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Wednesday, May 21, 2014

Citation du 22 mai 2014



L'homme est un animal qui fait des affaires. Un chien n'échange pas son os contre celui d'un autre.
Sydney Smith (1771-1845)
Commentaire I
L'homme est un animal qui fait des affaires : façon de dire que l’homo economicus n’est pas simplement un consommateur, mais aussi un partenaire (cf. cit. du 20 mai). Plus original est de le situer dans la nature, quelque part entre l’animal et l’être humain.
Soit un prédateur : il vient de capturer sa proie. Il peut alors se passer plusieurs choses :
            - Soit il la consomme ;
            - Soit il se la fait voler par un congénère ;
            - Soit il la donne à ses petits.
Mais jamais il ne l’échange contre un avantage quelconque (même durant la parade sexuelle chez certains oiseaux ? A vérifier (1))
Donc, admettons que l’homme soit le seul animal dans la nature qui échange un poisson qu’il vient de pécher contre des légumes, ou bien un couteau contre une ceinture qui lui confère un pouvoir surnaturel. Si l’on est darwinien on doit se dire : ce comportement est essentiel à la survie de l’espèce, sans quoi il aurait été supplanté par un autre.
Un autre ? Oui, un autre, comme le don ou le vol.
J’entendais récemment quelqu’un faire l’éloge de la guerre : par le viol qu’elle multiplie, elle entraine le métissage, si heureux pour la robustesse de l’espèce. Par le pillage, elle remet en circulation des richesses accumulées dans les trésors des églises ou dans les coffres des châteaux.
Bref : l’homme est en réalité une espèce comme une autre, avec toutefois cet avantage de pouvoir choisir entre plusieurs comportements, là où les autres animaux sont limités à un seul du fait de leur soumission à l’instinct.
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(1) A supposer que ça existe la question serait : s’agit-il d’un don (pour amadouer la belle) ou bien d’un échange (je te donne ce beau ver de terre, et en échange tu me laisses accéder à tes charmes).

Tuesday, April 09, 2013

Citation du 10 avril 2013



En voyant quelquefois les friponneries des petits et les brigandages des hommes en place, on est tenté de regarder la société comme un bois rempli de voleurs, dont les plus dangereux sont les archers, préposés pour arrêter les autres.
Chamfort – Maximes et pensées
Le pourcentage de voleurs est le même dans toutes les communautés, même chez les gendarmes.
Edgar Morin (cité le 25-01-2008)

Je citais il y peu le cas de notre ministre du budget chargé de combattre la fraude fiscale et qui selon toute apparence lessivait en douce l’argent de ses propres fraudes grâce à ses comptes offshore dont nous découvrons aujourd’hui l’existence.
Et nous, de nous énerver en constatant que le gardien de notre budget était en réalité un fraudeur et que tout ce qu’on pouvait espérer de lui, c’est qui fut le seul fraudeur qu’il tolérât.
Or Chamfort, en plein 18ème siècle, nous avertit que les voleurs les plus dangereux sont précisément les archers préposés à leur arrestation.
On supposera avec Edgar Morin que si les gendarmes chargés d’arrêter les voleurs sont eux-mêmes des voleurs, c’est simplement parce qu’il s’agit d’une catégorie socio-professionnelle comme les autres. Mais on aurait tort de les tenir quitte pour si peu. Comme Platon le faisait observer, les médecins sont – grâce à leur science – les plus dangereux empoisonneurs qui soient. Et les geeks les plus honnêtes feraient les hackers les plus redoutables. Et bien sûr ceux qui ont pour mission de débusquer les évadés fiscaux ont des compétences qui en feraient d’excellents connaisseurs des iles Caïman.
Mais on l’a déjà compris, ces propositions sont parfaitement réversibles : les criminels sont les plus compétents pour débusquer les criminels – comme l’a amplement prouvé Vidocq forçat évadé du bagne qui devint le chef de la police de Napoléon.
On devrait donc demander à un empoisonneur d’écrire un Traité des poisons ; à un hacker de tester la résistance des réseaux ; et à un Cahusac, évadé fiscal depuis 20 ans, de lutter contre les fraudeurs. Il s’agit de traiter le mal par le mal, comme le préconise l’homéopathie.
L’homéopathie : selon elle la différence entre le mal qui combat et le mal combattu est affaire de dosage : il suffit une infime quantité d’agent pathogène pour combattre la plus féroce infection.
Et donc ? Si monsieur Cazhusac n’a que 600000 euros d’argent sale, il peut reprendre son poste : on reste dans le dosage homéopathique.

Saturday, November 15, 2008

Citation du 16 novembre 2008

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Je prétends que ni le travail, ni l'occupation, ni la loi ne peuvent créer la propriété ; qu'elle est un effet sans cause : suis-je répréhensible ? Que de murmures s'élèvent !
- La propriété, c'est le vol ! Voici le tocsin de 93 ! Voici le branle-bas des révolutions ! ...
Pierre-Joseph Proudhon – Qu'est-ce que la propriété ? (1840)

Qu’on me permette de revenir sur cette citation de Proudhon (à peine effleurée le 17 mars 2006), pour en souligner la pérennité : oui, aujourd’hui encore, crier à bas la propriété, c’est toujours sonner le tocsin de 93 !
Car enfin, si la crise actuelle touche au plus profond notre société, c’est bien parce que l’accession à la propriété se trouve menacée. Et elle est menacée non par les anarchistes, mais par les banques ! Ce sont elles qui refusent à de larges couches sociales d’accéder à la propriété, en leur refusant le crédit. Le crédit ! Dire aux gens : si vous n’avez pas d’argent, vous ne pouvez pas acheter ! Que de murmures s'élèvent
Voilà donc où nous en sommes. Proudhon quant à lui, n’avait pas ce souci. Il se demandait seulement si la propriété était fondée d’une façon ou d’une autre, avec cette idée qu’être propriétaire d’un bien, c’était exclure de la jouissance de ce bien tous ceux qui n’en étaient pas propriétaires.
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Qu’est-ce qui est le plus important ? Posséder ou consommer ? Voilà sa question, que nous ne comprenons peut-être déjà plus parce que pour nous, il va de soi qu’il faut posséder pour consommer. Mais l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons à la fontaine, le fruit que nous cueillons à l’arbre, tout cela c’est de la jouissance sans propriété.
Toutefois si Proudhon semblait dénigrer la propriété, sa critique restait encore modérée. Car c’est par la perte de liberté que la propriété semble le plus redoutable : nous sommes possédés par ce que nous possédons (cf Post du 8 juillet 2006).

Mais ça, on le savait déjà grâce à Miss.Tic : mieux vaut louer que posséder. Car louer, c’est rester libre.
(Image publiée par Henri Kaufman)






Thursday, January 24, 2008

Citation du 25 janvier 2008

Le pourcentage de voleurs est le même dans toutes les communautés, même chez les gendarmes.
Edgar Morin
Vous avez remarqué ? Edgar Morin prend comme exemple extrême les gendarmes : s’il y a des voleurs chez les gendarmes, alors c’est qu’il y en a partout. Même chez les banquiers ; même à la Société Générale.
Bon on est d’accord. Mais ne devrait-on pas dire que dans chaque corporation les voleurs possèdent leur propres techniques ? Le gendarme qui est voleur va voler grâce à ses connaissances du milieu des malfrats ; le banquier va voler grâce à ses connaissances des rouages financiers.
Mais ce n’est pas encore assez dire. Quelles sont les caractéristiques du voleur banquier ?
D’abord, il peut très bien ne pas tirer parti de ses fraudes : dans notre cas le trader qui a cramé 5 milliards d’euros n’a sans doute pas dépensé grand chose de cette somme. Pire encore : elle a sans doute disparu dans la tempête boursière, le voleur étant alors plus un fraudeur qu’un bandit de grand chemin.
Mais je dirais que ce qui m’intéresse le plus dans ce cas, c’est l’énormité de la perte - 5 milliards d’euros - mis en rapport avec la jeunesse - 31 ans - de cet homme. Avec le krach de la Baring Bank (1), on avait déjà remarqué le pouvoir extraordinaire accordé à des hommes qui l’exercent seuls, et sans contrôle proportionné. Imaginez donc que vous soyez chef d’Etat. Vous avez des pouvoirs de décision, qui sont soumis au vote des députés, au contrôle de la Cour des comptes, etc.. Bref : vous allez pouvoir faire des erreurs mais pas des fraudes et encore moins de l’enrichissement personnel. Et de toute façon ça ne durera pas des années.
Maintenant vous êtes trader. Vous avez le pouvoir de manipuler des sommes astronomiques : 50 milliards d’euros dans le cas qui nous occupe. Déjà, bien sûr détourner 5 milliards sur 50, ça devient imaginable. Mais surtout est-ce que vous n’avez pas un pouvoir financier qui excède celui de bon nombre de chefs d’Etats ?
On n’arrête pas de dire que le pouvoir n’est pas là où l’on croit, qu’il se cache dans les médias, dans les multinationales.
Ajoutez les traders à la liste.
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(1) Il s'agit du Trader Nick Leeson

Wednesday, June 28, 2006

Citation du 29 juin 2006

« …quand on se trouve en danger et qu’on ne peut pas faire autrement, il est légitime d'utiliser le bien d'autrui pour subvenir à ses propres besoins ; on peut le prendre, ouvertement ou en cachette, sans pour autant commettre réellement un vol ou un larcin. »
Thomas d’AQUIN, Somme théologique, II-II, q. 66, art.7
Une supposition, vous êtes Thomas d’Aquin (LE Saint Thomas), tranquillement assis dans le métro entrain de relire une fois de plus les Seconds Analytiques (1). Et vous entendez ceci :
« Bonjour madame, bonjour monsieur,
Je m’appelle Roger et je sors de prison.
Ça fait huit jours que je dors dehors parce que je n’ai pas de logement. Je n’ai pas de travail non plus, et je n’ai pas d’argent.
Je vais passer parmi vous, si vous voulez bien me donner une petite pièce pour m’aider à sortir de cette mauvaise passe.
Merci. »
Qu’allez-vous faire ? Lui donner de l’argent ? Mais en avez vous ? Supposons que non (vous avez déjà donné votre bourse à d’autres miséreux qui pullulement dans cet endroit à Paris). Alors vous allez lui dire :
« Roger, toi aussi tu es un enfant du Seigneur. Tout ce qui a été crée l’a été pour l’humanité entière, donc pour toi également. Tu as faim ? Sers-toi chez Lidl et sors sans payer. Tu as froid ? Vas chez Tati et rhabille-toi dans une cabine d’essayage. Tu n’as pas de logement ? Prend un pied de biche et installe-toi dans un logement inoccupé.
Et si on te le reproche (car des infidèles pourraient préférer la loi de l’argent à la loi du Seigneur), dis-leur que tu n’as rien volé, que tu t’es contenté de prendre ce qui t’appartenait déjà, ce qui t’était destiné par la Divine Providence. Et dis-leur que c’est pour ça que tu t’es servi au Lidl et pas chez Fauchon. »
(1) Voyons bande d’ignorants ! C’est un traité d’Aristote.

Thursday, March 16, 2006

Citation du 17 mars 2006

« La propriété, c’est le vol. »
Proudhon
- Papa, papa, dis papa, tu m’achètes un cerf-volant ?
- Pourquoi faire ? On en a un dans le coffre de la voiture. Vas le chercher.
- Mais c’est pas le mien , c’est celui de Fabien !
- Puisqu’il te l’a prêté pour les vacances, tu n’as qu’à t’en servir.
- J’en veux un à moi !
- Ecoute c’est idiot qu’est-ce que ça te donneras de plus qu’il soit à toi ? Il volera aussi bien qu’il soit à toi ou pas.
- Mais je pourrai le garder pour moi tout seul, personne ne pourra venir me le reprendre, ni s’en servir si je ne veux pas.
- Tu veux que je t’achète un cerf-volant uniquement pour empêcher d’autres que toi de s’en servir ? Tu n’es qu’un égoïste !
- Dis papa, pourquoi tu viens d’acheter une nouvelle maison : on était bien mieux dans l’ancienne que tu avais louée.
-…
- Papa, dis papa, tu me l'achètes ce cerf-volant ?