Ma devise est : exister, c'est insister !
Attribué à Johnny Hallyday
Le principe fondamental de l'individu, c'est le conatus, autrement dit, le désir,
l'appétit, la puissance d'exister. … Pour Spinoza, le désir est premier, et n'a
pas de finalité au départ. Il s'agit juste d'une poussée vers un objet. Je suis
d'abord une puissance d'exister.
Forum
Digression – Sur le conatus de Spinoza
Passons sur l’attribution hasardeuse à Johnny Hallyday de
cette formule qui peut avoir été prononcée par lui… à la suite de bien
d’autres. Ce qui compte, c’est qu’elle prenne du sens si on l’imagine régulant
la vie d’une star qui se maintient sur le devant de la scène depuis 60 ans.
Mais il ne faudrait pas non plus faire de cette formule une
glorification de l’obstination, un déni de l’évolution. Je propose de la relire
dans le contexte du conatus de
Spinoza (philosophe redevenu très tendance ces temps-ci), c’est-à-dire dans l’effort de chaque être
pour continuer d’exister et surtout – pour développer ses potentialités. De là,
Spinoza tire l’idée que ce n’est pas par avidité pour un bel objet qui l’attire
que le désir se forme, c’est par besoin de s’extérioriser. Du coup on peut
admettre que, quand Johnny bondissait comme un loup sur la scène, c’était
l’effet d’une impulsion irrépressible.
Johnny
Hallyday sur scène à Lausanne
Alors oui : si Johnny est une bête de scène, ce n’est
pas seulement par un don inhérent à sa nature ; c’est aussi l’expression
de son conatus. A nous de savoir où le notre peut nous pousser. Moi, c’est
devant mon clavier d’ordinateur : moins spectaculaire que pour une
rock-star, mais tout aussi impérieux.