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Monday, August 28, 2017

Citation du 25 aout 2017


Le fond du problème du terrorisme, c’est l’injustice, la pauvreté, l’exclusion. Il faut le traiter en supprimant ces causes.
Francis Ford Coppola – Le Figaro, 29 janvier 2015
Il en va du terrorisme comme des mouvements migratoires que nous connaissons actuellement : pour les éradiquer, il faudrait modifier profondément les conditions de vie de l’humanité entière, tâche à la quelle beaucoup on annoncé se consacrer mais où personne n’est jamais arrivé à bout de l’achever.
Que personne ne craigne pour sa vie ni pour celle de sa famille ; que personne ne puisse se dire qu’ailleurs il fait moins froid, qu’il y a moins de famine, moins de maladies, que le labeur y est moins épuisant… bref, que la justice sociale soit respectée un peu mieux – voilà la condition pour qu’il n’y ait plus de terroristes du moins que les dogmes et les idéologies mortifères n’aient plus personne pour les écouter.
Certains disent : si vous voulez que votre part de gâteau soit plus grosse, inutile de demander que le couteau qui partage soit tenu par quelqu’un d’autre, mais seulement que le gâteau soit plus gros. Et depuis l’après-guerre nous marchons comme ça : les milliardaires sont de plus en plus riches mais les pauvres sont de moins en moins pauvres.
Certes, l’injustice sociale reste criante, mais pour qui a le sentiment qu’il vit mieux que ses parents et qu’il peut en espérer autant pour ses enfants, l’injustice devient moins révoltante. Mais il y a aussi ceux qui restent sur le bord de la route, ceux qui n’ont pas d’horizon : ceux-là, ou bien ils montent dans le bateau pour passer de Lybie en Europe ; ou alors ils montent dans l’avion pour quitter l’Europe en route vers la Syrie pour faire le jihad.
On ne peut pas grand-chose pour les premiers. Mais on peut quand même faire que personne n’ait intérêt à suivre les seconds.

Citation du 24 aout 2017

Je ne connais rien de plus servile, de plus méprisable, de plus lâche, de plus borné qu’un terroriste.
Chateaubriand – Mémoires d’outre-tombe
Attention au piège des mots. Aujourd’hui le terroriste est un mot qui est sur toutes les lèvres, dans tous les esprits. Le sens de ce mot est clair : il est référé à toutes les situations où des islamistes sont impliqués. Seuls quelques dictateurs le dévoient de cet usage pour l’attribuer à tous ceux qui combattent leur régime : voir Bachar el Assad Poutine ou Erdogan. Tout juste se rappelle-t-on que ce terme a aussi servi aux nazis à désigner les résistants français – juste ce qu’il faut pour commencer à songer qu’il faudrait réfléchir un peu avant d’accepter ce terme comme doué de critères suffisamment objectifs pour qu’on n’ait jamais besoin d’en justifier l’emploi.
Or, voilà qu’on tombe sur cette citation de Chateaubriand, employant le germe de terroriste dans les Mémoires-d’Outre-Tombe, première moitié du 19ème siècle. Et là on se dit : à quoi se réfère donc ce terme à cette époque ? Un coup d’œil sur le dictionnaire (CNRTL) nous répond : TerroristePersonne ayant soutenu ou appliqué pendant la Révolution française une politique de terreur. (lire ici)
Autant dire qu’on est aux antipodes du sens actuel. Non pas que la terreur soit exclue du sens révolutionnaire, bien sûr. Mais parce que si les terroristes sont ceux qui appliquent en 1793 la Terreur, alors ils agissent de concert avec le peuple, ils ne cherchent pas à le diviser mais à le réunir.

Bon. – Je ne vais pas discuter du sens historique de la Terreur révolutionnaire. Simplement, demander que chacun veuille bien se demander à quoi il pense quand il emploie certains mots, en particulier ceux qui sont si largement et si fréquemment employés. Qu’on veuille bien alors se rendre compte des manipulations dont nous sommes les victimes faciles lorsqu’on tombe dans le piège des mots.

Monday, July 18, 2016

Citation du 19 juillet 2016

Gouverner, c'est prévoir.
Emile de Girardin
Cette citation concernant l’art de gouverner est une des rares à pouvoir s’adapter à la situation créée par l’attentat de Nice : c’est qu’elle concerne l’action sur la réalité et non l’art de manœuvrer l’opinion. C’est d’ailleurs ça qui irrite beaucoup aujourd’hui : voir que les « hommes politiques » réagissent à cet événement tragique en étant plus empressés à manipuler l’opinion qu’à réaliser ce qu’il faudrait faire.
Expliquons : à Nice l’énigme est la suivante : alors que durant l’Euro de foot il y a eu des « Fan-zones » qu’aucun terroriste n’est venu attaquer, par contre le 14 juillet, lors des festivités célébrant la Nation, cette attaque s’est produite. Faut-il y voir la preuve que les terroristes espèrent menacer la France en attaquant le symbole de la Patrie ? Ce crime aurait-il un retentissement plus fort celui des supporters mis en pièce par un kamikaze ? Ou bien a-t-on négligé de protéger suffisamment les citoyens venus fêter la République – en tout cas moins que les amateurs de ballon rond ?
Oui, c’est cela, n’est-ce pas : la République protège d’avantage les supporters que les citoyens français. Honte à nos gouvernants qui ont ajouté à l’incurie le manque de patriotisme.

--> Et puis, quoi ? Qu’y avait-il à faire ? Mettre plus de policiers sur la Promenade des Anglais ? Combien alors en fallait-il ? Un bataillon ? Et comment auraient-ils arrêté un camion de 19 tonnes lancé à 90 km heure ?
Risible : demandez à n’importe quel militaires comment on fait un barrage pour un check-point : ils vous diront que ce n’est pas une affaire d’hommes : une bonne herse suffirait,


…et s’il le faut, ajoutons 2 ou 3 blocs de béton. Pourquoi ne l’a-t-on pas fait ?
Alors, voilà ce qui s’est passé : on s’est prémuni des menaces constituées par les individus, avec fouilles des sacs, fouilles  à corps, etc., mais personne n’a prévu que le danger terroriste pourrait venir d’un véhicule qui fonce dans la foule (1). C’est que personne n’imagine le scénario le plus simple : de même que le 11 septembre on n’avait pas imaginé qu’il était inutile d’avoir des bombes surpuissantes pour détruire des gratte-ciels, de même, à Nice, on n'a pas prévu qu’on pouvait faire tant de morts avec si peu de moyens. Et ceux qui réclament justement toujours plus de moyens restent dans la même erreur.
En réalité, pour faire un attentat  le plus difficile c’est de trouver des hommes prêts à perdre la vie dans leur action.
… Mais ça, il paraît que compte tenu des conditions de vie faites à certains, c’est devenu de moins en moins difficile à trouver.
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(1) Ce n'est pourtant pas faute d'avoir été prévenus : « Si vous ne pouvez pas trouver d’engin explosif ou de munition, alors isolez l’Américain infidèle, le Français infidèle, ou n’importe lequel de ses alliés. Écrasez-lui la tête à coups de pierre, tuez-le avec un couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le dans le vide, étouffez-le ou empoisonnez-le » Déclaration du porte-parole de Daech, septembre 2014.- Lire ici

Wednesday, March 23, 2016

Citation du 24 mars 2016

Celui qui accepte de mourir, de payer une vie pour une vie, quelles que soient ses dénégations, affirme du même coup une valeur qui le dépasse lui-même.
Camus – L’homme révolté

L’attentat terroriste est justifié /pour Camus/, si le meurtrier offre sa propre vie en compensation de celle qu’il arrache, au nom de valeurs qui le dépassent.
Brice Couturier – Les Idées claires Mourir pour des idées...
Les attentats terroristes soulèvent une horreur unanime et c’est à peine si ceux qui les commettent nous paraissent être des humains comme nous. Pourtant il y eut un philosophe pour justifier de tels attentats – du moins ceux qui sont commis par des « kamikazes » : c’est Albert Camus, dans L’homme révolté. Il y a deux ans, Brice Couturier consacrait à cette question cette chronique sur France culture. (1)
o-o-o
On peut lire ci-dessus une citation extraite du commentaire de Brice Couturier ; il y ajoute cette autre citation de Camus : « La révolte n’a qu’une manière de se réconcilier avec son acte meurtrier s’il s’y est laissé porter : accepter sa propre mort et le sacrifice. » (L’homme révolté, p. 252).
Bien sûr cette thèse entre en résonance avec les attentats djihadistes de Bruxelles, comme avec les autres attentats qui au Moyen-Orient tuent des quantités invraisemblables de pauvres gens innocents. Quoique ces victimes innocentes fassent saigner nos cœurs, ces attentats seraient justifiés à une condition : que le terroriste se constitue en martyre  de sa cause, c’est à dire, comme le souligne Camus, qu’en choisissant cette mort, il affirme du même coup une valeur qui le dépasse lui-même.
Nous sommes révoltés à l’idée que quelque chose puisse justifier ce qui nous paraît justement injustifiable. Qu’on puisse dire : « votre vie ne vaut rien ; elle n’est là que pour rendre plus extraordinaire le sacrifice que je fais de ma propre vie » c’est cela qui est horrible. On pourrait dire au terroriste : « Les bonzes du Vietnam se sont immolés par le feu sans tuer personne. En sacrifiant leur vie ils se sont comportés en martyrs montrant que leurs valeurs religieuses sont bien plus importantes que leur existence – mais ils n’ont pas cru nécessaire d’entrainer des innocents dans leur mort ».
Mais les kamikazes djihadistes nous mettent au défi : « Vous tremblez par peur de mourir ? Vous refusez de mourir pour vos valeurs ? Comparez à notre mort triomphante : mourir en martyr est bien plus souhaitable que continuer de vivre dans ce monde d’infidèles.
Convertissez-vous ! »
--> Nous pousser à renoncer à nos valeurs, là est la victoire du terroriste.
Camus ne l’a je crois pas dit, peut-être parce qu’il n’a pas connus nos terroristes : aujourd’hui, ce renoncement commence avec la haine des autres.
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(1) On y trouve cette remarque, que je livre à votre réflexion : « Et aujourd’hui, existe-t-il des causes pour lesquelles nous serions prêts à mourir ? Telle est la question posée par l'enquête de Radio France. On a bien peur de devoir répondre par la négative. »