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Thursday, March 02, 2017

Citation du 3 mars 2017

If there is such a thing as good leadership, it is to give a good example. I have to do so for all the Ikea employees. (« … Je dois être un exemple pour tous les employés d’Ikéa »)
Ingvar Kamprad (Fondateur des magasins Ikéa)

- Beurk !...
- Qu’est-ce qu’il y a Kévin, on dirait que tu es dégouté ?
- Dégouté ? Ben oui que je le suis – et pas qu’un peu !
- Raconte ?
- Voilà : je viens de passer aux toilettes, histoire de fumer mon petit joint de 10h – c’est l’heure de la pose, tu vois ?
Et qu’est-ce que je vois en entrant ? Monsieur Kamprad qui en sort.
- Kamprad ? Tu veux dire le Patron ?
- Oui, le patron – le Big boss rien que ça.
- Bon – et alors ?
- Je suis entré dans le w-c qu’il venait de quitter (pas d’erreur possible, la chasse d’eau se remplissait encore). Et là qu’est-ce que je vois ? Plein de pisse partout, tout autour. Ce mec il est incapable de pisser correctement, et quand même – admettons que ça lui arrive – il devrait penser à essuyer pour ceux qui vont venir après lui et qui vont marcher dedans.
- Oui, c’est vraiment dégoûtant. Mais enfin, tu ne dois pas être si surpris que ça. Les hommes comme tu le sais, arrivés à un certain âge, la prostate, le filet qui coule sur les godasses, la vessie comme une burette… Bref, Ingvar Kamprad c’est quand même un vieux monsieur.
- Oui, mais tu as oublié les affiches placardées partout qui disent «If there is such a thing as good leadership, it is to give a good example. I have to do so for all the Ikea employees. »
C’est bien signé Ingvar Kamprad ? Bonjour l’exemple !
- Ah Kévin comme tu es… C’est parce que tu es jeune que tu prends tout au premier degré. Imagine simplement que le patron doit donner l’exemple favorable au travail des employés et rien d’autre. Monsieur Kamprad il fait ce qu’il veut en dehors de son rôle de patron, et admets qu’aller au pipi-room, ce n’est plus vraiment en rapport avec le travail.
- Tu crois ? Si mon député arrive à l’heure à sa permanence, porte une jolie cravate et des chaussures bien cirées, alors qu’importe qu’en dehors de ça il soit un fieffé escroc ?
- Tu en doutais, Kévin ?

Wednesday, December 09, 2015

Citation du 10 décembre 2015

La ville la plus propre n’est pas celle qu’on nettoie le plus, c’est celle qu’on salit le moins.
Manuela Carmena (Maire de Madrid) – Libé du 5-6 décembre 2015
Commentaire I
- Dis-donc, Kévin, est-ce que tu as fait ta douche ce matin ?
- Heu… Non
- Kévin, je crois que tu ne l’as pas faite non plus hier, ni les jours précédents.
- Bof… Quelle importance ?
- Quelle importance ? Mais enfin, Kévin, tu sais bien que si tu ne te laves pas tu resteras sale, que tu sentiras mauvais, et qu’à ton approche tes copines vont dire : « A vue de nez, c’est Kévin qui arrive » !
- Et alors, M’man ? Les filles je m’en fiche, et mes copains ils font tous comme moi.
- Oui, ils sont comme toi, c’est à dire comme des adolescents qui se négligent…
Mais il n’y a pas que ça. Tu sais Kévin que la saleté est un nid pour les parasites et les microbes qui attaquent ton organisme et qui y font des dégâts.
- Ben d’accord, M’man ! On doit se laver quand on est sale – et moi, je ne suis pas sale !
- Ah bon ? Tu n’es pas sale quand tu ne t’es pas lavé depuis 8 jours ?
- Eh bien non ! Je ne fais rien de salissant, moi. Je ne suis pas comme toi à faire la cuisine, le ménage, éplucher des patates ou passer la serpillère. Est-ce que je cours derrière un ballon dans la boue ? Est-ce que je file en vélo sur les routes poussiéreuses ? Non ! Crois-tu que le canap’ devant la télé soit salissant ? Que ma PS4 me cochonne les mains ?
Tu vois, M’man, ce qui compte, ce n’est pas de se nettoyer, c’est de ne pas se salir.

La suite à demain, si vous le voulez bien…

Friday, May 01, 2015

Citation du 2 mai 2015

Rien n’est plus désagréable que les interprétations purement chimiques de vos sentiments.
Florian Zeller – La Jouissance

Attention : la lecture de ce qui suit ne convient pas aux jeunes de moins de 12 ans.

Ah !... L’adolescence ! Période durant la quelle la chimie des sentiments se déploie dans toute sa surprenante dimension ! Voyez par exemple le cas de notre petit Kévin (qui a maintenant presque 14 ans) :
- Maman, dis Maman, qu’est-ce qui m’arrive ? Depuis que Mado s’est mise à côté de moi en classe, je ne pense plus qu’à ça !
- Qu’à ça ? C’est quoi « ça » ?
- C’est son coude contre le mien, ce sont ses cheveux qui me frôlent quand sa tête virevolte,  ce sont ses yeux pervenche quand son regard sonde le mien.
- Son regard sonde le tien… Dis-moi, Kévin je crois que tu es amoureux !
- Amoureux ? Qu’est-ce que ça veut dire Maman ?
- ça veut dire tout ce que tu viens de dire, mais tu ne t’en rends pas compte parce que c’est la première fois.
- Je comprends pas Maman ???
- Vas voir ton père, il va t’expliquer mieux que moi.
o-o-o
- Papa, dis Papa, maman me dit que je suis amoureux de Mado, mais j’ai pas compris ce qu’elle voulait dire.
- Tu as en effet l’âge de comprendre, Kévin. Ce que ça veut dire, c’est que tu es devenu grand et que les femmes commencent à t’intéresser. Quel âge elle a, Mado ?
- Elle a treize ans.
- Voilà. C’est bien ce que je pensais.
- Tu pensais quoi, Papa ?

- Que tu as envie de lui donner un bon coup de bite.

Sunday, April 14, 2013

Citation du 15 avril 2013

Kant a certes les mains propres, mais le problème tient au fait qu’il n’a pas de mains.
Charles Peguy
Morale kantienne II
- Viens ici, Kévin, j’ai à te parler.
- Oui, Papy. Qu’est-ce que tu veux me dire ?
- J’ai entendu les confidences de ta mère. Elle dit que tu passes tes nuits loin de la maison. Que, quand tu rentres au petit matin, tu sens très fort l’herbe et l’alcool et que de surcroit tu as des cernes sous les yeux qui n’ont même pas disparu quand tu te réveilles – à midi. Est-ce vrai ?
- Ben oui, Papy. Je fais la teuf avec mes amis. On picole c’est vrai, mais pas trop. Juste ce qu’il faut pour que nos copines qui en font autant soient joyeuses et qu’elles nous laissent les approcher.
- Les approcher ? Qu’est-ce que tu veux dire ?
- Ben tu sais bien ? Rappelle-toi, Papy, quand tu étais jeune, que tu te retrouvais pour la soirée avec Mamie – et ses copines ?
- Ne détourne pas la conversation s’il te plait ! Moi, je voudrais que tu me dises quand tu te lèves le lendemain et que tu te regardes dans le miroir qu’est-ce que tu vois ?
- Je vois que je ne suis pas fraichou, et en plus que j’aurais mieux fait de me déshabiller avant de me coucher.
- Non Kévin, non. Ce que tu vois c’est un petit débauché qui au fond de lui a honte de ce qu’il a fait et honte de ce que ses parents – et moi-même – vont en penser.
- Oh ! Lala… et toi, Papy ? Hein, toi. Quand tu te regardes le matin qu’est-ce que tu vois – à part ta vieille peau ?
- Moi, Kévin, j’ai peut-être une vieille peau toute fripée, mais au moins je me sens parfaitement tranquille. Je n’ai pas à avoir honte parce que je n’ai pas succombé à mes pulsions.
- Tes pulsions ! De quoi tu parles ? Te rappelles-tu seulement ce qu’elles étaient ? C’est facile pour vous les vieux d’être purs : vous n’avez plus rien qui puisse vous tenter.
Tiens tu veux que je te dise ? Tu me fais penser à Kant – Kant, tu sais le philosophe. L’autre jour, notre prof de philo nous a cité Péguy : Kant a certes les mains propres, mais le problème tient au fait qu’il n’a pas de mains.

Saturday, July 21, 2012

Citation du 21 juillet 2012

Au fond, est-ce que ranger ça ne revient pas un peu à foutre le bordel dans son désordre ?
Philippe Geluck
Tout désordre n'est qu'un ordre différent
Bergson – La pensée et le mouvant (Citation du 17-1-2006)

- Kévin – Range ta chambre !
- Mais, M’man je l’ai déjà rangée hier !
- Comment ça « Rangée hier » ? Tu as vu où sont tes chaussette sales ? Avec tes cahiers – Et ton livre de la Princesse de Clèves ? Sous ton bureau. Un cochon n’y retrouverait pas ses petits.
… D’ailleurs, à part ta PS3, qui est sur ton lit, on ne retrouverait rien ici.
- Ben justement. Si je range je ne retrouverai même plus ma PS3.
- Oh, ça va hein. Je vais revenir et je ne veux plus voir ce désordre.
- Mais tu sais M’man, ça sera pire : ranger, ça revient à foutre le bordel dans mon désordre
…..
Quand on a comme moi pour  projet de vulgariser la philosophie, on se pose la question du genre de langage, que l’on va adopter : relevé ? Familier ? A moins que ce ne soit plutôt la tournure de la pensée qui compte.
Alors, reprenez le dialogue ci-dessus et imaginez que la dernière réplique de Kévin soit :
« - Mais tu sais Maman ça n’est vraiment pas la peine : tout désordre n’est qu’un ordre différent. »
Là, ça ne marche pas – ou pas aussi bien. D’un seul coup Kévin devient pédant (ce qui n’est pas crédible), ou bien impertinent (ce qui est crédible, mais pas comme ça)
Bergson, philosophe, s’exprime dans un ouvrage philosophique. Philippe Geluck, auteur de bande dessinée, fait tenir sa pensée dans l’espace de bulles réparties dans des images. Différence de forme – différence de stimulation pour la pensée.
Mon avis est que la forme est décisive pour ce genre d’exercice. Populariser, c’est entrer dans la forme du dialogue – ou du monologue de stand-up selon les cas (1) – et c’est former sa pensée à l’intérieur de ça.
Simplement il ne faudrait pas imaginer que la philosophie soit intégralement vulgarisable : la construction des concepts suppose forcément à un moment ou à un autre un effort intellectuel.
Alors, à quoi bon vulgariser ? Peut-être pour amorcer le mouvement. Faire comme un teaser.
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(1) Contrairement à Wikipédia, je ne considère pas que le stand-up soit nécessairement un monologue comique.

Friday, December 16, 2011

Citation du 17 décembre 2011

Dans l'incertitude de la vie humaine, évitons surtout la fausse prudence d'immoler le présent à l'avenir.

Rousseau – Emile

- Dites, Papa-Maman, Jade – vous savez, ma copine ? Eh bien elle me propose de partir au ski avec elle pour Noël ! Vous êtes d’accord ?

- Dis-donc, Kévin, tu as vu ce qui vient de se passer, au conseil de classe ? Le premier trimestre s’achève sur un avertissement pour manque de travail. Tu es en terminale, ne l’oublie pas, Kévin. Tu sais que la préparation du bac, ça commence le jour de la rentrée.

- Bon, d’accord… Mais tu sais que c’est à cause de la prof de maths, madame Lemercier – la grosse vache (1) – qui peut pas me piffer. C’est à cause d’elle que j’ai eu un averto. Sinon…

- Sinon rien du tout ! Pas question que tu partes avec Jade : tu vas rester ici et tu auras des cours de rattrapage en maths avec Acadomia.

- Non ! Papa-Maman, vous savez que si je ne pars pas avec Jade elle m’a dit que son père voudrait emmener un cousin parisien. Sûr qu’il va en profiter pour la draguer et qu’au retour je serai out. Vous pouvez pas me faire ça !

- Mais si Kévin ! Passe ton bac d’abord !

- Marre du bac ! j’en ai rien à f…

- Kévin, arrête un peu, tu veux ? tu sais qu’avec le bac tu ne peux certes pas faire grand-chose – mais que sans le bac tu ne peux rien faire du tout, et surtout pas continuer tes études. Alors tes fredaines avec Jade, ça passe après tu vois.

- Alors, c’est ça ? C’est parce que je suis avec Jade que ça vous embête ? Vous allez faire mon malheur et vous voulez me faire croire que c’est pour mon bonheur ?

Vous savez ce que j’ai à vous répondre ? Dans l'incertitude de la vie humaine, Papa-Maman, évitez surtout la fausse prudence d'immoler le présent à l'avenir.

- Kévin ! Laisse tomber Rousseau et va réviser tes maths.

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(1) Uniquement pour ceux qui auraient oublié : voir ici

Monday, August 29, 2011

Citation du 30 aout 2011


Agis de telle sorte que tu traites l'humanité aussi bien dans ta personne que dans la personne de tout autre toujours en même temps comme une fin, et jamais simplement comme un moyen.
Kant – Fondements de la métaphysique des mœurs, 2e section.
Hier, nous nous indignions de l’esclavage, et nous recherchions si on pouvait l’éradiquer et en même temps protéger la planète.
Hélas, il faut le dire : c’est impossible.
Reste donc la réponse kantienne (qui est une position morale) : faute de pouvoir nous passer de l’usage des autres comme simple moyen pour la satisfaction de nos besoins (rappelez-vous le pousse-pousse d’hier), il nous reste la possibilité de considérer en même temps les autres comme une fin en soi – c’est même un devoir.
Mais je vois notre ami Kévin qui arrive : il est mort de rire.
- Traiter les autres comme une fin : quèsaco ? Encore un de ces trucs incompréhensibles que les philosophes balancent comme ça en espérant que personne ne va leur demander ce que ça veut dire !
- Que nenni très cher.
La fin dont parle notre philosophe est la fin en soi, c’est-à-dire le but qui est constitué par une valeur définitivement établie.
La fin en soi est le symétrique de la cause première : celle-ci n’a pas besoin de cause antérieure pour exister, celle-là n’a pas besoin d’être englobée dans une valeur plus vaste, transcendante par rapport à elle.
- Cause première… Cause toujours, oui ! C’est du charabia et rien de plus.
- Hé bien vois-tu, Kévin, dans les deux cas, tu ne peux tout simplement pas demander « Pourquoi ».
Par exemple : « Pourquoi il faudrait respecter mon prof quand il me tourne le dos pour écrire au tableau. »
- Et lui, il me respecte peut-être quand il m’envoie au tableau pour l’exo de maths le lundi matin – à 8 heures !
- C’est l’être humain que tu dois le respecter. Et ça, c’est indiscutable.
- Eh bien voilà ! Tantôt c’est un être humain – dans la rue.
Tantôt c’est un prof – dans la classe.