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Saturday, February 25, 2017

Citation du 26 février 2017

Les chefs doivent tout rapporter à ce principe : ceux qu’ils gouvernent doivent être aussi heureux que possible.
Cicéron
Une supposition : vous voulez vous présenter à des élections présidentielles. Vous vous demandez : « Que faut-il promettre de réaliser pour être élu ? »
Et là, catastrophe ! Tout le monde promet la même chose : le bonheur ! Avec des variantes certes, mais comment faire valoir sa différence, comment montrer qu’on vaut mieux que les autres ? En faisant croire qu’on est plus sérieux, plus efficace, plus honnête ?
Pffffuittt ! Balivernes que tout cela : ce sont des mots et rien de plus. « Words, words, words » comme disait Hamlet.
Ce qu’il vous faut, c’est apparaitre à la télé en plan serré, juste le visage en gros plan éclairé sur un fond noir. Vous allez prendre un ton pénétré et dire ceci :
« Mes chers compatriotes, les autres candidats vont vous promettre la richesse et la santé, la paix et la prospérité, la sécurité derrière des murs infranchissables. Bref : ils vont prétendre gouverner afin que vous soyez aussi heureux que possible.
Moi je vais vous expliquer ce que c’est d’être heureux, afin que vous sachiez ce que vous pouvez attendre des candidats à cette élection.
Pour être heureux, mes chers compatriotes, il faut ne dépendre ni des autres ni des circonstances : la sécheresse, les inondations, ne vous feront rien parce que vous aurez appris à vous contenter de peu. Vous éviterez aussi de vous stresser pour des choses aux quelles vous ne pouvez rien : les chinois se gouvernent comme ils veulent et non comme vous le souhaiteriez : allez-vous leur faire la guerre pour autant ? 
Beaucoup de vos contemporains sont devenus agités et sots : s’ils vous déçoivent, oubliez les « friends » et les « followers » et contentez-vous de ceux qui vous plaisent vraiment, même s’ils se comptent sur les doigts d’une demi-main.
Bref : sachez chers amis vous comporter comme les sages de l’antiquité et alors vous saurez que vous n’avez rien à attendre ni rien à demander au candidat aux élections.

Et alors vous pourrez voter pour moi, qui n’ai ni programme ni rien à promettre ; rien qu’un exemple à montrer. »

Monday, February 20, 2017

Citation du 21 février 2017

Les hommes d'Etat vivent au jour le jour, tous les événements les surprennent, et les problèmes qu'ils s'efforcent de résoudre sont ceux de la veille ou de l'avant-veille, qu'ils n'ont d'ailleurs pas encore compris.
Barjavel – Une rose au paradis
Ainsi, selon Barjavel, les hommes d’Etat ne vivraient, n’agiraient que dans le court terme, ce qui leur interdirait tout rapport à l’action et à la compréhension du long terme ?
Triste lucidité…
Car, n’est-ce pas, c’est bien ce qu’on voit depuis plusieurs décennies, depuis que nos chefs ont renoncé à agir pour graver leur nom dans le marbre de l’histoire, mais seulement pour être les plus performants à l’audimat : car la résolution des problèmes du pays passe au second plan, derrière leur souci électoral, et les voilà  en courant derrière les indices de satisfaction populaire.
Mais, faute de capacité à changer le cours de l’histoire leur avenir est très fragilisé et on sait depuis longtemps (au moins depuis notre Post d’hier) que la roche tarpéienne est très près du Capitole…

Développons un peu : ce n’est pas le fait de ne tenir compte que du court terme qui est affligeant ; d’ailleurs peut-être que les hommes politiques sont plus malins que ne le croit Barjavel, et qu’ils savent très bien ce qu’il faudrait faire pour gouverner efficacement le pays. Mais voilà : ce qu’ils veulent c’est être élus, et pour ça il faut ne tenir compte que de l’opinion publique, la quelle ne veut et ne voit que le court terme. L’opinion publique est myope, elle ne voit pas plus loin qu’aujourd’hui: elle veut tout tout de suite et elle ne vote que pour avoir un retour immédiat sur investissement.
D’ailleurs écoutez ce que proposent certains candidats : le 49.3 citoyen ! Le rejet par les citoyens du projet de loi qui ne cadre pas avec les promesses électorales des élus.

Le bulletin de vote est comme une commande sur amazon.fr : livraison garantie sous 48 heures, sinon, remboursement ! Sachant cela, certains autres candidats refusent de publier leur programme et demandent qu’on leur signe un chèque en blanc…

Thursday, December 01, 2016

Citation du 2 décembre 2016

Va donc d’instant en instant comme on improvise un chemin de rocher en rocher pour traverser le torrent.
Benjamin Kunkel – Indécision

Calanques de Marseille (cliché J-P Hamel)

« Et maintenant, où est-ce qu’on va ? » Oui : c’est bien l’interrogation anxieuse de ces intrépides promeneurs qui se sont engagés dans une voie sans savoir où elle les mènerait. On a une idée de leur angoisse en les imaginant comme ces audacieux grimpeurs à flanc de paroi entre ciel et mer.
En fait il y a deux possibilités pour illustrer notre Citation-du-jour :
            - soit on s’imagine un peu comme un explorateur en terre inconnue, partant à l’aventure sans savoir véritablement ni où aller ni comment y aller.
            - soit comme le suggère notre Auteur-du-jour on s’imagine partant vers la berge opposée, sautant de rocher en rocher jusqu’à la rive opposée - mais y aura-t-il suffisamment de rochers ?.
o-o-o
La comparaison avec les programmes de nos politiciens est évidente : ou bien ils savent où ils nous emmènent – mais sans avoir la méthode assurée pour y parvenir ; ou bien ils pensent imposer une réforme brutale, genre coup de pied dans la fourmilière, afin de produire quelque chose – sans savoir quoi, mais qui pourrait leur offrir une nouvelle opportunité intéressante. La comparaison il est vrai serait plus pertinente avec le collisionneur du CERN, qui produit des carambolages de particules histoire de voir ce qu’il en sort.
Il est vrai que ce ne serait pas politiquement correct qu’un candidat se montre lucide et dise : « Je vais augmenter le temps de travail sans augmenter les salaires afin d’opposer les ouvriers aux patron: voyons comment ils vont se défendre » ; ou mieux encore : « je vais spolier les classes moyennes en augmentant leurs impôts et en supprimant ceux des riches : voyons ce qu’il en sort ».

Mais l’actualité le montre : quant on propose de telles mesures, on est élu comme un héros.

Monday, August 22, 2016

Citation du 23 aout 2016

Je me méfie des marchands de bonheur comme des marchands de catastrophes.
Isabelle Adjani – Journal du Dimanche 21 aout 2016

Quoi ? Plus de foot ! Plus de Tour de France ! Plus de J.O. !
Hélas…Pour passer le temps, il va falloir à nouveau s’occuper de politique !
Bof… Allons-y quand même…

« J'ai eu tort, je n'ai pas eu de bol » aurait déclaré François Hollande à propos de sa promesse d’inverser la courbe du chômage. A quoi Isabelle Adjani répond : "Quand les engagements deviennent des promesses et les promesses des paris, invoquer le manque de chance pour un chef de l'État, c'est drôle, non ?", a ainsi questionné l'actrice. "Au fond, la politique n'est peut être plus une affaire sérieuse. On joue, on gagne, on perd... en attendant la revanche. Je me méfie des marchands de bonheur comme des marchands de catastrophes. " (Référence ci-dessus)
Et alors ? Faut-il vraiment se scandaliser ? Je veux dire, quand on attend des politiques qu’ils nous jouent l’air de l’avenir radieux (et sa variante en mode mineur : « ça ira mieux demain »), on n’a vraiment pas à se plaindre si ça tourne mal ensuite : on n’a que ce qu’on mérite.
J’ai eu bien des fois l’occasion de dire ici combien les citoyens, en se transformant en adeptes du clientélisme, devenaient complices de la corruption de la démocratie. Quand on promet de voter pour le mieux disant économiquement, pour celui qui annonce qu’il fera plus (de service public) avec moins (de moyens), plus pour les uns et moins pour les autres, etc. – on n’a pas le droit de faire comme si on ignorait ce qui se cache derrière ça. Mais jusqu’à présent les élus s’efforçaient de garder une certaine dignité ; nous étions priés de faire comme si leur sincérité était totale : après, qu’ils échouent,  relève des accidents de l’histoire. D’ailleurs nous disent-ils, ils n’ont pas été si mauvais ; il n’y a qu’à imaginer ce qui se serait passé s’ils n’avaient pas été là. – Seulement voilà ce que souligne Isabelle Adjani : François Hollande n’est pas sérieux ; il n’a « pas eu de bol » c’est tout ce qu’il trouve à dire après 4 années de pouvoir. Sa promesse de redresser l’emploi était un pari : « Si je le gagne, alors je, me représenterai en 2017 ». Avons-nous fait la Révolution pour mettre de pareils Guignols au pouvoir ?
Holà ! Gardons  notre calme ! Ne nous hâtons pas de souscrire à pareilles conclusions. Mais avouons que nous risquons bien d’avoir pas mal d’occasion d’y croire.

Surtout maintenant que les J.O. sont terminés.

Thursday, July 21, 2016

Citation du 22 juillet 2016

Chacun peut gouverner lorsque la mer est belle. (In tranquillo esse quisque gubernator potest) 
Publilius Syrus
Commentaire 2
Nous disions hier : « Le bon capitaine est donc celui qui a de bonnes cartes, qui sait où il veut aller et pourquoi… Encore faut-il que la mer soit belle. »
Notre Capitaine-Président est donc au gouvernail du Vaisseau-France (1). Admettons que pour lui la destination soit parfaitement balisée ; il se peut encore qu’une avarie ou un orage, un tremblement de terre, etc. l’oblige à changer de cap et à venir s’abriter dans un port imprévu. On dira même que le meilleur capitaine est justement celui qui est capable de trouver une nouvelle escale quand la destination prévue est impraticable.
Tel doit être le bon chef d’Etat. Quant à nous, nous avons eu (et nous avons encore) un pilote qui a gouverné la France en disant : « Le temps se gâte mes chers concitoyens. La crise est majeure et nous empêche de naviguer comme prévu. Certes nous sommes en haute mer et la tempête fait rage. Mais a vouloir rallier un port nous risquerions l’avarie : ne bougeons plus, affalons les voiles et attendons – ça va se calmer. »
Quand le beau temps est revenu, notre Capitaine-Président nous a dit : « Ça vamieux ! Le bateau a supporté quelques avaries, mais grosso modo il est encore en état de naviguer. »
Mais où est passée l’escadre dont nous faisions partie ? Les autres navires ont pris le risque de naviguer vers un port de fortune où ils ont pu s’abriter et les voilà prêts à prendre le large alors que nous en sommes encore à chercher un refuge où remettre en état notre vaisseau.
- Quand il faut choisir un capitaine, il faut lui demander comment il fera quand tous les pronostics sont pris en défaut et que l’initiative du chef s’avèrera décisive. Innover sans bricoler : voilà un critère de choix !
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(1) On me saura gré, j’en suis sûr, de ne pas reprendre à mon compte l’expression « Capitaine de pédalo » osée par Jean-Luc Mélenchon à l’encontre de notre actuel Président.