(3) Coluche récompensé au 1984 pour son rôle dans Tchao pantin : encore un garagiste dépressif. Bizarre….
Friday, May 22, 2015
Citation du 23 mai 2015
(3) Coluche récompensé au 1984 pour son rôle dans Tchao pantin : encore un garagiste dépressif. Bizarre….
Thursday, May 21, 2015
Citation du 22 mai 2015
Friday, May 02, 2014
Citation du 3 mai 2014
Wednesday, July 07, 2010
Citation du 8 juillet 2010
Qui saura peser ce qu'il entre du comédien dans tout homme public toujours en vue ?
Alfred de Vigny – Servitude et grandeur militaires
Encore une occasion de souligner combien certains évènements d’actualité qui nous étonnent et nous indignent ne sont des surprises que pour les naïfs qui n’ont pas lu ce qu’écrivaient nos ancêtres.
Il en va ainsi d’une certaine peopolisation des politiques, comme si le métier d’acteur ne faisait pas partie – et depuis longtemps si on en croit Vigny – de celui de gouvernant.
Un exemple emblématique ? Ronald Reagan.
Le cas de Ronald Reagan est intéressant parce qu’il permet de poser la bonne question : étant donné qu’on n’a pas à se demander si un homme politique doit ou non être aussi un acteur, il ne s’agit plus que de savoir s’il est plus facile de faire un acteur avec un homme politique ou bien si à l’inverse, il est plus facile de faire un homme politique avec un acteur. Ce qu’on fit avec Ronald Reagan, initialement communicant du parti républicain et qui, grâce à son charisme d’acteur, réussit à grimper tous les échelons du pouvoir, sans que quiconque ne s’en indigne. Après tout disait-on, Truman avait bien été marchand de cravates…
En France, jusqu’à une époque récente, notre culture élitiste nous poussait à choisir un politicien à crâne d’œuf – sortant de l’ENS et diplômé de l’ENA. Mais les choses ont bien changé depuis quelques décennies : sur les banc de l’Assemblée Nationale les avocats ont remplacé les professeurs et si les meilleurs d’entre eux accèdent aux plus hautes fonctions, ils le doivent bien souvent à leur aptitude à séduire devant les caméras – donc : pourquoi un acteur ne tenterait pas sa chance aux élections ?
--> Petit jeu pour animer les chaudes soirées d’été avec les amis, à l’heure du barbecue : désigner l’acteur qui pourrait être élu Président de la France.
Moi, je sais qui je choisirais : Dany Boon.
Tuesday, July 06, 2010
Citation du 7 juillet 2010
Les hommes aux pensées profondes, dans leurs rapports avec les autres hommes, ont toujours l'impression d'être des comédiens, parce qu'ils sont forcés, pour être compris, de simuler une superficie.
Nietzsche
Le comédien est celui qui donne une évidence au fait qu’en tout homme il fait faire la différence entre son apparence extérieure et sa réalité intérieure.
Le comédien est également celui qui simule les sentiments comme s’il les éprouvait réellement : c’est ce qui le distingue de l’acteur de cinéma qui ne parvient à jouer son rôle qu’à condition d’éprouver dans sa chair, dans son âme tout ce qu’il doit jouer.
Cela nous l’avions déjà signalé (1) grâce à Diderot qui a parfaitement élucidé ce point dans Le Paradoxe du comédien.
Nietzsche aborde la question sous un angle plus « ontologique » : il s’agit du rapport entre l’être et le paraître.
Mon apparence peut existe sans que j’aie à le vouloir, sans même que j’en sois conscient. Je suis gai ou triste, en colère ou amoureux, et à chaque fois mon visage à des expressions révélatrices, mon corps à une attitude spécifique, etc. Elle est alors un affleurement de mon être profond.
Mais, parce que l’apparence n’est pas seulement cela, mais qu’elle résulte aussi de mécanismes physiologiques, tels le rire ou les larmes, je peux la modifier et même la produire sans qu’elle exprime une réalité authentique ; en bref, je peux manipuler mon apparence. Bien entendu, si elle n’est pas significative pour moi, en revanche elle l’est pour les autres qui la croient authentique ; d’où l’accusation de mensonge qui a longtemps justifié l’excommunication des comédiens.
Tout cela est bien connu, nous n’y insisterons pas. Par contre l’élément intéressant dans cette phrase de Nietzsche, c’est que ce jeu avec les apparences peut-être nécessaire pour être compris (2). Nous pouvons avoir à dissimuler nos sentiments, cacher nos émotions pour rendre plus claire notre pensée ; mais nous pouvons aussi avoir à surjouer certains sentiments pour en faire comprendre l’importance. C’est le rôle des pleureuses dont les lamentations accompagnent dans certaines civilisations les deuils.
(1) Voir ici
(2) Je ne développe pas le fait que dans ce passage Nietzsche suppose que les hommes profonds sont ceux qui n’ont pas de superficie – donc pas d’apparence. On y reviendra sans doute
Sunday, July 02, 2006
Citation du 3 juillet 2006
« … j’en exige [= du comédien], par conséquent, de la pénétration et nulle sensibilité, l’art de tout imiter, ou, ce qui revient au même, une égale aptitude à toutes sortes de caractères et de rôles. »
Diderot - Paradoxe sur le comédien
Cette citation prend sa place au XVIIIème siècle dans un débat entre ceux qui pensent que le comédien est un spécialiste de la déclamation, et que tout son art est oratoire ; et ceux qui affirment qu’il doit vivre les sentiments qu’il joue sur la scène, par exemple éprouver de la colère lorsqu’il joue un personnage en colère. Pour Diderot, le paradoxe du comédien, est qu’il donne à vivre des sentiments qu’il ne vit pas. Il reste admis aujourd’hui qu’on distingue entre le comédien qui est un artiste capable de jouer toutes sortes de rôles donc de les composer ; et l’acteur qui joue un rôle en fonction de sa propre personnalité et de son physique. Il peut même se faire qu’il soit obligé de transformer son aspect physique (en prenant du poids par exemple) et qu’il fasse un effort de métamorphose psychologique pour entrer dans le personnage (on se rappelle les épreuves que Björk s’est imposée pour son rôle dans Dancer in the dark).
Diderot quant à lui pensait que le comédien devait être un « artiste », c’est à dire qu’il devait apporter quelque chose que la nature ne lui fournit pas. L’art est artifice, et si on devait n’être sur la scène que ce qu’on est à la ville, alors le théâtre serait limité au spectacle de la vie quotidienne. Le comédien est l’homme qui cesse d’être celui qu’il a été sur la scène dès que le rideau est tombé. Il serait même rigoureux de dire qu’il ne l’a jamais été.
On peut dire alors que plus un spectacle comporte d’art, plus les comédiens doivent composer, et moins leur réalité « naturelle » n’a d’importance. Voyez l’exemple de la Walkyrie. C’est une guerrière qu’on imagine galopant les cheveux dans le vent en poussant des cris ; on sait que les cantatrices capables de tenir le rôle sont en général fort opulentes et on imagine le percheron capable de supporter leur poids hors d’état de mener une charge héroïque. Oui, mais les cris de la Walkyrie sont les appels mélodieux que Wagner fait retentir dans son opéra : voilà qui rattrape tout.
Le mythe de l’acteur aujourd’hui vient de ce qu’on le confond avec le personnage qu’il incarne à l’écran ; héros ou traître, il est possible que l’homme qui joue ce rôle s’efface derrière ce masque pour ne jamais en ressortir. Ce malentendu a lancé bien des carrières, mais il en a brisé aussi beaucoup d’autres.