Voilà qui est dit : le principe le plus scandaleux dans notre société de « conflit-créateur » et de compétition sans limites, est de refuser toute ambition et de profiter des facilités offertes par les circonstances. Pourquoi sommes nous à ce point scandalisés par ce principe de non-ambition ? Est-il insuffisamment romantique ? N’offre-t-il pas suffisamment de gloire pour les risques qu’il fait courir ? Peut-être, mais c’est aussi qu’il met le médiocre au niveau de fort.
Thursday, November 03, 2016
Citation du 4 novembre 2016
Voilà qui est dit : le principe le plus scandaleux dans notre société de « conflit-créateur » et de compétition sans limites, est de refuser toute ambition et de profiter des facilités offertes par les circonstances. Pourquoi sommes nous à ce point scandalisés par ce principe de non-ambition ? Est-il insuffisamment romantique ? N’offre-t-il pas suffisamment de gloire pour les risques qu’il fait courir ? Peut-être, mais c’est aussi qu’il met le médiocre au niveau de fort.
Wednesday, November 26, 2014
Citation du 27 novembre 2014
Wednesday, May 02, 2012
Citation du 3 mai 2012
Thursday, June 30, 2011
Citation du 1er juillet 2011
L'ambition, souvent, fait accepter les fonctions les plus basses ; c'est ainsi qu'on grimpe dans la posture où l'on rampe.
Jonathan Swift – Pensées sur divers sujets moraux et divertissants
Voici le paradoxe de Swift : comment peut-on par ambition accepter les fonctions les plus basses ? Tous ceux qui occupent des emplois subalternes – ou jugés tels – le diront : s’ils occupent de telles fonctions c’est pour nourrir leur famille – ce qui n’est déjà pas si mal – et sûrement pas par ambition.
Examinons ce qui se passe dans les staffs (politiques ou d’entreprises) : ceux qui ont l’ambition de grimper dans l’organigramme ne vont pas prendre la serpillère et faire la femme de ménage.
C’est qu’il y a deux types de fonctions « les plus basses » :
- Il y a celles qui humilient quand on les accomplit,
- et puis il y a celles qui salissent les mains quand on les effectue.
On peut admettre qu’on pense ici que les ambitieux qui veulent se rendre indispensables ne se bornent pas à éviter à leurs maitres de se salir les mains, mais qu’ils leurs épargne plutôt de salir leur réputation.
On comprend également que, généralisant, Swift songe aussi que l’humiliation est nécessaire pour accéder au pouvoir, que c’est par elle qu’on peut rester dans l’ombre des puissants, parce qu’on grimpe dans la posture où l'on rampe.
Reste qu’à se focaliser là-dessus on oublie peut-être qu’il y aura le moment où les obscurs courtisans, les zélés exécuteurs des basses œuvres, ceux qui acceptent d’effectuer les tâches humiliantes et de recevoir des coups de pieds en récompense, se métamorphoseront en dragon qui crache des flammes et carbonisent ceux qui les ont humiliés.
Rappelons-nous une phrase entendue à propos de Xavier Bertrand, désigné chef de l’UMP par le Président Sarkozy : « Tu donnes les clés de l’UMP à Xavier ? N’oublie pas d’en garder un double. »
Sunday, July 26, 2009
Citation du 27 juillet 2009
L'ambition est le dernier refuge de l'échec.
Oscar Wilde – Formules et maximes à l'usage des jeunes gens
Comment accepter l’échec ? Ou plutôt, pour parler la langue d’aujourd’hui, comment le gérer ?
L’attitude courante consiste à dire que l’échec nous instruit, qu’il nous fait découvrir quels sont nos moyens réels, et quelles sont les résistances du monde qui nous entoure. Malheur au jeune homme qui n’a pas connu l’échec, il avance dans la vie comme dans un songe. Plus dure sera la chute.
Hé bien, tout ça c’est bien bon, mais ça ne suffit pas. Ecoutez plutôt Oscar Wilde : c’est l’ambition qui nous fait échouer, et mieux vaut échouer par ambition que réussir modestement.
Oui, on pourrait ne jamais échouer et même il y a une quantité de gens qui n’échouent jamais : ce sont ceux qui règlent leur niveau d’aspiration sur leur niveau de performance. Ne pas chercher à faire plus que ce qu’on se sait capable de réussir.
Et c’est sûr que beaucoup de gens doivent se reconnaître là-dedans ; et que bien des éducateurs enseignent aux jeunes à se méfier de leur ambition : ne pas avoir plus grands yeux que grand ventre comme dit la sagesse populaire.
Et puis vous avez des gens comme Victor Hugo qui écrit sur son cahier d’écolier « Chateaubriand ou rien ».
Alors bien sûr, on ironise : il ne fut ni l’un ni l’autre. Mais croit-on qu’il aurait échappé au rien s’il n’avait tenté d’écrire comme l’auteur du Génie du christianisme ?
Et puis encore : c’est Gilles Deleuze qui, à la suite de Spinoza nous dit : « Nous ne savons pas de quoi nous sommes capables », et qui donne comme exemple un séminariste qu’il avait connu du temps de ses études. Ce jeune homme était médiocre en latin, ce qui pour un séminariste était gênant. Voilà qu’il tombe éperdument amoureux et qu’il est aimé en retour. Là encore c’est gênant pour un séminariste, sauf que, du même coup, il fait des progrès fulgurant en latin !
Comment savoir si nous sommes radicalement incapables de quelque chose ? L’ambition est cette passion qui nous pousse à dépasser nos limites, et qui les fait reculer – parfois, pas toujours certes, mais quand même : parfois.
Allez, essayez à votre tour :
- Barbara Cartland ou rien !
Friday, June 01, 2007
Citation du 2 juin 2007
Quand je serai grand, je serai Président de la République
Anonyme
- Nicolas !... Nicolas !... Viens ici !
- Oui M’an, oui M’an.
- Arrête de sauter partout comme ça, Nicolas, tu es fatiguant tu sais. Où étais-tu que tu ne me répondais pas ?
- Dans ma chambre M’an
- Et qu’est-ce que tu y faisais ?
- J’étais entrain de construire un avion stratosphérique pour aller à l’école
- Quel enfant tu fais… Mais dis-moi, ton projet de la semaine dernière, c’était bien un sous-marin à bulles de savons ?
- Oui, mais j’ai trouvé mieux de faire une bicyclette volante. Et puis c’était trop long, alors que préfère l’avion stratosphérique.
- Ecoute Nicolas, ce qui ne va pas avec toi c’est ça tu vois. Tu es toujours entrain de te lancer dans une nouveauté et puis encore une autre avant même que la première soit terminée. Il faut te calmer Nicolas, tu dois réfléchir avant de commencer quelque chose et te demander si tu as fini ce que tu avais entrepris avant.
- Oui, M’an
- Mais j’ai un autre souci, Nicolas. Tu sais que le Père abbé de la Moranderie m’a téléphoné.
- Qui c’est ça, qui c’est ??
- Mais enfin, ce que tu es distrait, Nicolas ! C’est le Recteur des études du Pensionnat de l’Adoration du Sacré Cœur. Ton école, Nicolas... Tu te rappelles de ça au moins ?
- Mais oui, mais oui.
- Alors vois-tu Nicolas, il paraît que tu as dit à ton professeur d’éducation religieuse que quand tu serais grand, tu voudrais être Président de la République. C’est vrai ça ?
- Ben oui… Il me demandait comment je voudrais servir le Seigneur quand je serai grand, et je lui ai répondu que je voudrais le servir en servant mon pays. Voilà.
- Mais tu sais, Nicolas, la République, les bons pères du Pensionnat, ils ne pensent pas qu’elle puisse t’aider à servir le Seigneur. Le Père abbé est très inquiet pour toi.
- Bon, bon, c’est tout ? Je repars parce que je vais remonter mon vélo que j’avais démonté pour faire ma bicyclette volante.
- Nicolas, as-tu pensé à prendre ta Ritaline ? (1)
(1) Ritaline