A la limite, le seul écologiste irréprochable est celui qui met tout en œuvre pour mourir sans laisser la moindre trace de son passage sur Terre.
Sunday, July 28, 2013
Citation du 28 juillet 2013
A la limite, le seul écologiste irréprochable est celui qui met tout en œuvre pour mourir sans laisser la moindre trace de son passage sur Terre.
Tuesday, August 11, 2009
Citation du 12 août 2009
Je demande, pour ma part, à être conduit au cimetière dans une voiture de déménagement.
André Breton – Manifeste du surréalisme
Surréalisme, l’art de l’image…
Pas de surréalisme sans une image, montrée ou imaginée. L’image doit fonctionner à deux niveaux : au niveau symbolique, évidemment, mais aussi au niveau immédiat, au premier degré. L’image surréaliste, même si vous ne comprenez pas tout de suite sa signification, vous le prenez en plein dans le buffet, c’est même ça qui vous signale qu’elle est surréaliste.
Ainsi donc, l’image du corbillard remplacé par un camion de déménagement. Il faut imaginer tout de même qu’en 1924 les corbillards ressemblaient à ça :
A quoi on opposera ça :
On voit donc que, vu ici, le camion de déménagement fait choc, avant même que l’on sache pourquoi.
Reste que le symbole apparaît très vite : refus du cérémonial, recherche de ce qui va faire de la dépouille du défunt un objet qui encombre et dont on va se débarrasser. Les funérailles sont une façon élégante de débarrasser le plancher, et le camion de déménagement ne fait que démasquer les faux semblant.
Reste que le camion de déménagement va forcément d’un lieu à l’autre : on le déménage d'ici pour qu’il emménage là, autrement dit on emporte le mort pour le déposer dans une sépulture qu’on ira fleurir à la Toussaint. C’est là qu’il emménage, c’est là qu’il va reposer éternellement. Bien des gens vont jusqu’à retenir une place – leur place – dans un cimetière en fonction du paysage qu’on y voit. Tant qu’à faire, ils devraient aussi se soucier des autres morts du voisinage (1).
Maintenant on fait beaucoup plus fort que Breton : plus de camion, plus de déménagement : une urne de cendres éparpillées au vent, et le tour est joué.
Je demande pour ma part, le jour de mon enterrement, que soit branché un bon ventilateur.
(1) Des fois que les molécules des uns se mêlent aux molécules des autres, comme le suggérait Diderot…
Friday, February 08, 2008
Citation du 9 février 2008
Quoi qu'on dise, un mariage raté est quand même plus joyeux qu'un enterrement réussi.
Yvan Audouard
un mariage raté est quand même plus joyeux qu'un enterrement réussi : la preuve, diront certains, il arrive qu’on se marie plusieurs fois, alors qu’on n’est enterré qu’un fois… Je vous l’accorde mais la question est : pourquoi ? Qu’y a-t-il dans les mariages qui fasse qu’on les compare presque systématiquement à des enterrements ?
Sans reparler de la comédie britannique (1), la coutume de l’enterrement de la vie de garçon - de fille - montre qu’on tente de resserrer les liens qui en principe les opposent. D’ailleurs, faites comme moi, explorez quelques sites (2) qui proposent des idées sur ce genre de fiesta, vous serez étonné par leur nombre (même si ce n’est pas l’imagination qui en sort vainqueur).
Je tenterai quelques hypothèses pour répondre à ma question (après tout, on n’est jamais si bien servi que par soi-même).
- D’abord, ce qui rapproche le mariage et l’enterrement, c’est qu’on y termine quelque chose. Si à l’origine l’enterrement de la vie de garçon consistait à emmener le jeune fiancé chez les prostituées pour qu’elles l’éduquent un peu, très vite l’idée a été de marquer la fin du célibat par une débauche qui en constitue l’apothéose : l’enterrement prend ici la valeur du bouquet final - ou du chant du cygne.
-Voilà un enterrement plus joyeux que l’enterrement au sens classique de funérailles. C’est donc là que se place la différence. Après la vie de garçon, donc après le célibat, il y a la vie de couple marié ; censément plus longue et moins exaltante, elle reste une vie honorable - et donc souhaitable. Lors des funérailles, même si le prêtre s’échine à répéter que c’est l’espérance du chrétien qui se réalise enfin : rejoindre son Créateur (et éventuellement les chers disparus), le cœur n’y est pas.
- Mais surtout dans le mariage, la fête est pour tous, et on dirait même que les invités font la noce bien plus joyeusement que les jeunes mariés. Par contre dans l’enterrement, c’est toujours un peu sa propre mort qu’on anticipe (Ne demande pas pour qui sonne le glas : il sonne pour toi). C’est d’ailleurs ce qui fait que les consolations de la religion ont si peu d’effet.
N’hésitez donc pas : mariez-vous ! Et si vous l’êtes déjà, divorcez, et re-mariez vous.
(1) Je veux parler du célèbre film