Wednesday, May 21, 2014
Citation du 22 mai 2014
Monday, May 06, 2013
Citation du 7 mai 2013
Thursday, August 12, 2010
Citation du 13 août 2010
Aidons-nous mutuellement, / La charge des malheurs en sera plus légère
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Jean-Pierre Florian – L'aveugle et le paralytique
Dites donc, si vous deviez porter un homme, vous feriez comme l’aveugle de cette statue ? Bizarre…
Mais l’essentiel n’est pas là : demandons nous plutôt si la fable de Florian présente un intérêt autre que celui d’édifier les petits (tout-petits) enfants.
La question est déjà de savoir si elle pourrait trouver facilement à s’exercer. Car, évidemment, le cas de l’aveugle qui marche – mais qui ne voit rien, et du paralytique qui voit – mais qui ne marche pas, est privilégié, chacun disposant de ce qui justement manque à l’autre.
Mais peut-on si facilement faire du troc de services ? Moi, j’ai tenté d’échanger des cours de philo contre des travaux de plomberie. Echec… (1)
Maintenant supposons que pour faciliter l’échange, on dise que l’entraide consiste à mutualiser les ressources entre des gens qui disposent des mêmes moyens.
Vous allez me dire : « A quoi ça sert ? Si nous avons deux hommes également capables de marcher, pour quoi l’un porterait-il l’autre ? Est-ce qu’on ne serait pas revenu au gag de La grande vadrouille ?»
Hé bien, pas nécessairement. Parce que, justement, ça sert à ce qu’un seul des deux se fatigue, oui, mais à condition que l’autre lui rende le même service ensuite.
C’est exactement ce qu’on fait dans le co-voiturage.
(1) Même les argentins qui ont développé un service de troc à grande échelle lors de la terrible crise financière de 2001 – quand le peso ne valait plus rien – ont été obligés de créer une « monnaie » représentant le service rendu, afin de décaler l’échange de service.
Saturday, February 24, 2007
Citation du 25 février 2007
Nous ne savons renoncer à rien. Nous ne savons qu'échanger une chose contre une autre.
Sigmund Freud
1 - Nous ne savons qu'échanger une chose contre une autre - Considérer l’échange comme une façon de conserver ce qu’on a et non comme une façon d’acquérir ce que nous n’avons pas : voilà une idée qui pourrait sembler bien étrange celui qui considérerait l’échange comme une réalité strictement économique. Ce qui n’est pas le cas pour Freud, bien entendu.
Voyez le petit enfant qui vient d’entrer dans la cuisine : il s’est s’emparé d’un couteau qui traînait sur la table et il repart en serrant son butin sur son cœur. De toute évidence il ne va pas vous le rendre sans violence. Vous allez dans sa chambre, vous ramassez une petite voiture qui traîne dans un coin, et vous lui dites : « Mon chéri, regarde la jolie voiture. Elle roule vite et elle fait du bruit quand on pousse le bouton (l’enfer !). Tiens, je te la donne en échange de ce couteau ». Ce n’est pas sûr que ça marche, mais ça peut marcher, car nous ne savons qu'échanger une chose contre une autre, un objet désiré contre un autre objet désiré. Facile…
… Trop facile : votre ami Bob vient juste de se faire plaquer par sa femme : elle est partie avec un homme plus jeune et plus brillant que lui. Vous lui dites : « Te bile pas Bob, un de perdue, dix de retrouvées. Ecoute, je t’en ai pas parlé, mais Sandra - tu sais la petite stagiaire de la comptabilité - j’ai remarqué comment elle te regarde… Je suis sûr que tu as ta chance. » Là, c’est sûr, le mari éploré va vous envoyer promener.
C’est donc plus compliqué qu’il n’y paraît. L’objet véritablement désiré n’a pas d’équivalent, du moins selon Freud : car il n’est que fantasme, nourri du souvenir d’une jouissance passée (la première, c’est toujours la meilleure). Il est donc inaccessible, et pour notre satisfaction, la réalité n’a que des substituts à nous offrir. Je peux en effet remplacer ce substitut par un autre. Mais s’il se fait que l’un de ces substituts l’emporte sur les autres (« Ma femme adorée…, mon Bébé… »), alors il sera très difficile de lui trouver un équivalent.
2 - Nous ne savons renoncer à rien : mais aussi nous n’obtiendrons jamais rien, puisque l’objet de notre désir n’existe que dans notre imagination (1), : de substitut en substitut, notre vie s’épuise à courir après des satisfactions que nous abandonnerons dès que nous les aurons obtenues.
Finalement, la bonne règle,c’est : « Pas de compromission avec la réalité, tant qu’à faire de ne jamais être réellement satisfait, désirons ouvertement l’inaccessible : là au moins on n’est jamais déçu. »
Le mieux c’est de ne désirer que l’idéal (2)
(1) …et que pour l’obtenir il faudrait en plus redevenir le petit enfant que nous avons été : «rétablir la situation de la première satisfaction [=première dans l’existence] … est ce que nous nommerons désir ; la réapparition de la perception [d’une satisfaction] est l’« accomplissement de désir » Freud - L’interprétation des rêves (c’est moi qui souligne)
(2) Voir message du 21 février 2007