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Monday, September 19, 2016

Citation du 20 septembre 2016

Ma trinité, c'est la bouche de rose, le sein de lis, puis encore autre chose.
Evariste De Parny (1753–1814)

Trinité 4.
Dans notre post consacré à la trinité dans les devises et les sentences nous avions déclaré que la structure ternaire apporte une sorte de fermeture, telle que la formule n’est complète que lorsqu’elle comporte trois éléments, et qu’elle paraît boiteuse tant qu’elle n’en a que deux.
Pour Evariste de Parny la Femme aimée est à la fois sainte et adorable ; ce qui en constitue la quintessence c’est : la bouche rose, le sein de lis. / et c’est tout ? Eh bien on le sent : il manque quelque chose, venant clore la progression en la complétant, faisant que de deux, ces attributs deviennent trois.
Seulement voilà : ce troisième terme n’est pas nommé ; laissé dans le vague, c’est « encore autre chose ». Notre poète qui a en effet senti la nécessité d’ajouter un troisième élément, aurait-il été privé d’imagination, laissant ce troisième attribut indéterminé et attendant du lecteur qu’il mette à sa place ce qu’il voudra bien comprendre ? Que nenni ! C’est une ellipse, procédé rhétorique bien connu.
L’ellipse est une omission qui permet de renforcer l’idée. –  Oui, mais la quelle ? On pourrait penser que le poète, laissant dans le vague la troisième qualité de la Bien-aimée, veuille évoquer « son ventre de soie » ; ou peut-être « sa cuisse de nymphe » ? Franchement voilà qui est un peu ridicule, tellement ces expressions sont convenues dans un poème élégiaque. Donc il s’agit de ce qu’on ne nomme pas parce que la convenance interdit de le dire – je veux nommer le sexe de la femme. Tout en restant dans le registre poétique, on peut donc supposer qu’après « la bouche de rose et le sein de lis », ce qui est gommé est une expression telle que  « sa vulve de nacre » : voilà en effet ce qui est si fort qu’on n’ose pas le dire.
o-o-o

Le désir et la jouissance gagnent en force lorsqu’ils sont stimulés par le secret : et l’ellipse n’est, dans le poème, qu’un procédé stylistique, premier pas vers la satisfaction d’un désir amoureux qui dans la réalité cherchera l’obscurité complice.

Photos volées du Président Hollande en route vers le domicile de sa maitresse

Saturday, September 17, 2016

Citation du 18 septembre 2016

L'amour, c'est le creuset sublime où se fait la fusion de l'homme et de la femme ; l'être un, l'être triple, l'être final, la trinité humaine en soit… naissance de deux âmes en une…
Victor Hugo – Les Misérables

La théologie, c'est simple comme dieu et dieu font trois.
Jacques Prévert
Trinité 3.
En amour, 1+1=3.
Pour ceux qui n’auraient pas compris, un homme plus une femme qui s’aiment forment un être fusionnel, différent des deux premiers. Nous avons affaire à une synthèse telle que le tout est plus (ou du moins différent) que la somme des parties : ainsi pour qui n’en aurait jamais vu, le vert est inimaginable à partir du bleu et du jaune.
« Naissance de deux âmes en une » – Belle définition de l’amour… Seulement, si nous croyons que cette trinité-là nous met au niveau de Dieu, alors c’est qu’on n’a pas bien compris. Car si l’amour nous augmente, en revanche la Sainte Trinité – le Père, le Fils et le Saint Esprit – ne forme rien de plus que Dieu, puisque Dieu est tel que rien de plus grand ne puisse être conçu ; et rien de différent non plus, pour la même raison. De sorte que Prévert a bien compris quand il dit que la théologie est la science qui explique que Dieu est trois en un. Fermez le ban : il n’y a rien de plus à dire.
Quoique… Si nous n’avons rien de plus à dire de la Sainte Trinité, puisque nous ne sommes pas théologiens, peut-être avons-nous à dire à propos de l’amour, nous qui sommes ou avons été amoureux.

Oui, par l’amour fusionnel apparait bien cet être nouveau qui s’est formé par la fusion de deux êtres qui s’aiment. Dans le Banquet Platon fait parler Héphaïstos, le Dieu forgeron, qui s’adressant aux amoureux sur leur couche, dit : « Ce que vous voulez, n'est-ce pas d'être tellement unis ensemble que ni jour ni nuit vous ne soyez jamais l'un sans l'autre ? Si c'est là ce que vous désirez, je vais vous fondre et vous mêler de telle façon que vous ne serez plus deux personnes, mais une seule, et que, tant que vous vivrez, vous vivrez d'une vie commune, comme une seule personne, et que, quand vous serez morts, là aussi, dans la mort, vous serez réunis de manière à ne pas faire deux personnes, mais une seule ? » (192d-e ; c’est moi qui souligne). La meilleure illustration de cette réalité, c’est Othello, le drame shakespearien, qui la donne : persuadé que Desdémone le trompe, Othello la tue ; mais du coup il détruit cet être-à-deux qu’il formait avec elle, et il se suicide sur sa dépouille.

Thursday, September 15, 2016

Citation du 16 septembre 2016

Liberté-Egalité-Fraternité
Devise de la République Française
Trinité 1
On observe que les devises prennent fréquemment une forme ternaire, mais souvent on ne se demande pas pourquoi : qu’est-ce que ce rythme ternaire apporte ?
1 – Certes, on dira que la trinité nous donne l’impression de complétude, de sorte que plus rien d’autre ne devrait s’y ajouter. Si dis « Liberté-Egalite-Fraternité » je ne dois pas demander s’il faut y ajouter d’autres valeurs : toute autre valeur serait superflue – sous entendu : car elle serait déjà contenue dans cette trinité.
Cela suffit-il à éclairer notre devise républicaine ? Il y a une question à envisager qui celle de l’ordre.
2 – La trinité impliquée peut suivre un ordre fixe (comme dans la succession dialectique) : s’agit-il dans ce cas d’une succession comme une progression, mais il faut avouer qu’on doit alors invertir beaucoup de non-dit dans la devise de notre République.
3 – Ou bien elle comporte des éléments permutables. Certains tentent bien de considérer cette Mais les considérer comme permutables n’apporte pas grand-chose, au point qu’on se dit que ce n’est pas là qu’on aura une interprétation décisive.
4 – Mais si nos trois valeurs républicaines sont liées entre elles comme indiqué ci-dessus, c’est qu’elles forment nœud borroméen, défini ainsi : « les anneaux borroméens constituent un entrelacs de trois cercles (au sens topologique) qui ne peuvent être détachés les uns des autres même en les déformant, mais tel que la suppression de n'importe quel cercle libère les deux cercles restants. » (Définition Wiki)


Du coup, on y voit un peu plus clair : nos trois valeurs sont liées de telle façon que si l’on en supprime l’une alors les deux autres n’ont plus de rapports entre elles. Par exemple, on sait que le point faible de notre devise est la Fraternité, fréquemment mise à mal dans notre société. On dira alors que sans elle, la liberté n’implique plus l’égalité (liberté du plus fort qui s’exercerait sans modération à l’encontre de celle du plus faible) ; et que de même, sans la fraternité pour la garantir, l’égalité n’est plus compatible avec la liberté. (1)
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(1) Rappelons que la contractualité des rapports entre employeur et employés mise au dessus de la loi par la Loi Travail a suscité bien des critiques, puisque la force des travailleurs ne saurait être mise en balance avec celle du Patron.