Monday, January 25, 2016
Citation du 26 janvier 2016
Friday, May 17, 2013
Citation du 18 mai 2013
Friday, June 29, 2012
Citation du 29 juin 2012
Thursday, December 29, 2011
Citation du 29 décembre 2011
Moi, quand je vois certains [fonds de pensions] qui demandent une rentabilité à 20, 25 pourcents et avec une fellation quasi nulle, et cela en période de crise, ça veut dire qu’on casse des entreprises.
Rachida Dati – Interview télévisée par Anne-Sophie Lapix dans Dimanche Plus (26 septembre 2010)
Non, La Citation du jour ne fait pas dans le Bêtisier, elle ne se donne pas non plus pour tâche de vous faire pouffer à bon compte avec les lapsus de nos ministres.
Car, ce qui nous intéresse voyez-vous, ce n’est pas la fellation-inflation de Rachida Dati ; c’est le fait que le public se soit intéressé à cette déclaration seulement parce qu’il y avait un « gros mot » là où on n’aurait pas dû le trouver.
Alors, on peut dire que le bon public est resté enfantin et qu’il s’excite avec les mots qui bravent l’interdit : comme les petits enfants de la maternelle avec leur pipi-caca.
Pourquoi pas ? Mais il y a bien plus choquant : on n’entend rien de la déclaration de Rachida Dati, et on ne retient surtout pas la dénonciation des méfaits de la finance, de l’économie virtuelle qui ruine l’économie réelle et les pauvres gens qui en vivaient jusqu’à présent. Comme si cela ne concernait personne. Comme si le « gros mot » de Rachida était bien plus important que les usines qu’on ferme et les cadence de travail qu’on impose…
Il y a mieux : on dénonce encore en septembre 2010 les fonds de pensions et les méchants traders qui vont avec.
Mais rien des banquiers, qui sont pourtant aujourd’hui au cœur des dénonciations.
Non, tout ce qu’on a à reprocher à nos banquiers, c’est de vouloir nous piquer nos économies pour faire du profit avec. Au fond on en était encore à se méfier des banquiers cyniques de la pub BNP (1974-1980).
Notre innocence a coulé à pic avec la crise de la dette souveraine. On sait maintenant que les banques font du profit avec l’endettement, et que si notre argent les intéresse, c’est surtout celui qu’on n’a pas et qu’on va leur emprunter. (1)
Le gentil banquier d’aujourd’hui ne nous dit plus : « Votre argent m’intéresse ». Il nous dit : « Vos projets m’intéressent »… sous-entendu : « parce que vous allez devoir vous endetter pour le réaliser ».
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(1) Une série de vidéo sidérantes qui commencent ici pour faire le tour de la question. Même si l’origine de ces vidéos reste opaque, leur contenu est vérifiable.
Thursday, October 13, 2011
Citation du 14 octobre 2011
Comment hésiterions-nous à confier notre argent à des banques qui mettent des petites chaînes à leurs stylos à bille.
Louise de Vilmorin
Ce qui est bien avec les citations, c’est qu’elles nous donnent parfois un instantané d’une époque qui n’est plus : comme celle où dans les banques on mettait des petites chaînes aux stylos à bille.
Car notre époque est celle de la dématérialisation. Quand on entend ce mot, on pense d’abord à la musique enregistrée, et puis aux photos, et puis aux relations avec les amis…
Relation humaine : nous y voilà. La banque est désormais un service en ligne, et le comptoir avec son stylobille et sa chainette ne sont plus qu’un souvenir. De même que l’employé qui était derrière, et le bruit crissant des billets de banques qu’il nous comptait de ses doigts agiles… Tout cela a vécu, parce que tout cela est trop cher.
Mais voilà : était-ce trop cher payé ? Si Louise de Villemorin avait confiance dans la banque qui protégeait ses stylo à billes, n’était-ce pas que justement elle avait besoin de signes concrètement humains pour cela ? D’ailleurs, toutes ces publicité pour les banques (ici Fortuneo, mais idem avec LCL)
qui sont filmées en caméra subjective du point de vue de l’employé de banque justement. Faudrait-il croire que cette caméra n’est en réalité qu’une caméra de surveillance ?
Oui, n’est-ce pas : Fortuneo, la banque en ligne n’a justement pas de personnel à mettre en face de ses clients.
Wednesday, October 12, 2011
Citation du 13 octobre 2011
Si vous devez cent dollars à la banque, c'est votre problème. Si vous devez cent millions de dollars à la banque, c'est le problème de la banque.
Jean-Paul Getty
Getty est bien renseigné, mais il a simplement oublié l’étape suivante : Si vous devez 100 milliards de dollars à la banque, c’est n’est plus le problème de la banque mais c’est celui de l’Etat – autrement dit de nous tous.
Pour ceux qui seraient dubitatifs, je rappelle que nous autres citoyens belges et français, nous découvrons d’un seul coup que nous sommes actionnaires de la banque Dexia. Oui, en effet : les actionnaires sont ceux qui doivent renflouer les compte de l’entreprise, fut-elle une banque internationale, fussions-nous totalement étranger à sa gestion : il va falloir banquer !
Nous autres français nous avons une bonne expérience de la chose avec le Crédit Lyonnais (que les anglo-saxons avaient rebaptisé the Crazy lyonnais), tellement discrédité qu’il a dû ensuite changer de nom : Le Crédit Lyonnais est devenu LCL : c’est un peu hypocrite, mais enfin… ça se comprend.
Bref, il est urgent pour nous autres citoyens de réfléchir à la stratégie qu’il convient d’adopter en face de cette situation.
- Faut-il comme le demandent certains partis de gauche nationaliser les banques ? Peut-être, puisque de toutes façon on va payer leurs erreurs, comme ça on pourra peut-être profiter de leur prospérité (?).
- Mais surtout j’entends les projets du gouvernement : limiter la taille des banques pour que leur faillite ne devienne pas une affaire d’Etat. Donc qu’en raison de leur dimension on ne puisse jamais leur devoir plus de cent millions de dollars.
--> Le pragmatisme, c’est ça.
Tuesday, October 11, 2011
Citation du 12 octobre 2011
Quant à la Banque, elle jette au débiteur, du haut de ses comptoirs, cette parole pleine de raison: - Pourquoi n'êtes-vous pas en mesure? à laquelle malheureusement on ne peut rien répondre.
Honoré de Balzac - Illusions perdues
- BANQUEROUTE, subst. fém.
A. Impossibilité déclarée de faire face à ses engagements et de payer ce qu'on doit.
Empr. à l'ital. bancarotta littéralement « banc rompu » parce qu'au Moy. Âge on cassait le comptoir du banquier en faillite (TLF)
Toujours dans la perspective de la suppléance de nos instituteurs absents (voir Post du 8 octobre), voici un joli coloriage destiné aux élèves dépourvus d’enseignants.
Cette citation de Balzac pour nous rappeler que la vision habituelle de la banque et du banquier, est celle de l’ « homme aux écus » (Marx), celui qui toise ses semblables du haut de sa montagne d’or et qui les écrase de son arrogance.
C’est cette représentation que vient perturber la crise financière qui secoue les banques aujourd’hui : qu’après Lehman Brother ce soit au tour de Dexia de plonger dans le néant, que de nombreuses banques – et pas seulement grecques – soient menacées d’en faire autant, et ce sont nos repères habituels qui vacillent. Qu’il faille secourir les autres banques, celles qui surnagent encore, et c’est le soupçon de complot pour enrichir les riches sur le dos des pauvres qui renait. Les banques ne peuvent être que riches, les crises ne peuvent servir qu’à les enrichir encore. Picsou réduit à la mendicité, on n’en trouve aucune représentation, pas un dessin n’a jamais été fait pour le montrer (1).
Bref, il est temps de rectifier les idées.
1 – D’abord, l’étymologie du mot banqueroute, tel que le rapporte le TLF (voir ci-dessus), est là pour rappeler que ce mot a été inventé à propos des banques justement. Il devait être à l’origine suffisamment courant de les voir faire faillite pour qu’on désigne leur défaillance par un acte symbolique, tel que de briser leurs comptoirs (on pense à la cérémonie dégradant Dreyfus)
2 – Ensuite, en 1929 l’Empire state building a été réputé pour être l’endroit d’où se jetaient dans le vide les financier ruinés.
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(1) Si, tout de même, j’ai trouvé ça. Mais c’est sûrement un faux.