Tuesday, August 30, 2016
Citation du 31 aout 2016
Monday, July 11, 2016
Citation du 12 juillet 2016
Sunday, November 13, 2011
Citation du 14 novembre 2011
Wednesday, February 02, 2011
Citation du 3 février 2011
Friday, June 25, 2010
Citation du 26 juin 2010
Ce que les hommes veulent en fait, ce n'est pas la connaissance, c'est la certitude.
Bertrand Russell
... Eh quoi ? notre besoin de connaître n'est-il pas justement notre besoin de familier ? le désir de trouver, parmi tout ce qui nous est étranger, inhabituel, énigmatique, quelque chose qui ne nous inquiète plus ? Ne serait-ce pas l'instinct de la peur qui nous commanderait de connaître ? Le ravissement qui accompagne l'acquisition de la connaissance ne serait-il pas la volupté de la sécurité retrouvée ?..."
NIETZSCHE – Le gai savoir [Aph. 355]
Retour sur un paradoxe qui nous avait déjà un peu occupé dans un Post de l’an dernier (ici) : l’extraordinaire crédulité des hommes, qui les pousse à admettre les plus grosses bêtises comme certitudes sans aucune discussion. Pourquoi en effet affirmer une chose comme étant vraie, alors même qu’on se soucie comme d’une guigne de son authenticité ?
Selon nos auteurs du jour, cette contradiction s’expliquerait par le fait que la vérité difficilement découverte nous importe moins que la sécurité de la certitude immédiate.
Il y a deux formes d’attachement à la certitude qui n’impliquent pas nécessairement la vérité :
1 - L’une est liée au désir : devant le malheur, l’illusion du bonheur vaut mieux que la lucidité. Qu’importe l’erreur, si seulement elle m’apporte du plaisir… ou m’épargne une souffrance. C’est ainsi que le mari trompé ne veut justement pas être détrompé.
--> Ce n’est pas cette forme qui nous occupe ici.
2 - L’autre origine de la crédulité vient de la peur du doute et de l’incertitude qui créent l'insécurité source d’inquiétude et de souffrance.
C’est comme cela que s’est créé un énorme malentendu à propos de la philosophie : on veut croire qu’il y a comme ça des hommes (des sages, des philosophes) qui possèdent la vérité sur tout et qu’il suffit de consulter pour être à l’abri du doute (1).
Alors, oui, il y a bien des systèmes philosophiques qui énoncent des vérités démontrées – ou du moins argumentées. Mais en même temps aucune de ces vérité ne peut être tenue pour utile tant qu’on n'a pas fait soi-même le chemin qui y mène. Voyez Descartes qui vous demande – dans ses Méditations métaphysiques (2) – de refaire pour votre propre compte en 6 jours (pas un de moins) de chemin qui va du doute à la certitude.
- Dis, René, c’est encore loin la Vérité ?
- Tais-toi et cherche !
(1) C’est comme cela que j’ai titré mon autre Blog « Docteur-Philo », en espérant que chacun lira l’autodérision sous la couche bien épaisse de suffisance.
(2) Méditations métaphysiques, sous titrées : Méditations touchant la première philosophie dans les quelles l’existence de Dieu et la distinction entre l’âme et le corps de l’homme sont démontrées.
Wednesday, March 15, 2006
Citation du 16 mars 2006
« Pour examiner la vérité, il est besoin, une fois dans sa vie, de mettre toutes choses en doute autant qu'il se peut. »
René Descartes - Règles pour la direction de l'esprit
Quatre points dans cette citation retiennent l’attention :
1 - Il s’agit d’examiner la vérité, donc de vérifier qu’elle mérite d’être considérée comme telle
2 - Qu’on doit le faire une fois dans sa vie
3 - Que ce doute doit affecter toutes choses (= toute connaissance) quelle qu’elles soient.
4 - Qu’on ne peut douter qu’autant qu’il se peut, autrement dit que le doute n’est pas une attitude mais la conséquence de solides raisons.
En cette période de regret et de débat sur l’affaire d’Outreau, l’évocation de la « culture du doute », nous convie à réfléchir au second point de cette citation.
« Une fois dans sa vie » : pas deux, pas trois, une et puis c’est fini. Le doute, il faut en sortir, sinon on est paralysé par l’hésitation, l’incertitude. Est-ce cela qu’on veut dire quand on parle de culture du doute ? Probablement, car comment des juges dont la fonction est de dire la loi pourraient-ils rester dans l’incertitude qu’ils ont pour métier de dissiper ? Imagine-t-on Salomon disant : « J’ai comme un doute, alors je vais couper l’enfant en deux parce que je ne sais pas à qui le rendre.». Bien sûr Salomon ne savait pas à qui le rendre, mais son célèbre jugement n’était qu’une ruse pour forcer la vérité à se dévoiler, autrement dit pour sortir du doute.
Douter, c’est douter d’abord de l’évidence, voilà ce que Descartes nous enseigne. On doute tant qu’on peut, tant qu’une preuve irréfutable ne nous oblige pas à y renoncer. On doute donc pour prouver.
Prouver, c’est prouver les preuves et, comme on le sait, en matière judiciaire les aveux ne sont pas preuves (sans quoi la torture serait toujours d’actualité). Quand sait-on qu’on a rencontré la preuve qui n’a plus besoins d’être prouvée ? Quand elle résiste au doute, car la vérité, c’est ce qui s’impose à qui ne veut pas la croire. Dans les affaires criminelles les preuves matérielles jouent à peu près ce rôle tant qu’elles existent ; et puis après, … on retrouve l’intime conviction des magistrats. Est-elle probante ?
Descartes quant à lui, avait cru nécessaire d’en appeler à l’infinie bonté divine pour éclairer le chemin de la vérité. Il sera difficile de faire mieux.