Tuesday, October 25, 2016
Citation du 26 octobre 2016
Tuesday, January 26, 2010
Citation du 27 janvier 2010
Le fait qu'on se confesse de plus en plus à la radio et de moins en moins dans les églises semble indiquer que la publicité est plus précieuse que le pardon...
Philippe Bouvard – Maximes au minimum
La confession doit être publique ou privée. Etre proclamation offerte à tous ou bien murmurée dans l’oreille du prêtre. Il y a là bien plus qu’une alternative simplement logique, comme de dire qu’une porte doit être ouverte ou fermée.
Car cette alternative se ramifie rapidement dès qu’on y regarde d’un peu plus près. En particulier, la confession publique peut être anonyme, comme à la radio, ou bien expressément nominative comme dans les autocritiques, celles qu'on pratiquait du temps du régime soviétique.
Ces dernières, qui nous semblaient être une insupportable humiliation de l’homme, apparaissaient alors aux marxistes-léninistes comme une arme dans la lutte contre le capitalisme. Du fait d’un renversement des valeurs ce qui est mauvais dans les régimes capitalistes devient bon pour les régimes communistes. (1) Il ne s’agissait pas alors d’obtenir une absolution, mais bien de parfaire la Révolution.
Soit. Mais, si nous en revenons à la pratique radiophonique actuelle, pourquoi confesser ses fautes, ou du moins des détails de son intimité, à des gens qu’on ne connaît pas et qui n’ont aucun pouvoir de nous pardonner ?
- En réalité, la confession est une pratique si complexe qu’elle peut changer totalement de signification d’une situation à l’autre.
Ici, plus d’aveu au sens propre, plus de faute reconnue, plus de pardon recherché. On ne retient plus de la confession que sa nature verbale. Les catholiques, parlant de la pratique du confessionnal, disent que la confession y est auriculaire. N’entre dans l’oreille du confesseur que ce qui est sorti de la bouche du confessé. Des phrases, mots, des syllabes, des phonèmes.
Le langage permet de libérer les émotions, et la confession radiophonique ne fait que remplacer la cellule de soutien psychologique qui est de mise aujourd’hui après chaque catastrophe.
Nous avons alors affaire à une catharsis minimale, celle qui n’exige rien, pas un prêtre, pas un ami, pas une âme compatissante – rien qu’un « autre ».
Même si cet autre est anonyme – même s’il est entrain de faire la vaisselle ou de tirer la chasse d’eau.
(1) « Formes nouvelles de lutte du nouveau contre l'ancien, instruments propres à éliminer les contradictions, la critique et l'autocritique découlent de la nature même de l'Etat soviétique, qui représente la forme supérieure de la démocratie, la démocratie socialiste. » Lire le reste ici.
Sunday, April 01, 2007
Citation du 2 avril 2007
Définition - Journal intime : Relation quotidienne de la partie de notre existence que nous pouvons nous raconter sans rougir.
Ambrose Bierce Le Dictionnaire du Diable (1911)
Nous tous, amis Bloggeurs, nous trouvons normal de raconter notre vie à des gens qui sont n’importe qui, parce qu’on ne les rencontrera jamais. Au point qu’on supposerait presque qu’il est moins compromettant de confier les pages de son journal au Net plutôt que de le conserver dans le tiroir de la table de nuit. Vous ne me croyez pas ? Lisez ce qui suit.
Mon cher journal,
je dois te l’avouer : aujourd’hui je t’ai fait une infidélité.
Tu te rappelle de Clara ? Tu sais, Clara, la fille aux cheveux rouges, celle dont je t’ai dit qu’elle m’avait abordé, comme ça, pour une clop, au MacDo ?
Hé bien, je l’ai revue aujourd’hui, comme ça, par hasard, et je ne sais pas pourquoi, je lui ai raconté tout ce que j’avais fait la nuit dernière quand je suis allée en boite avec Bruno. Je lui ai tout raconté, alors que je n’avais pas même osé te dire avec qui j’étais sortie. Et elle qui m’écoutait, ses yeux acérés braqués sur moi, derrière ses cheveux rouges… Je ne sais pas si tu vois ce que je veux dire : elle m’entendait, mais moi, je ne m’entendais pas : je revivais cette nuit avec Bruno, et rien d’autre.
Ecrire est-il plus compromettant que parler ? On dit : « les paroles s’envolent les écrits restent ». En réalité, c’est la personne à qui on fait la confidence qui importe : la confidence disparaît avec la confidente inconnue. Ici, face au journal intime, pas d’inconnu, c’est moi qui suis le destinataire.
Et en plus, c’est vrai, la confidence restera entre les pages du journal, dotée de cette vie quasi minérale que confère l’écriture . Le blog a pour lui la rassurante éphémérité de la parole : sitôt écrit, sitôt disparu dans les profondeurs des archives pour messages oubliés.
Mais, mon cher journal, ne te fâche pas. Je t’aime et je te préfère à la fille aux cheveux rouges : toi seul a le pouvoir d’accumuler les épisodes de ma vie, toi seul me permets de les avoir tous là sous la main. Je peux te relire, tu me donnes sans compter et avec fidélité l’impression que chaque étape est reliée à toutes les autres, que ma vie ne forme qu’un tout, qu’entre l’espoir de la première rencontre et le bonheur accompli, il n’y a qu’un pas, qu’un seul mouvement…
Et puis, tu sais, les cheveux rouges : je trouve ça affreux.
Saturday, June 24, 2006
Citation du 25 juin 2006
Je n'en mourrai pas moins, j'en mourrai plus coupable.