèse : c’est croire que la vérité l’emporte sur tout ce qui existe. La puissance bienfaisante de l’illusion est bien connue, et il faut être Alceste pour la rejeter totalement. Abuser de la vérité c’est l’imposer aux autres lorsqu’ils ne sont pas en état d’en tirer profit, pire même, lorsqu’elle peut les détruire.

Quant à Voltaire on ne peut pas dire qu’il ait abusé de la vérité, lui qui faisait taire le baron d’Holbach, athée notoire, lorsque celui-ci tenait des propos libertaires en présence des laquais. « Taisez-vous, sinon ils vont nous égorger » disait l’ermite de Ferney…

La vérité : « A consommer avec modération. »