…il semble que notre attention, toujours attirée sur ce qui nous caractérise, le remarque plus que toute autre chose chez les autres.
Thursday, June 06, 2013
Citation du 7 juin 2013
…il semble que notre attention, toujours attirée sur ce qui nous caractérise, le remarque plus que toute autre chose chez les autres.
Monday, December 03, 2012
Citation du 4 décembre 2012
Thursday, September 20, 2012
Citation du 21 septembre 2012
Thursday, May 24, 2012
Citation du 25 mai 2012
Monday, November 09, 2009
Citation du 10 novembre 2009
Et toute la beauté charnelle de ma femme / N'a que la minceur de la peau.
Thomas Overbury (1581-1613)
Dans le plaisir que nous donne l’amour, dans l’émotion que nous donne la contemplation de la beauté d’une femme, la peau compte pour beaucoup. Qu’est-ce que la beauté d’une femme sinon l’éclat de son teint, le grain de sa peau, la façon dont elle accroche la lumière ?
Mais – et c’est là une source d’étonnement – la peau, c’est bien peu de choses : quelques tout petits millimètres de chair sous la quelle se trouve une viande sans doute fort peu appétissante. On peut même supposer que sous la peau, nous sommes tous pareils, et c’est précisément le propre des racistes de nier une pareille évidence.
Et même, le joli bronzage qui lui confère cet aspect séduisant, ce n’est en réalité que quelques milligrammes de mélanine (1). Pourtant, voyez le soin qu’on met à se faire bronzer dans les cabines UVA : voilà ce qui atteste de l’importance de la peau dans les rapports sociaux.
Nul doute que les moralisateurs en profiteront pour honnir cette vanité (vanitas vanitatis…) qui nous met à genoux devant une si fragile idole.
Et si au contraire nous disions que, oui – la peau est bien peu de chose, mais ce peu est déjà beaucoup. Car, c’est dans le peu de chose que s’épanouit notre jouissance.
L’amour nous dit-on est le contact de deux épidermes. Certes, ça ne veut pas dire qu’il n’y a rien d’autre à chercher au-delà, ailleurs, pour connaître l’autre. Mais ça veut dire au moins que rien ne pourra jamais remplacer ce contact. Et nous le savons bien : évidemment, la photo de la très-chère ne remplacera jamais le bonheur de la serrer dans nos bras, et de sentir le contact de sa peau contre la notre.
Mais encore faut-il que s’établisse le contact entre deux peaux.
Sauf si comme Roland Barthes vous considérez que le langage est comme une peau symbolique : Le langage est une peau : je frotte mon langage contre l'autre – écrit-il (2).
Barthes vous aura prévenu : méfiez-vous des baratineurs !
(1) À ne pas confondre avec la mélamine.
(2) Roland Barthes – Fragments d'un discours amoureux
Monday, July 20, 2009
Citation du 21 juillet 2009
C'est drôle comme les hommes ne pensent pas à être complexés. Ca doit être bien, d'être comme ça. Ne penser qu'à son regard qui se pose et pas penser à la réciproque.
Virginie Despentes – Les Jolies Choses
Les hommes ne pensent qu’à ça…
Si vous dites ça, on vous répond ingénument :
- Ils ne pensent qu’à quoi ?
Et si vous répondez : « Ils ne pensent qu’à faire crac-crac » votre interlocuteur, tout compte fait moins ingénu qu’il ne semblait, va chercher à vous coincer :
- Ah bon ? C’est une pensée ? Je ne savais pas…
Le problème n’est vraiment pas de savoir à quoi pensent les hommes quand ils pensent à ça ; il est de savoir à quoi ils ne pensent pas.
Virginie Despentes répond : ils ne pensent pas au regard de l’autre, autrement dit ils ne se demandent pas à quoi ils ressemblent quand ils sont en pleine action.
J’en entends qui ricanent :
- Voilà bien notre spécialiste des citations, lui qui critique l’ingénuité supposée de ses lecteurs, le voilà qui se montre lui-même encore plus ingénu.
Parce que ce que vous dites là c’est une banalité, et en plus, qu’est-ce qui vous dit que la dame se soucie de son apparaître dans le même cas ?
Voilà : j’avoue que je me suis laissé prendre au piège de la facilité.
En fait on pourrait plus sûrement dire que ce à quoi les hommes (1) ne pensent pas dans l’élan du rut, c’est au jugement que leur partenaire va porter sur eux. Quand, la prenant comme instrument de leur jouissance, ils ne s’interrogent même pas à ce que peut ressentir leur partenaire, quand ils ne font que suivre la ligne de crête de leur jouissance – et elle seule – alors, oui, on peut dire qu’ils ne s’intéressent pas au regard qu’on peut porter sur eux.
Ce n’est qu’après qu’ils y pensent, lorsque, dans le rengorgement satisfait de leur virilité repue, ils vont l’interroger :
- Alors, Chérie, heureuse ?
(1) Je corrige : « Certains hommes » - tout de même !
Wednesday, July 16, 2008
Citation du 17 juillet 2008
Le droit de chaque être en diminuant le droit des autres suscite les querelles et les guerres, car chacun peut se croire arrêté injustement dans son progrès. Nous avons connaissances de nos contrariétés avant de prendre conscience de celles d’autrui.
Henri Mavit
Art. 4.
La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui : ainsi, l'exercice des droits naturels de chaque homme n'a de bornes que celles qui assurent aux autres Membres de la Société la jouissance de ces mêmes droits. Ces bornes ne peuvent être déterminées que par la Loi.
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen – 26 août 1789
Vous pourriez me dire la différence entre ces deux formulations des limites que les autres imposent à ma liberté ?
Que mon droit soit borné par celui du voisin, et que de cet obstacle prenne naissance des conflits qui ne se termineront que lorsque j’aurai compris que, moi aussi je suis un obstacle pour lui – et que, oui, il faut renoncer aux abus parce que je n’aimerais pas en être moi-même la victime : voici l’éducation morale que nous donnons à nos enfants.
Comparez maintenant cela à l’altière rigueur des Droits de l’homme : les droits ne peuvent se contredire eux-mêmes, parce qu’ils sont naturels, c’est-à-dire universels ; je ne peux donc user de mes droits pour priver les autres des leurs.
− Les étrangers reprochent aux français leur arrogance lorsqu’ils se parent du titre de Patrie des droits de l’homme. Ils ont raison : les droits de l’homme n’ont pas de patrie attitrée.
Mais qu’on ait aujourd’hui encore besoin de rappeler leur autorité, c’est indéniable ; à condition de les respecter pleinement.
Une lecture ânonnée de ce noble texte en présence d’une brochette de tyrans, sur la place de la Concorde, c’est ça respecter et faire respecter les droits de l’homme ?
Quoique… La place de la concorde, rappelez moi : c’est bien là que se dressait la guillotine en 89 ?
Saturday, January 12, 2008
Citation du 13 janvier 2008
L'homme n'a regardé loin qu'au moment où les objets proches étant dérobés à sa vue
Alain - Les idées et les âges
Alain médite sur la voûte céleste : elle ne nous révèle son contenu que la nuit, lorsque tous les objets qui nous sont proches ont été avalés par l’obscurité. Pour voir loin, il faut ignorer ce qui fait partie de la vie quotidienne, comme Thalès dont la légende dit que, contemplant les étoiles alors qu’il marchait la nuit dans la campagne, il tomba dans un puit : il voyait ce qui est à l’infini du ciel, mais il ne voyait pas ce qu’il y avait à ses pieds ; on s'est moqué de lui. Un peu comme l’albatros de Baudelaire, le géant est incapable de vivre dans un monde de nains.
Bon, une fois que le philosophe a replié ses ailes - de géant - reste l’observation de la vie courante. Alain suppose qu’on ne peut voir à la fois près et loin : laissons aux opticiens - Atoll !!!- le soin de régler ce problème, et voyons ce qu’il en est dans notre quotidien. Avez-vous remarqué combien les gens qui téléphonent dans la rue sont étranges ? Ou plutôt, étrangers à tout ce qui les entourent : ils nous révèlent, là en public, l’intimité de leur sentiments pour leur correspondant (on en sait peut-être un peu plus que celui-ci d’ailleurs, parce que la parole peut mentir là où le visage trahit). Nous pourrions en être gênés, si nous n’étions certains que nous n’existons pas pour ces gens qui, absorbés dans leur conversation, nous ont oblitérés complètement, comme Thalès avec le puit.
Le téléphone éloigne des proches et rapproche des lointains : ce n’est pas une définition de mots croisés ; c’est le chassé croisé qui caractérise la vie d’aujourd’hui.
Certains diront qu’il y a là matière à réflexion pour une politique de la civilisation.
Sunday, October 28, 2007
Citation du 29 octobre 2007
Une bonne confession vaut mieux qu'une mauvaise excuse.
Jean Hamon (1617 – 1687)
Alors voilà, vous êtes isolé dans une campagne solitaire, les mécréants du coin ont laissé fermer l’église, et vous avez commis un péché affreux. Il faut délivrer votre conscience affligée, obtenir l’absolution, c’est urgent. Mais comment faire ?
- Vous allez sur Internet, vous cherchez le site d’absolution-online, vous cliquez sur « Virtual confessional ». Il ne vous reste plus qu’à suivre les indications :
- Avez vous obligé vos employés à travailler le dimanche, ou bien avez vous éprouvé une délectation sexuelle excessive ? Grave ! Mais, pas de problème : c’est prévu !
- Ah !... au dessert, vous avez pris une trop grosse part de tarte ? Pas de problème : cliquez sur « Gluttony », choix E.
- Et en suite, vous avez préféré mater un film à la télé plus tôt que d’aller à l’Eglise ? Idem : péché de classe E
… Bien sûr la Vatican condamne cette pratique et les évêques rappellent à qui veut l’entendre que la confession est dite « auriculaire » ce qui nécessite la présence physique du prêtre. Même le téléphone ne conviendrait pas, parce que… Mais pourquoi au fait ?
La confession «auriculaire », ça veut dire de la bouche à l’oreille, dans un murmure, dans souffle : entre le pénitent et le confesseur il n’y a que l’épaisseur de la grille du confessionnal. Nous supposerons donc que la confession soit une sorte de confidence. Ce que requiert la confidence, c’est la présence charnelle du confident : c’est précisément ce qui fait défaut dans la communication à distance, puisque l’interlocuteur n’y existe que par des signaux électroniques.
Alors que ce soit pour se confesser, pour faire une confidence, la présence de l’autre est indispensable. Seulement, il y a un gradient d’intensité de cette présence en fonction de la distance spatiale qui sépare les interlocuteurs. Au niveau de la communication à distance, ce gradient est au degré zéro. Mais il augmente au fur et à mesure que les interlocuteurs se rapprochent, jusqu’à atteindre un maximum dans l’intimité du contact de la bouche à l’oreille…Et revoilà notre confession auriculaire.
Plus banalement, dans la vie quotidienne, il y a des règles non écrites de la distance à respecter pour la conversation. Il y en a des gens qui vous parlent en restant à plusieurs mètres. Glaçant. La largeur du bureau qui sépare le chef de son subordonné est proportionnelle à son pouvoir. Il y a également des gens qui vous parlent à 20 centimètres (= à brûle pourpoint) : insupportable. Si vous demandez votre chemin à un inconnu dans la rue en venant si près de lui, il aura un mouvement de recul : vous avez eu une familiarité déplacée. Quand on est trop familier, on nous dit : « Gardez vos distances »
Comme les hérissons de la fable (1).
(1) Voir Post du 25 avril 2006
Et puis, au diable l’avarice : voici le texte de Schopenhauer
« Par une froide journée d'hiver un troupeau de porcs-épics s'était mis en
Schopenhauer Parerga et paralipomena II §396.
(Texte allemand disponible ici)