Saturday, December 21, 2013
Citation du 22 décembre 2013
Sunday, July 29, 2012
Citation du 30 juillet 2012
Sunday, March 11, 2012
Citation du 12 mars 2012
Sunday, September 25, 2011
Citation du 26 septembre 2011
Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni titre, ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c'est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est sous prétexte d'utilité publique et au nom de l'intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné (1), pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !
Proudhon – Idée générale de la révolution au XIXe siècle (1848)
Il est rare qu’une citation aussi longue et utilisant le procédé de la définition par l’énumération de termes (2) ait un tel succès. Et pourtant il n’est que de lancer une recherche sur Google pour s’en assurer : cette citation, on la retrouve in extenso dans de nombreuses occurrences (on peut la lire ici sur le site d’anarchistes québécois). Je suppose qu’on apprécie ce débordement verbal exprimant parce qu’il exprime une insupportable réalité : l’Etat qui nous gouverne nous accable de son contrôle tatillon et soupçonneux. Il est partout, et il contrôle tout.
Mais… S’il le peut, n’est-ce pas, comme le supposait La Boétie que nous aimons ça ?
--> Pour le savoir je me suis interrogé sur l’attitude qui est la nôtre en présence des pays où l’Etat est moins puissant que chez nous.
Je laisserais de côté, le cas de la Belgique – pourtant intéressant : plus d’un an sans gouvernement et toujours debout !
C’est que l’actualité nous tourne plutôt vers la Grèce et son « laxisme » fiscal, conséquence de l’impuissance de son gouvernement et de ses fonctionnaires à faire rentrer l’impôt et à percevoir les taxes : ce dont s’effarouchent le FMI et la BCE. Voilà un pays où l’on n’est pas «à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé… »
Et vous savez quoi ? Au lieu de les envier et de les féliciter, nous les méprisons et les accusons de faiblesse, quand ce n’est pas d’abominables tricheries !
J’aimerais croire que c’est de la jalousie.
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(1) Mot du jour – Concussionné : être victime de la concussion.
Concussion : Malversation d'un fonctionnaire qui ordonne de percevoir ou perçoit sciemment des fonds par abus de l'autorité que lui donne sa charge. (TLF)
(2) Enumération, ou accumulation, ou inventaire ? J’ai consulté mon Gradus (Bernard Dupriez) et je pencherais finalement plutôt pour accumulation – mais sans certitudeWednesday, June 01, 2011
Citation du 2 juin 2011
Sunday, May 22, 2011
Citation du 23 mai 2011
Vous êtes un homme politique. C'est bien. Il en faut. Mais, en certaines circonstances, les hommes politiques doivent savoir se hausser au niveau des hommes d'Etat.
De Gaulle : 31 mai 1958
Ces mots ont été adressés par le Général de Gaulle à François Mitterrand, alors député socialiste, lors d'une rencontre organisée le 31 mai 1958 dans le grand salon de l'hôtel La Pérouse à Paris. Cette réunion rassemblait le Général de Gaulle et les présidents des différents groupes parlementaires : Pinay, Daladier, Mollet, Ramadier, Teitgen et Mitterrand.
De Gaulle n’aimait pas trop les hommes politiques, même s’il en faisait partie : il les classait en deux groupes :
- il y avait les florentins (type Chaban-Delmas (1)) qui étaient des intrigants et qui avaient comme objectif leurs propres ambitions.
- et puis il y avait ceux qui étaient des responsables de partis qui étaient à la lutte pour leur parti plus que pour la nation.
Je suppose que c’est dans cette dernière catégorie qu’il rangeait François Mitterrand (en 1958 du moins).
Que doivent faire les hommes politiques pour se hausser au niveau des hommes d'Etat ?
A mon avis, on voit cela tous les jours – ou du moins on devrait… Un homme d’Etat doit prendre des décisions graves qui mettent en jeu la possibilité pour son parti de gagner les prochaines élections, mais qui sont surtout des décisions indispensables pour le bien de la Nation.
Ça va de l’augmentation des impôts à la suppression des panneaux signalant des radars sur le bord des routes : mesures à coup sûr impopulaires et qui donnent du grain à moudre à l’opposition, sauf bien sûr si les dirigeants de celle-ci sont au niveau des chefs d’Etats.
A contrario on sait bien que les périodes préélectorales sont de moments délicieux pour les citoyens qu’on dorlote à coup de promesses, mais aussi à coup de subventions ou de suppression de taxes. Qu’on se rappelle l’époque où on pouvait mettre sa voiture en stationnement interdit 6 mois avant les Présidentielles et mettre allègrement à la poubelle l’avis de contravention : elles étaient toutes amnistiées par la grâce présidentielle.
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(1) C’est du moins comme cela qu’il le qualifie dans ses Mémoires.