Tuesday, March 03, 2015
Citation du 4 mars 2015
Monday, March 02, 2015
Citation du 3 mars 2015
Sunday, March 01, 2015
Citation du 2 mars 2015
Friday, August 02, 2013
Citation du 3 août 2013
O toison, moutonnant jusque sur l'encolure! - O boucles! O parfum chargé de nonchaloir! - Extase! Pour peupler ce soir l'alcôve obscure - Des souvenirs dormant dans cette chevelure, - Je la veux agiter dans l'air comme un mouchoir!
Tuesday, June 21, 2011
Citation du 21 juin 2011
Avec mes excuses pour le dérangement,
J-P. H.
Je vais te dire un grand secret Le temps c'est toi / Le temps est femme Il a / Besoin qu'on le courtise et qu'on s'asseye / A ses pieds le temps comme une robe à défaire / Le temps comme une chevelure sans fin / Peignée
Le temps est femme… il est comme une robe à défaire … comme une chevelure sans fin peignée.
Les images poétiques ont ceci de particulier, c’est de signifier avant toute interprétation, mais aussi de se prêter à l’interprétation – et puis ceci encore, de permettre de renouveler l’interprétation chaque matin… Le poème est sans fin, et c’est vraiment pour cela qu’on peut dire sans crainte de lui qu’il est une œuvre d’art.
Comme on le sait, je n’ai pas coutume de commenter ici des poèmes qui doivent leur puissance au flux et au reflux de l’imagination, libre de toute règle et de toute norme.
Si je cite aujourd’hui ce poème, c’est pour l’image de la chevelure peignée et repeignée, sans fin, image de la durée telle qu’on l’éprouve aux pieds d’une femme aimée.
On n’évoque en effet pas souvent la chevelure à partir du peigne qui la lisse : comme si ce travail intime devait échapper au spectateur amoureux, comme si cette action était anti-poétique et anti-esthétique. Or, voici qu’Aragon met le peignage au centre de son vers, en pleine lumière.
Pourquoi donc le peignage serait-il une image d’une durée réitérée sans fin ? C’est qu’il est parfois comme une caresse qui de la brosse ou du peigne vient parcourir le cheveu.
On songe le plus souvent à la chevelure féminine comme à une manne offerte à l’amoureux, comme une beauté dédiée à l’admirateur, et jamais comme un plaisir destiné à celle – ou à celui – qui la porte. Comme s’il n’y avait aucune différence entre la chevelure naturelle et la perruque !
Il y a un auto-érotisme du cheveu, une caresse qu’on s’offre et qui sans effort, sans lassitude peut se renouveler indéfiniment.
Friday, June 17, 2011
Citation du 18 juin 2011
Charles Baudelaire, Le Spleen de Paris - Petits poèmes en prose
Marie-Madeleine –Tableau du Titien
Impossible de penser à la chevelure des femmes sans penser à Marie-Madeleine, la pécheresse de la tradition catholique, celle que Jésus aurait aimée (=blasphème ?). Quoiqu’il en soit, partout nous en retrouvons la représentation avec une abondante chevelure, qui sans toujours atteindre au paroxysme érotique du Titien, n’en est pas moins prégnante.
Toutefois, la poésie de Baudelaire met l’accent sur un aspect que la peinture ne peut rendre : l’odeur des cheveux (1).
A lire cette citation on pense aux dégustateurs de vin, qui découvrent dans une gorgée toutes les richesses de la nature. Avec Baudelaire, de même que dans un verre de vin, tout l’orient se livre avec ses enivrantes fragrances – dans une mèche de cheveu.
Des saveurs du vin aux odeurs des cheveux il n’y a qu’un pas, tant il est vrai que même pour le vin c’est avec le nez qu’on le déguste.
Si l’abondante chevelure des femmes trouble les hommes (qu’on se rappelle les interdits religieux portant sur l’exhibition des cheveux féminins dont le foulard islamique est le dernier avatar), c’est bien sûr pour leur texture et le contraste qu’ils entretiennent avec le corps de la femme (mis splendidement en évidence par le tableau du Titien) – mais c’est aussi par leurs odeurs, sensibles uniquement à leurs amants.
Messieurs, si votre épouse porte une chevelure coupée courte, demandez-lui comme une preuve d’amour qu’elle se laisser pousser les cheveux, et puis allez y retrouver le tabac, l’opium et le sucre.
Si ça ne marche pas changez de femme – ou bien débouchez une bonne bouteille.
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(1) C’est la raison pour laquelle je préfère citer le Poème en prose plutôt que les Fleurs du mal (également ici) : son propos est plus étroit, mais plus facile à mettre en évidence.