Saturday, July 08, 2017
Citation du 9 juillet 2017
Saturday, April 13, 2013
Citation du 14 avril 2013
Tuesday, September 04, 2012
Citation du 5 septembre 2012
Monday, November 28, 2011
Citation du 29 novembre 2011
Saturday, July 22, 2006
Citation du 23 juillet 2006
La guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens.
Carl von Clausewitz
Que la guerre soit un moyen, qui donc en douterait ? On ne fait pas la guerre par plaisir (même si elle fait plaisir), mais pour obtenir ou pour conserver un avantage précis. Mais qu’elle soit une alternative à la diplomatie, un détour sur le chemin de la paix et de l’entente avec les autres peuples, voilà qui étonne et qui peut même scandaliser.
Cherchons un exemple. Le conflit Israélo-palestinien peut nous servir. Grosso modo (je simplifie sans doute abusivement), il s’agit pour Israël de faire reconnaître par les Palestiniens et par la communauté internationale sa souveraineté sur un territoire défini par cette même communauté et redéfini par différents conflits.
La thèse d’Israël est qu'aujourd'hui son existence et la sécurité de ses citoyens est menacée par le Hezbollah basé sur le territoire libanais. Le conflit armé actuel a donc pour but de faire aboutir une exigence politique, qui aurait dû être obtenue par une conférence internationale, si la volonté de paix l’avait emporté sur la volonté de détruire les juifs (ou : l'Etat juif). On est bien dans le cas défini pas Clausewitz.
Que disent les opposants à Israël ? Que cette guerre est une guerre injuste, qui non seulement frappe des civils innocents, mais qui de surcroît est un acte d’agression en temps de paix contre un Etat souverain. La continuité du politique et du militaire dans ce cas n’est plus assurée, parce que le règne du droit est exclu, que l’on est dans celui du rapport de force, un peu comme avec les bandits de grands chemin imaginés par Rousseau, qui prétendraient avoir un droit sur ma bourse parce qu’ils ont une arme et que je n’en ai point (1). « Convenons donc - écrit-il dans le même passage - que force ne fait pas droit, et qu’on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes… » : la guerre n’est le prolongement de la politique que si elle est le point de départ d’une légitimité nouvelle. Sinon, elle amorce et entretient un cycle de violences indéfinies.
Autrement dit, pour que la guerre soit la continuation de la politique, il faudrait que le vaincu reconnaisse qu’il est totalement engagé par le traité de paix qui suit, et qu’il reconnaisse donc le droit de son vainqueur ; le rapport de force ne serait alors que le moyen de la reprise et de l’aboutissement de négociations loyales.
Si la guerre est politique, ce n’est donc que dans la mesure où elle ramène à la politique.
(1) Du droit du plus fort - Contrat social, I-3.
Tuesday, April 25, 2006
Citation du 26 avril 2006
« Pactes sans sabres, ne sont que palabres » [Covenants, without the sword, are but words]
Hobbes - Léviathan,II, XVII
Autrement dit, la diplomatie ne sert à peu près à rien, sauf à mettre au point les Traités qui seront de toute façon imposés par la force. Mais alors, à quoi bon négocier, si à l’arrivée on voit le plus fort imposer sa volonté par la force justement ? On serait dans le cas d’un procès stalinien où l’accusé ne peut que s’imposer à lui-même la sentence que le Tribunal va prononcer contre lui.
Notons toutefois que Hobbes ne dit pas que la force doit être toute du même côté ; on peut admettre que chaque signataire impose à l’autre par la force le respect de sa signature. Dans ce cas c’est l’équilibre de la terreur qui va garantir la paix, comme on l’a bien vu pendant la Guerre Froide : chaque partie n’agit que conformément à son intérêt bien pesé, et respecte sa signature lorsqu’elle considère qu’il y a plus d’inconvénients que d’avantage à violer le pacte.
En revanche Hobbes montre à quel point la morale (le respect de la parole donnée) est étrangère à la politique internationale (et nationale ?). Seul le résultat immédiat est garanti, car il est estimé par chaque partie pour ce qu’il vaut au moment où il est signé. Exemple : le pacte Germano-Soviétique, qui permet aux nazis d’envahir la Pologne sans crainte d’être attaqués par les soviétiques, les quels sont assurés en retour, par une clause secrète, de recevoir une partie du territoire de celle-ci. La clause de non-agression durant 10 ans restera soumise, quant à elle, à la règle énoncée ici : elle n’est que palabre dès lors que l’un des deux signataire à intérêt à la violer.
Epargnons-nous les discussions stériles sur la moralité des Etats - et cessons de parler d’« Etats voyous » - car ce qui vaut pour les rapports entre les individus ne vaut pas entre les Etats. Qu’est-ce donc qu’un Etat, s’il n’est pas un individu comme vous et moi ? Là encore, c’est Hobbes qui répond. L’Etat, dit-il est un « Dieu mortel » (« auquel nous devons, sous le Dieu immortel, notre paix et notre protection. »).