Sunday, August 09, 2015
Citation du 10 aout 2015
Tuesday, April 21, 2015
Citation du 22 avril 2015
Que répond Durkheim à cela ? Que cette réglementation est sociale – donc collective – non seulement dans son application, mais aussi dans son origine, qu’elle exprime … essentiellement des besoins sociaux que la société seule peut connaître. Il y a non seulement un besoin d’être encadré, dirigé, mais il faut encore savoir en quoi consistent les besoins des hommes : comment il faut régler les mariages, les devoirs réciproques des hommes et des femmes, répartir les héritages ; comment distribuer les ressources, etc. L’individu qui s’isole est comme le neurone déconnecté : il meurt en peu de temps.
Monday, January 19, 2009
Citation du 20 janvier 2009
Les mots que le serpent a glissés dans l’oreille d’Eve sont la vérité, toute la vérité et rien que la vérité au sujet des êtres humains : ils aiment la bonne bouffe et ils adorent transgresser la loi.
Nancy Huston – Instruments des ténèbres. p. 28
On-ne-nous-dit-pas-tout !
Tenez, à propos du serpent et d’Eve : dans la Genèse, le serpent se borne à promettre à Eve le bonheur par la connaissance du Bien et du Mal. Jamais il ne nous est dit qu’il lui apprit que c’est dans la nature humaine de transgresser la loi. Car, s’il a bien dit ça, Eve n’est plus aussi coupable : c’est la nature humaine qui a agi à travers elle, non son libre arbitre.
Alors, vous allez me dire que Nancy Houston, elle dit ce qu’elle veut, mais que sa parole, ce n’est pas parole d’évangile. Soit.
Laissons tomber le serpent (1) alors, mais gardons l’affirmation que les êtres humains …ils adorent transgresser la loi.
Ça, ce n’est pas un scoop. Déjà, il y a bien longtemps, Durkheim le disait : statistiquement, il y aura toujours des hommes qui voudront transgresser la loi. Et c’est pour cela qu’il faudra toujours des lois répressives, et des sanctions pour bien montrer ce qui est défendu. Car – et c’est là que l’analogie avec la bible est la plus évidente – la désobéissance est une force corrosive dans la société, elle sème l’anomie partout où elle est tolérée.
La permissivité n’est pas une vertu sociale, c’est une faiblesse, c’est le résultat d’un affaiblissement de la société, qui à son tour, produit un délitement du lien social.
Voilà donc le message de Durkheim : ce qui fait la force de la société ne peut que s’affirmer contre les tendances des individus. La répression fait partie de la société, comme ce qui la rend possible, tout simplement.
Freud a dit la même chose à peu près au même moment.
Et puis Rousseau : L’homme est né libre et partout il est dans les fers, (Contrat social)
Il semblerait qu’il ne faille pas le regretter ?
(1) D’ailleurs même pas sûr que ce soit un serpent : voyez comment la cathédrale de Reims le représente.
Monday, March 05, 2007
Citation du 6 mars 2007
La liberté et la fraternité sont des mots, tandis que l'égalité est une chose.
Henri Barbusse
Voilà ce que nous oublions facilement : l’égalité existe dans la nature, elle est contrôlable, visible. L’animal lui-même la perçoit, si on en croit l’anecdote de l’âne de Buridan (1). Et pourtant nous faisons de l’égalité une chimère bonne pour les utopistes.
Que savons-nous de l’égalité ? Comment cette idée vient-elle à notre esprit ? Est-ce l’enfant qui réclame la même chose que son petit voisin (« Moi aussi, moi aussi !! J’y ai droit ! ») ? Est-ce l’indifférenciation des individus dont l’identité garantit l’égalité (comme à l’armée où le soldat qui tombe est remplacé par le soldat de réserve) ?
Une réponse pourrait être trouvée chez Hobbes : on sait que pour lui, dans l’état de nature, chaque homme est en lutte avec tous les autres pour s’approprier les moyens de sa subsistance. Ce conflit généralisé vient justement de l’égalité naturelle des hommes : chacun se sentant d’égale force peut espérer l’emporter dans son combat contre un adversaire qu’il estime ne pas être plus fort que lui, et cela tant que l’ordre civil (= pouvoir politique autoritaire) ne sera pas instauré pour imposer la paix. Autrement dit, c’est l’inégalité de condition (issue du pouvoir civil) qui est artificielle, et c’est elle qui impose la paix civile. Seule une forte hiérarchie sociale peut empêcher la discorde de l’anarchie
Seulement voilà : les choses se compliquent avec nos sociétés modernes. Une comparaison avec les poules nous aidera à le comprendre : le « pecking order » ou « hiérarchie du coup de bec » (2) désigne le fait que dans un poulailler, chaque poule sait de qui elle peut recevoir un coup et à qui elle peut sans risque de représailles en donner un : c’est une hiérarchie acceptée, gage de paix et de tranquillité. Tout va bien… tant que le poulailler ne compte pas trop d’individus (une cinquantaine). Mais dès que ce chiffre est dépassé, les poules, dont la cervelle est un peu limitée comme chacun sait, ne peuvent plus conserver en mémoire la hiérarchie de ces trop nombreux individus : les coups de becs pleuvent à tort et à travers (3), causant la mort de nombreuses volailles.
Chez nous, ce n’est pas tant l’effectif de la population que la disparition des marqueurs sociaux (= inégalité de condition) qui initie ce phénomène : il s’appelle « anomie » (cf. Citation du 22 juillet 2006).
(1) A lire pour ceux qui l’ignorent - en vue de la future interro de culture G : Buridan (XIVème siècle, disciple de Guillaume d’Occam) affirmait que si son âne avait également soif et faim, il mourrait de soif et de faim s’il était placé à égale distance d’une seau d’avoine et d’un seau d’eau.
(2) Sur le pecking order, voir
(3) Pour ceux que l’élevage des poules ne laisse pas indifférent rappelons que l’an dernier avec le confinement des volailles du fait de la grippe aviaire, ce phénomène avait été signalé comme cause de surmortalité dans les poulaillers.
Ce phénomène existe aussi dans les meutes de chiens avec le simulacre d’acte sexuel : le male qui est le plus faible est désigné du nom de « male du dessous ». Ravissant n’est-ce pas ?