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Tuesday, April 04, 2017

Citation du 5 avril 2017

Les économistes nous enseignent que certains objets, l'eau, l'air, la lumière, ne sont pas appropriables.
Proudhon – Grand Dictionnaire universel du XIXe siècle de Pierre Larousse
Le 19ème siècle a été le siècle de la confiance aux vertus du progrès scientifique et technique ; même les plus méfiants s’y sont laissé prendre : ainsi de Proudhon qui estime que nos rapports avec la nature n’ont pas changé et que celle-ci est une puissance sur la quelle nous n’avons aucun pouvoir.
Le 21ème siècle nous enseigne au contraire que désormais certains éléments de la nature, qui n’étaient pas appropriables, comme l'eau, l'air, la lumière, le sont devenus.

- L’eau est un bienfait qui se raréfie, quand les fleuves ne sont pas asséchés par nos prélèvements, la voici polluée et impropre à la vie.


- On sait qu’à Beijing l’air est tellement pollué par les centrales à charbon que la respiration y est devenue problématique ; du reste ceux qui en ont les moyens vont habiter loin plus au sud là où les centrales à charbon sont moins nombreuses.
- Oui, il nous reste la lumière… Le soleil brille pour tout le monde, même si l’air et l’eau sont empoisonnés. N’en profiterons que ceux qui pourront survivre aux poisons de l’air stagnant ou charriés par l’eau.
On objectera que le propos de Proudhon reste quand même d’actualité : personne ne peut s’« approprier » l’eau ni l’air ni la lumière. Oui, c’est vrai : mais nous faisons comme si on le pouvait. Les peuples « primitifs » faisaient très attention avant de tuer un animal sauvage de faire la paix avec leur totem : il leur fallait faire un don symbolique pour compenser cette vie qui ne leur appartenait pas. Quand les européens sont arrivés dans les grandes plaines américaines ils n’ont pas eu le même scrupule :



Quand on lui prend ce qui ne nous appartient pas, la nature se venge en nous privant des ressources nécessaires à la vie. Ce que les sauvages savaient de façon ancestrale, le 21ème siècle l’a oublié.

Sunday, September 25, 2011

Citation du 26 septembre 2011

Être gouverné, c'est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n'ont ni titre, ni la science, ni la vertu... Être gouverné, c'est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C'est sous prétexte d'utilité publique et au nom de l'intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné (1), pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale !

Proudhon – Idée générale de la révolution au XIXe siècle (1848)

Il est rare qu’une citation aussi longue et utilisant le procédé de la définition par l’énumération de termes (2) ait un tel succès. Et pourtant il n’est que de lancer une recherche sur Google pour s’en assurer : cette citation, on la retrouve in extenso dans de nombreuses occurrences (on peut la lire ici sur le site d’anarchistes québécois). Je suppose qu’on apprécie ce débordement verbal exprimant parce qu’il exprime une insupportable réalité : l’Etat qui nous gouverne nous accable de son contrôle tatillon et soupçonneux. Il est partout, et il contrôle tout.

Mais… S’il le peut, n’est-ce pas, comme le supposait La Boétie que nous aimons ça ?

--> Pour le savoir je me suis interrogé sur l’attitude qui est la nôtre en présence des pays où l’Etat est moins puissant que chez nous.

Je laisserais de côté, le cas de la Belgique – pourtant intéressant : plus d’un an sans gouvernement et toujours debout !

C’est que l’actualité nous tourne plutôt vers la Grèce et son « laxisme » fiscal, conséquence de l’impuissance de son gouvernement et de ses fonctionnaires à faire rentrer l’impôt et à percevoir les taxes : ce dont s’effarouchent le FMI et la BCE. Voilà un pays où l’on n’est pas «à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé… »

Et vous savez quoi ? Au lieu de les envier et de les féliciter, nous les méprisons et les accusons de faiblesse, quand ce n’est pas d’abominables tricheries !

J’aimerais croire que c’est de la jalousie.

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(1) Mot du jour – Concussionné : être victime de la concussion.

Concussion : Malversation d'un fonctionnaire qui ordonne de percevoir ou perçoit sciemment des fonds par abus de l'autorité que lui donne sa charge. (TLF)

(2) Enumération, ou accumulation, ou inventaire ? J’ai consulté mon Gradus (Bernard Dupriez) et je pencherais finalement plutôt pour accumulation – mais sans certitude

Saturday, November 15, 2008

Citation du 16 novembre 2008

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Je prétends que ni le travail, ni l'occupation, ni la loi ne peuvent créer la propriété ; qu'elle est un effet sans cause : suis-je répréhensible ? Que de murmures s'élèvent !
- La propriété, c'est le vol ! Voici le tocsin de 93 ! Voici le branle-bas des révolutions ! ...
Pierre-Joseph Proudhon – Qu'est-ce que la propriété ? (1840)

Qu’on me permette de revenir sur cette citation de Proudhon (à peine effleurée le 17 mars 2006), pour en souligner la pérennité : oui, aujourd’hui encore, crier à bas la propriété, c’est toujours sonner le tocsin de 93 !
Car enfin, si la crise actuelle touche au plus profond notre société, c’est bien parce que l’accession à la propriété se trouve menacée. Et elle est menacée non par les anarchistes, mais par les banques ! Ce sont elles qui refusent à de larges couches sociales d’accéder à la propriété, en leur refusant le crédit. Le crédit ! Dire aux gens : si vous n’avez pas d’argent, vous ne pouvez pas acheter ! Que de murmures s'élèvent
Voilà donc où nous en sommes. Proudhon quant à lui, n’avait pas ce souci. Il se demandait seulement si la propriété était fondée d’une façon ou d’une autre, avec cette idée qu’être propriétaire d’un bien, c’était exclure de la jouissance de ce bien tous ceux qui n’en étaient pas propriétaires.
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Qu’est-ce qui est le plus important ? Posséder ou consommer ? Voilà sa question, que nous ne comprenons peut-être déjà plus parce que pour nous, il va de soi qu’il faut posséder pour consommer. Mais l’air que nous respirons, l’eau que nous buvons à la fontaine, le fruit que nous cueillons à l’arbre, tout cela c’est de la jouissance sans propriété.
Toutefois si Proudhon semblait dénigrer la propriété, sa critique restait encore modérée. Car c’est par la perte de liberté que la propriété semble le plus redoutable : nous sommes possédés par ce que nous possédons (cf Post du 8 juillet 2006).

Mais ça, on le savait déjà grâce à Miss.Tic : mieux vaut louer que posséder. Car louer, c’est rester libre.
(Image publiée par Henri Kaufman)






Thursday, March 16, 2006

Citation du 17 mars 2006

« La propriété, c’est le vol. »
Proudhon
- Papa, papa, dis papa, tu m’achètes un cerf-volant ?
- Pourquoi faire ? On en a un dans le coffre de la voiture. Vas le chercher.
- Mais c’est pas le mien , c’est celui de Fabien !
- Puisqu’il te l’a prêté pour les vacances, tu n’as qu’à t’en servir.
- J’en veux un à moi !
- Ecoute c’est idiot qu’est-ce que ça te donneras de plus qu’il soit à toi ? Il volera aussi bien qu’il soit à toi ou pas.
- Mais je pourrai le garder pour moi tout seul, personne ne pourra venir me le reprendre, ni s’en servir si je ne veux pas.
- Tu veux que je t’achète un cerf-volant uniquement pour empêcher d’autres que toi de s’en servir ? Tu n’es qu’un égoïste !
- Dis papa, pourquoi tu viens d’acheter une nouvelle maison : on était bien mieux dans l’ancienne que tu avais louée.
-…
- Papa, dis papa, tu me l'achètes ce cerf-volant ?