Sunday, July 22, 2012
Citation du 23 juillet 2012
Saturday, July 21, 2012
Citation du 22 juillet 2012
Les bulles de savon sont des symboles du néant qui nous environne sans qu’on s’en doute : nous croyons à la réalité dans laquelle nous vivons – et puis voilà une guerre, un tremblement de terre, une épidémie : pfuittt ! Plus rien. Ces innombrables générations d’hommes qui se sont succédées là même où j’habite, qui ont contemplé le même paysage, humé le même air, ont disparu sans laisser de traces ; on les ignore sans même s’en douter : rien ne nous manque de ne pas les avoir connus.
Saturday, February 25, 2012
Citation du 26 février 2012
Monday, December 20, 2010
Citation du 21 décembre 2010
Papa, Maman c'est votre enfant / Ce ballon gonflé, cette bulle de papier doré / Maman, Papa ne risque-t-elle pas / Cette bulle qu'on zoom un jour de faire boum.
Wednesday, December 01, 2010
Citation du 2 décembre 2010
Les femmes : bulles de savon ; l'argent : bulles de savon ; la renommée : bulles de savon. Les reflets sur les bulles de savon sont le monde dans lequel nous vivons.
Mishima – Le Pavillon d'or
Reflet 1 –
Les bulles de savons ont déjà préoccupé notre excellent alias Docteur-Philo. Lui, qui est un métaphysicien aguerri, n’avait pas hésité à faire de ces phénomènes fugaces un symbole du néant qui environne l’être humain, néant dont il sort et où il ne tardera pas à replonger… On peut aussi y voir une image de l’illusion dans la quelle nous nous complaisons, un voile de maya sous lequel nous nous blottissons.
Mais il y a pire : le monde n’est même pas une bulle de savon ; il est un reflet sur la bulle de savon.
Que le monde ne soit pas une réalité bien stable, qu’il ne tienne à l’existence que par le concours de Dieu (Descartes), et donc qu’il partage le destin des bulles de savon, tout ça on le savait déjà.
L’idée même qu’il ne soit qu’un reflet, on pourrait l’extrapoler de Platon (Allégorie de la caverne) où les ombres représentent ce que nous prenons pour la réalité.
Mais Mishima nous fait franchir un cran de plus : additionnons nous dit-il l’irréalité du reflet à l’éphémérité du support. Nous aurons quelque chose comme une illusion, tenace peut-être mais surtout fugace. Et en plus quelque chose qui, comme une bulle de savon peut disparaitre sans prévenir ; quelque chose qu’on ne voit pas vieillir ni s’amenuiser progressivement. En pleine splendeur, sans même faire de bruit, d’un seul coup, il n’y a plus rien.
- Tenez, le mieux c’est de faire l’expérience : regardez cette superbe photo (1). Vous voyez la maison qui se reflète dans la bulle du premier plan ? Non ? Agrandissez l’image. Bon.
Maintenant regardez votre maison (ou ce que vous voudrez : votre voiture, votre main, votre chien…) et essayez de vous dire que ce ne sont que des sensations qu’il ne vous appartient pas de prolonger, autrement dit que ça n’a pas plus de réalité que le reflet sur la bulle.
Voilà une expérience philosophique très intéressante à ajouter à la liste de celles qui vous suggère l’ouvrage de Roger-Pol Droit.
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(1) Photo publiée ici – auteur : « cerveauvide » (je vous jure que je ne l’ai pas inventé)
Monday, June 21, 2010
Citation du 22 juin 2010
Bulle - IMPR. Courbe entourant les paroles prononcées par les personnages de bandes dessinées
Greg – Les insolences d’Achille Talon
Bulle 3
Je ne pouvais quitter le domaine de la Bulle sans évoquer celles de la bande dessinée.
La bande dessinée est née selon moi avec la bulle qui insère du texte dans l’image. Autrement dit, je me refuse à considérer des planches dessinées comme celle du Sapeur Camember comme étant une bande dessinée.
De ce point de vue, il me semble que la série des Achille Talon constitue un sommet. Non seulement le langage d’Achille Talon sent bon son 18ème siècle, mais encore les dialogues sont rythmés par un système de bulles – des bulles à fragmentation – qui introduisent du sens qu’un texte platement écrit ne saurait nous dire. Essayez donc d’imaginer le contenu de ces bulles ramenées dans un cartouche en bas de l’image comme chez le Sapeur ; et voyez tout ce qu’on y perd.
On a vitupéré contre la bande dessinée en pensant qu’elle était une rivale du livre – de littérature – et que la jeunesse y perdait le goût de la « vraie » lecture. Que ceux qui ont prétendu ça aient été des vieux schocks, ça ne fait pas l’ombre d’un doute. Mais aussi ce sont des gens qui n’ont jamais lu une bande dessinée, sinon ils auraient compris que le texte y avait un rôle au moins aussi important que l’image, et qu’en plus ce rôle tenait dans la mise en page – j’allais dire « la mise en image ».
Certains poètes nous montrent également le rôle essentiel joué par la typographie de dans la production du sens. On pensera à Apollinaire (Les Calligrammes), à Mallarmé, à Claudel, et à d’autres encore étudiés dans le passionnant article de Marthe Gonneville – Poésie et typographie(s) (à consulter ici)
Sunday, June 20, 2010
Citation du 21 juin 2010
Regardez bien au fond du flacon d'où est sortie la bulle Internet : vous verrez qu'il y reste encore beaucoup de savon !
Jean-Pierre Raffarin – Discours Sur la société d'information - 11 Novembre 2002
Bulles 2
Après les bulles de savon, les bulles boursières! Moins jolies, plus dangereuses, mais pas plus solides.
Comment pouvons-nous nous passer de Jean-Pierre Raffarin ? Sa bonhomie, ses tirades frappées au coin du bon sens, ses lapalissades, tout cela nous manque et quand il sort de sa réserve c’est toujours pour notre plus grand bonheur.
Je ne me moque pas, je parle sérieusement : voyez comme cette mise garde contre les désordres de la spéculation boursière en 2002 anticipait la grande crise des subprimes et de tout ce qui s’ensuit encore aujourd’hui. Que ne l’avons-nous écouté ?
En fait ce qui nous importe ici c’est que J-P Raffarin ne nous signale pas seulement que la bulle Internet ne pouvait que crever parce que c’est une bulle. Il nous invite aussi à prendre garde au fait que les bulles boursières supposent surtout un flacon – le marché – et du savon, c'est-à-dire de la matière ad hoc – les fonds spéculatifs
Les bulles ne sont pas inessentielles et accessoires. Ce n’est pas parce qu’elles crèvent sans laisser de traces (du moins pas celle de leur matière propre) qu’elles n’ont pas d’importance. Elles doivent être regardées comme des indices, des marqueurs des mécanismes (ici financiers) plus durables, plus profonds.
Par exemple ici, comme nous le dit J-P Raffarin, elles montrent qu' il ne suffit pas de retirer le savon qui traîne encore au fond du flacon. Il faut aussi le casser ce flacon !
Et hop ! Voilà Jean-Pierre enrôlé dans la clique des dangereux anarchistes, altermondialistes etc ?
Saturday, June 19, 2010
Citation du 20 juin 2010
Les mots c'est comme des bulles d'air. C'est brillant, c'est doux quand ça passe et après, vous cherchez et y a rien.
Claudette Lawrence – Les Solitudes d'automne
Bulles 1
Oui, je sais…. Cette photo,a déjà employée chez Docteur philo. Mais voilà : j’ai un faible pour elle, parce qu’au moment même où je l’ai prise, j’ai senti qu’elle contenait quelque chose d’important
Les citations sur les bulles concernent souvent des bulles de savon et mettent l’accent sur le fait qu’elles symbolisent le néant des choses humaines. On est dans la bienpensance chrétienne – Sachez, Ô mes frères, vous voir tels que vous êtes et prosternez-vous devant Dieu…
Pourtant, rien de tel dans cette citation : il s’agit de dire combien les bulles – d’air et non de savon d’ailleurs – sont belles et séduisantes, et combien elles disparaissent sans laisser de trace. Et ça c’est fort !
Cette beauté-là, c’est quelque chose qui apparaît sans crier gare et qui disparaît sans laisser de traces. La beauté n’est immortelle que dans la mesure où elle est pleine de vie. Elle peut aussi cesser d’être, et alors elle laisse la place nette pour une autre belle chose qui remplira à son tour l’espace.
C’est en cela que l’art moderne me ravit : il a mis au rancart le concept d’œuvre immortelle, on a cessé de sculpter dans le marbre pour modeler avec du sable. L’éphémère est solidaire de la beauté, ou du moins – car la beauté est devenu un concept suspect aux yeux de bon nombre d’artistes aujourd’hui – de la création.
Et si ce n’est pas l’éphémère, ce sera le bref : comme ce Post qui s’achève avant que vous n’en soyez fatigué.
Small is beautyful !