Saturday, November 28, 2015
Citation du 29 novembre 2015
Saturday, August 27, 2011
Citation du 28 aout 2011
Tous les mots sont des outils. Ni plus ni moins. Des outils de communication. Comme les voitures. Des outils techniques, des outils utiles. Quelle idée de les adorer comme des dieux !
Wednesday, March 16, 2011
Citation du 17 mars 2011
Pour attirer les hommes, je porte un parfum qui s'appelle "Intérieur de voiture neuve" !
Rita Rudner (Quelques citations à lire ici)
Moi, j’aime bien les pubs BMW : lorsqu’elles ne nous invitent pas à jouir du bonheur, elles nous rappellent que la femme et la voiture ne sont que les deux faces du même objet. C’était déjà évident dans cette vidéo (postée ici même le 8 février 2008). Ça l’est encore plus aujourd’hui.
Sauf que…
Dans la Pub de 2008 (voir Post cité), on laissait entendre que la voiture n’est qu’un succédané de la femme, alors qu’aujourd’hui c’est l’inverse : le monsieur ne peut honorer la dame qu’en fantasmant non pas comme on l’imaginerait sur des pinups, mais sur l’image d’une voiture
Une voiture ? Oui – Mais une BMW !
Laissons tomber les BMW, d’autant que je ne suis même pas payé pour leur inventer des slogans.
--> La question intéressante n’est pas : de quoi les voitures sont-elles l’image si ce qu’on leur demande c’est de remplacer les femmes (comme dans notre vidéo de 2008). Mais bien : de quoi les femmes sont-elle l’image si ce qu’on leur demande c’est de remplacer les voitures.
Et là, la réponse est évidente : la femme ne sert dans ce cas qu’à permettre aux hommes d’afficher leur virilité. C’est tellement évident qu’on voit des stars (et même des chefs d’Etats) s’afficher avec une jolie femme uniquement pour qu’on devine qu’il la b… et même qu’il la b... bien. Ici, comme souvent, les publicités ne font qu’exprimer crûment ce que nous imaginons confusément.
Reste à dire comment les dames peuvent tirer parti de ce penchant masculin à les considérer comme une preuve de leur puissance sexuelle, sans pour autant donner l’impression vulgaire d’être une femme de mauvaise vie. Le parfum "Intérieur de voiture neuve" risque bien de ne pas suffire.
Dans ce cas je recommanderai le site ma-bimbo.com, qui vous apprendra en jouant à faire tout ce qu’il faut pour arriver à séduire un homme riche et célèbre.
Saturday, December 05, 2009
Citation du 6 décembre 2009
Je crois que l'automobile est un équivalent assez exact des grandes cathédrales gothiques : je veux dire une grande création d’époque, conçue passionnément par des artistes inconnus, consommée dans son image, sinon dans son usage, par un peuple entier qui s’approprie en elle un objet parfaitement magique.
Roland Barthes – Mythologies
Le petit texte que je cite ici est le début de la Mythologie consacré à la D.S. (La nouvelle Citroën), et on comprend bien grâce à la comparaison avec la cathédrale gothique, que l’image de la voiture en 1955 était beaucoup plus fortement valorisée qu’aujourd’hui. Mais il n’en reste pas moins que ce qu’on voit de nos jours soit un peu surprenant.
La crise aidant – crise financière, pétrolière et environnementale – l’image de la voiture change profondément. Mais jusqu’à quel point ? Est-elle toujours comme le dit Barthes consommée dans son image ?
Petit retour en arrière : dans les années 50-60, la taille de la voiture était directement proportionnelle à l’importance sociale du monsieur qui la conduisait, et quand plusieurs modèles de la marque étaient à peu près identiques, le plus cher se signalait par des chromes plus ostensibles. C’est ce qu’on appelait alors la hiérarchie des chromes. Changer sa voiture pour une plus grande, c’était évidemment un signe de prestige social fort. Au fond, la voiture était un peu comme la qualité du vêtement, quelque chose qui ne servait pas seulement à sa fonction première, mais aussi à signaler aux autres quel était son rang.
Et aujourd’hui ? Regardez autour de vous quand vous êtes sur l’autoroute ou dans des embouteillages urbains. Voyez combien toutes ces voitures se ressemblent, combien la modicité de leurs dimension, la banalité de leurs accessoires, les mettent sur un pied d’égalité. Quelle différence entre le manager et l’opérateur ? Et entre le cadre A et le cadre C ? La voiture est désormais quelque chose qui sert seulement à se déplacer.
Pour reprendre la métaphore avec le vêtement, on dira que de même que le jean est un vêtement utile mais qui n’apporte aucun indice marquant l’origine sociale de celui qui le porte, la voiture est désormais quelque chose qui sert seulement à se déplacer – en émettant le moins de CO2 possible. C’est un objet « trans-hiérarchique ».
Bref : la voiture n’est plus la cathédrale gothique de la route. C’est le Lévi-Strauss de la route.
Sunday, August 09, 2009
Citation du 10 août 2009
Sunday, April 20, 2008
Citation du 21 avril 2008
Les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour la Ford T, du moment que c’est noir.
Henry Ford
Un anniversaire de plus à fêter : celui de la Ford-T, la voiture qui a mis l’Amérique sur des roues.
Quoi ? Vous dites qu’il n’y a pas de quoi se vanter et que la planète ne dit pas merci à Henry Ford ?
- Rétrograde, vous n’êtes qu’un rétrograde. Vous faites comme si les méfaits du progrès devaient entraîner son recul. C’est au contraire à un progrès de plus qu’il appartient de corriger les inconvénients du progrès précédent.
Point final.
Venons-en à ce qui nous intéresse pour aujourd’hui : Les gens peuvent choisir n’importe quelle couleur pour la Ford T, du moment que c’est noir. Boutade cynique ou propos sérieux ?
Relisons, mes chers amis, la fin de la République (oui : celle de Platon). (1). Devant choisir un destin nouveau pour une vie future (= réincarnation), Ulysse qui ne peut choisir qu’après tous les autres, ne trouve qu’un destin humble dont personne n’avait voulu. Il le prend en disant que s’il avait eu le choix, c’est ce destin qu’il aurait choisi, parce qu’il était le meilleur.
Vous m’avez déjà compris, Henry Ford est entrain de nous dire la même chose : la couleur idéale pour la Ford-T, c’est le noir. Convenons donc que si vous aviez le choix, c’est précisément celui-ci que vous feriez.
Donc : distinguons entre la situation du choix et le choix véritable.
La situation du choix c’est d’être en face d’une alternative ; mais on le sait si l’alternative c’est de choisir entre la peste et le choléra, ce n’est pas un choix réel.
Le choix véritable, c’est quand on considère que ce qu’on fait est le meilleur possible.
Comme de commander une Ford-T de couleur noire.
(1) Platon – République, livre 10, 614b-621d (fin de la République) : Ulysse apparaît en 620c