Attribué à Albert Einstein
Wednesday, September 14, 2016
Citation du 15 septembre 2016
Attribué à Albert Einstein
Monday, October 03, 2011
Citation du 4 octobre 2011
C'est la théorie qui décide de ce que nous pouvons observer.
Albert Einstein
J’en étais à chercher une pensée d’Einstein qui pourrait nous éclairer sur ce qu’il dirait au cas où, ressuscité, il aurait connaissance de ces impertinents neutrinos qui vont plus vite que les photons.
Et je tombe sur cette phrase : C'est la théorie qui décide de ce que nous pouvons observer – et je me dis que depuis l’époque de Galilée, on n’a pas beaucoup appris.
Je m’explique : Galilée, ayant inventé la lunette astronomique et ayant constaté qu’il y avait des montagnes sur la lune et des taches sur le soleil – ce qui contredisait à la théorie aristotélicienne dominante à son l’époque – s’entendit répondre : « Aristote n’a jamais dit qu’il fallait observer le ciel avec une lunette astronomique ».
Et alors aujourd’hui, certains disent : « il est impossible que les neutrinos aillent si vite, parce que la théorie de la relativité dit que c’est impossible… Donc votre observation est fausse.»
Qu’avons-nous donc appris depuis Galilée ? Que les révolutions scientifiques ne se font pas sans dégâts psychologiques (chez les physiciens) ? Qu’elles sont soutenues par les convictions des savants plus encore que par les expériences ?
En tous cas, on voit bien qu’un changement si radical dans la théorie ne va pas sans souffrances : même l’équipe qui a découvert ces neutrinos si véloces dit à la communauté scientifique « Montrez-nous que nous avons fait une erreur, et nous vous remercierons » – et ce n’est pas par modestie.
Maintenant, il y a des scientifiques plus « philosophes » qui disent : « Oh… Si c’est vérifié, il n’y aura pas à changer de théorie. On dira que dans la formule « E=mc2 », hé bien n’est-ce pas, la variable « c » ne désignera plus la vitesse de la lumière mais celle des neutrinos. »
--> Dites-moi pas que les photons, quand ils accélèrent, ils deviennent des neutrinos !
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N.B. Moi, pauvre philosophe, je n’ai pas le bagage scientifique (et surtout mathématique) pour en discuter, pourtant il y a quelque chose de bien embarrassant dans tout ça : c’est que les photons, même quand on les excite et qu’on leur balance de l’énergie supplémentaire, ils n’accélèrent pas ! Rien, pas un epsilon au-dessus des 300000km/s ! Qu’est-ce donc qui les retient, puisque les neutrinos, eux, ils sont capable d’aller plus vite ?
Tuesday, December 14, 2010
Citation du 15 décembre 2010
Friday, February 05, 2010
Citation du 6 février 2010
Les théories ont causé plus d'expériences que les expériences n'ont causé de théories.
Joubert (1754-1824) – Carnets
Cette pensée serait bien banale si on ne tenait compte de la date à la quelle elle a été écrite : fin 18ème ou début 19ème siècle.
Car c’est devenu pour nous une banalité de dire que les théories doivent précéder l’expérience. Et on doit encore ajouter que les expériences confirmant les théories sont arrivées – quand elles l’ont été – parfois bien des années plus tard (1). Mais il nous semblait quand même qu’à l’époque de Joubert, au moment où la science commence à s’édifier, elle devait partir des observations pour formuler des hypothèses, au lieu de construire « à l’aveugle » des théories que l’expérience aurait eu pour tâche de valider ensuite.
C’est du moins ce que croyait encore Descartes au moment où il publiait son Discours de la méthode. Pour éviter les erreurs venant de l’imagination (maîtresse d’erreur et de fausseté disait Pascal), il est bon de rester dans le monde, campé les deux pieds dans la boue, à observer le cours des nuages et du vent ou le vol des oiseaux.
Oui, mais voilà qu’on veut en savoir d’avantage. Rien de ce qui peut faire progresser la science ne se voit plus à l’œil nu. Il faut donc faire appel à l’imagination soutenue par les mathématiques pour formuler les hypothèses qui manquent.
Mais, une fois les mathématiques introduites dans la méthode scientifique, elles ne se sont pas contentées de modéliser les rapports entre les phénomènes – ce qu’on leur demandait. Elles ont suggéré des généralisations, anticipant sur l’observation (telles que l’hypothèse du courant de déplacement imaginée par Maxwell – voir la note 1).
C’est alors que vraiment la théorie a précédé l’expérience, et donc qu’elle a pu la suggérer – ou plus simplement conduire à des observations comme celle de l’éclipse de soleil du 29 mai 1919 pour démontrer la théorie de la relativité.
Quand donc on demande d’où vient la théorie scientifique – si ce n’est pas de l’observation du monde ? on doit répondre aujourd’hui : des traités de mathématiques, même s’ils ont plus d’un siècle et demi et qu’ils sont très poussiéreux (2).
Mais en même temps on ne fait qu’épaissir le mystère du monde, justifiant pleinement alors le propos d’Einstein : l'éternel mystère du monde est son intelligibilité. (Voir ici)
(1) Exemple : L’électromagnétisme mis en évidence par l’oscillateur de Hertz 20 ans après l’hypothèse de Maxwell. Ou encore, l’expérience de Davisson et Germer, deux ans après la théorie ondulatoire de Louis de Broglie.
(2) C’est bien sûr à la théorie des cordes que je pense.