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Tuesday, March 03, 2015

Citation du 4 mars 2015

Longtemps! toujours! ma main dans ta crinière lourde / Sèmera le rubis, la perle et le saphir, / Afin qu’à mon désir tu ne sois jamais sourde! / N’es-tu pas l’oasis où je rêve, et la gourde / Où je hume à longs traits le vin du souvenir?
Baudelaire – La chevelure (Les Fleurs du Mal 1861)

Chevelure des femmes III
Après avoir évoqué la chevelure des femmes sous l’angle sociologique, prenons maintenant la question sous son l’angle psychologique. Comment se fait-il que la chevelure d’une femme enivre ainsi Baudelaire ? Comment cette crinière lourde fait-elle pour être si intensément sexuelle ?
Voyez cette œuvre :

Gabriel Grun – La pequena peluda (1)
Si la chevelure des femmes doit être voilée pour éviter que les hommes ne s’excitent comme des malades en la voyant, c’est qu’elle est – pour le fantasme bien sûr – la réplique de la toison qui orne et recouvre les délices de son bas-ventre. Et donc que ces « poils »sont en réalité des cheveux.
Bien joué ! Vous voici éclairé - Merci la La Citation-du-Jour !
Oui, mais : comment se fait-il que les film érotiques montrent plus volontiers des sexes féminins épilés ? Y aurait-il quand même un potentiel érotique dans ce qu’on découvre en les supprimant ? Qui le dira ? En tout cas on remarquera que Montesquieu n’a pas hésité à l’évoquer en parlant de cette Princesse Portugal qu’on avait préparée pour ses épousailles en lui rasant le c… (Lire ici)
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(1) Heu … Mon espagnol étant aux abonnés absents, je suivrai la traduction Google : La petite (femme) velue. Si ça ne convient pas dites-le moi.

Monday, March 02, 2015

Citation du 3 mars 2015

L'acte de relâcher sa longue chevelure auparavant attachée est souvent interprété comme (…) un relâchement des inhibitions, un signal de disponibilité sexuelle.
Susan Brownmiller – Féminité
Chevelure des femmes II

Le foulard « islamique » porté par les femmes est dans notre société comme une ligne de démarcation entre musulman et non-musulman, un signe aux multiples significations – religieuse en particulier, mais pas seulement : voir l’analyse dans le Post d’hier.
La chevelure des femmes apparait en effet comme une parure sexuelle attractive, qui fait de la femme, même sans qu’elle le veuille un objet de convoitise.
Mais en outre, cette chevelure laissée libre et apparente, signifierait aussi une « disponibilité sexuelle » : une femme sans foulard serait perçue comme une putain – et cela dans notre propre pays ?
On hausse les épaules devant tant de prévention : faut-il être obsédé par le sexe pour voir les cheveux des femmes comme un appel au viol !
Qu’en pensent les femmes ?

- Voyez (ci-dessus) la femme idéale, telle que définie par les hommes et puis par les femmes : sans aucune doute, ses cheveux ne sont pas son seul attrait, mais enfin, on imagine que cette femme rêvée par tous ne serait pas aussi attirante quand elle serait coiffée comme Jean Seberg !



Bon. Je n’ai pas grand chose à dire de plus. Simplement que les attraits sexuels sont proportionnels aux tabous qui couvrent le sexe est une évidence. Au 19ème siècle, la cheville féminine qui apparaissait au bas de la jupe était un attrait irrésistible ; mais en même temps une telle chose était défendue. Alors, qu’on dise maintenant que le visage féminin est aussi un appel au sexe d’un érotisme insupportable, et on devra le recouvrir une burqa !

Sunday, March 01, 2015

Citation du 2 mars 2015

L’homme ne doit pas se couvrir la tête, puisqu’il est l’image et la gloire de Dieu, tandis que la femme est la gloire de l’homme. En effet, l’homme n’a pas été tiré de la femme, mais la femme a été tirée de l’homme (…). C’est pourquoi la femme doit avoir sur la tête une marque de l’autorité dont elle dépend.
Saint Paul, Epitre aux Corinthiens I, 11
Chevelure des femmes I
Pour Saint Paul, les femmes doivent se couvrir la tête non seulement pour dissimuler leur chevelure, considérée comme un attrait érotique (voir Post de demain), mais en signe de soumission devant Dieu au moment de la prière. On constate ainsi que cette pratique trouve sont origine dans le monde paléo-chrétien.

Que le foulard islamique soit une marque de soumission des femmes à l’autorité de l’homme, c’est bien cela qui nous fâche, nous qui sortons de siècles entiers de domination de l’homme sur la femme et qui nous étranglons d’indignation quand on nous explique, comme dans un livre récent, que l’émancipation des femmes est l’origine de la décadence de notre civilisation. Contre quoi nous affirmons que c’est au contraire dans cette émancipation que nous trouvons la preuve d’un mouvement progressiste (1).

Autre chose : l’homme serait à l’égard de la femme comme Dieu à l’égard de l’homme – à savoir un créateur. En tout cas c’est de lui qu’elle a été tirée, comme l’homme a été animé par le souffle divin. C’est quand même un peu vite dit : le Seigneur-Dieu a plongé Adam dans un profond sommeil lorsqu’il a tirée Eve de la côte de l’Homme : on voit (ici) comment la chose s’est passée (selon Michel-Ange). Au fond, si nous voulons aller jusqu’au bout de la comparaison, la côte d’Adam est équivalente à la poussière dont il a été lui même pétrit.
Pas de quoi se vanter.
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(1) C’est d’ailleurs cela qui explique une certaine aversion des « post-chrétiens » que nous sommes à l’égard de l’islam : nous reconnaissons dans cette religion une image fidèle de ce que nous avons été autrefois et contre quoi nous avons lutté.

Friday, August 02, 2013

Citation du 3 août 2013


O toison, moutonnant jusque sur l'encolure! - O boucles! O parfum chargé de nonchaloir! - Extase! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure - Des souvenirs dormant dans cette chevelure, - Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir!
Charles Baudelaire
Cette chevelure était éclatante et profonde, douce comme une fourrure, plus longue qu'une aile, souple, innombrable, animée, pleine de chaleur.
Pierre Louÿs – Aphrodite (1929)
De l’érotisme par temps de canicule  – II
Alors, après la méditation post-coïtum à propos du corps féminin (hier), voici (aujourd’hui) la sieste derrière les volets mi-clos, quand que le bourdonnement des cigales est seul à faire vibrer l’air surchauffé. Votre compagne sommeille, alanguie à vos côtés, sa chevelure étalée sur l’oreiller de dentelle. C’est là que vos rêveries érotico-métaphysique vous reprennent : de quoi la chevelure des femmes est-elle faite ?
La chevelure féminine exerce un puissant attrait érotique que les musulmans mettent en avant pour justifier l’obligation faite aux femmes de porter le foulard qui la cache. Mais en quoi consiste cet attrait ?
Pour Baudelaire la chevelure est d’abord parfum : les parfums de l’amour sont là, piégés dans ces cheveux qu’on agite pour en répandre la fragrance. Parfums suffisant pour « peupler l’alcôve obscure » ; mais qu’on peut aussi décrire analytiquement comme s’il s’agissait du bouquet d’un grand vin (voir ici). La chevelure féminine est ravissement olfactif.
Mais pour Pierre Louÿs la chevelure de la femme est d’abord ce qu’on peut toucher, caresser ; ce dans quoi on peut enfouir son visage… Bref, la chevelure est fourrure avant d’être parfum. Elle existe par son éclat, par sa consistance, par sa masse mouvante comme la mer – qu’une houle paisible la soulève ou qu’une tempête la projette furieusement sur les rochers.
Qui donc aimerait une femme chauve ? (1)
…Vous ramenez votre regard sur votre amie étendue près de vous. Vous l’imaginez dépourvue de cheveux : vous ramassez vos vêtements et vous quittez la chambre sur la pointe des pieds.
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(1) On se rappelle qu’à la Libération, l’humiliation imposée aux femmes ayant couché avec des allemands était justement d’être tondues.
Quand à la Cantatrice de Ionesco, elle n’est chauve que pour permettre à la plaisanterie finale (« A propos, la Cantatrice chauve, est-ce qu’elle se coiffe toujours de la même façon ?)

Tuesday, June 21, 2011

Citation du 21 juin 2011

Un incident technique vient perturber la mise en ligne de mes Post, qui ne peut se faire au jour le jour comme d’habitude. J’espère résoudre la difficulté rapidement afin que la situation redevienne normale.
Avec mes excuses pour le dérangement,
J-P. H.
Je vais te dire un grand secret Le temps c'est toi / Le temps est femme Il a / Besoin qu'on le courtise et qu'on s'asseye / A ses pieds le temps comme une robe à défaire / Le temps comme une chevelure sans fin / Peignée

Aragon – Le grand secret (1942) A lire ici


Le temps est femme… il est comme une robe à défaire … comme une chevelure sans fin peignée.
Les images poétiques ont ceci de particulier, c’est de signifier avant toute interprétation, mais aussi de se prêter à l’interprétation – et puis ceci encore, de permettre de renouveler l’interprétation chaque matin… Le poème est sans fin, et c’est vraiment pour cela qu’on peut dire sans crainte de lui qu’il est une œuvre d’art.
Comme on le sait, je n’ai pas coutume de commenter ici des poèmes qui doivent leur puissance au flux et au reflux de l’imagination, libre de toute règle et de toute norme.
Si je cite aujourd’hui ce poème, c’est pour l’image de la chevelure peignée et repeignée, sans fin, image de la durée telle qu’on l’éprouve aux pieds d’une femme aimée.
On n’évoque en effet pas souvent la chevelure à partir du peigne qui la lisse : comme si ce travail intime devait échapper au spectateur amoureux, comme si cette action était anti-poétique et anti-esthétique. Or, voici qu’Aragon met le peignage au centre de son vers, en pleine lumière.
Pourquoi donc le peignage serait-il une image d’une durée réitérée sans fin ? C’est qu’il est parfois comme une caresse qui de la brosse ou du peigne vient parcourir le cheveu.
On songe le plus souvent à la chevelure féminine comme à une manne offerte à l’amoureux, comme une beauté dédiée à l’admirateur, et jamais comme un plaisir destiné à celle – ou à celui – qui la porte. Comme s’il n’y avait aucune différence entre la chevelure naturelle et la perruque !
Il y a un auto-érotisme du cheveu, une caresse qu’on s’offre et qui sans effort, sans lassitude peut se renouveler indéfiniment.

Friday, June 17, 2011

Citation du 18 juin 2011

Dans l'ardent foyer de ta chevelure, je respire l'odeur du tabac mêlé à l'opium et au sucre ; dans la nuit de ta chevelure, je vois resplendir l'infini de l'azur tropical ; sur les rivages duvetés de ta chevelure je m'enivre des odeurs combinées du goudron, du musc et de l'huile de coco.

Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris - Petits poèmes en prose

Marie-Madeleine –Tableau du Titien

Impossible de penser à la chevelure des femmes sans penser à Marie-Madeleine, la pécheresse de la tradition catholique, celle que Jésus aurait aimée (=blasphème ?). Quoiqu’il en soit, partout nous en retrouvons la représentation avec une abondante chevelure, qui sans toujours atteindre au paroxysme érotique du Titien, n’en est pas moins prégnante.

Toutefois, la poésie de Baudelaire met l’accent sur un aspect que la peinture ne peut rendre : l’odeur des cheveux (1).

A lire cette citation on pense aux dégustateurs de vin, qui découvrent dans une gorgée toutes les richesses de la nature. Avec Baudelaire, de même que dans un verre de vin, tout l’orient se livre avec ses enivrantes fragrances – dans une mèche de cheveu.

Des saveurs du vin aux odeurs des cheveux il n’y a qu’un pas, tant il est vrai que même pour le vin c’est avec le nez qu’on le déguste.

Si l’abondante chevelure des femmes trouble les hommes (qu’on se rappelle les interdits religieux portant sur l’exhibition des cheveux féminins dont le foulard islamique est le dernier avatar), c’est bien sûr pour leur texture et le contraste qu’ils entretiennent avec le corps de la femme (mis splendidement en évidence par le tableau du Titien) – mais c’est aussi par leurs odeurs, sensibles uniquement à leurs amants.

Messieurs, si votre épouse porte une chevelure coupée courte, demandez-lui comme une preuve d’amour qu’elle se laisser pousser les cheveux, et puis allez y retrouver le tabac, l’opium et le sucre.

Si ça ne marche pas changez de femme – ou bien débouchez une bonne bouteille.

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(1) C’est la raison pour laquelle je préfère citer le Poème en prose plutôt que les Fleurs du mal (également ici) : son propos est plus étroit, mais plus facile à mettre en évidence.