Friday, September 18, 2015
Citation du 19 septembre 2015
Sunday, September 11, 2011
Citation du 12 septembre 2011
Une nation s'éteint quand elle ne réagit plus aux fanfares ; la décadence est la mort de la trompette.
Cioran
La paix, qui borne les talents et amollit les peuples, n'est un bien ni en morale, ni en politique.
Vauvenargues – Réflexions et maximes (cité le 13-08-08)
La guerre préserve la santé morale des peuples.
Hegel - Sur l'étude scientifique du droit naturel (cité le 3-07-07)
Voilà l’occasion de rappeler qu’il existe des auteurs contemporains qui redisent platement ce que leur glorieux ainés avaient dit il y a fort longtemps. Ce n’est sûrement pas une raison pour leur faire un ridicule procès en plagiat ; mais c’est l’occasion de rappeler que le présent est le fils du passé et le petit fils de l’antiquité, et aussi qu’ils sont tributaires de la tradition philosophique ou littéraire.
Mais c’est quand même aussi l’occasion de se demander si cette répétition est opportune : ce passé n’est-il pas mort ? Et sinon, pourquoi vit-il encore ?
Que peut-on attendre de la guerre, et pourquoi serait-elle nécessaire à la santé morale des peuples, et au développement de leurs talents ? Pourquoi faudrait-il réagir aux fanfares ?
L’idée sommaire est qu’on donne le meilleur de soi-même quand il faut sauver sa peau, que c’est là et là seulement que le mot instinct a un sens, et que – de plus – si cet instinct nous oriente vers la survie en communauté, alors le peuple aussi apparait et se soude.
Mais alors, comment se fait-il que la paix nous paraisse supérieure à la guerre ? Ne dit-on pas habituellement que la paix est simplement le temps nécessaire à la préparation de la guerre ?
- Mais non ! Disons aussi que la paix est le temps de jouir de la vie – principalement quand la guerre est finie et qu’on n’y a pas laissé sa peau.
Wednesday, July 14, 2010
Citation du 15 juillet 2010
Il est faux que l'égalité soit une loi de la nature. La nature n'a rien fait d'égal ; la loi souveraine est la subordination et la dépendance.
Vauvenargues – Réflexions et Maximes
Deux prérequis sont nécessaires pour que cette citation fonctionne :
- D’abord, il faut admettre que la loi de la nature (c'est-à-dire une loi que l’homme n’a pas eu à créer) est en même temps la loi souveraine (donc celle contre la quelle on ne doit pas aller).
- Ensuite que l’inégalité naturelle produit la subordination et la dépendance.
Si nous admettons que la nature produit des inégalités, serons-nous d’accord avec les présupposés de Vauvenargues ?
- D’abord, la loi de la nature est-elle souveraine ? Si elle n’est que physique, il est évident qu’elle s’impose avec nécessité, mais nullement qu’elle porte en elle une légitimité quelconque. On a depuis longtemps appris à combattre les effets d’une loi de la nature à l’aide d’autres lois naturelles, et le ciel ne nous est pas tombé sur la tête. La loi de la nature ne serait souveraine, qu’à la condition de s’imposer à la volonté des hommes – c’est donc aussi qu’elle régirait leur comportements, leurs devoirs, leurs valeurs.
Tout ça, ça fait beaucoup…
- Les inégalités naturelles produisent-elles de la dépendance et de la subordination ? Là, il y va un peu fort, Vauvenargues. Comment ? Parce que je suis plus faible que mon voisin, celui-ci aurait le droit de me commander et j’aurais le devoir de lui obéir ? Sans aller plus loin rappelons Rousseau et son célèbre chapitre 3 du Contrat social (livre 1) : le plus fort a un pouvoir sur moi, mais il n’a pas de droit sur moi.
Finalement, ou bien on considère qu’on parle ici des inégalités physiques, et alors c’est vrai qu’elles sont légion dans la nature. Et c’est vrai aussi qu’à en parler, on ne produit que des banalités qui ne valent pas la peine d’être discutées.
Ou bien on tire de cette situation de quoi légitimer les inégalités sociales, et alors on entre dans un processus idéologique bien précis. Ce qui compte d’ailleurs, ce n’est pas seulement de dénoncer cette idéologie mais d'abord de signaler son existence – car les idéologies sont toxiques principalement quand elles sont masquées.
Saturday, July 10, 2010
Citation du 11 juillet 2010
Saturday, May 02, 2009
Citation du 3 mai 2009
Il faut mettre de petits hommes dans les petits emplois : ils y travaillent de génie et avec amour-propre ; loin de mépriser leurs fonctions subalternes, ils s'en honorent. Il y en a qui aiment à faire distribuer de la paille, à mettre en prison un soldat qui n'a pas bien mis sa cravate, ou à donner des coups de canne à l'exercice ; ils sont rogues, suffisants, altiers, et tout contents de leur petit poste ; un homme de plus grand mérite se trouverait humilié de ce qui fait leur joie, et négligerait peut-être son devoir.
Vauvenargues – Réflexions et maximes
Bon, il est assez évident que cette citation de Vauvenargues liquide le principe selon le quel qui peut le plus peut le moins. Non : qui peut le moins est le seul à le pouvoir, et on doit lui rendre cet hommage, que cet emploi subalterne ne saurait convenir à un être mieux doté par la nature.
Je me faisais une joie de resservir cette citation pour illustrer le pantouflage, pratique dont on soupçonne certains de nos politiciens au rancart de faire usage pour se remplir les poches sans vraiment se fatiguer (1).
Oui mais voilà que je révise les définitions données sur le Net, qu’elles soient en français ou en anglais : et du coup je constate que le côté « fonction subalterne » disparaît au profit de la valeur « fonction dans une entreprise privée ». Le pantouflage correspondrait à un fonctionnaire qui opterait pour une carrière dans le privé et non dans le service public pour le quel il avait été pourtant formé.
Et puis je me dis : quand même, si on n’avait pas cet aspect enrichissement sans responsabilité, pourquoi irait-on pantoufler ?
Reste que Vauvenargues, sans même y songer nous donne une leçon d’humilité : les fonctions subalternes sont trop importantes pour les confier aux grands et aux puissants. Car de leur accomplissement dépendent beaucoup d’autres choses : il faut que « l’intendance suive » pour que les plans des grands stratèges aboutissent.
(1) Non je ne pense à personne, c’est juste une généralité – hélas !