Wednesday, May 17, 2017
Citation du 18 mai 2017
Thursday, May 07, 2015
Citation du 8 mai 2015
Sunday, November 02, 2014
Citation du 3 novembre 2014
Monday, May 07, 2012
Citation du 8 mai 2012
Et là on comprend qu’il ne s’agit pas d’inviter la jeune bergère à se laisser culbuter dans le foin mais bien à pousser le jeune berger à sauter sur l’« occasion » dès qu’elle se présente, sans quoi un quelconque frelon de passage lui ravira les prémices de la jeune fille.
Wednesday, January 18, 2012
Citation du 19 janvier 2012
Il m’arrive parfois de donner une citation uniquement parce qu’elle est un prétexte à évoquer une idée.
Aujourd’hui c’est un peu le cas : l’idée est celle de la virginité qu’on pourrait – ou non – refaire.
La question est : peut-on « refaire » une virginité – la virginité n’est-elle pas, comme la pureté dont elle est le signe, ce qu’on ne peut retrouver après l’avoir perdu ?
L’exemple étant bien sûr la virginité féminine, dont certaines cultures font encore aujourd’hui la condition de l’acceptation des femmes non mariées dans la société. Sans parler des religieux …
La preuve que la virginité est irrémédiablement perdue dans le mariage est bien que, pour la Vierge Marie, il n’a pas fallu moins de trois miracles pour sauver sa virginité (1) : vierge même mariée ; vierge après avoir été fécondée ; vierge après avoir enfanté.
Je laisserai de côté la question du sens de la perte de virginité des femmes mariées ; après tout l’enfantement est saint et le sourire de l’enfant est un reflet de celui du Seigneur.
Par contre, élargissant le sens de la virginité à la pureté morale, on pourrait se demander d’où vient cet aspect irrémédiable de sa perte : pourquoi ne pourrait-on pas, comme le suggère Christine Angot, se refaire une virginité ?
Je suggèrerai que cette impossibilité renvoie au temps de la faute : la faute morale est essentiellement temporelle, inscrite dans l’histoire du sujet. Ce qui veut dire que, pas plus qu’on ne peut remonter le temps pour modifier les évènements passés, on ne peut faire que la faute n’ait pas été commise.
C’est cela qui fait la souffrance morale et le remord cuisant : « A tout jamais tu seras celui qui a commis cette faute. Tu peux toujours te faire pardonner : ta faute sera surmontée ; ce n’est pas pour autant qu’elle sera effacée ».
Certains torturés de la conscience font le même syndrome avec l’échec : « A tout jamais tu seras celui qui a loupé son bac l’année de tes 18 ans ! »
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(1) Une gâterie pour vous, chers lecteurs : la vidéo de l’abbé Guy Pagès consacrée à la virginité perpétuelle de la Mère de Jésus. Un régal.
Monday, January 25, 2010
Citation du 26 janvier 2010
Suzanne – Tu penses que ma dot / Est le fruit de tes seuls mérites? Figaro : Je me flattais en effet de le croire. Suzanne : Ce qu’il veut de moi : / Certaine demi-heure…/ Un ancien droit du seigneur…
Mozart / Da Ponte – Les noces de Figaro (Acte I, Scène 1)
Petite histoire des rumeurs et grande histoire des révolutions : le droit de cuissage du seigneur, mythe colporté par des récits d’origine incertaine, repris par Beaumarchais dans le Mariage de Figaro (ici évoqué à travers l’opéra de Mozart) : le comte Almaviva pousse Figaro à épouser Suzanne pour coucher avec elle le soir de ses noces, exerçant ainsi son droit de cuissage – droit qu’il venait pourtant de supprimer… Bizarre inconséquence, mais il n’y aurait pas de théâtre sans coup de théâtre.
Rappelons que Voltaire dans son Essai sur les mœurs et l’esprit des nations accrédite lui-même cet insupportable pouvoir (1).
Insupportable pouvoir… Parce que c’est bien de cela qu’il s’agit : le Seigneur aurait dans ce cas un pouvoir tyrannique et exorbitant : celui de déflorer toutes les filles de son domaine, exigeant ainsi une propriété sur ce qu’il y a de plus précieux dans une femme. On a fait des révolutions pour moins que ça…
Nous y voilà : le droit de cuissage, aussi inique - aussi fantasmatique - qu’il soit, est un révélateur véridique de ce qu’était la femme dans ces temps lointains (sic) : une virginité – plus prosaïquement un hymen. Combien de jeunes femmes ont-elle eu leur vie ravagée pour être arrivées au mariage déflorée (mot que je n’écris que pour en faire ressentir l’horreur).
On rappellera alors l’extraordinaire courage de Buffon qui a affirmé que l’hymen n’existait pas – ou plutôt : qu’il se développe au cours de la croissance de la fillette, et qu’il est susceptible de repousser après avoir été déchiré (lire ici).
Mais voilà : Buffon s’était trompé, l’hymen ne repousse pas… Et il y a encore aujourd’hui des cliniques où on les reconstitue … Et il y a sans doute des comtes Almaviva beaucoup moins scrupuleux que lui… Et il y a des femmes vitriolées pour être arrivées dévirginées au soir de leur noce…
Et il y a encore des Révolutions à faire.
(1) Vous avez vu, aux douzième et treizième siècles, les moines devenir princes, ainsi que les évêques ; ces évêques et ces moines partout à la tête du gouvernement féodal. Ils établirent des coutumes ridicules, aussi grossières que leurs mœurs ; le droit exclusif d'entrer dans une église avec un faucon sur le poing, le droit de faire battre les eaux des étangs par les cultivateurs pour empêcher les grenouilles d'interrompre le baron, le moine, ou le prélat ; le droit de passer la première nuit avec les nouvelles mariées dans leurs domaines ; le droit de rançonner les marchands forains ; car alors il n'y avait point d'autres marchands.
Voltaire – Essai sur les mœurs et l’esprit des nations (p.148)
Lire le reste ici
Friday, December 12, 2008
Citation du 13 décembre 2008
[...] la nature féminine est un abandon sous forme de résistance.
Sören Kierkegaard – Le Journal du séducteur, trad. F. et O. Prior et M. H. Guignot, p.156 (voir Ou bien… Ou bien… Tel, p.235 et s.)
Une jeune fille est faible quand elle a tout donné, – elle a tout perdu ; car l’innocence chez l’homme est un élément négatif, mais chez la femme c’est l’essence de sa nature. A présent toute résistance est impossible, et il n’est beau d’aimer que tant qu’elle dure, lorsqu’elle a pris fin, ce n’est que faiblesse et habitude.
Idem – p. 251
Il en va du Journal du séducteur comme d’Un amour de Swann : c’est le seul passage de l’œuvre qu’on cite parce qu’on n’a pas eu le courage de lire le reste. Et pourtant si la séduction est importante pour Kierkegaard, ce n’est qu’à titre de révélateur de ce qu’est l’étape érotique de l’existence.
Sans entrer dans des détails qui n’auraient pas leur place ici, disons que ce qui caractérise cette étape – et donc la séduction – c’est la transitivité, l’instabilité. Oui, c’est bien cela : le séducteur vit au plus haut degré cette instabilité comme désirable, et il veut séduire un objet lui-même instable : la jeune fille remplit parfaitement cet objectif, puisqu’elle va de la résistance à la capitulation. Dès qu’elle a été séduite (= déflorée) elle est abandonnée par ce qu’elle n’a plus rien à défendre – et donc plus d’occasion de résister.
Que serait Don Juan s’il revenait aujourd’hui ?
Serait-il plus proche de Molière – celui qui crache au ciel ? Ou plus proche de Mozart – avec l’air du catalogue (1). Bien que Kierkegaard y fasse explicitement référence (Ou bien… Ou bien… p. 103), on reste dubitatif devant cette liste en se demandant comment un homme si peu soucieux de garder le souvenir de ses conquêtes aurait l’envie de les cataloguer. Quand à célébrer sa performance, on en doute encore plus, sauf à rappeler que c’est Leporello qui tient la comptabilité de cette liste. (2)
Puisque aujourd’hui la virginité n’est plus une « qualité essentielle de la femme » (3), Don Juan devrait d’abord résoudre cette question : quel abandon caractérise chez une femme le don de soi ?
Que les Don Juan qui me lisent répondent, parce que, quant à moi, je ne saurais le faire.
(1) Chanté par Leporello, le valet de Don juan à Dona Elvira son épouse, cet air récapitule les conquêtes de son époux, consignées dans un catalogue :
Madamina, il catalogo è questo / Delle belle che amò il padron mio; / un catalogo egli è che ho fatt'io; / Osservate, leggete con me.
In Italia seicento e quaranta; / In Alemagna duecento e trentuna; / Cento in Francia, in Turchia novantuna; / Ma in Ispagna son già mille e tre.
(Traduction : Belle dame, regardez cette liste / des conquêtes que fit mon, bon maître, / catalogue dressé par moi-même ! / Je vous prie, lisez avec moi : / Italie, voyez, six cent trente ! / Allemagne, deux cent trente et une ; / cent pour la France, et soixante en Turquie ! / Mais en Espagne, déjà mille et trois.) – Ne pas oublier que le livret est de Lorenzo Da Ponte.
(2) De fait l’air du catalogue comme le fait observer Kierkegaard a surtout pour rôle d’humilier Elvire.
(3) Voir Post du 20 novembre 2008
Wednesday, November 19, 2008
Citation du 20 novembre 2008
La virginité n’est pas une qualité essentielle en ce que son absence n’a pas d’incidence sur la vie matrimoniale.
Sunday, November 04, 2007
Citation du 5 novembre 2007
C'est une des superstitions de l'esprit humain d'avoir imaginé que la virginité pouvait être une vertu.
Voltaire
Voltaire relève ici l’écart entre la chose et le symbole : du pucelage à la vertu il n’y a selon lui d’autre rapport que fantasmé.
Soit. Mais en rejetant sans plus la valeur de ce symbole, il passe à côté de choses bien surprenantes.
- Si la virginité est une vertu, de quelle vertu s’agit-il ?
Question qui pourrait surprendre ceux qui imaginent que la pureté de la Vierge Marie nous révèle l’essentiel de la virginité : car c’est bien cela qui vient d’abord à l’esprit. Mais très vite, la virginité se dégrade en naïveté : on parle cette fois de la fille vierge, comme de celle qui n’a aucune expérience de la sexualité (1).
Mais nous oublions en chemin une très vieille tradition qui fait de la femme guerrière une vierge. Ça commence avec Athéna, déesse guerrière et chaste. Artémis, notre Diane chasseresse, idem (encore que pour elle l’imaginaire occidental à engendré de nombreuses représentations du Bain de Diane).
Mais ne laissons pas dans l’ombre ce qui nous est sans doute le mieux connu : la Valkyrie.
Les Valkyries, dans la mythologie nordique, sont des vierges guerrières, dont Wagner a fait une peinture musicale particulièrement évocatrice (2).
- Venons-en à l’essentiel : qu’est-ce qui fait que la vierge de pureté puisse aussi être la vierge farouche et sanguinaire ? Certes on sait bien que la vertu de la morale (à la quelle pense Voltaire) est aussi vertu la force (virtu de Machiavel). Mais ça n’explique pas grand chose.
Deux idées peuvent nous aider à y voir plus clair :
- D’abord, l’idée que l’énergie du combattant exclut un gaspillage des forces. La sexualité absorbant une part des forces de l’individu, la soustrait ainsi à un autre usage (d’où l’obligation faite aux sportifs d’une abstinence sexuelle avant l’exploit qu’ils doivent accomplir).
- Et puis, concernant les guerrière indomptées, l’idée que dans l’acte sexuel la femme est dominée par l’homme. La Valkyrie n’a jamais accepté la domination, ne peut donc avoir rencontré un homme ailleurs que le glaive à la main.
On est très loin de Marie-Mère-de-Dieu…
(1) On considérait autrefois qu’il y a des degrés dans la virginité : d’une pucelle qui avait été associée à des débauches sans pour autant avoir été déflorée, on disait qu’elle avait été « déveloutée » : poétique, non ?
(2) Aujourd’hui, le nombre de sites proposant en téléchargement pour les téléphones portables la Chevauchée des Valkyries est effarant.