La leçon d’optimisme du Dimanche matin.-
Saturday, January 11, 2014
Citation du 12 janvier 2014
La leçon d’optimisme du Dimanche matin.-
Saturday, June 22, 2013
Citation du 23 juin 2013
Friday, June 14, 2013
Citation du 15 juin 2013
La télévision a une sorte de monopole de fait sur la formation des cerveaux d'une partie très importante de la population.
Wednesday, August 26, 2009
Citation du 27 août 2009
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Sunday, September 21, 2008
Citation du 22 septembre 2008
La télé est dangereuse pour les hommes. Personne ne pourra empêcher maintenant la marche en avant de cette infernale machine.
Louis-Ferdinand Céline
Céline, mort en 1961 a consenti 2 interviews à la télévision, à Pierre Dumayet, en 1957 et 1961 justement (1).
Pourquoi la télévision est-elle dangereuse selon Céline ? Et pourquoi s’il en est ainsi a-t-il consenti à y paraître ?
Répondons à cette seconde question : c’est sans doute – et au moins – pour vendre ses livres. Céline le dit cyniquement : il écrit pour avoir de l’argent. C’est pour ça qu’il a écrit le Voyage ; c’est pour ça que de retour du Danemark il continue d’écrire (la chronique de sa vie, où, comme il le dit : il met sa peau sur la table). D’un château l’autre a été l’occasion de se relancer dans les ventes. Alors, pourquoi pas l’interview télévisée pour accentuer le mouvement. Par ici la monnaie !
Mais pourquoi dire que : la télé est dangereuse pour les hommes ? En 1961, il critique déjà ce qu’on a depuis appelé avec Debord la société du spectacle. Une société où ce qu’on paraît est plus important que ce qu’on fait. Une société où le joli sourire de l’écrivain et son brushing fait vendre son livre, même si celui-ci est une nullité.
La seule chose qui compte vraiment pour Céline, c’est l’objet que l’on produit. L’auteur peut-être minable physiquement, être habillé comme un clochard (comme Céline à l’époque), parler en bégayant… Ce qui compte, c’est le style de son écriture.
Alors, vous l’avez compris, la télévision nous donne en pâture ce qui n’a pas de valeur et que pourtant nous aimons.
Voilà le message du misanthrope Céline : nous aimons ce qui nous ressemble, c’est-à-dire ce qui ne vaut rien. C’est dans cette exacte mesure que le télé est dangereuse : sa nullité flatte la notre.
Et c’est aussi pour cela qu’on ne pourra empêcher maintenant la marche en avant de cette infernale machine.
(1) À visionner ici. C’était l’époque où Lectures pour tous donnait aux écrivains le temps de répondre aux questions qu’on leur posait et filmait en plan de coupe leurs mains (les griffes de Céline !). C’est vers la fin de l’interview de 1957 que Céline vitupère la lourdeur de ses contemporains.
Thursday, July 10, 2008
Citation du 11 juillet 2008
Il y a deux catégories de télévision : la télévision intelligente qui fait des citoyens difficiles à gouverner et la télévision imbécile qui fait des citoyens faciles à gouverner.
Jean Guéhenno
1ère idée : La télévision produit l’intelligence lorsqu’elle est intelligente, et de la stupidité quand elle est imbécile : admettez que j’interprète ainsi la citation de Guéhenno.
2ème idée : le citoyen intelligent est difficile à gouverner ; le citoyen stupide est facile à gouverner.
--> Deux idées, deux erreurs.
1ère erreur : la télévision aurait quelque chose à voir avec la production d’intelligence ou de bêtise chez des individus supposé neutres. Vous en connaissez, vous, des gens qui sont devenus bêtes à force de regarder la télévision ? Non, bien sûr. Et je ne vous demande même pas si la réciproque est plus crédible. Non, les gens qui sont déjà bêtes regardent la télévision bête, et les gens déjà intelligents regardent la télévision intelligente (1).
2ème erreur : les imbéciles sont des citoyens faciles à gouverner, les intelligents sont des citoyens difficiles à gouverner. Si on admet qu’un peuple ingouvernable est menacé dans son existence même par les peuples belliqueux mais disciplinés, alors ils ont dû disparaître au cours de l’histoire, balayés du fait de leur incapacité à s’organiser. Bref : il ne resterait plus que les imbéciles, et quelques intelligents qui survivraient dans des communautés anarchistes comme des indiens dans leur réserves.
Il me semble que l’erreur de notre auteur vient justement de ce qu’il relie l’intelligence au refus d’être gouverné. En réalité, accepter ou refuser d’être soumis à l’autorité qui gouverne c’est essentiellement une affaire d’instinct. D’instinct de conservation très exactement : non seulement parce qu’on se soumet à la violence des dirigeants ; mais aussi parce qu’on sait bien qu’on a de meilleures chances de survivre à plusieurs si on est organisé que tout seul.
(1) Vous vous attendiez peut-être à ce que j’écrive : « les gens intelligents vont lire dans la pièce à côté » ? Trop facile…