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Wednesday, December 02, 2015

Citation du 3 décembre 2015

Sur le plus beau trône du monde, on n'est jamais assis que sur son cul.
Montaigne (Cité le 5/6/2008)



Bon, c’est vrai : ce n’est pas parce qu’une photo est impertinente qu’il faut la publier ; et ce n’est pas parce que Montaigne écrit un gros mot qu’il faut le citer. Mais le fait est là : lorsqu’on veut se représenter l’humanité dans ce qu’elle a de plus commun, c’est bien à ça qu’on pense. La preuve :
- Que le Reine Elisabeth, lorsqu’elle porte la couronne, soit d’une autre essence que nous autres, pauvres roturiers : on veut bien. On peut certes observer comme le fait Montaigne qu’elle s’assied comme nous, c’est à dire sur son cul – y compris quand elle est sur son trône : c’est évident
- Mais… en sommes-nous bien persuadés ? après tout l’apparat de la fonction transforme ce corps de reine : sous les ors et les pierreries de la couronne, revêtu des brocarts et des dentelles de la royauté, il se pourrait peut-être que son postérieur soit lui même serti de pierres précieuses ? (1)
- Mais allons plus loin et représentons-nous la Reine d’Angleterre entrain de déféquer – alors là pas de doute : elle est bien de la même nature que nous. Je le dis sans hésiter : c’est là que se réfugie l’essence humaine.
Et après tout, ce n’est pas si scandaleux de songer à cela : nous différons plus d’homme à homme que d’homme à bête dit Montaigne. Mais si l’on veut trouver un dénominateur commun à tous les hommes, c’est dans les fonctions organiques qu’il faut chercher.
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(1) Fantasme proprement inouï : c’est la faute à Voltaire Montaigne.

Monday, June 08, 2015

Citation du 9 juin 2015

Si le mot cul est dans une phrase, le public, fût-elle sublime, n'entendra que ce mot.
Jules Renard Journal, 1887-1910
o-o-o
Vérifions avec cette citation :
« Les accents sont des signes qui se placent sur certaines voyelles ou certaines consonnes pour en indiquer la prononciation exacte. Sans accent, tous les « e » sembleraient tomber du cul de la poule, alors qu'il y a des « é », des « è », des « ê »... » Érik Orsenna

Sans le « cul de la poule » qui donc se soucierait de l’accentuation des voyelles en français ?
En même temps notons que de nos jours nous n’en sommes plus là : il ne suffit plus, pour attirer l’attention, de dire « cul » ; il faut en plus le montrer. Nous mêmes avions succombé à cette tendance il y a un an avec ce « selfie-du-cul ».
Mais nous voilà blasés. Attirer l’attention en montrant son cul, ça n’a qu’un temps. Qu’une grande star fasse cela, la répétition de cet exploit, liée au flétrissement que les ans font subir à cette partie de l’anatomie féminine humaine entraine le désintérêt du public – sollicité il est vrai par d’autres culs tout neufs.
Certaines stars, qui avaient acquis une incroyable célébrité grâce à cela, ont sombré dans l’obscurité en perdant leur beauté. Qu’on me permette de citer le film de Jean Luc Godard, le Mépris, où Brigitte Bardot demande à Michel Piccoli : « Et mes fesses ? Tu aimes mes fesses ? »


On raconte que cette séquence qui ouvre le film a été ajoutée par Godard après qu’il l’ait terminé à la demande exprès du producteur qui n’admettait pas qu’on puisse se payer Brigitte Bardot sans la montrer à poil. Ce qui est raccord avec notre Citation-du-jour.

Bref : comme le disait Roland Barthes dans le Plaisir du texte, le lecteur est un jouisseur qui saute par-dessus les pages et les mots pour trouver l’occasion de sa jouissance. Mais qui donc a dit que c’était seulement avec des évocations du corps que ça marche ?

Tuesday, March 17, 2015

Citation du 18 mars 2015

Faites-moi des grimaces dans le dos tant que vous voudrez ; mon cul vous contemple.
Gustave Flaubert – Lettre à Louise Colet - 28 Juin 185
Parle à mon cul, ma tête est malade. (= raconte ce que tu veux, je ne t'écoute pas) 
Anonyme
Pour en savoir un peu plus sur le postérieur I
Que de choses on peu faire avec son cul ! Je veux dire : des choses aux quelles son anatomie ne le prépare pas, évidemment. Car pour Flaubert, le cul possède des yeux avec le quel il contemple les hypocrites qui font des vilains gestes dans votre dos, ne se croyant pas observés. Un peu comme ces tablettes ou smartphones qui ont deux appareils photos pour filmer devant et derrière. Les gens plus modestes diront peut-être « j’ai des yeux derrière la tête », sans plus de précision. Mais avouez que c’est bien dommage d’édulcorer ainsi la formule.
o-o-o
On peut aussi, suivant notre Anonyme, utiliser son cul pour écouter quelqu’un qui nous parle : ce qui veut dire que le cul a non seulement des oreilles, mais aussi quelques neurones pour associer les idées qui lui parviennent. Certes, on ne peut pas attendre des performances intellectuelles extraordinaires d’un cul ; mais il est quand même plus performant qu’un cerveau malade.
Qu’on comprenne bien l’importance de cette observation : habituellement on attribue au cul un certain mouvoir d’expression. Il peut être provoquant, il peut être en feu, il peut envahir trop d’espace (1) … Mais il est très rare qu’on lui confère le pouvoir d’entendre et de penser. J’étais même persuadé qu’on avait là un cas d’abus de langage, quand je suis tombé sur cette découverte renversante : il y a des neurones dans notre ventre. Oui, des vrais neurones avec axones et tout le bazar ! Certains n’hésitent même pas à le qualifier de « deuxième cerveau » ! Et donc comme chacun sait, du ventre au cul, la distance est minime.
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(1) Pour un florilège des expressions « cul-tuelle », voir ici

Monday, August 04, 2014

Citation du 5 août 2014



Mon cul. C'est la première fois que je photographie mon cul. (A l'aveuglette, le bras tendu.)
Jean-Charles F. Mouchette &Co (Blog) – Lireici
Connais-toi toi-même. Si tu ne connais pas ton propre cul, comment pourrais-tu te connaître?
Idem

Voici un selfie d’un genre un peu spécial, mais pas tant que ça après tout.
Les selfies : pourquoi leur imposer de nous montrer avec nos amis, ceux qu’on a choisis exprès pour faire la photo (ou pas : voyez le « photobombage » réalisé par Elisabeth 2) ?
Bien sûr, le selfie est d’abord un autoportrait ; mais à quoi nous sert-il ?
- Et s’il servait à examiner ce qui de nous-mêmes reste inconnu pour nous-mêmes ? Par exemple : pourquoi ne pas profiter de cet instrument d’introspection qu’est l’appareil photo pour photographier notre cul ? Et pas pour n’importe quelle raison. Pas pour balancer notre anatomie sur Facebook (« face » ? Hummm (1)). Non : c’est pour méditer sur son cul que l’auteur de ce Blog se photographie.

Méditer : non au sens de la spiritualité orientale, mais au sens de la philosophie occidentale, comme chez Descartes par exemple : voyez « Les Méditations métaphysiques » (sens déjà présent chez Platon : « la pensée, c’est le dialogue de l’âme avec elle-même »).
- Si notre auteur médite sur son cul, c’est d’abord parce qu’il aime la séquence culte (!) du film de Godard : Bardot qui demande « Et mes fesses, tu les trouves jolies mes fesses ? »
- Mais plus encore c’est autour de cette interrogation : Qui suis-je ? que tourne cette méditation. De même que les peintres font systématiquement leur auto portrait, comme s’il était possible de trouver la réponse à cette question dans le miroir, notre auteur fait mine de croire que cette réponse doit se trouver dans l’image de … son cul ? Plaisanterie facile que je retire bien volontiers. C’est plutôt l’idée que rien de notre corps n’est étranger à ce que nous sommes, et donc que chacune de ses parties exprime notre réalité. Ainsi, pour savoir si je suis triste ou plutôt gai, essayons de savoir si j’ai la fesse molle ou légère.

Si les selfies doivent servir à  cette introspection, alors selfions tout notre corps, morceau par morceau : notre nez – nos lèvres – nos seins pectoraux – nos fesses – etc…
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(1) Voici la traduction du mot « facebook » telle que lue dans … Facebook : La vraie traduction de Facebook en Français est: Trombinoscope.
- Définition de trombinoscope : livret qui contient la photo, portrait de chaque individu d'un groupe (ex. trombinoscope des membres d'une assemblée).

Tuesday, January 08, 2013

Citation du 9 janvier 2013



II faut que, loin de m'oublier,  / Il m'écrive avec allégresse, / Ou sur le dos de son greffier,  / Ou sur le cul de sa maîtresse. / Ah ! Datez du cul de Manon ; / C’est de là qu’il faut m’écrire ; / C’est le vrai trépied d’Apollon,  / Plein du beau feu qui vous inspire. / Ecrivez donc en vers badins ; / Mais, en commençant votre épître, / La plume échappe de vos mains, / Et vous f… votre pupitre.



Dans le courrier de Voltaire, le cul de Manon est un support, qui se présente comme alternative au dos du greffier ; il est simplement ce qu’on a « sous la main » quand le besoin d’écrire se fait sentir.
Quoi de plus banal ? Quand on a besoin d’écrire, on prend effectivement ce qu’on trouve, ou le dos d’un ami, ou le cul de sa maitresse, comme le confirme ce plan des Liaisons dangereuses filmé par Stephen Frears.
                                                          John Malkovich et Laura Benson dans les Liaisons dangereuses

Seulement, Voltaire faisant mine de s’emballer au point de ne pouvoir contrôler sa plume, va jusqu’au bout de l’image : voilà que l’écritoire redevient un cul : sa fonction érotique va pouvoir se déployer à nouveau – entravant du coup la rédaction de la lettre….
Quant à nous, maitrisant un peu mieux la situation, nous demanderons quel courrier une telle situation peut bien inspirer ?
Dans le film de Frears, ce courrier est – si je me rappelle bien – l’occasion d’une machination destinés à séduire une innocente jeune fille, quitte à la détruire de chagrin – qu’importe du moment que le libertin y trouve une occasion pour son plaisir : les malheurs infligés à ceux qui en sont victimes comptent pour peu de chose.
Mais revenons à Voltaire : selon lui, l’écriture serait inspirée par le lieu d’où l’on écrit. Que l’on écrive du Cul de Manon, et voici des pensées allègres et bouillantes qui se répandent par la plume. Ecrivons à plat ventre sur la mousse des bois, et voici que naissent des poèmes pleins de clochettes parfumées et de petits lapins. Ecrivons, comme Sartre, depuis le café de Flore : et voici des propos pleins de la vie des hommes du boulevard et des femmes parfumées qui hantent ces lieux.
Je ne multiplierai pas oiseusement cette énumération : on a compris que ceux qui veulent écrire depuis leur bureau, volets tirés et lumière électrique allumée toute la journée sont des gens dont l’écriture risque de sentir le renfermé