Saturday, March 18, 2017
Citation du 19 mars 2017
Wednesday, April 10, 2013
Citation du 11 avril 2013
Saturday, December 19, 2009
Citation du 20 décembre 2009
Il n'y a jamais eu de créature. Il n'y a jamais eu que le couple. Dieu n'a pas créé l'homme et la femme l'un après l'autre. Il a créé deux corps jumeaux, unis par des lanières de chair qu'il a tranchées depuis, le jour où il a créé la tendresse.
Jean Giraudoux
Origine de l’amour 1
Une fois n’est pas coutume : nous n’allons pas ressortir la Sainte Bible pour faire l’exégèse de cette citation. Non. Prenons-là pour ce qu’elle paraît être : un fantasme inspiré très librement du récit biblique.
Puisqu’on y est, jetons pardessus bord aussi les hermaphrodites de Platon qui ne copulaient jamais parce qu’ils étaient accolées trop étroitement l’un à l’autre.
Alors, de quoi allons-nous parler ? De la gémellité ? Patience, je garde ça pour votre petit Noël.
Il nous reste malgré tout la tendresse, que Giraudoux nous présente comme la conséquence d’une rupture. Là où les lanières de chair ont été tranchées, il reste, entre deux êtres qui étaient unis le plus étroitement possible, la tendresse. Elle est ce qui reste quand on a perdu l’union charnelle.
A quoi pensait donc Giraudoux en parlant des lanières de chair unissant le couple originaire ? J’admets qu’il ne peut s’agir du cordon ombilical (1), puisqu’il unit la mère et l’enfant, alors qu’on a ici deux adultes (il le faut bien pour former un couple).
Vous voyez donc comme moi qu’on n’a plus le choix : à moins d’imaginer l’enlacement de chacun dans les bras de l’autre (et encore, on est loin des « lanières de chair »), il ne reste plus que le pénis.
Je vous vois froncer un peu les sourcils : des lanières, ça veut dire qu’il y en avait plusieurs. Or comme il n’y a qu’un pénis (vu qu’on sait qu’il s’agit de l’homme et de la femme), en quoi consistent les autres liens de chairs ?
J’ai dit tout à l’heure qu’à mon avis Giraudoux fantasmait. Pourquoi ne pas en faire autant ?
Vous me direz à quoi vous avez fantasmé en lisant ce Post. Moi, j’imagine qu’en plus du pénis, le lien de chair qui unissait Adam et Eve, c’était la langue. Vous voyez ce que je veux dire ? En tout cas c’est possible.
Et même c’est tout à fait raccord avec ce qui suit : sans le sexe et sans la possibilité de se parler ce qui unit encore deux êtres, c’est la tendresse.
Vous devriez essayer.
(1) C’était pourtant la thèse de Freud pour qui la tendresse est la transposition de la relation mère-enfant (déjà proposé dans le Post du 12 mars 2007).
Sunday, March 11, 2007
Citation du 12 mars 2007
Définition - La tendresse est la tendance à se livrer en toute faiblesse à la douceur d’être faible
Paul Valéry - Mélanges
La tendresse comment ça marche ?
Lisez cette citation, et puis dites-moi si vous êtes d’accord avec cette définition. Non ? Vous trouvez que Valéry disqualifie la tendresse, en fait un sentiment… comment dire ? Féminin ? Et alors, est-elle spécialement féminine ? N’y a-t-il pas une tendresse masculine ? Entre les amoureux, la tendresse est-elle la même que celle de la mère pour son enfant ? Ne vous bousculez pas : je vais vous répondre.
… Ou plutôt, je vais appeler au secours oncle Sigmund. Oncle Sigmund a toujours des images pour faire comprendre sa pensée de façon agréable. - L’amour, dit l’oncle, voyez-vous, c’est comme un tunnel qu’on creuserait par les deux bouts à la fois (comme le tunnel franco-anglais sous la Manche) : d’un côté, c’est la sensualité (=sexuel) qui creuse ; de l’autre, c’est la tendresse. Celui qui va le plus vite réduit d’autant l’espace acquis par l’autre. Plus il y a de sexualité, moins il y a de tendresse ; et réciproquement.
- D’accord, oncle Siggy… Mais tu n’as pas répondu à ma question : la tendresse, qu’est-ce que c’est ? - Hé bien voilà : la tendresse est une attitude envers autrui qui reproduit la relation de petit enfant envers sa mère - ou son père - censée lui apporter la sécurité, c’est à dire à ce besoin lié à sa pulsion d’auto-conservation. La tendresse, c’est l’amour pour celui qui protège, et non la revendication d’une jouissance pour soi-même, ce que sera la sensualité. Voilà pourquoi les deux sont antithétiques.
- Bon, oncle Sigmund, on a compris… Mais tu sais, tu n’as pas inventé grand chose. Nos théologiens ont depuis longtemps opposé l’amour de bienveillance (agapè) et l’amour de concupiscence (éros). En cette période de carême, il faudrait quand même s’en souvenir !
Va donc demander à Benoît XVI !