Sunday, August 28, 2016
Citation du 29 aout 2016
Friday, August 19, 2016
Citation du 20 aout 2016
Ceux qui croyaient que Schumpeter était une vieille lune dont la lecture était réservée à des universitaires un peu fripés, un peu poussiéreux vont devoir réviser leur jugement. Car voilà qu’on ressort avec force exclamations admiratives sa théorie de la Destruction créatrice, que l’on désigne comme l’alpha et l’oméga de l’économie libérale.
Wednesday, August 29, 2012
Citation du 29 août 2012
Tuesday, January 05, 2010
Citation du 6 janvier 2010
L'art, c'est l'homme ajouté à la nature.
Francis Bacon
…il est possible de parvenir à des connaissances […] fort utiles à la vie [que] pourrions employer en même façon à tous les usages auxquels ils sont propres, et ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature.
Descartes – Discours de la méthode, sixième partie.
Je m’étonne qu’en cette période où l’on déplore les effets néfastes du développement technique on n’ait pas abondamment cité cette phrase de Bacon.
Car étant entendu que le mot art y est pris dans son sens premier de savoir appliqué, donc de technique, on voit bien que pour qu’il y ait technique, il ne suffit pas qu’il y ait des hommes, il faut encore qu’il y ait une nature. Si nous la détruisons, nous empêchons en même temps la technique de se développer. L’idée est alors que faute de pouvoir préserver la nature de nos catastrophes techniques, il faudrait supprimer la technique, ou du moins l’encadrer très sévèrement.
Et donc, les actes de contrition que nous exécutons à l’égard de la nature devraient prendre ce sens précis : la nature est quelque choses qu’on « n’augmente pas », quelque chose à quoi on ne peut ni on ne doit « s’ajouter ». Tel est le message des peuples premiers qui nous expliquent que la nature doit être respectée, parce qu’elle est un grand Etre et que nous devons nous la concilier plutôt que l’exploiter.
Quelle est notre attitude vis-à-vis de la nature ? La considérons-nous comme ce à quoi « nous nous ajoutons » ? Ou ne serait-elle pas plutôt ce qui vient s’ajouter à nous ?
Heidegger appelle « arraisonnement » (Gestell) de la nature la provocation par laquelle elle est mise en demeure de livrer une énergie qui puisse comme telle être extraite et accumulée (1).
Il n’est sans doute pas besoin d’y insister : Heidegger a mieux que quiconque exposé la situation : nous considérons la nature comme un réservoir de ressources, et même quand nous voulons la protéger de nos abus, c’est encore en tant que réservoir que nous la considérons. Voyez ce qu’on dit à propos de la régulation de la pêche au thon rouge : il s’agit seulement de préserver le stock de poisson.
Il serait peut-être temps de se convertir à une autre vision de la nature, qui ferait d’elle de nouveau un milieu qui nous exprime en tant qu’être vivant. Mais pour cela il faudrait jeter Descartes pardessus bord
(1) La question de la technique [1954] par Martin Heidegger publié dans Essais et conférences
Thursday, August 27, 2009
Citation du 28 août 2009
Il est hélas devenu évident aujourd'hui que notre technologie a dépassé notre humanité.
Albert Einstein
On se dit d’abord que Einstein, le génie qui n’a pas dédaigné de mettre ses mains dans le cambouis de la technologie de la bombe A, doit savoir ce qu’il dit quand il affirme que l’humanité est maintenant dépassée par ses inventions technologiques.
Dépassée ? En quel sens ?
Je ne crois pas qu’Einstein parle de l’humanité au sens de disposition morale bienveillante, parce qu’on imagine qu'il pense plutôt à la technique comme moyen utilisé par la férocité humaine pour se renforcer ; moyennant quoi, ce serait l’humanité comme collection de tous les hommes existant qui serait visée ici.
Et d’imaginer que notre époque est celle de l’autodestruction de l’humanité, de l’extinction de l’espèce détruite par elle-même. Et c’est vrai que la peur de la 3ème guerre mondiale a été nourrie de ce genre de réflexion.
Et puis, on se dit que croire qu’on attendu les progrès techniques pour génocider l’espèce ce n’est pas si évident que ça et que l’humanité a toujours eu les moyens de se détruire.
- Rwanda 1994 : 700000 morts à la machette. C’est avec une technologie qui date de l’age du fer (quelques millénaires en arrière) que les Rwandais sont arrivées à ce résultat. Et je ne parle pas des camps d’extermination nazis, abattoirs humains qui n’étaient guère high-tech.
Alors, c'est vrai dans tous ces cas les génocideurs ne risquaient pas d'être victime de leur propre férocité.
Mais on savait pourtant que c'était possible: les victoires à la Pyrrhus, ça ne date pas d'hier.(1)
(1) Dénombrant les pertes subies par son armée à la victoire d'Ausculum, il aurait déclaré: "Si nous devons remporter une autre victoier sur les romains, nous sommes perdus".