Monday, March 10, 2014
Citation du 11 mars 2014
Wednesday, March 05, 2014
Citation du 6 mars 2014
Wednesday, April 17, 2013
Citation du 18 avril 2013
Monday, July 25, 2011
Citation du 26 juillet 2011
Le manque de discipline est un mal pire que le défaut de culture, car celui-ci peut encore se réparer plus tard, tandis qu'on ne peut plus chasser la sauvagerie et corriger un défaut de discipline
Kant – Traité de pédagogie, Introduction
Il suffit de lire l’extrait (publié ici) du texte de Kant pour vérifier qu’il parle bien de la discipline au sens courant, celui qui renvoie à la « règle de conduite imposée (par qqn ou qqc.). » (TLF) Oui, Kant veut qu’on impose aux enfants dès le plus jeune âge la stricte observance des règles de vie, scolaires ou familiales.
J’ai écrit « dès le plus jeunes âge » ; j’aurais dû dire : « essentiellement au plus jeune âge », car il est essentiel de comprendre qu’il y a un âge pour apprendre à se discipliner.
Je peux apprendre la musique, le chant, le dessin, les mathématiques et la philosophie à tout âge ; il y a des universités du temps libres qui sont remplies d’Anciens. Mais apprendre qu’il y a des règles de vie et qu’on doit leur obéir avant même de savoir si elles sont bonnes ou pas, simplement parce que les adultes sont là et les imposent, voilà ce qui est impossible si on ne l’a pas appris étant jeune.
J’hésite pourtant : car si ces règles doivent être admises sans discussion ne risque-t-on pas de cautionner n’importe quelle manipulation ? On sait que les dictatures les plus féroces se sont appuyées sur les enfants, soit en les embrigadant, soit – pire encore – en les conditionnant par l’éducation comme on l’a vu en Chine à l’époque de la Révolution culturelle.
-->Peut-on faire le chemin en sens inverse, se défaire de la discipline acquise, une fois passé l’âge de l’acquérir, c’est-à-dire quand on est plus vieux ? On imagine facilement que certains au moins ne seront pas « récupérables » (1)
Et si ces règles de discipline doivent être contrôlées, par qui le seront-elles, étant entendu que les enfants n’y peuvent rien ?
Kant le sait bien : la tâche la plus difficile est de trouver des hommes indemnes des défauts de l’humain pour conduire d’autres humains (2). Mais l’idée est suffisamment importante pour qu’on essaie…
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(1) « Non récupérable » : on se rappelle que c’est le dernier mot de Hugo, le héros des Mains sales (Sartre) qu’on veut rééduquer à la suite d’un changement de ligne du Parti.
(2) Kant – Idée d’une histoire universelle… 6ème proposition
Monday, November 13, 2006
Citation du 14 novembre 2006
Avant tout, il faudrait ruiner dans l'esprit de nos maîtres une certaine idée de la discipline, idée fausse qui égare: c'est l'assimilation à quelque degré de la discipline scolaire à la discipline militaire.
F. Buisson - Article Discipline du Dictionnaire de pédagogie d'instruction primaire
La discipline dans les écoles a désormais d’ardents défenseurs, jusque dans les rangs des hommes politiques de gauche, certains se proposant même de la rétablir manu militari. Ferdinand Buisson dont le nom est sans doute le plus répandu au fronton de nos écoles est un adepte de la modération : l’écolier n’est pas un enfant de troupe, la discipline doit être limitée à ce qu’il faut pour que la vie commune et le travail de chacun soit possible dans la classe. Rien de plus. Pour lui, la discipline est un mal nécessaire : mal parce qu’il s’agit de brider « la liberté, la spontanéité, la gaieté de l'enfance » ; nécessaire toutefois, parce qu’aucune société ne saurait s’en passer. Et voilà la discipline ravalée au rang de règlement de la vie collective.
Ce n’est pas parce que Ferdinand Buisson passe pour un grand pédagogue qu’il serait le seul à avoir une idée sur ce que la discipline doit être. Voyons ce qu’en dit Kant: « La discipline est simplement négative ; c’est l’acte par lequel on dépouille l’homme de son animalité. » La discipline est pour lui, par l’apprentissage du respect et de l’autorité, un moment particulièrement important dans le développement de l’enfant : celui par le quel il va sortir de la toute petite enfance pour accéder à l’apprentissage de la vie sous la conduite des adultes. Ainsi, il y a un âge pour discipliner l’enfant : admettons que ce soit l’âge de sa scolarisation. Mais surtout, selon Kant, au-delà de cet âge, il devient impossible de le faire : et voici le sauvageon…
Vous voilà prévenu : il faut prendre parti. Etes-vous adepte de l’école kantienne ou de l’école « buissonière » ? (1). Le critère, à mon sens, tient dans le rapport qu’on établit entre l’école et la famille. Pour Ferdinand Buisson, la discipline est un aspect de la vie sociale qui est totalement différent de la vie familiale : ici liberté et gaieté ; là ordre et uniformité. Pour Kant, la discipline accompage un moment du développement de l’enfant : voilà pourquoi elle ne saurait être foncièrement différente à l’école et dans la famille. C’est là que la discipline cesse d’être militaire, car faut-il le rappeller, les militaires sont des adultes.
Monday, September 04, 2006
Citation du 5 septembre 2006
Art. 4-1 - Une note de vie scolaire est attribuée aux élèves de la classe de sixième à la classe de troisième des établissements relevant du ministère de l’éducation nationale. Cette note mesure l’assiduité de l’élève et son respect des dispositions du règlement intérieur.[…]
Bulletin Officiel du ministère de l’Education Nationale. n° 22 du 1er juin 2006
Alors voilà : le zéro de conduite est de retour. Après l’éducation civique et les leçons de morales : la notation du comportement. Quelle leçon d’humilité devant l’histoire !
Rappelez-vous. Après mai 68 on a cru que le monde ne serait plus jamais le même. Armstrong avait marché sur la lune ; les jeunes faisaient des barricades et écrivaient « Il est interdit d’interdire » sur les murs de Paris ; les pères clamaient qu’ils préfèreraient que leurs filles couchent avec n’importe qui plutôt que de s’enrôler chez les Mao… L’autorité était morte, le père avait été tué. Charles de Gaulle reculait devant la « chienlit ».
Aujourd’hui, les enfants des soixante-huitards sont confrontées aux problèmes que soulève l’éducation de leurs propres enfants. Ils plébiscitent Ségolène ou Sarko, et ils restaurent le zéro de conduite. Retour à la case départ ? L’historien contestera qu’on puisse revenir en arrière. En revanche, le sociologue durkheimien risque d’être d’avantage intéressé par cette hypothèse.
Pour lui, la disparition de l’autorité est non pas une conquête de la liberté politique, mais la preuve d’une crise de la société, incapable d’imposer ses valeurs (1). Au fond, c’est le nihilisme qui est réfuté ici : on ne peut vivre sans valeurs. Si l’on n’est pas capable de vivre sur des valeurs choisies par l’individu lui-même, alors il faut passer par des valeurs collectives. Comment des valeurs peuvent-elles être collectives ? Par l’éducation et par la contrainte. Par le dressage (Nietzsche).
Chaque enseignant aura désormais droit à une formation IUFM de dompteur.
Ça va être le cirque dans les bahuts !
(1) Voir message du 22 juillet 2006