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Saturday, March 26, 2016

Citation du 27 mars 2016

Livre de comptes, toise et balance - garde cela pour les temps de disette.
William Blake – Le mariage du Ciel et de l'Enfer (1793), Les Proverbes de l'Enfer

Ah !... Vivre, comme nous le conseille William Blake, sans compter ! Ne jamais se soucier de son compte en banque ni de son bilan calorique. Ne jamais compter ses sous, ne jamais monter sur sa balance…
Stop ! Là ça ne va plus !



Oui, les choses ont bien changé : du temps de William Blake, le rationnement n’existait qu’en période de disette ; le reste du temps, on consommait tout son saoul. Maintenait, on se rationne pour garder le contrôle de son corps, et la perspective de nous coucher le soir sans avoir encore un peu faim ne nous parait pas satisfaisante.
On glosera peut-être sur les changements économiques que cela suppose : il fut un temps où la maigreur était le lot des pauvres et l’opulence du tour de taille celui des riches. Aujourd’hui, on a renversé ces valeurs, et déjà pour des raisons économiques, car ça coute moins cher de manger ce qui nous rendra obèses que de sucer des haricots verts en toute saison.
Mais on peut aussi voir là une preuve d’un changement radical de valeurs : les contemporains de Blake se souciaient non du poids de leur corps mais de celui de leur âme : ne pas passer dans l’au-delà avec des péchés nos confessés  et risquer ainsi la damnation : voilà ce qui les terrorisait. Nous, au contraire, l’au-delà, on s’en fiche ; d’ailleurs on compte sur Google pour nous débarrasser de ce désagrément que constitue  la mort. Par contre, notre aspect physique et ce qu’il est censé révéler de notre tempérament (maigre : volontaire ; gros : mollasson et velléitaire) nous préoccupe au plus haut point. D’ailleurs, aujourd’hui dimanche, vous ne manquerez pas de faire un jogging, histoire de décrasser ce corps en vue d’un repas hélas plantureux avec la belle-mère.
Oui, aujourd’hui on ne regarde plus vers le ciel, mais vers notre nombril : et alors ?
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P.S. J’entends des grincheux qui disent qu’un jour de Pâques on devrait quand même manifester un peu plus de spiritualité. Spi-ri-tua-li-té ? Quésaco ?

Tuesday, July 29, 2014

Citation du 30 juillet 2014




Il faut de la force assurément pour tenir toujours la balance de la justice droite entre tant de gens qui font leurs efforts pour la faire pencher de leur côté.
Louis XIV – Mémoires
La balance, comment ça marche ?
Comme le rappelle notre Citation-du-jour, on pèse avec une balance constituée de deux plateaux accrochés au bout d’un fléau pour savoir de quel côté il va pencher : telle est pesée des âmes opérée par Saint-Michel au Jugement dernier :

Hans Memling – Le Jugement Dernier – Triptyque (détail)
Toutefois, il n’y n’a pas pour Saint-Michel un poids prédéfini à mettre sur un plateau pour peser l’âme du défunt : il met une âme dans chaque plateau et celle qui pèse le moins ira en enfer. La pesée est relative ; Saint-Michel a dû repérer une âme pleine de bons sentiments, une âme qui devra être sauvée : il s’en sert d’étalon pour peser les autres. Peser, c’est comparer. Evidemment, on peut protester (hum…) : s’il y avait eu dans l’autre plateau une ignoble fripouille, c’est notre âme qui aurait été la meilleure, le plus lourde – à elle le Paradis !
o-o-o
Maintenait, voyez ce qui se passe aujourd’hui. Dans nos salles-de-bains trône le pèse-personne. Ici, plus de fléau, plus de plateaux, plus de comparaison « plus lourd/plus léger que ». Un chiffre s’affiche impérieux, incontestable – scientifique !

Bon. Mais est-ce plus juste pour autant ? S’agit-il même toujours d’une balance de justice, celle qui rétribue et châtie ?
Vous le saurez demain – si vous le voulez bien