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Friday, December 22, 2017

Citation du 23 décembre 2017

Veux-tu vivre heureux ? Voyage avec deux sacs, l’un pour donner, l’autre pour recevoir.
Goethe
- La charité mon bon seigneur !
- Dis-moi, Gueux, qu’est-ce que tu as à me donner pour mériter que je te fasse la charité ?
- Mais mon bon Seigneur, je n’ai rien à donner moi ! Je suis en enfant de Dieu et c’est pour cela que je sollicite votre bonté charitable.
- Sais-tu bien, pauvre déchet, que dans la société nul n’existe s’il ne donne quelque chose aux autres ?
- Mais oui, Seigneur : donnez-moi un liard et vous aurez mérité de vivre au milieu de mon peuple de pouilleux.
- Ah ! Tu dis que grâce à toi je vais gagner ma place dans ce pays en étant mieux considéré, et tu crois que je vais gober ça ?
- Mais, Gracieux seigneur, regardez les monastères comme ils distribuent généreusement la soupe aux nécessiteux : c’est pour donner l’exemple de la charité universelle.
- Eh bien, va sonner à la porte du couvent : il y en a justement un à côté.
- Mais il est fermé pour cause de conflit dans la hiérarchie. Voilà pour quoi je suis à la sortie de cette boulangerie à demander l’aumône.
- C’est juste, et je suis pris de compassion pour toi, pauvre traine-misère. Aussi voilà ce que je vais te donner : c’est un conseil. Va donc sonner à la porte de Pôle-emploi, eux ils vont te donner un travail et avec cela tu auras de quoi donner de l’argent au boulanger pour ne plus crever de faim.
- Mais alors, Noble seigneur, il n’y a donc plus personne pour donner aux pauvres ?
- N’as-tu pas entendu Notre-Jeune-Président ? Lui il l'a dit - et très clairement encore : dans la société d’aujourd’hui, pour exister il faut échanger. Le don n’existe pas, il n’est qu’un échange suspendu : si on te donne donc aujourd’hui, c'est pour recevoir quelque chose demain.


Joyeux Noël à tous !

Wednesday, October 25, 2017

Citation du 26 octobre 2017

Il faut toujours rendre justice avant que d’exercer la charité.
Malebranche – Traité de morale
Justice et charité : ce thème de réflexion a fait suer sang et eau à des générations entières de lycéens débutants la philosophie. Au point qu’on a fini par s’en détourner : après tout la charité est une notions un peu trop chrétienne pour être laïque. Et en plus elle est compliquée à commenter parce qu’elle est à la fois attitude sociale et également vertu théologale.
Mais enfin, le problème reste : comment traiter les hommes qui sont fourbes, cruels et qui n’hésitent pas à détruire la vie humaine pour servir leur intérêt ? Faut-il leur appliquer la juste sanction qu’ils ont mérité et puis se détourner de leur sort, quand bien même à leur tour ils seraient victime de la méchanceté humaine ? Supposons que des « monstres » d’inhumanité, Hitler ou Pol Pot soient vivants dans nos prisons, quelle attitude devait-on avoir envers eux ? Leur dire « Tu seras traité comme tu as traité les innocentes victimes que tu as barbarisées » ? Ou bien « Tu restes malgré ce que tu as fait un enfant de Dieu, et en t’aimant encore c’est Dieu que j’aime à travers toi » ?
Ah… Encore cette fichue vertu théologale qui revient : on a bien  du mal à s’en passer. Laïcisons alors : « Tu as voulu détruire notre civilisation en piétinant nos valeurs et nos principes. C’est la raison pour la quelle nous allons te les appliquer en respectant l’humanité en ta personne, en te permettant de vivre comme nous vivons tous. »
Ce n’est alors pas très difficile de trouver à appliquer ce principe de « charité » laïcisée : il suffit de se rappeler que le conditions d’emprisonnement n’étant pas un élément de la punition, nous devons assurer aux détenus des conditions d’incarcération décentes.
- Avec la télé dans la cellule ?
- Oui, mais bloquée sur TF1…

Tuesday, October 24, 2017

Citation du 25 octobre 2017

Les hommes sont tous frères, Dieu permet le malheur des uns pour entretenir la charité des autres.
Alfred Auguste Pilavoine – Pensées, mélanges et poésies (1845)
CHARITÉ, subst. fém.
Principe de lien spirituel, moral qui pousse à aimer de manière désintéressée.
CNTRL

Les inégalités sociales ne sont-elles pas contraires à la justice ? Oui, certes.
Dans ce cas, pourquoi Dieu, qui est justice et bonté, permet-il qu’il y ait des pauvres et des riches ? À quelle intention, s’il y en a une, ces inégalités répondent-elles ?

- À ces questions Auguste Pilavoine (journaliste et critique littéraire) répond en plein 19ème siècle (période qui fut fécond en inégalités) : il faut que de tels malheurs arrivent pour que la charité puisse prendre son plein essor. La bonté divine consiste non seulement dans les bienfaits que la providence divine développe dans la Nature, mais aussi dans les tourments qui permettent aux hommes de montrer la mansuétude dont ils sont capables envers les malheureux.
On objectera que la justice sociale assurée par l’Etat est en compétition avec la bonté divine, qui passerait ainsi au second plan. Si les malheureux n’osent pas s’écrier : « Que fait Dieu ? » quand une catastrophe les frappe, ils n’hésitent pas un instant en revanche à protester : « Que fait le gouvernement ? » quand les secours tardent à arriver.
Mais Dieu a semble-t-il plus d’un tour dans son sac : et voici maintenant des ouragans hors de mesure, des incendies dantesques qui dévorent les villes entières sans qu’on puisse les arrêter – sans parler des sécheresses et des nuages de sauterelles qui opèrent depuis longtemps. Du coup, les famines et les épidémies prospèrent, et seule la charité du voisin (qu’on suppose inspirée par Dieu) peut encore quelque chose pour la victime que l’Etat ne peut secourir.
Bref : Dieu permet le réchauffement climatique pour entretenir la charité entre les hommes.

Et force est de constater que le déni de Donald Trump à l’égard de la responsabilité des hommes dans ces bouleversements suivent une logique parfaitement chrétienne : « Rouvrons les mines de charbon, continuons de pomper le pétrole de schiste, polluons à tout va : c’est Dieu qui le veut ! »

Wednesday, July 26, 2017

Citation du 27 juillet 2017

Le vrai ennemi du service public, c'est l'égalitarisme ; son ami, la liberté. La liberté bien conçue favorise l'égalité.
Jean-Michel Blanquer – Ministre de l’éducation nationale
Un instant je vous prie, J-M Blanquer : vous devriez peut-être relire ce que Votre Président disait à ces petits écoliers qui finement l’avaient interrogés sur la différence droite-gauche : « La droite, c'est une famille politique pour laquelle le plus important, c'est sans doute la liberté. Quant à la gauche, c'est une famille politique pour laquelle le plus important, c'est l'égalité. » Moyennant quoi il ajoutait : « Pour réunir les deux ce qu’il faut, c’est la fraternité. » (lire ici)
Voilà où vous en êtes, J-M Blaquer : pour vous la fraternité est inutile (à moins que selon vous elle n’existe pas ?), mais ce n’est pas grave puisqu’il suffit de bien concevoir la liberté pour qu’elle favorise l’égalité.
On a compris : tout est dans cette mention « bien conçue ». Il faut que l’égalité soit « bien conçue » – Mais alors comment « bien concevoir l’égalité » ? Et qu’est-ce donc que l’égalité « mal conçue » ?
Un exemple : J-M Blanquer estime on le sait que le collège unique, ça ne marche pas, et qu’il faut différencier les établissements scolaires, par exemple selon qu’ils sont ou non associés à une forme d’apprentissage professionnel. Alors, certes, les inégalités sociales seront reproduites par le système scolaire : les enfants d’ouvriers se regroupant dans les collège d’apprentissage et les autres dans les collèges classiques. Où donc est partie l’égalité ?
--> Lisons mieux : ce n’est pas l’égalité qui compte, c’est la liberté. Mais pas n’importe quelle liberté : l’enfant qui prétendrait vouloir étudier dans les livres avant d’apprendre un métier alors qu’il a quitté le CP sans savoir lire sera considéré comme n’ayant pas compris où était sa liberté.
– Et vous chers amis, avez-vous deviné où était la liberté du jeune illettré ?
La liberté, c’est l’autonomie. L’autonomie, c’est la capacité d’assumer ses choix sans passer par la protection ou l’aide d’autrui. Et le choix qui assure la plus fondamentale des autonomies, c’est de survivre en satisfaisant ses besoins sans passer par l’assistance de l’Etat.
Voilà donc comment la liberté est bien conçue : c’est quand elle permet non pas de faire ce qu’on veut tout de suite, mais quand elle permet de réunir les moyens qui permettront, plus tard, de satisfaire ces choix.
CQFD !
… Quoi ? J’en entends qui râlent quand même et qui prétendent que la liberté ce n’est pas simplement de survivre, mais de bien vivre de son travail. Et qui vont jusqu’à prétendre que pour vivre bien il faut avoir un bel appart où mettre sa petite famille et une belle voiture pour emmener tout ce monde en vacances au bord de la mer ?

Dites donc mes petits amis, ne seriez-vous pas entrain de confondre les libertés avec la liberté ? Ignorez-vous donc que, si cette dernière consiste à vivre sans rien demander à l’Etat, alors tout le reste est secondaire ?

Sunday, July 02, 2017

Citation du 3 juillet 2017

La pauvreté attire facilement le mépris. Quelque véridique que soit l'indigent qui se plaint des torts qu'on lui a faits, nous croyons toujours que ce qu'il en dit, est pour mettre notre sensibilité à contribution.
Ménandre – Fragments - IVe s. av. J.-C.
Depuis Ménandre, les choses ont-elles changé ? Sommes-nous devenus moins soupçonneux à l’égard des malheureux qui mendient un peu de nourriture ou de protection ?
Voyez les SDF : on a toujours l’impression, non seulement qu’ils vont nous taper une thune mais aussi qu’ils sont, quoiqu’ils en disent, responsables de leur triste histoire. Ont-ils été injustement chassé de leur emploi par un patron psychopathe et viré de chez eux par l’amant de leur femme ? Hum… On reste persuadé que ce qui leur arrive ne pourrait arriver à quelqu’un de normal – comme nous !
Voyez les récits de vie des demandeurs d’asile. C’est là surtout que notre mauvaise foi trouve à s’exprimer : tous ces gens ne nous mentent-ils pas lorsqu’ils nous racontent leur triste histoire ? Ils auraient été victime de la Mafia, des policiers corrompus ou des nervis à  la solde d’un dictateur ? Leur récit est sans preuve, et  s’il est vrai que réunir des témoignages probants quand on parvient à s’échapper des geôles de tortionnaires de la police n’est pas forcément très commode, on a quand même l’impression qu’ils font tous le même récit, comme s’ils l’avaient acheté tout fait à leur passeur.

Ah !... Je vous sent choqué : votre sensibilité serait quand même froissée et vous seriez prêt à donner de l’argent pour qu’on les accueille dignement ? – Alors il ne vous reste plus qu’à écouter Kant qui affirmait que ce n’est pas au particulier, mais à l’Etat qu’il revient de secourir les nécessiteux. Un des amis du philosophe raconte même que, lorsqu’il était en promenade, il chassait à grands coups de canne les mendiants qui s’approchaient de trop près. Venant du philosophe du respect de l’être humain, cet argument est sans appel.

Tuesday, November 22, 2016

Citation du 23 novembre 2016

Lorsque l’on jette de la nourriture, c’est comme si l’on volait la nourriture à la table du pauvre, à celui qui a faim !
Pape François.
Que faire quand la famine règne dans le monde ?
            - Donner aux pauvres de l’argent ou de la nourriture ?
            - Jeuner vous-mêmes comme les musulmans lors du ramadan ?
            - Vous abstenir de gaspiller de la nourriture en pensant aux petits indiens squelettiques ?

Bon – a part la première solution (1), les deux autres ne vont pas faire grossir les affamés : si je jeûne, ça ne servira qu’à me faire partager des souffrances, mais sûrement pas à les faire disparaître. Quant à dire « J’économise le pain pour ne pas en jeter : ainsi les pauvres… » - Mais quoi, « les pauvres » ? Seront-ils mieux nourris parce que je consomme avec parcimonie la nourriture ? C’est un peu comme si moi, qui habite en France j’économisais l’eau du robinet pour que les pauvres paysans du sahel souffrent moins de la sécheresse ?
Pourtant il y a bien un scandale à imaginer ce gaspillage :



Mais  c’est quand même un peu étriqué comme réaction : imaginez aussi les ordinateurs et les écrans jetés à la poubelle parce qu’obsolètes au regard de la production actuelle : n’est-ce pas aussi scandaleux ? Est-ce parce que la production alimentaire est la plus vitale pour l’humanité ? Mais quand je jette ma tartine à Paris est-ce que le petit indien famélique va la récupérer dans ma poubelle ? Et si non, devrais-je l’emballer dans de l’alu et la confier à DHL ?
On dira que je me moque et que ce n’est pas bien. OK… Mais je persiste à dire que depuis des décennies on critique la société de consommation qui nous pousse à jeter plein de choses qu’elle nous a faites acheter, et ça ne nous fait ni chaud ni froid ; et voilà qu’on prétend nous rendre vertueux en ne gaspillant plus ?
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(1) A propos, vous avez noté que les 25 et 26 novembre ont lieu la Collecte Nationale des Banques alimentaires ? Economiser en ne jetant pas : c’est bien. Donner, c’est mieux