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Tuesday, February 14, 2017

Citation du 15 février 2017

Je vous luy coupperais  les couillons tout rasibus du cul, il ne s’en faudra un pelet (d’un petit poil). Par ceste raison ne sera-t-il jamais pape, car testiculos non habet (des testicules il n’aura pas)
Rabelais – Tiers livre chapitre 12
« Duos habet et bene pendentes » / – « Deos gratias »
Cérémonie d’intronisation d’un nouveau Pape

Nous voilà en présence d’une légende dont on croirait qu’elle ne fut évoquée qu’au milieu de lazzis et des quolibets hostiles à la papauté : c’est la légende de la papesse Jeanne, usurpatrice de la fonction pontificale, et de la coutume qui en découla de faire assoir le nouveau pape sur un trône percé afin de vérifier s’il avait les testiculos indispensables à prouver sa virilité – donc sa légitimité : « Duos habet et bene pendentes » annonçait-on en latin de cuisine.


Vérification de virilité d’Innocent X

- Légende de la papesse Jeanne : cette femme aurait réussi à se faire passer pour un homme jusqu’à se faire élire pape, et elle n’aurait été démasquée qu’en raison d’une grossesse impossible à dissimuler : on l’appela alors la papesse Jeanne, qui fut selon les versions lapidée ou bien exilée.
Tout cela se serait passé au 9ème siècle, mais au 15ème siècle, en plein en schisme d’occident, cette histoire réapparut sous forme d’attaque bien réelle contre la papauté : selon Jan Hus la papesse Jeanne aurait rompu la continuité apostolique des papes, autrement dit leur autorité, qui provient de celle du Christ transmise à ses apôtres et à leurs successeurs, aurait été irrémédiablement rompue par cette usurpation (cf. ici).
o-o-o
Cette étrange passion qui porte à croire à des fables invraisemblables qui ont pour seul atout de discréditer un personnage ne s’est pas éteinte de nos jours. N’a-t-on pas affirmé que monsieur Macron était un homosexuel honteux, amant de Mathieu Gallet (le PDG de radio France), utilisant son épouse comme un « paravent » destiné à masquer cette coupable perversion ?
Question : quel test faire passer aux candidats à l’élection présidentielle pour s’assurer qu’il ne s’agit pas d’invertis ? Parce que là, en avoir duos qui bene pendentes, ça ne garantit rien !
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Nota bene - Pour prolonger un peu le débat, souvenons-nous que le refus de croire des histoires invraisemblables peut aussi être le résultat d’une naïveté. Ainsi Voltaire donne comme exemple d’aveuglement de la foi le récit suivant :
« Un jour le prince Pic de La Mirandole rencontra le pape Alexandre VI chez la courtisane Émilia, pendant que Lucrèce, fille du saint père, était en couches, et qu'on ne savait pas dans Rome si l'enfant était du pape, ou de son fils le duc de Valentinois, ou du mari de Lucrèce, Alphonse d'Aragon, qui passait pour impuissant. La conversation fut d'abord fort enjouée. Le cardinal Bembo en rapporte une partie.
« Petit Pic, dit le pape, qui crois-tu être le père de mon petit-fils ?
- Je crois que c'est votre gendre, répondit Pic.
- Eh! comment peux-tu croire cette sottise ?
- Je la crois par la foi.
- Mais ne sais-tu pas bien qu'un impuissant ne fait pas d'enfants ?

- La foi consiste repartit Pic, à croire les choses parce qu'elles sont impossibles ; et de plus, l'honneur de votre maison exige que le fils de Lucrèce ne passe point pour être le fruit d'un inceste. Vous me faites croire des mystères chrétiens plus incompréhensibles. Ne faut-il pas que je sois convaincu qu'un serpent a parlé, que depuis ce temps tous les hommes furent damnés, que le Christ naquit d'une vierge et que les murs de Jéricho tombèrent au son des trompettes? » (Voltaire Dictionnaire philosophique Art. Foi)

Sunday, January 11, 2015

Citation du 12 janvier 2015

Quand le coq pond des œufs, c'est une poule.
Franz-Olivier Giesbert – Dictionnaire d'anti-citations : Pour vivre très con et très heureux (2013)
Que n’a-t-on dit du machisme qui consiste à faire de l’homme le centre – l’origine et la fin – de tout ce qui compte dans l’humanité ?
Quand le coq pond des œufs, c'est une poule : voilà qu’on rencontre une occasion où il est délibérément ignoré, son rôle nié, son existence abolie.
Et cette occasion, c’est la procréation, puisqu’on ignore complètement le rôle du coq dans la création de l’œuf.
Ce rôle, le voici rétabli dans sa réalité scientifique :

Tout sur l’appareil reproducteur du coq ici.
Alors on peut bien faire toutes les objections qu’on veut : que la poule pondra son œuf même si elle n’est pas visitée par le coq ; que le coq ne procrée pas l’œuf mais le poussin ; et que l’homme remplit le même rôle auprès de la femme (même si on ne sait pas trop bien à quoi correspond chez elle le stade de la ponte). On me dira aussi que la médecine traditionnelle se référant à Aristote imagine la semence masculine faite de petits hommes (similaires à des homuncules) qui se développent dans la matrice sans recevoir d’elle autre chose que leur pâture.  Oui : on dira ça ; mais de toute façon, il n’y a pas là de quoi glorifier l’acte sexuel.
- Car c’est là le point important : ce sont les hommes eux mêmes qui contribuent à l’oubli de leur rôle dans la procréation.
Voyez notre coq perché sur sa poule ; voyez son allure conquérante et dominatrice ; voyez ce bec impérieux qui susurre à l’oreille de la poule : « Si tu  bouges je t’en file un bon coup ! »

Maintenant regardez ce qui se passe à l’autre bout de l’animal : un cloaque qui s’extravase pour inséminer dans l’oviducte de la poule du sperme : beauark ! C’est quand même moins glorieux !

Sunday, December 14, 2014

Citation du 15 décembre 2014

La tour de Pise ne se redressera plus jamais. Pas plus que la virilité de Jacques Rainier (héros du roman), qui atteint l’âge où le déclin de la prostate entraîne le déclin du monde…
Commentaire du roman de Romain Gary (1975) – Au-delà de cette limite votre ticket n'est plus valable

Le déclin de la prostate entraîne le déclin du monde Brrrrr    : ça fout les miquettes, n’est-ce pas messieurs ?
Réfléchissons : le monde décline en même temps que la libido : voilà une vérité qu’on n’envisage pas suffisamment. La transformation de la prostate en une vieille éponge mitée incapable de soutenir la virilité, associée à la raréfaction de la testostérone serait donc pire que la ménopause chez les femmes ? (1) Comment le savoir ? Le questionnaire concernant l’andropause (test ici) vous éclairera peut-être – ou peut-être pas.
--> Essayons plutôt la méthode hypothético-déductive : supposons que ça soit vrai et examinons les conséquences qui en découlent afin de les comparer à ce qu’on trouve  dans la réalité.
- Donc notre rapport au monde dépend de notre libido. Attention ! Je n’ai pas dit : « dépend de notre rapport à l’objet sexuel », celui qu’on va conquérir en se battant dans un monde de compétition. Non. Il s’agit de dire que les hommes perçoivent le monde qui les entoure de façon subjective en fonction de la testostérone qui coule dans leurs veines – et de l’état de leur prostate.
- Du coup, on en vient à supposer que l’élan sexuel imprègne de façon détournée tous nos sentiments, toutes nos attitudes – et surtout  notre tempérament, nos enthousiasmes, notre hardiesse, et même notre capacité d’invention et de création. C’est donc cela qui se flétrirait une fois tarie en nous cette source hormonale ?
On dirait alors que l’on n’a que l’âge de ses hormones.

Désespoir ? Pas du tout : n’oublions pas que si Platon fixait à 50 ans l’âge de la sagesse, c’est qu’il savait que passé l’âge du désir et des feux de la passion, une autre carrière s’ouvrait aux hommes : celle de la connaissance et de la science de l’action opportune. Ce qui signifie que « passée cette limite, un autre ticket est utilisable » : que la sérénité et la créativité de la sagesse sont le bonheur qui nous attend au tournant de la cinquantaine : le sage prend alors le temps de connaître, de vivre avec lui-même et peut-être même de s’aimer d’avantage en se contemplant dans ses créations.
Plus de testostérone ? Aucune importance : misez sur la dopamine !
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(1) Sur l’andropause, voir ici.

Thursday, April 24, 2014

Citation du 25 avril 2014


L’homme qui, dès le commencement, a été longtemps baigné dans la molle atmosphère de la femme, dans l’odeur de ses mains, de son sein, de ses genoux, de sa chevelure, de ses vêtements souples et flottants, y a contracté une délicatesse d’épiderme et une distinction d’accent, une espèce d’androgynéité, sans lesquelles le génie le plus âpre et le plus viril reste, relativement à la perfection dans l’art, un être incomplet.
Charles Baudelaire – Les Paradis artificiels VII Chagrins d’enfance
Tu seras une femme mon fils
Anti-Slogan de la « Manif pour tous » hostile au mariage gay
et à l’enseignement des théories du genre etc…
L’homme n’est un homme viril qu’à condition d’avoir été tenu loin des femmes étant enfant : ainsi des petits garçons élevés au milieu des guerriers, contrairement à ceux qui, comme le petit Charles, ont été bercés longtemps dans le parfum de la chair des femmes. L’idée est que nous devenons ce que nous sommes en absorbant ce qui émane des corps humains présents dans notre milieu.
--> Du coup, voici défait le prétendu choix qui caractériserait notre genre (=gender) : la manière dont nous vivrons notre appartenance biologique à un sexe ne dépend certes pas totalement de sa réalité physiologique, mais pas non plus d’un choix délibéré (concernant par exemple notre « orientation sexuelle »), mais de l’environnement qui fut le nôtre étant petit. Autant dire que ce sont les parents – ou les circonstances – qui sont responsables et non une décision de l’intéressé.
o-o-o
J’avoue qu’à présent, ce n’est pas le débat sur le gender qui me passionne, mais plutôt l’idée que non seulement notre personnalité mais aussi notre corps, sont des émanations de notre milieu. On sait bien qu’un garçon élevé par des femmes en garde des caractéristiques psychologiques indélébiles. Du coup, on estime parfois qu’il est plus prudent de faire comme certains peuples africains qui retirent les garçons du gynécée vers l’âge de 7 ans pour le confier aux guerriers.
Quelle erreur ! Baudelaire nous explique que cette espèce d’androgynéité qu’il a vécue étant petit est la condition indispensable pour devenir un être complet – voire même un génie supérieur (1).
Il ne s’agit donc pas du tout de savoir si les hommes sont supérieurs ou inférieurs aux femmes ; mais bien d’affirmer que c’est l’androgyne qui exprime le plus parfaitement l’espèce humaine. Ce que Platon disait déjà dans le Banquet (lire ici)
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(1) « le goût précoce du monde féminin, mundi muliebris, de tout cet appareil ondoyant, scintillant et parfumé, fait les génies supérieurs » écrit-il dans le même pasage.

Wednesday, April 10, 2013

Citation du 11 avril 2013

Les femmes qui ont été abandonnées et qui souffrent d'un chagrin d'amour ont besoin, pour les apaiser, d'une certaine forme virile de la tendresse : où trouver cette tendresse mieux que chez un père ?
Jean Dutourd – Leporello, Ed. Plon - 2007.
Comme souvent chez Dutourd, plusieurs idées se mélangent et il convient de les distinguer avant de les relier.
- D’abord, l’amour chez la femme engendre une régression au stade infantile. C’est ainsi que la femme abandonnée a besoin pour être consolée par un papa (ou par son substitut).
- Ensuite, le papa comme la maman dispose d’un potentiel d’amour apportant la sécurité à l’enfant éploré ; cet amour s’appelle la tendresse.
- Enfin il existe une tendresse virile qu’il convient de distinguer de la tendresse féminine.
On me permettra de m’arrêter à cette dernière proposition qui est la plus singulière : tendresse virile ? N’est-ce pas un oxymore ? Quand deux hommes s’enlacent, ce n’est vraiment pas l’expression de la tendresse !

Oui, mais, avec les rugbymans, on n’a pas une représentation d’un papa et de son bébé.
… Et pourtant la tendresse d’un Papa qui donc n’en a pas rêvé ?
C’est ce que nous montre Anne Geddes :


La voici donc la forme virile de la tendresse qu’on peut trouver chez un père.
Qui donc, devant cette sublime image irait encore brailler dans les rues : les enfants ont droit à un papa et une maman. C’est bien d’un papa-maman qu’on rêve.