Wednesday, February 11, 2015
Citation du 12 février 2015
Wednesday, December 15, 2010
Citation du 16 décembre 2010
L'amour d'un enfant est un absolu. Il faut y répondre par l'absolu ou par rien du tout. Il n'y a pas de moyen terme.
Hélène Ouvrard – L'Herbe et le varech
Absolu 3
Le monde de l’enfant est-il un monde différent, séparé de celui des adultes, monde auquel ils n’ont pas accès sauf à le retrouver dans l’absolu de l’amour qu’ils leur portent ?
A vrai dire, je ne sais pas si il faut vraiment faire une place à part aux enfants dans le sentiment amoureux. Tout ce que j’ai trouvé à dire concernant l’amour pour les enfants je l’ai écrit ici (je résume): « l’amour d’une mère pour son enfant ne demande rien en retour, alors que l’épouse demande à son mari de l’aimer aussi. » C’est tout et ce n’est pas grand-chose, mais …
Mais ça nous permet au moins de comprendre en quoi l’amour peut être un absolu : quand il exclut l’échange, quand il n’est que fusion, quand les amoureux ne font qu’un. (1)
--> Si l’on ne veut pas s’engager dans des considérations trop métaphysiques, alors il nous reste à dire que la citation de ce jour nous explique pourquoi en amour, moins on en dit - et mieux ça vaut.
Ainsi : toutes les expressions qui ajoutent un déterminant à l’amour – pire encore : quand l’amour a besoin d’une épithète pour se dire (2) – sont en réalité des restrictions par rapport à l’absolu.
Dites à votre amoureux(se) : Je t’aime – Et puis ensuite, ajoutez : Tu sais, je t’aime beaucoup.
Et voyez la tête qu’il(elle) va faire.
On peut généraliser cet exemple à tout sentiment qui nous met en contact avec l’absolu. Ainsi de la beauté : elle est toujours dite à couper le souffle. Ce qui veut dire – entre autre – qu’on ne peut rien en dire. Mais en tout cas, comme pour l’amour, si on veut ajouter un déterminant à la beauté (dire : C’est très beau ; au lieu de : C’est beau), en réalité on retranche au lieu d’ajouter.
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(1) On m’opposera sans doute les androgynes de Platon qui ne découvrent l’amour que quand ils ont été séparés l’un de l’autre, en sorte, dit Platon, que l’amour doive réparer la scission d’un être en deux.
Mais c’est que Platon prend le sentiment amoureux comme l’expérience faite d’un manque, alors que notre auteure parle ici de la plénitude de l’état amoureux.
(2) Mot du jour – Epithète : Littéralement "qui est ajouté". L'épithète est généralement un adjectif qui se joint à un nom ou à un pronom pour le qualifier. (Une grande maison. Un petit garçon. Un homme loquace, etc.). L'épithète se différencie de l'attribut en ce qu'elle n'a pas besoin de liaison verbale.
Comparez : C'est un petit garçon où "petit" est épithète, et Ce garçon est petit où "petit" est attribut.
Tuesday, December 14, 2010
Citation du 15 décembre 2010
Monday, December 13, 2010
Citation du 14 décembre 2010
L'absolu, s'il existe, n'est pas du ressort de nos connaissances; nous ne jugeons et nous ne pouvons juger des choses que par les rapports qu'elles ont entre elles.
Buffon – Histoire naturelle des animaux
Il n'y a qu'une maxime absolue, c'est qu'il n'y a rien d'absolu.
Auguste Comte – Catéchisme positiviste
Absolu 1
Petite leçon de vocabulaire : que signifie le mot « absolu » ?
Si cette question vous laisse sans voix, retenez cette recette, elle pourra peut-être vous servir un jour : quand on vous demande de définir un terme, commencez par dire à quel autre terme il s’oppose.
Ainsi de l’absolu, qui par opposition à relatif, signifie : ce qui est sans relation, sans cause, sans effet – du moins sans justification à partir de ses effets – et sans condition.
Toute connaissance consistant à établir un rapport entre deux choses – ainsi que le montre la citation de Buffon – on en déduira que l’absolu, s’il existe, échappe à notre savoir.
C’est ainsi également que Montesquieu débute l’Esprit des lois (I,1) par la définition suivante : Les Lois, dans la signification la plus étendue, sont les rapports nécessaires qui dérivent de la nature des choses ; & dans ce sens tous les êtres ont leurs lois, la divinité a ses lois, le monde matériel a ses lois, les intelligences supérieures à l’homme ont leurs lois, les bêtes ont leurs lois, l’homme a ses lois.
Toute loi physique est en effet l’énoncé d’un rapport entre des phénomènes (de la pression avec la température, de la masse avec la vitesse, etc…), et nous dirons la même chose des lois civiles dans la mesure toute fois où elles prétendent à une certaine « vérité ». (1)
Ceci étant posé, on arrive alors à comprendre le relativisme d’Auguste Comte.
--> Comte ne nous dit pas : La vérité ? Ça dépend… Ça, pour vous, c’est faux, mais pour moi, c’est vrai. Ce genre de raisonnement est un dispositif anti emm… que les élèves utilisent ad nauseam à l’encontre de leur prof de philo – ce qui les dispense de toute réflexion et de toute argumentation.
Ici, par contre, il s’agit de réfuter la prétention à connaître les choses en elles-mêmes, dans leur nature ou dans leur essence. Cela, pour Auguste Comte, c’est le propre de savoir « théologique » ou « métaphysique », « Alors que l'esprit métaphysique recourt à des concepts éternels et universels, qu'il ne soumet pas à la réalité, l'esprit positif confronte les hypothèses au monde réel. » (Wikipédia – lire la suite ici)
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(1) On a fait grief à Montesquieu de plaquer les lois civiles (qu’il étudie dans son ouvrage) sur cette définition des lois physiques (= les lois civiles expriment alors de rapports eux aussi nécessaires). Mais après tout, n’est-ce pas une précaution très utile ? Savoir que nos lois n’ont une part de vérité que par la convenance qu’elles ont avec les circonstances, avec l’intention, avec les effets obtenus, n’est-ce pas ce qu’on désigne aujourd’hui par le terme de « pragmatisme » ?