Showing posts with label egoïsme. Show all posts
Showing posts with label egoïsme. Show all posts

Monday, July 24, 2017

Citation du 25 juillet 2017

Egoïste. Dénué de respect pour l'égoïsme des autres.
Ambrose Bierce – Le Dictionnaire du diable
L’égoïste, c’est celui qui ne pense pas à moi.
D’après Lucien Guitry
L’amour de soi, est défini comme ressort intime et universel des décisions humaines, ou bien il est dénoncé comme un péché qui fait obstacle au commandement de Jésus: « Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13 :34)
Sommes-nous donc des hypocrites, tous tant que nous sommes, à reprocher aux autres ce qu’on s’autorise à soi-même ? Sommes-nous oublieux de ce que nous faisons aux autres pour ne voir que ce qu’ils nous font ? Ou bien, attentifs aux efforts que nous faisons pour dominer nos passions égoïstes, reprochons-nous à autrui de ne pas en faire autant ?
Bref, nous voici à tenter de justifier l’injustifiable sans vraiment le remettre en cause – comme si une petite voix se faisait entendre tout au fond de nous, qui nous dirait : « Oui, c’est bien vrai tu es comme ceux que tu condamne : commence par te voir tel que tu es ! »



« Ta g… Jimmy Cricket ! Arrête de toujours critiquer ! » Je ne supporte plus ces critiques qui masquent tout ce que l’humanité a de bienveillant et de généreux. Même le plus misanthrope des philosophes, je veux parler de Rousseau, le disait : l’une des passions la plus originaire et la plus universelle des hommes est la pitié, qui vient contrebalancer l’instinct de conservation qui s’incarne dans l’amour de soi.
Certes dit encore Rousseau, la réalité c’est que l’une de ces passions prise dans les effets de la socialisation de l’espèce, en vient à se développer et à écraser l’autre de son envergure nouvelle. Mais que la situation se modifie, par exemple en remettant en place les conditions primitives de la vie sauvage, et on verra la générosité et la pitié reprendre leur place.

Sinon, comment comprendrait-on que tous ces immigrés dans les rues de Calais soient finalement secourus par les habitants, même au prix de leur intérêt ou de leur sécurité, et qu’il faille tant de lois et de police pour veiller à ce que l’amour du prochain ne l’emporte pas sur la passion égoïste.

Thursday, April 02, 2015

Citation du 3 avril 2015

Rien n'est, pour Moi, au-dessus de Moi!
Stirner – L’unique et sa propriété
Commentaire II
Nous avons vu hier comment Stirner argumentait sa valorisation de l’égoïsme.
Maintenant, venons-en aux objections.
La plus évidente se trouve en dehors de la morale au sens traditionnel.
On dira en effet : admettons que quelqu’un cherche à sauver sa peau, et que du coup, il vive, pense, aime pour lui seul. Mais comment peut-il être naïf au point de croire que c’est grâce à cet isolement qu’il trouvera la satisfaction de ses besoins et de ses désirs les plus élémentaires ? Pouvons-nous être aimé sans aimer et sans nous dévouer pour l’autre ? Et comment espérer sauver sa peau sans réciprocité ?
Famille, tribu, totem, clan, patrie : le groupe humain solidaire a toujours été la condition de l’existence de chacun. Ajoutons même que l’homme n’a jamais eu à choisir de « faire société » avec les autres hommes : il a toujours été dans la société, et il a toujours évolué comme être social. Etre-avec est son essence, et c’est plus naturel qu’être l’individu unique de Stirner. Et d’ailleurs s’il a pu concevoir ce splendide isolement, c’est parce qu’une femme l’a porté protégé et nourri durant son enfance, parce qu’un groupe humain l’a accueilli, éduqué et rendu autonome. L’égoïsme est un vice qui consiste à refuser de rendre ce qu’on a reçu.

Soit. Reste que le message de Stirner est toujours présent : admettons que nous ayons à rendre ce qu’on nous a donné. Mais jusqu’où cela va-t-il ? Peut-on affirmer comme Rousseau que le juge peut dire au condamné : « On a le droit de te mettre à mort parce que jusqu’à maintenant c’est grâce à nous que tu as vécu » ? Mais alors, comme l’esclave, chacun de nous est sous la dépendance de ceux qui l’ont nourri et élevé comme le porcher engraisse les cochons avant de les saigner.

Et Moi, qu’est-ce que j’en pense ? Avec Stirner je dirai que le seul altruisme qui vaille est celui qui permet à l’individu d’exister sans les autres. Comme les parents qui élèvent leur progéniture dans le but de la rendre capable de vivre sans eux.

Le reste, c’est du bonus : Altruiste, moi ? Si je le veux bien !

Sunday, October 26, 2014

Citation du 27 octobre 2014



L'homme est un animal politique plus que n'importe quelle abeille et que n'importe quel animal grégaire.
Aristote Les Politiques (trad. Pierre Pellegrin), 1252b
L'homme n'était pas destiné à faire partie d'un troupeau comme un animal domestique, mais d'une ruche comme les abeilles.
Kant – Anthropologie du point de vue pragmatique
Peut-être Kant se rappelle-t-il de cette phrase d’Aristote ; en tout cas, comme lui, il estime que la vie collective s’organise selon deux schémas possibles :
- Soit comme dans un troupeau où chaque individu est en relation non avec les autres, mais avec le berger.
- Soit, comme dans une ruche, en composant un être collectif donc chaque individu est comme une cellule dans un tissu biologique.
Nous avons donc deux possibilités : soit exister pour un maitre ; soit exister pour la collectivité. Mais en tout cas exister-pour.
Avons-nous encore la même opinion ? Notre époque qui cultive si fort l’individualisme devrait choisir une autre métaphore : au lieu du modèle de l’abeille nous devrions opter pour la guêpe solitaire. Quelle est donc l’originalité de la guêpe solitaire ? Lisons la page Internet qui lui est consacrée : « Les guêpes solitaires vivent et travaillent seules : la plupart ne construisent pas de nids (c’est d’ailleurs ce point qui les distingue des guêpes sociales) ».
Du coup, on voit bien ce qui change par rapport au modèle d’Aristote : les individus solitaires travaillent seuls et pour eux-mêmes uniquement. Et nous ? N’est-ce pas aussi uniquement pour nous-mêmes que nous travaillons ? En produisant pour autrui, nous n’agissons que poussés par l’intérêt personnel (1). Si le boulanger n’avait pas souci de son profit, nous n’aurions pas de pain. Nous pouvons à présent lire de façon plus claire ces métaphores animales :
- Dans le troupeau chaque individu travaille pour le bénéfice du berger.
- Dans la ruche, chaque abeille travaille pour le bien de tous.
- Dans la nature, l’individu travaille pour lui-même uniquement, même s’il est contraint à travailler de concert avec les autres.
L’homme est le seul qui soit obligé de travailler pour les autres afin de satisfaire son intérêt égoïste.
----------------------------------
(1) C’est d’ailleurs ce que montrait la Fables des abeilles de Mandeville. Voir ce commentaire